Publications

Retrouvez sur cette page la présentation des ouvrages récemment publiés par des membres de l'IHAR. Pour connaître l'ensemble des publications de membres de l'Institut, rendez-vous sur la page "Publications IHAR".

Erard Y., Mobio F., Reitz M., A contrario: L'éducation du regard. Philosophie du langage ordinaire, anthropologie visuelle et cinéma, BSN Press, 2018.

A contrario.jpgS'étonner de ce que nous avons sous les yeux;
Apprendre à reconnaître: de l'éducation des adultes à l'éducation du regard;
Travail de deuil, philosophie et expérience cinématographique;
Catastrophe, silences et voix dans quelques films post-Fukushima: de l'aveuglement à l'éducation de notre regard;
La cinéphilie comme éducation de soi;
Le secret comme ordinaire: Le Bureau des légendes et la modification du regard;
Panser et repenser une expérience ethnographique;
Mettre en scène les langues.

Sommes-nous insensibles à notre vie quotidienne, comme anesthésiés ? Voyons-nous encore l’importance de nos vies ou vivons-nous sans trop y penser, comme à côté de nos pratiques de tous les jours et des mots ordinaires qui nous permettent de les dire aussi bien que de les mener ? Sommes-nous capables de trouver aujourd’hui un sens à nos vies ordinaires sans le remettre à demain, avec l’irruption de...

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Bert J.-F., Comment pense un savant? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer, édition Anamosa, 2018.

Cartes-crop.pngLes archives inédites du savant Georges-Louis Le Sage, constituées de 35 000 cartes à jouer, sont un document exceptionnel sur la pensée telle qu’elle chemine. Drôle et énigmatique, ce matériau étonnant se révèle tout à la fois laboratoire, autobiographie et véritable boîte noire de la recherche.
Ce physicien genevois, contemporain de Rousseau, est un anticonformiste. Refusant les codes du monde savant, il écrit absolument tout sur des cartes à jouer : eurêka et tâtonnements, amertume de ne pas être reconnu, rapports polémiques avec ses pairs ou poème pour Newton, mais aussi angoisse face à sa mémoire qui peut flancher et à un corps qui vieillit… Classer ses cartes, les empaqueter et les étiqueter est pour Le Sage un travail quotidien, à la fois excitant et harassant. Ce sera sa seule véritable oeuvre, et sans doute aussi la source de ses désillusions sur la science et ses méthodes.
Trois siècles plus tard, Jean-François Bert s’empare avec tendresse de ces cartes, matériaux de la pensée. Il propose une plongée dans la recherche en train de se faire et son pouvoir imaginatif, tout en rendant hommage à ce performer avant-gardiste. La force de ce témoignage est que chacun y reconnaîtra le cheminement complexe de ses pensées et l’échafaudage perpétuel de listes sans cesse réagencées.

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>> Article dans Le Monde (23 août 2018)

>> Article dans The Conversation (août 2018)
 

Grosse C., Dunant A., Fornerod N., Grosse G., Solfaroli Camillocci D., Vernhes Rappaz S., Côté chaire, côté rue. L’impact de la Réforme sur la vie quotidienne à Genève (1517-1617), éditions La Baconnière, 2018.

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En sortant des sentiers battus de l’histoire des grands réformateurs, ce livre présente l’impact de la Réforme sur la vie quotidienne genevoise. Si la protestation de Martin Luther (1483-1536) contre les indulgences par ses 95 thèses en octobre 1517 n’a en effet pas eu de véritables répercussions sur Genève avant le début des années 1530, les idées luthériennes ont engendré une agitation religieuse qui n’est pas le fait de l’action individuelle d’un réformateur, mais qui émane d’une mobilisation collective. 

À travers vingt-deux courts chapitres assortis d’illustrations et de documents d’archive retranscrits et modernisés, on comprend comment les Genevoises et les Genevois se sont impliqués dans le processus de Réforme et la manière dont la conversion religieuse de la ville a affecté leur quotidien. Les archives se font l’écho de l’activisme, des résistances ou de l’adaptation des hommes, des femmes, comme des enfants et témoignent des changements qu’impose la pratique du nouveau culte, qui ont parfois donné lieu à des représentations mythifiées. L’ouvrage couvre l’ensemble du XVIe siècle, jusqu’aux premières commémorations de la Réforme qui interviennent en 1617.

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Butticaz S., Grosse C., Unité et diversité des Réformes, Labor et Fides, 2018.

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Longtemps perçue comme l’impulsion initiale de la modernité occidentale et à l’origine de profonds changements socioculturels, la Réforme protestante est ici arpentée par quelques-uns de ses meilleurs spécialistes francophones dans une perspective interdisciplinaire.

Les questions suivantes en guident l’examen: quel rôle revient à Luther et aux 95 thèses qu’il affiche en 1517 dans le déclenchement de ce mouvement réformateur ? Autour de quels foyers théologiques cette « renaissance » religieuse s’est-elle cristallisée ? Quelles lectures de la Bible en ont accompagné le discours et la pratique ? À l’heure où les confessions s’affrontaient partout en Europe, comment protestants et catholiques ont-ils cohabité dans les « bailliages communs » du Pays de Vaud ? Et quelle histoire de la réception retracer de cette mémoire de la Réforme, au XIXe siècle notamment ?

À la lumière de ces questions, cet ouvrage redessine un récit de la Réforme qui prend en compte aussi bien les continuités qui traversent cinq siècles d’histoire que la diversité des formes spirituelles et culturelles adoptées par le protestantisme.

Avec les contributions de Matthieu Arnold, Simon Butticaz, Christophe Chalamet, Pierre Gisel, Christian Grosse, Sarah Scholl et Marc Vial.

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Cohen-Lévinas D. et Ehrenfreund J., Circoncision. Actualités d'une pratique immémoriale, Hermann, 2017.

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En mai 2012, le tribunal de Cologne interdisait la circoncision et déclenchait une polémique juridique, politique et religieuse majeure. Rappelons brièvement que le jugement ne visait pas d’abord et prioritairement la communauté juive et que la pratique de la circoncision est commune au judaïsme et à l’islam. Cette polémique récente est l’occasion d’un retour sur le sens de cette pratique inscrite depuis des temps immémoriaux dans l’histoire du peuple juif. Elle apparaît comme le symptôme d’une difficulté moderne à saisir le sens d’un rituel qui trouve son origine dans le texte de la Thora et qui est l’expression de l’inscription dans la généalogie juive et de la soumission à l’injonction divine faite à Abraham. Il existe une tension historique irrésolue entre l’affirmation moderne de la nécessaire préservation de l’intégrité du corps et du libre arbitre de l’individu que ce rituel de la circoncision semble contredire. La question se pose dès lors de savoir pourquoi cette tension a-t-elle été ravivée et quelle est la nature du malaise dont elle témoigne.

