Interviews

S., atteint d'une maladie neuro-musculaire, est actuellement en postgrade à l'Université. Il a étudié pendant 5 ans à l'EPFL et s'est impliqué en son temps dans la cause des personnes en situation de handicap. (Témoignage anonyme)

A quels types de problèmes avez-vous été confronté?

S.: Sur le campus, les problèmes sont de deux ordres: d'un côté les problèmes architecturaux, de l'autre les problèmes humains. Quelle que soit la nature du problème, la personne handicapée doit de toute façon se justifier tout le temps. On dépend de la bonne volonté des responsables de salle.

Comment améliorer la situation?

S.: Durant mes études à l'EPFL, je me suis impliqué dans la mise sur pied d'un office pour les handicapés. Le projet a été présenté à la Conférence Universitaire Suisse en 1996. Son but était de répondre au besoin de contact des handicapés, notamment avec le Rectorat. Depuis, passablement de changements sont intervenus, comme des toilettes aménagées ou les portes automatiques. La technologie également nous rend service: accéder à la bibliothèque par Internet est d'un grand secours.

Toutes les difficultés sont-elles surmontables?

S.: Tout se règle au cas par cas. Evidemment les besoins des personnes handicapées ne sont pas uniformes et les solutions doivent être adaptées. Mises à part les fautes de conception dans l'architecture ou les appareillages techniques, rien n'est insurmontable. Les photocopieurs par exemple sont inaccessibles, ainsi que les bornes Internet ou la partie supérieure des rayons de bibliothèque. Les difficultés liées aux examens également sont surmontables, il est toujours possible d'obtenir le temps et les moyens nécessaires. Mais le plus gênant est de devoir systématiquement négocier et se justifier.

 

M., atteint d'une maladie neuro-musculaire, est étudiant en sciences politiques depuis deux ans. De nature résolument optimiste, M. pose un regard positif sur l'UNIL. (Témoignage anonyme)

Comment avez-vous vécu votre arrivée à l'Université?

M.: Un repérage des lieux a rapidement dissipé mes premières angoisses. Il faut dire que j'ai intégré l'Université après que passablement de changements aient été effectués. De plus, mon arrivée à l'Université est un passage important vers mon autonomie, puisque je loge depuis deux ans au foyer des étudiants, dans un appartement adapté à mes besoins.

Quelles difficultés rencontrez-vous sur le campus?

M.: Je ne me plains pas. Je peux me rendre en quelques minutes de mon logement à ma salle de cours et les trajets sur le campus ne sont pas trop tortueux. Les difficultés principales sont liées à l'aménagement ou la conception de certains locaux. Dans les auditoires par exemple le problème est que je ne peux pas me mettre où je veux. Je ne peux me placer, suivant les salles, que tout en haut ou tout en bas. Plus gênant encore, le Centre de documentation m'est totalement inaccessible, comme le Zelig d'ailleurs, qu'il m'est impossible de fréquenter. Les autres difficultés sont mineures, comme la mauvaise position des boutons d'ascenseur ou les portes manuelles qui nécessitent une aide extérieure. J'ai par ailleurs renoncé au réfectoire en raison de son inconfort. La foule, les files d'attente, les plateaux, en chaise roulante c'est tout sauf pratique.

Comment améliorer la situation?

M.: De multiples points de détail pourraient évidemment être améliorés. Dans l'ensemble Dorigny n'est pas si mal conçu, le dialogue avec les responsables et la solidarité avec les autres étudiants fonctionnent bien. Je suis très autonome, dans ma vie comme à l'Université.

 

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