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Littérature française, littérature comparée, philosophie

BARONI Raphaël, RODRIGUEZ Antonio (éds), Les passions en littérature. De la théorie à l’enseignement, Etudes de lettres 2014/1, Lausanne, 2014, 182 pages.

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ISBN 978-2-940331-34-5

Ce volume traite de l’importance croissante des émotions dans les études littéraires et de leurs implications didactiques. Depuis quelques années, le « tournant affectif », observable dans de nombreuses disciplines des sciences humaines, prend appui sur les liens inextricables de la pensée et du corps, de la cognition et de la sensibilité. Il est désormais possible de considérer les émotions en littérature sans adopter des principes fusionnels ou irrationnels, mais en décrivant une relation individuelle et charnelle au texte, autrefois stigmatisée comme une « illusion affective ». Si, dans le contexte actuel, la nécessité de ménager une place élargie aux émotions dans l’enseignement de la littérature s’impose, une telle pratique ne peut se réaliser que par l’établissement de médiations efficaces, mobilisatrices entre textes et lecteurs, par-delà les héritages du formalisme. La description de la nature de ces médiations est adossée à des exemples concrets de dispositifs didactiques. Conjuguant réflexions théoriques, critiques des œuvres et applications concrètes en classe, cet ensemble peut servir de référence aussi bien pour les didacticiens et les enseignants que pour les critiques qui tentent de comprendre les mutations du rapport entre les lecteurs, les passions et les œuvres littéraires.

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LE QUELLEC COTTIER Christine (dir.), Blaise Cendrars – Henry Poulaille. Correspondance 1925-1957 : « Je travaille et commence à en avoir marre », Collection Cendrars en toutes lettres, Genève, Editions Zoé, 2014, 228 pages.

ISBN 978-2-88182-911-6

Entre 1925 et 1957, Blaise Cendrars (1887-1961) et Henry Poulaille (1896-1980) ont entretenu une forte amitié. Les lettres adressées de Cendras à Poulaille, fondateur de la littérature prolétarienne, en sont la trace immédiate.

Sans effets rhétoriques, avec un ton libre et une verve enlevée, les missives rédigées à toute heure permettent de découvrir une relation construite par des affinités multiples, littéraires et professionnelles, qui traverse trois décennies au gré des parcours personnels et des aléas de l'Histoire.

En 1925, Cendrars devient un auteur Grasset en publiant L'Or. Il entre dans la maison de la rue des Saints-Pères où Poulaille a récemment pris ses quartiers en tant que secrétaire de presse. Le monde de l'édition sera désormais au cœur de leurs rencontres. Mais les deux hommes se connaissent déjà et Poulaille, admirateur du romancier, l'associe volontiers à sa propre perception de la littérature : celle-ci doit être « authentique » et rendre compte de la vie du peuple en « écrivant comme on parle » ; et pour cela l'écrivain doit être issu du peuple... Cendrars refuse cette affiliation mais ne rompt pas avec son ami ; il tente de lui faire oublier l’argumentation en réveillant ses talents d'écrivain : « Quand nous donneras-tu un nouveau livre débordant de ce beau langage de Paris, que tu es seul à savoir employer par écrit, dont je suis friand et qui vous libère de la scolastique et de l’érudition. »

Les lettres inédites de Blaise Cendrars à Henry Poulaille - puisque celles en retour ont presque toutes disparu - permettent de découvrir leur commune passion pour le cinéma, art nouveau dont Charlot est leur figure emblématique, mais aussi leur perception de la littérature, du journalisme et de l'édition. Qu'il s'agisse d'une survie intellectuelle (« Bien reçu le paquet de livres. Merci. Cela m’a fait bien plaisir car je suis encore plus privé de lecture que de boustifailles. » 19 mai 1943) ou d'une suite de demandes précises à transmettre plus loin, chacun rend compte d'une façon de s'inscrire dans son temps : Poulaille s'engage très directement, alors que Cendrars a l'art de l'esquive. Signer des pétitions ne l'intéresse guère, mais il le fait pour Poulaille, en signe de respect. Sans doute un geste significatif de leur amitié d'honnêtes hommes.