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Meylan, N., Mana: A History of a Western Category, Brill, 2017.

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In Mana: A History of a Western Category Nicolas Meylan proposes a critical account of Western imaginations of mana, a word belonging originally to Oceanic languages but borrowed by European languages in which it acquired the meaning ‘supernatural power.’
While mana is best known for its tenure in the disciplines studying religion, Nicolas Meylan situates such academic uses in a wider context, analyzing the ways Westerners conceptualized mana in the earlier colonial context as well as its mobilizations in the late 20th and early 21st centuries by (video)game designers and Neo-Pagan witches. This focus on various Western uses of mana allows for the critical investigation of the ways power has been mystified in conjunction with religion.

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Bert J.-F., Une histoire de la fiche érudite, Presses de l'enssib, 2016.

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Lucien Febvre avait en tête d’écrire une histoire de la fiche érudite. Un dispositif connu dans le monde des bibliothèques, mais qui eut aussi des effets très concrets sur les savoirs savants, leur accumulation, leur validation, et leur diffusion depuis le XVIIe siècle.
En s’appuyant sur la matérialité des fiches, en revenant sur les différentes évolutions technologiques qui émaillent cette histoire, en décrivant les gestes routiniers ainsi que les stratégies graphiques qui organisent cette pratique, cet ouvrage explore un territoire surprenant de l’érudition occidentale.
Faire des fiches n’est pas qu’une activité machinale et répétitive, compulsive ou abrutissante. Ficher suppose méthodes de recherche, rhétorique savante, archivage des connaissances ; mettre en fiche engage des formes, des usages et une certaine mesure des savoirs.

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Bert J.-F. et Lamy J. (dir.), Résonances des structuralismes, Editions des Archives Contemporaines, 2016.

Structuralismes.jpgÀ vouloir faire du structuralisme un courant homogène organisant les sciences humaines et sociales des années 1960, on a perdu de vue les spécificités d’une approche plurielle, composite et de longue durée des phénomènes humains. 

Ce livre entend restituer toute la singularité des structuralismes, en suivre les résonances, les renvois et les mouvements. Du structuralisme génétique de Piaget aux efforts historiens pour penser les structures dans l’histoire, en passant par le structuralisme linguistique et l’affrontement avec le marxisme en anthropologie, c’est tout un archipel d’entreprises scientifiques éclatées qu’il devenait nécessaire de cartographier. 

Un ouvrage collectif qui s’interroge tout à la fois sur les sources, les manifestations, les objets ainsi que sur la grande notoriété publique de ce courant pour mieux mettre au jour la singularité des pratiques de recherche en sciences humaines et sociales.

Avec des articles de Marc J. Ratcliff, Jacqueline Léon, François Chaubet, Philippe Borgeaud, Bernard Dionysisus Geoghegan, Gisèle Sapiro, Lucielle Dumont, Carina Basualdo, Raphaël Rousseleau, Juliette Pommier, Pauline Lefort, Jean-François Bert et Jérôme Lamy.

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Flyer de l'ouvrage


Mancini S. et Rousseleau R. (dir.), Processus de légitimation entre politique et religion, Presses de l'enssib, 2016.

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Approches historico-culturelles et analyses de cas dans les mondes européen et extra-européen.

L’actualité oblige à prendre acte d’un lien constitutif entre politique et religion, souvent sous-estimé par la recherche, à l’encontre d’une tendance moderne dissociant a priori le politique et le religieux, et loin de l’idée que le religieux participerait d’une temporalité différente de celle des autres institutions culturelles : technologie, science, organisation sociale, politique, rapport de production, droit. Nous proposons ici de revenir sur l’articulation du politique et du religieux en interrogeant les pratiques, les codes symboliques, les rhétoriques, les dispositifs liturgiques, les topoï argumentatifs, les cadres socioculturels de l’imaginaire qui informent les prises de pouvoir et son maintien. Pour chaque dossier, le religieux sera envisagé en termes de fonctions : mythico-fondatrice ou légitimante, rituelle, sacralisante ou de consécration. L’ouvrage s’ouvre sur une mise au point concernant les « religions du politique » (Emilio Gentile), avant d’examiner les cas du national-socialisme, de la Cuba contemporaine et de l’Inde coloniale. Un deuxième groupe de contributions explore les logiques discursives du monothéisme biblique et ses persistances, puis des innovations religieuses en Afrique (mourridisme au Sénégal, kimbanguisme au Congo) et en Chine (mettant en perspective la thèse de Gentile au sujet de Mao). Les perspectives utopiques ou cosmopolitiques constituent un dernier ensemble : messianismes latino-américains, discours politico-utopiques renvoyant à la Terre-mère, parallèles entre discours écologistes et religieux, emprunts de l’OMS aux cosmovisions indigènes, questionnements conjoints de la théologie de la libération, du symbolisme catholique et des cultes d’origine africaine au Brésil, l’identité nationale israélienne dans son lien au judaïsme, la complexe différenciation de sphères politique et religieuse au Tibet.

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Kilani M., Saillant F. (éds.), Anthropen, Le dictionnaire francophone d'anthropologie ancré dans le contemporain, Université Laval et Université de Lausanne, 2016.

Capture d’écran 2016-11-12 à 16.30.38-resize189x229.pngDictionnaire en ligne de l’anthropologie en dialogue avec les sciences de la culture. En partenariat avec les éditions des Archives contemporaines et la revue Anthropologie et sociétés. L'entrée "Religion" a été réalisée par la Prof. Silvia Mancini.

