Colloque Environnement et Spiritualité
|
Dates du colloque: 4-5-6 juin 2009.
Lieu: UNIL, salle Anthropole 1031
Colloque international organisé par l’Université de Lausanne (UNIL), avec le partenariat de l’Institut de Recherche sur l'Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC, Bangkok).
Comité scientifique : Pr. D. Bourg (Unil), Dr. Ph. Roch (Ancien secrétaire d’Etat et ancien directeur de l’Office fédéral de l’Environnement), Pr. P. Gisel (Unil), Pr. Th. Paquot (Paris 12), Pr. A. Papaux (Unil), A. Fragnière (Unil), G. Hess (Unil), F. Piguet (Unil), V. Rochat (Unil).
Argument :
Notre action sur la nature est-elle déterminée par nos besoins matériels ? Nous ne le pensons pas. Le parti pris de ce colloque est de considérer que notre action est inséparable de valeurs collectives, autrement dit d’une spiritualité commune. Par spiritualité, nous n’entendons pas ici d’emblée une démarche individuelle, d’élévation et de sublimation. Nous donnons à ce mot un sens collectif et premier, en relation avec l’idée de culture. Nous désignons par spiritualité le socle collectif d’habitus et de dispositions qui fonde et donne forme à nos relations à la nature. Ces schèmes fondamentaux tirent cependant leur origine du religieux, de sagesses, et de leur dynamique interprétative. Les choix individuels en termes de valeurs, de philosophies, de spiritualités s’inscrivent dans cette dynamique.
La vision occidentale dominante réduit la nature à un ensemble d’objets destinés à être dominés et exploités, via des techniques promises à une amélioration continue. Pour aride et agressif que soit cet a priori de perception, il n’en constitue pas moins une spiritualité. En ce sens il ne saurait y avoir de société sans spiritualité(s), aussi différent(e)s qu’elle(s) puisse(nt) être. Celle du chasseur sibérien considérant les animaux, fussent-ils chassés, comme des alter ego dignes de respect, nourrit par exemple une tout autre relation au milieu que la nôtre. Il semble dès lors illusoire que nous puissions surmonter la crise écologique dans laquelle nous nous abîmons sans interroger notre héritage occidental.
Ce colloque vise en premier lieu à expliciter et à questionner les spiritualités attachées aux grandes traditions religieuses et autres sagesses de par le monde sous l’angle de leurs relations à la nature. Pour ce faire, nous ferons appel à l’anthropologie, l’esthétique, la philosophie et la théologie notamment. En prenant appui sur ce débat, dans le cadre de deux tables rondes, nous nous interrogerons sur les limites de l’action politique et sur les marges d’action des grandes entreprises.


