Moyano Camilla

Que ce soit avant ou après la dictature, les recherches portant sur le travail musical au Chili ont généralement considéré les musiciens comme étant des travailleurs précaires. Le néo-libéralisme a engendré une précarité du travail mais également une précarité dans de nombreux autres domaines de la vie des Chiliens, précarité qui perdure encoreaujourd’hui. Si les recherches ont largement documenté la précarité du travail musical, une moindre attention a été accordée au vécu subjectif des travailleurs exposés aux conséquences du néo-libéralisme.
 
Cette thèse se concentre sur l’auto-assemblage de douze musiciens qui vivent àSantiago du Chili en prenant en considération leur parcours personnels et les événements socio-historiques dans lesquels ces derniers s’inscrivent. L’objectif est d’analyser comment la carrière professionnelle des musiciens est liée à d'autres dimensions sociales, telles que la famille, la formation ou le contexte politique. Le lien
entre ces différentes dimensions et la musique est principalement déterminé par "la moralité" qui pousse les sujets à mener une "bonne vie".
 
Les méthodes adoptées reposent principalement sur l’approche biographique. J'ai ainsi mobilisé certains outils des études narratives afin de conduire les entretiens et réaliserles analyses de contenu et de forme. À travers les douze récits de ces musiciens provenant de trois différentes générations (années 1970-1980 ; 1990 ; 2000), cette thèse permet de mieux comprendre i) comment la musique est davantage qu’une simple profession, ii) à quel point les différences de genre sont présentes au sein des carrières musicales et iii) comment les différentes générations ont des manières distinctes de se présenter.
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