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>> Entrée "Religion" rédigée par Silvia Mancini

 

 

 

Cohen-Lévinas D. et Guggenheim A. (dir.), L'antijudaïsme à l'épreuve de la philosophie et de la théologie, Seuil, 2016.

antijud-resize180x281.jpgDanielle Cohen-Levinas et Antoine Guggenheim ont choisi de privilégier l’analyse des modes d’imbrications entre philosophie, théologie et antijudaïsme. Les trois thèmes qui composent le titre de ce volume supposent d’emblée un quatrième terme : l’antisémitisme. Car, comme l’écrit Jean-Luc Nancy, le mot « antijudaïsme », qui a pu « servir de paravent à “antisémitisme” […], semble destiné à limiter les dégâts en prétendant qu’il s’agit d’une opposition à la religion juive, et non au peuple. Le problème est qu’on ne sépare pas si facilement les deux, même lorsqu’il s’agit de Juifs entièrement sortis de la religion. […] Quoi qu’il en soit, l’antisémitisme n’a été qu’un mot pour baptiser – si j’ose ironiser – ce qu’était depuis longtemps l’hostilité chrétienne envers les Juifs ». Durant deux millénaires, d’innombrables formes d’antijudaïsme ont pu alimenter les fictions savantes véhiculées par les théologiens et les philosophes. Prenant la mesure de cette pluralité, Danielle Cohen-Levinas et Antoine Guggenheim ont eu raison de concevoir un sommaire interdisciplinaire, sollicitant en outre des auteurs de convictions différentes. On l’aura compris, ce volume ne résulte d’aucun consensus a priori. Plutôt que d’imposer une somme de conclusions édifiantes, qui s’accordent les unes aux autres, cet ouvrage propose un recueil où, d’un chapitre à l’autre, les options peuvent diverger, voire s’opposer. Ce qui le constitue en « livre-témoin » pour notre temps, éclairant des questions sensibles où, entre savoir et religion, hier comme aujourd’hui, la raison, qui rêve de maîtrise, n’a pas toujours le dernier mot. Aux lecteurs désormais d’exercer leurs réflexions critiques.

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Bert J.-F., Introduction à Michel Foucault, Le Découverte, collection "Repères", 2016.

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Michel Foucault (1926-1984) aura été en France le plus novateur des maîtres à penser – maître sans programme qui a su offrir à ses lecteurs une « boîte à outils » qu’il expose par fragments dans ses entretiens, cours, articles et livres...

Philosophe « par défaut », Foucault était loin d’ignorer les méthodes, les auteurs et surtout les controverses qui agitaient les sciences humaines, qu’il ne se priva d’ailleurs pas de critiquer ouvertement. En retour, plusieurs notions qu’il élabora tout au long de son parcours (« savoirs », « gouvernementalité », « subjectivation ») continuent de faire débat autant chez les historiens, les sociologues ou les anthropologues, que chez certains praticiens comme les criminologues, les psychanalystes ou les spécialistes du droit, sans oublier le vaste domaine des cultural studies.

Foucault n’est pas de ceux qui se laissent facilement saisir et l’objectif de cet ouvrage est d’éclairer les enjeux de sa pensée pour en faire ressortir l’intérêt actuel et, pourquoi pas, montrer comment penser différemment l’enfermement, les institutions, le rapport à soi ou à la vérité.

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Ringgenberg P., L'ornement dans les arts d'Islam, Londres / Téhéran: Candle & Fog, 2015.

Ornement cover-resize190x271.jpg« Arts de l'ornement », dit-on souvent des arts islamiques, mais qu'est-ce qu'un décor et, fondamentalement, pourquoi décore-t-on un édifice ou un objet ? Dans le sillage des débats sur l'ornementation islamique, cet ouvrage propose une nouvelle synthèse de la question et de nouvelles pistes de réflexion. Il examine d'abord comment l'histoire et les caractéristiques des arts et des cultures islamiques, tout comme les problèmes méthodologiques ou idéologiques des sciences humaines, compliquent et troublent la perception et l'analyse contemporaines des décors. Une seconde partie évoque les différentes présences - esthétiques, sociales, politiques ou religieuses - de l'ornement. Sources de plaisir, les décors reflètent un ordre social, un art de vivre, un sens culturel de l'espace et du temps ; par leur prégnance, ils détiennent une capacité d'influence, idéelle ou psychosomatique, voire magique. Embellir, décorer s'inscrit également dans un humanisme et une cosmologie, dans la mesure où la créativité humaine, au point de vue musulman, témoigne de la place de l'homme dans la création, du rapport de l'humanité au cosmos, et même d'un mystère métaphysique. Une dernière partie aborde la question de l'interprétation de l'ornement : peut-on lui donner un sens, alors que les sources historiques sont parcellaires ou obscures ? L'auteur propose un regard alternatif, en considérant le potentiel symbolique des décors plus que leurs significations historiques avérées ou hypothétiques. Par son usage de l'épigraphie, par les « universaux » de son esthétique (la lumière, la géométrie, le végétal), le décor islamique est avant tout un horizon de contemplations, un miroir d'herméneutiques, potentiellement toujours parlants et toujours actuels.

L'ouvrage, de 478 pages, relié et cartonné, comprend un cahier iconographique de plus de 500 illustrations en couleurs. On lira ici la table des matières.

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Gros F. (dir.), avec la collaboration de Bert J.-F., Defert D., Delaporte F. et Sabot P., Michel Foucault, Oeuvres, Bibliothèque de la Pléiade n°607: Paris, 2015.

FOUCAULT COFFRET.jpgSon œuvre, entre philosophie, histoire et littérature, est difficile à situer. Les disciplines traditionnelles peinent à la contenir. Sa chaire au Collège de France s’intitulait «Histoire des systèmes de pensée». Lui-même ne cessa jamais de relire Kant, Nietzsche, Heidegger, mais il cite moins les classiques de la philosophie que d’obscurs traités, règlements ou manuels conservés dans des fonds d'archives, royaumes des historiens. Des historiens «professionnels» de son temps Foucault partage d’ailleurs l’ambition : ouvrir l’histoire à de nouveaux objets. Il reste que ce sont bien des problématiques philosophiques que renouvellent ses «histoires» (de la folie, de la sexualité), ses «archéologies» (des sciences humaines, du savoir), ses récits de «naissance» (de la clinique, de la prison). «Et j'ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c'est tout de même de la vérité que je m'occupe, je suis malgré tout philosophe.» Philosophe «malgré tout», Foucault a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il n’a pas apporté une pierre de plus à l’édifice compartimenté de la pensée : en en abattant les cloisons, il en a bouleversé l’architecture. Il a rendu les disciplines communicantes. Certains spécialistes n’ont pas manqué de le lui reprocher.
Et la littérature? Ses livres sont savants. Ils témoignent d’une érudition stupéfiante. Encore faut-il donner forme à l’informe de l’archive. Les citations, le maillage de références, la mise en scène d’épisodes historiques, tout, chez Foucault, est déplié, exposé dans une écriture tour à tour baroque et rigoureuse, austère et splendide, démesurée et classique. En bibliothèque, il se sent porté par les mots des autres. Leur intensité nourrit son écriture. «La lecture se prolonge, se renforce, se réactive par l’écriture, écriture qui est elle aussi un exercice, elle aussi un élément de méditation.» Le matériau des historiens et l’horizon tracé par les philosophes s’augmentent chez lui d’une exigence littéraire apprise auprès de Flaubert, Blanchot, Beckett. Le traiter de «styliste» serait réducteur. Foucault, qui se disait artisan, est un écrivain.

