Guex Antoine

Partir de Chine travailler en Afrique : parcours d’expatriation d’employés des transnationales chinoises.


S’appuyant sur un suivi de parcours individuels, des entretiens et une observation au Congo-Brazzaville, ce travail s'intéresse tout d’abord à définir qui sont les "employés des entreprises transnationales chinoises" en Afrique et en quoi leur parcours est significatif de transformations sociales à la fois en Chine, au Congo et plus généralement dans l’internationalisation du marché du travail. Il vise à approfondir la médiatisation d’une image souvent très sommaire des expatriés en présentant un groupe composite, hiérarchisé, ouvert, très fluide car en permanence recomposé, influencé par des formes institutionnelles multiples : ainsi, par exemple, la transformation du marché de l'emploi en Chine, les réseaux d'entre-aide, les ressources et contraintes familiales, les structures du discours identitaire, l’adaptation au lieu d’expatriation, les politiques interétatiques,  et celles d’internationalisation de l'entreprise. Parce qu’ils sont traversés par toutes ces influences structurelles, ces parcours offrent une perspective originale sur les dynamiques nationales et internationales actuellement en jeu dans le cadre concret des relations sino-africaines aussi bien localement que globalement.
Trois axes principaux sont explorés :
1) Dans la perspective de la NEM et des parcours de vie, il s’agit de comprendre plus concrètement les motivations et les stratégies, les ressources et les contraintes de ces parcours dans la complexité des enjeux qu’ils articulent. Nous observons par exemple comment la gestion du parcours (retour, promotions, bifurcations dans la carrière, changement de pays, etc.) est influencée par le marché de l’emploi, mais aussi l’expression des contraintes familiales par exemple.
2) Alors que l’enfermement social que représente l’univers de l’entreprise chinoise doit être détaillé, relativisé et expliqué, la constitution de réseaux formels et informels au-delà de ce cercle, notamment par les relations professionnelles, de loisirs ou encore les réseaux sociaux virtuels informent sur la forme que prennent la communauté des expatriés chinois et les hiérarchies qui la parcourent.
3) Enfin, face au rappel constant par la littérature de l’exercice d’un soft power chinois en Afrique, dans quelle mesure ces expatriés adhèrent-ils à un discours officiel de la présence chinoise en Afrique et entrent-ils dans la réalisation d’intérêts nationaux chinois et de nouveaux rapports de pouvoir ? Comment et autour de quels éléments les expatriés chinois (re)constituent-ils des paysages identitaires et un discours sur l'altérité en situation d'expatriation?

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