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Gisel P., Ullern I. (dir.), Penser en commun? Un « rapport sans rapport ». Jean-Luc Nancy et Sarah Kofman lecteurs de Blanchot, éditions Beauchesne: Paris, 2015.

Penser_en_commun_mini.gifJean-Luc Nancy et Sarah Kofman, deux lecteurs de Blanchot en différend.

Jean-Luc Nancy dialogue avec Maurice Blanchot sur le fil historique du communisme et d’un fondement théologique inavouable de la communauté comme étant d’emblée humaine et politique. Y a-t-il entre communisme et communion une déconstruction possible du «commun» qui restitue le tragique? Trois interlocuteurs l’interrogent ici dans cette configuration, où c’est la «déconstruction du christianisme» qui opère l’autocritique de la modernité.
Sarah Kofman traverse et déplace le texte-Blanchot, sa pensée de l’écriture et de l’«absolu» de l’histoire, pour revenir à la parole et à la lecture «après Auschwitz». Dans cette épreuve, l’intellectuel est le témoin contraint de dire. Parvenir à renverser cette contrainte périlleuse en « parole sans pouvoir » rouvre un pouvoir de tenir parole, laisser parler, promettre, qui seul s’oppose au «pouvoir de tuer».
Sans spéculer, mais sans renoncer à la rigueur philosophique, ce livre appose ces deux dialogues en valorisant leur différend. Et avec Nancy lui-même, deux interlocuteurs interrogent le geste méconnu de Kofman.
Les interrogations du livre arpentent un espace pluriel négligé de l’autoréflexion culturelle marquée par la perte de la modernité – perte de l’expérience de la liberté et du temps, et perte de la confiance dans la culture. Pour frayer d’autres voies dans le rapport des sociétés contemporaines à elles-mêmes, où règnent trop uniment le présentisme, le désenchantement politique et la disjonction des sphères publiques.

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Bert J.-F., Basso E. (dir.), Foucault à Münsterlingen. À l’origine de l’Histoire de la folie, Éditions de l’EHESS: Paris, 2015.

Foucault_Munsterlingen-resize190x245.jpg (Foucault_Munsterlingen2)En 1954, Michel Foucault participe à une fête des fous à l’asile psychiatrique suisse de Münsterlingen, dont il reste des photos, inédites. Étrange cérémonie, survivance d’un rituel hérité directement du Moyen Âge, qui marqua le jeune philosophe en train d’élaborer une nouvelle manière de parler de la folie et de son histoire.
Cette visite de Michel Foucault en mars 1954 à l’asile psychiatrique suisse de Münsterlingen le jour d’un carnaval des fous nous apprend beaucoup à la fois sur le jeune philosophe – l’année 1954 est riche en événements pour lui –, mais aussi sur ce rituel qui a perduré jusqu’au milieu du xxe siècle.
Photos, archives, textes éclairent ce moment trop souvent négligé par les spécialistes de Michel Foucault. Ce début des années 1950 est pourtant marqué par l’entrée de Foucault dans les asiles et par sa passion pour les innovations qui touchent la psychologie clinique.
C’est la germaniste Jacqueline Verdeaux, munie d’un Leika, qui photographie. Ces images laissent entrevoir l’étrange sensation qu’a pu ressentir Foucault lors de ce jour improbable où les fous « jouent » aux fous. Une sensation d’autant plus étrange que l’asile cantonal est, avec la clinique universitaire du Burghölzli de Zürich, l’une des plaques tournantes de la psychiatrie suisse.
Ce livre, qui aborde une période inexplorée, et non abordée dans La Pléiade à paraître, nous pousse à renverser les perspectives familières concernant Michel Foucault.

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Bert J.-F., Cavagnis J., Grosse C. (dir.), Michel Foucault et les religions, collection "Religions, Histoire, Cultures", éditions Le Manuscrit, 2015.

Foucault_Religions.jpgFoucault nous a donné de multiples potentialités pour repenser certaines des questions classiques posées par l’histoire et les sciences des religions. Cet ouvrage fait état des nombreux excursus du philosophe vers les domaines de la spiritualité antique, de l’histoire du christianisme primitif, de l’ascétisme chrétien, ou encore de la question des marginalités religieuses. Il est l’occasion, surtout, de réfléchir sur quelques uns des « outils » mis en place par le philosophe et de montrer comment ceux-ci peuvent se révéler pertinents pour saisir les phénomènes religieux de notre modernité. Des phénomènes qui se comprennent à l’intérieur de problèmes historiques, politiques et sociaux, culturels. Seule manière, répète Foucault, de nous protéger contre les synthèses toutes faites et les découpages familiers, mais aussi d’ouvrir la réflexion à l’épreuve de la réalité et de l’actualité.

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Bert J.-F., Ratcliff M. (dir.), Frontières d'archives. Recherches, mémoires, savoirs, Editions des archives contemporaines, 2015.

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Penser les archives des savoirs dans le monde contemporain – où les catégories traditionnelles qui régissent notre rapport à l’archivage et à la mémoire ont éclaté et où règne désormais la mobilité – nécessite de faire la part du stable et du mouvant, de l’ancien et du nouveau, du matériel et du virtuel, aussi bien que des pratiques et des concepts. Autant de frontières que les auteurs de cet ouvrage ont questionnées en présentant diverses facettes de ces archives, allant du rapport avec les producteurs à l’émergence de nouveaux acteurs, des compétences techniques aux formes sociales qu’elles génèrent, des contraintes de l’ère informatique aux transformations épistémologiques, des institutions qui abritent ces archives jusqu’aux politiques qui les dirigent.

Mosaïque d’une actualité en devenir, Frontières d’archives tente de repenser l’avenir de ces mémoires du connaître en pleine mutation.

Sommaire de l'ouvrage

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Bert J.-F. (dir.), Henri Hubert et la sociologie des religions, Presses universitaires de Liège, 2015.

couv_hubert.jpgHenri Hubert (1872-1927) est une figure importante de la période qui a vu le développement de l’anthropologie et de la sociologie des religions. Proche d’Émile Durkheim, il fut aussi l’ami de Marcel Mauss avec lequel il signa deux études majeures sur le sacrifice (1899) et sur la magie (1904). Les analyses de cet auteur prolifique se situent à la croisée de l’histoire et de l’anthropologie, de la linguistique et de l’archéologie, de l’histoire des religions et de l’orientalisme. Mais ses travaux n’ont pas connu la postérité de l’oeuvre de Mauss, en dépit de la richesse des perspectives comparatives qu’Hubert y développe, et surtout de leur indéniable actualité. Qu’il aborde la question de la magie dans l’antiquité, celles du sacré, du temps ou encore des héros, Hubert étonne par sa largeur de vue, par les perspectives novatrices qu’il déploie, et par sa solide érudition.
La réédition de quelques textes majeurs signés par Henri Hubert offre l’occasion de mieux comprendre l’importance de ce chercheur injustement négligé dans les débats qui agitent, en ce début du XXIe siècle, la réflexion sur les questions religieuses.

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Barbu D., Meylan N., Volokhine Y., Mondes clos. Les îles, Infolio, Gollion, 2015.

mondes-clos-les-iles-mini.jpg (Couv_Mondes-Clos-36mm.indd)Après « Mondes clos. Jardins », voici « Mondes clos. Les îles ». Un groupe de chercheurs d’horizons différents s’interroge sur les rapports que les hommes entretiennent avec ces objets de fantasmes, de rêves mais aussi de désillusion que sont les îles. Qu’elles soient réelles ou imaginaires, les îles occupent une place privilégiée dans l’art, la littérature ou la religion. Comment, dans des cultures et des époques variées, l’espace insulaire se fabrique-t-il, quelle place l’homme lui attribue-t-il, quelle place s’y prête-t-il ?

Daniel Barbu : MA, Berne. Nicolas Meylan : MER, Lausanne. Youri Volokhine : MER, Genève. Dominique Barbe : maître de conférences, Nouvelle Calédonie. Angela Benza : assistante, Genève. Jan Blanc : professeur ordinaire, Genève. Philippe Borgeaud : professeur honoraire, Genève. Philippe Bornet : MER, Lausanne. Doralice Fabiano : chercheuse FNS, Lausanne. Neil Forsyth : professeur honoraire, Lausanne. Frank Lestringant : professeur, Paris-Sorbonne. Philippe Matthey : chargé d’enseignement, Genève. Anne-Caroline Rendu Loisel : chercheuse FNS, Genève.

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Mancini S., El Humanismo etnográfico. Ocho lecciones sobre la historia de la antropología y el debate sobre cultura popular, Instituto cubano de investigación cultural Juan Marinello : La Havane, 2015.

El Humanismo etnografico_mini.jpgHeredero, por un lado, de cierta tradición crítica asociada al universo intelectual del marxismo italiano, y por otro, del intenso clima de discusión de la escena académica francesa, el presente volumen, que parte de un enfoque de evidente filiación con la obra de Ernesto de Martino, constituye una novedosa introducción a los principales conceptos y problemáticas de la antropología y de los estudios sobre cultura popular. El Humanismo etnográfico se propone dar cuenta de los itinerarios de constitución de los que han surgido ambas disciplinas, al tiempo que construye un relato apasionante sobre la historia de los saberes relativos a las diferencias culturales. Siguiendo una trayectoria que va de Heródoto a Stuart Hall, la profesora Silvia Mancini propone en este libro además un adecuado marco de discusión en torno a los problemas epistemológicos y metodológicos de las Ciencias Sociales en general.


Mobio F., Mille trois cent vingt-cinq fois trente-six. La Havane de Luc Chessex, Lausanne: Association des Amis de Luc Chessex, Claude Champion, Francis Mobio, VPS prod. 2014.

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Film documentaire inclus dans le DVD Por los caminos del Mundo, autour du photographe Luc Chessex et de son oeuvre.

En janvier 2013, Luc Chessex s'en retourne à la Havane pour le vernissage d'une exposition de ses photos cubaines des années 60, qu'il a offertes à un Centre culturel de la Habana Vieja. Francis Mobio l'accompagne et en profite pour brosser un portrait du photographe. C'est un film qui cherche plus à évoquer des aspects de la personnalité de Luc Chessex qu'à raconter ou expliquer dans le détail le parcours d'un photographe.

Durée 51', format 16/9, version originale française et espagnole, sous-titres français.

Extrait du film de Francis Mobio (ouvrir avec Safari ou Explorer)


Ehrenfreund J. et Schreiber J.-P., Les Marranismes. De la religiosité cachée à la société ouverte, Demopolis, 2014.

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L’ouvrage interroge la notion de marranisme dans une perspective large et comparatiste, au-delà du crypto-judaïsme. On retrouve en effet dans les aires civilisationnelles des trois grandes religions du Livre le même phénomène de « marranisme religieux », à savoir des familles ou des communautés manifestant en apparence la foi de leurs concitoyens, mais qui en réalité judaïsaient, christianisaient ou islamisaient en secret. Ce phénomène a existé dans le monde chrétien, avec le marranisme proprement dit – à savoir des crypto-juifs en pays catholiques – mais aussi avec les phénomènes liés au devenir de catholiques en terre protestante – comme aux Provinces-Unies – ou des îlots réformés en terre catholique romaine… Mais il a existé aussi dans le monde islamique, avec certains chrétiens orientaux, en particulier sous les Almohades, en Afrique du Nord et en Espagne (XIIe- XIIIe siècles) – jusque dans l’Empire ottoman, avec l’avatar du frankisme et du sabbataïsme que furent les Dönmeh d’origine juive. Ceci a induit des pratiques sociales et religieuses particulières, des emprunts, des syncrétismes, une culture du secret et de la dissimulation, des appartenances fluides, la naissance de sectes ou d’hérésies et, surtout, une remarquable aptitude à passer des rites et pratiques d’une religion à l’autre, et donc d’un corpus doctrinal à l’autre.

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Ehrenfreund J. et Gisel P. (dir.), Mises en scène de l'humain. Sciences des religions, philosophie, théologie, Paris, Beauchesne, 2014.

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La théologie et la philosophie ont longtemps été seules à parler de religion. Aujourd’hui, des sciences des religions s’imposent, contestant leurs approches et marquant des déplacements significatifs. En termes de types d’approches, d’enjeux discernés, de réalités sociales en transformation.

Sociologie de la religion, philosophie marquée de déconstruction, histoire du judaïsme, anthropologie mise en œuvre sur de l’ethnoculture extraeuropéenne, transferts de l’Orient indien sur fond de New Age occidental, éléments de contre-culture à partir des Sound Studies, conjoncture socioculturelle d’une naissance des sciences religieuses à la fin du XIXe siècle : c’est à partir de ces données et regards qu’un dossier se met en place. Qui donne à voir une large part des débats actuellement en cours dans le champ du religieux.

Mais il y a ici plus qu’un dossier. C’est que les éléments proposés l’ont été en dialogue avec Pierre Gisel. Qui répond longuement à chacun. Non pour clore, mais pour approfondir, ouvrir, déplacer ou prolonger. Du coup se tissent divers fils rouges. Autour de ce qu’il en est des constructions historiques, des traditions, des médiations, des institutionnalisations, du couple particularités/universalité. Ce qu’il en est, et ce qu’il convient d’en penser.

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Meylan N., Magic and Kingship in Medieval Iceland. The Construction of a Discourse of Political Resistance, Brepols Publishers, Belgique, 2014.

Doc_Nico-resize180x283.jpgFocusing on discourses of magic in thirteenth - fourteenth century Icelandic texts that are concerned with kingship, this book examines the performative and ideological functions of texts dealing with magic in contexts of social and political conflict.

This volume examines the performative and ideological functions of texts dealing with magic in contexts of social and political conflict. While the rites, representations, and agents of medieval Scandinavian magic have been the object of numerous studies, little attention has been given to magic as a discourse. As a consequence, Old Norse sources mobilizing magic have been analysed mainly as evidence for a stable extra-textual phenomenon. This volume breaks with this perspective.

The book focuses on the use of discourses of magic in thirteenth- and fourteenth-century Icelandic texts concerned with kingship. It is argued that Icelanders constructed magic as a discursive answer to the increasingly pressing question of how to deal with the reality of their subordination to kings. This they did by telling stories of flattering Icelandic successes over kings brought about by magic in a bid to challenge dominant definitions and the social and political status quo. The book thus follows the conditions of emergence that made these subversive discourses of magic meaningful; it describes the various forms they were given, the various constraints weighing upon their use, and the particular political goals they served.

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Bert J.-F. Qu'est-ce qu'une archive de chercheur ?, OpenEdition Press, Marseille, 2014.

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Depuis les années 1980, archivistes, historiens et scientifiques se sont préoccupés de la collecte et de la sauvegarde des archives dites « scientifiques ». D’abord les archives institutionnelles et administratives puis, plus récemment, les archives personnelles des chercheurs.

Avec cet ouvrage, Jean-François Bert montre l’intérêt de la prise en compte de ces archives dans un processus d’appréhension globale du travail des savants. Il donne les outils essentiels à une meilleure compréhension et à un usage profondément renouvelé des archives de chercheur.

L'ouvrage en libre accès

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Bert J.-F., Lamy J. (dir.), Michel Foucault. Un héritage critique, CNRS Editions, Paris, 2014.

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Les écrits de Michel Foucault sont stratifiés, hiérarchisés, entre les livres, les entretiens et les cours au Collège de France, mais ils sont surtout disséminés dans leurs usages. Désormais, et en plus de l’histoire des sciences et de la philosophie, les « effets » Foucault sont palpables sur la théorie de la littérature et du cinéma, l’histoire culturelle et sociale, les théories du genre, la pensée politique, les sciences de gestion… C’est dans ce chantier ouvert que se situe cet ouvrage. Il s’agit pour Jérôme Lamy, Jean-François Bert et leur équipe de spécialistes de resituer et d’analyser une pensée empruntant des questionnements à d’autres champs, de la psychologie à l’économie, de la science politique à la géographie, tout en ne se réclamant pas de ces sciences humaines et sociales. Pour comprendre la position de Foucault, les grands axes méthodologiques qu’il a parcourus sont retracés, telle l’archéologie, l’épistémè, la problématisation. Les concepts, des ouvrages maintenant classiques aux cours et à l’histoire de la sexualité, sont également revisités. Cette lecture critique des écrits et des usages de Foucault permet de le confronter aux analyses les plus récentes en sciences sociales, comme les postcolonial studies, ou de suivre les dialogues engagés (parfois à distance) avec des auteurs comme Norbert Elias, Michel de Certeau et Pierre Bourdieu. Un inventaire aussi rigoureux qu’éclairant.

L’ouvrage a été coordonné par Jean-François Bert (maître d’enseignement et de recherche à l’université de Lausanne, IRCM) et Jérôme Lamy (chercheur à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

Sommaire de l'ouvrage

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Clémence V., Vonlanthen M., Mix et Remix, Les religions et leurs pratiques en Suisse, Le Mont-sur-Lausanne, Editions Loisirs et Pédagogie, 2013.

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Cet ouvrage, conçu sous la forme d'un aide-mémoire, propose un panorama riche et accessible des principales religions pratiquées en Suisse. Le christianisme, l'islam, le judaïsme, l'hindouisme et le bouddhisme y sont présentés en passant en revue leurs croyances, leurs rites, leurs pratiques, leurs textes ainsi que les particularités de leur implantation en Suisse.
Présentée de façon simple et aérée, la matière est mise en perspective par les illustrations de Mix & Remix dont la plume, décalée et parfois caustique, rend la lecture de Les religions et leurs pratiques en Suisse ludique, tout en posant un autre regard sur le sujet.
S'intéresser aux pratiques religieuses, à leurs origines et à leur évolution, c'est se donner les moyens de comprendre une dimension fondamentale de notre société. Parce que, au-delà de la spiritualité, les religions ont une implication sur notre culture et sur notre manière de vivre au quotidien.

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Textes choisis, présentés et traduits par Philippe Artières, Jean-François Bert, Philippe Chevallier, Frédéric Gros, Florian Nicodème, Luca Paltrinieri, Mathieu Potte-Bonneville, Ariane Revel, Judith Revel, Martin Saar, Michel Senellart, Ferhat Taylan, La Volonté de savoir de Michel Foucault. Regards critiques 1976-1979, Presses universitaires de Caen, juin 2013.

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C’est avec La Volonté de savoir (1976) que Michel Foucault entame le projet d’écrire une histoire de la sexualité. Ce premier volume, court, incisif, programmatique, traite d’un sujet hautement polémique dans la société française de l’après-1968 où l’émancipation sexuelle apparaît alors comme l’ultime et décisif combat. Comment, depuis le XIIe siècle, la sexualité est-elle devenue dans nos sociétés occidentales un enjeu de pouvoir, mais aussi un instrument de subjectivation ? C’est par un détour historique que Foucault en arrivera à remettre en cause l’idée de l’hypothèse répressive et son corollaire, celle de la libération du sexe. L’Occident, loin d’avoir censuré la sexualité, l’a inventée de toutes pièces.
La réception de l’ouvrage porte la trace de ce questionnement du philosophe : sexe et politique, identité sexuelle, plaisir et désir, construction du genre, dispositif de sexualité… voici quelques-uns des thèmes qui sont mis en avant dans les très nombreuses lectures, venant aussi bien de théoriciens que de militants qui ont suivi la publication de l’ouvrage. Un livre de Foucault qui, comme les autres, est venu heurter les schémas de pensée qui avaient jusque-là dominé les analyses de la sexualité et les luttes de libération sexuelle.

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Artières P., Bert J.-F., Potte-Bonneville M., Revel J. (éds.), Michel Foucault. La grande étrangère. A propos de littérature, coll. "Audiographie", EHESS, Paris, 2013.

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Michel Foucault entretient avec la littérature une relation complexe, critique, stratégique. Les documents inédits qui composent le présent volume en témoignent magnifiquement.. Sade, Cervantes, Artaud, Shakespeare....Le philosophe se livre à une description de sa bibliothèque littéraire.
Ce recueil regroupe pour la première fois plusieurs de ces interventions : émission de radio, enseignements et conférences. Prononcés à l’oral sur une période de moins de dix ans — entre 1963 et 1971 — chacun entretient avec l’écrit et la langue un rapport particulier.
Les deux premiers documents sont la transcription intégrale de deux émissions de radio diffusées à a radio française en janvier 1963, consacrées à la représentation de la folie dans le langage. Foucault y fait entendre de nombreux extraits : Shakespeare, Cervantès, Diderot, Sade, Artaud, Leiris.
Le deuxième ensemble est formé de deux conférences successives sur Langage et littérature. À la faveur d’une analyse de l’étrange « triangulation » qu’il décèle entre le langage, l’œuvre et la littérature, Foucault reprend l’ensemble des thèmes qui traversent ses écrits sur la littérature de ce début des années 1960.
Enfin, ce volume livre un article en deux parties prononcé en 1971 à l’université de Buffalo aux Etats-Unis, résultat d’une expérimentation à l’oral d’une étude du Marquis de Sade dont les manuscrits ont été conservés. Pour le philosophe La Nouvelle Justine est intégralement écrit sous le signe de la vérité.
À lire ces prises de parole consacrées à la littérature, le souci de Michel Foucault prend l’allure d’un véritable redoublement de son propre discours, c’est-à-dire tentative, menée à l’extrême, de dire à la fois l’ordre du monde et de ses représentations à un moment donné.

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Bert, J.-F., "L'atelier de Marcel Mauss, Paris, Editions CNRS, 2012.

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C’est Marcel Mauss au travail que nous présente Jean-François Bert, au terme d’une enquête fondée sur les archives de l’anthropologue : saisi sur le vif dans la rédaction de ses comptes rendus pour L’Année sociologique, ses lectures en bibliothèque, l’édition posthume de ses collègues comme Henri Hubert ou Robert Hertz, ou encore la mise en forme de son fichier. Autant de pratiques savantes mobilisées dans la production, la diffusion et la réception d’un savoir, celui des sciences sociales alors en constitution.
Le lecteur suit les traces des activités de l’anthropologue au croisement de la sociologie, de l’anthropologie et de la philologie. Les grandes étapes de sa vie, son travail quotidien à L’Année sociologique, ses candidatures au Collège de France, la rédaction de ses articles les plus importants ou ses rapports avec son oncle Émile Durkheim sont ici revisitées à partir d’une attention portée aux manières de faire, aux faits et gestes du savant, mais aussi aux rites et aux genres du savoir de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
L’atelier de Marcel Mauss nous fait découvrir l’image d’un chercheur plus contrastée que celle donnée par les biographies classiques. Un atelier, surtout, qui permet de mieux comprendre l’apport de l’anthropologue à une science en devenir.

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Ehrenfreund J. et Gisel, P. (dir.)., Religieux, société civile, politique. Enjeux et débats historiques et contemporains, Lausanne, Editions Antipodes, 2012.

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La question religieuse revient au cœur de nos sociétés sécularisées qui ne savent pas bien comment y faire face ni même comment l'interpréter, après qu'on a pensé pouvoir la renvoyer à la seule dimension privée de la conviction subjective.
Pluralité de traditions dans la manière d'organiser le vivre-ensemble; désinstitutionnalisation des traditions héritées; nouvelles affirmations identitaires ; sectes et nouveaux mouvements religieux; religiosité diffuse, voire spiritualités athées: toutes ces réalités valent comme symptôme de ce qui arrive à nos sociétés. Et à quoi ces sociétés doivent faire face, sur le plan de l’école, de l’espace public, des rythmes, des symbolisations et des ritualités, de l’articulation au bien commun et à l’état de droit.
Le présent ouvrage est né d’un colloque de l’Institut Religions, Cultures, Modernité de la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne, où ont été invités à s’exprimer des historiens, des politologues, des sociologues, des anthropologues, des philosophes. 
Y sont présentés et interrogés des données historiques sur quatre siècles de modernité européenne, diverses réalités extra-européennes (pays arabes, Afrique, Israël, Inde…), de nouveaux types de positionnement des acteurs contemporains (créationnistes étasuniens, reprises et transcriptions venant de la gauche radicale…).

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Bize L., Guex A., Hostettler A., Indermuhle C., Walter T. (éds.), Yan Jun, Génération dakou. Ecouter, recycler, expérimenter (traduit du chinois et de l'anglais), Paris, Van Dieren (collection Rip on/off), 2012.

YanJun-210x289.png4e de couverture:
Je m’assieds sur les toilettes à l’écoute de l’eau qui remplit le réservoir : elle s’écoule, s’agite, puis pénètre dans une autre petite vanne étroite, quelques gouttes fuient au cours du trajet. En même temps, l’eau s’évacue de la cuvette, tourbillonne, gronde, se recompose tranquillement, tandis qu’elle fait disparaître au loin, dans ses voies sinueuses, la réalité d’un monde. J’aimerais réfléchir encore une fois à ce problème : puisque les sons du monde sont naturellement parfaits, pourquoi doit-on encore faire de la musique ? Le bruit de la chasse d’eau : on entend par apparitions successives une fragilité triste, un long son discret, un événement imprévu empreint d’humour, comme un dialogue avec un dernier écho : un son d’adieu, réponse plus claire que n’importe quelle allusion littéraire. Alors qu’on saisit en dedans une trame sonore, elle entre dans un état de repos et plus nombreux sont les sons qui apparaissent, plus subtils, plus vastes ; ce calme semble un puits sans fond : plus on descend, plus la lumière est grande.
Yan Jun est un poète et musicien chinois, né en 1973 à Lanzhou et vivant à Pékin. Co-fondateur du collectif Sub Jam en 1998 et du label Kwanyin Records en 2004, il est l’un des animateurs les plus actifs de la scène expérimentale chinoise contemporaine. Son œuvre revisite les héritages d’une génération qui a fouillé les décombres et les surplus des productions industrielles occidentales chez les brocanteurs des marchés chinois. C’est ainsi qu’elle a fabriqué un univers poétique et musical aux recyclages inventifs, riches d’expérimentations multiples, créant une forme de critique subtile, fragile et drôle, des mondes contemporains.

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Bert, J.-F., "Les Techniques du corps" de Marcel Mauss. Dossier critique, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012.

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La conférence de Marcel Mauss sur les "Techniques du corps" (1934) est l’un des textes
les plus commentés en anthropologie, dès lors qu’il est question de décrire et de comprendre
les diverses manières dont se nouent les usages du corps. Le présent volume constitue le dossier
de réception de ce grand classique des sciences sociales. On y verra combien l’écho de ce texte, dans lequel Mauss fait du corps un objet anthropologique à part entière, fut considérable. Il provoque des réflexions ethnologiques, mais aussi linguistiques, sémiologique, historiques, psychologique et sociologiques. C’est l’histoire de cette formidable dissémination dont il est question dans ce recueil, mais aussi de l’actualité et des principaux usages de la "méthode" de Marcel Mauss où la prise en compte du biologique, du psychologique et du sociologique rend possible une compréhension totale des actes et des mouvements humains.
Avec les textes de Edgard de Geoffroy, André Leroi-Gourhan, André-Georges Haudricourt, Marcel Cohen, Jean-Louis Pelosse, Igor de Garine, Bernard Koechlin, Georges Gurvitch, Georges Condominas, Georges Vigarello.

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Gisel P., Du religieux, du théologique et du social. Traversées et déplacements, Paris, Cerf, 2012.

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Cet ouvrage donne un aperçu des derniers travaux de l'auteur. Articulés à une mutation affectant le religieux au cœur du social occidental qui fait éclater les circonscriptions établies (philosophie, théologie, sciences des religions, sciences humaines), par-delà la diversité des héritages et des manières de considérer l'humain, ce qui le traverse, le mobilise et l'affecte.
La première partie touche des modifications dans l'approche des phénomènes en cause. Où sont en jeu les motifs de la transcendance, de l'immanence, de la singularité, de ce qui arrive à nos sociétés, de ce qui les travaille et s'en dérobe.
La deuxième partie reprend des dossiers d'histoire contemporaine de la théologie. Où se font voir des déplacements significatifs : la centralité ou non d'une question portant sur de l'ultime, le statut de ce qui apparaît comme nouveauté, une prise en compte des pratiques, ce que peut entraîner un regard sur la mystique, la mise en cause d'un anthropocentrisme, un nouveau positionnement des acteurs (à l'occasion du créationnisme).
La troisième est centrée sur ce qui est allégué comme fondement, mémoire ou référence. Une question cruciale au cœur des traditions religieuses et de nos sociétés, liée aux recompositions d'identité, de rapports au monde et à altérité. Que l'auteur examine à propos de deux motifs : le texte biblique et ce dont il est investi, l'homme Jésus et sa construction comme figure.

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Mancini S., Faivre A. (éds.), Des Médiums. Techniques du corps et de l’esprit dans les deux Amériques, Imago, Paris, 2012.

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Peut-on agir sur le corps grâce à l’esprit ? Visionnaires et guérisseurs, les médiums, à l’inverse des idées communément répandues, l’ont toujours affirmé. Anthropologues, historiens des religions, philosophes ont observé sans a priori leurs pratiques à travers des lieux et des temps différents, et nous entraînent ici vers un étrange continent. Du chaman exerçant ses dons, au coeur de la violence urbaine de Mexico, aux cliniques spirites brésiliennes, inspirées d’Alan Kardec et fréquentées par toutes les classes sociales, le monde de l’Amérique du Sud reste empreint de croyances ancestrales vécues au quotidien. Plus au nord, nous croisons d’étonnantes figures, celle d’Andrew Jackson Davis, proche du magnétisme animal, ou celle de Leonora Piper qui, par ses dons de voyante, passionna le grand psychologue, William James. De nos jours, le spiritual healing connaît aussi un remarquable essor, et le bouddhisme Vipassana prend une large place dans la quête du mieux-être… L’armée américaine elle-même, dans un but
stratégique, a employé certains médiums dans un programme d’expérimentation portant sur la vision à distance…
Sans jamais renoncer à la rigueur scientifique, cet ouvrage nous offre ainsi une réflexion sur des phénomènes insolites venus du fond des âges, et persistant encore aujourd’hui.

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Mobio F., Santa Muerte. Mexico, la Mort et ses dévots, Paris : Éditions Imago, 2010.

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Autrefois cité lacustre décrite comme un véritable paradis terrestre, Mexico est devenu synonyme de précarité, d’insécurité, de violence et de mort. Du centre à la périphérie, vingt-quatre millions d’habitants assèchent les cours d’eau et bâtissent des habitations qui dévorent le paysage: l’eldorado de Cortés s’est transformé en enfer.
Pour tenter de vivre dans cette ville géante et protéger corps et âmes, deux millions de personnes — pour la plupart issues du monde ouvrier ou artisan, ou liées à la criminalité, à la prostitution ou au narcotrafic — instaurent un dialogue direct avec la mort et ses représentations, en pratiquant le culte de la Santa Muerte. Exposée dans des centaines d’autels situés en plein air, ou enfermée dans des châsses en verre, l’effigie apparaît le plus souvent sous la forme d’un squelette somptueusement habillé, et peut se trouver à un coin de rue, dans un marché populaire ou dans un garage aménagé avec soin pour lui rendre honneur.
En nous plongeant au coeur même du quotidien des dévots de la Santa Muerte, Francis Mobio  nous entraîne ainsi dans un itinéraire photographique étrange et fascinant..

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