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MONTE Michèle et PHILIPPE Gilles (dir.), Genres & textes. Déterminations, évolutions, confrontations. Études offertes à Jean-Michel Adam, Collection Textes & Langues, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 2014, 358 pages.

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ISBN 978-2-7297-0873-3

En dialogue avec l'analyse textuelle des discours défendue et illustrée par Jean-Michel Adam, les vingt contributions de ce volume, dues à des chercheurs renommés, s'interrogent sur l'articulation entre les normes textuelles et discursives découlant de l'appartenance d'un texte à un genre et les faits linguistiques locaux résultant des impératifs de la textualisation.

L'ouvrage propose des réflexions théoriques sur les concepts de genre, texte et discours, des analyses partant de faits textuels tels que la ponctuation, les reformulations sur manuscrit ou l'usage des connecteurs, et des études de cas portant sur des genres oraux ou écrits (notamment le débat, les blogs, la tragédie grecque, le feuilleton) dans des sphères discursives variées (littérature, publicité, médias, discours institutionnels et politiques).

Michèle Monte est professeure en sciences du langage à l'Université de Toulon. Ses travaux portent sur l'énonciation, la sémantique lexicale et discursive et l'analyse linguistique des textes poétiques. Elle travaille également sur le discours politique au sein de la revue Mots. Les langages du politique. Elle a publié avec André Bellatorre Le Printemps du temps. Poétiques croisées de Francis Ponge et Philippe Jaccottet (PUP, 2008).

Gilles Philippe est professeur de linguistique française à l'Université de Lausanne. Ses travaux portent sur l'histoire des imaginaires langagiers et des formes stylistiques aux XIXe et XXe siècles. Il a récemment fait paraître aux Presses universitaires de France Le Français, dernière des langues. Histoire d'un procès littéraire (2010) et Le Rêve du style parfait (2013).

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Philippe Jaccottet, Œuvres, édité par José-Flore TAPPY et al., Bibliothèque de la Pléiade, no 594, Paris, Gallimard, 2014, 1728 pages.

ISBN 978-2-07-012378-0

Philippe Jaccottet a lui-même choisi les œuvres rassemblées dans ce volume, y recueillant tout ce qu’on pourrait qualifier d’écriture « de création » et laissant de côté son travail de critique et de traducteur, ainsi que certains textes de circonstance liés à des voyages ou à des hommages ; il a veillé à ce que ses livres apparaissent selon la chronologie de leur publication initiale, qui était jusqu’alors parfois masquée par des regroupements éditoriaux ultérieurs.

Recueils de poèmes et livres de prose alternent d’abord, bientôt ponctués à intervalles plus ou moins réguliers par les notes de carnets qu’égrènent les différentes livraisons de La Semaison. Retrouvant leur titre unique, celles-ci sont ici restaurées dans toute la cohérence de leur projet et complétées par les Observations, 1951-1956, longtemps inédites et qui sont comme l’amorce de ces semences littéraires rassemblant choses vues, choses lues et choses rêvées.

L’évolution des poèmes est frappante : des sonnets rimés de L’Effraie (1953) aux pièces brèves et épurées d’Airs (1967) se fait sentir l’influence des révélations majeures que furent les paysages de Grignan et les haïku japonais. Par les chants plus tourmentés des livres de deuil qui se succèdent ensuite, de Leçons (1969) à Pensées sous les nuages (1983), le poète tente de maintenir le flux des mots malgré la mort qui semble faire vaciller jusqu’au langage. À partir de Cahier de verdure (1990), proses poétiques et vers se mêlent au sein d’un même recueil. Une forme éminemment personnelle s’invente, se concentrant sur les éclats de joie épars dont il s’agit de restituer la lumière.

Comment embrasser à la fois le clair et le sombre, le grave et le léger, le tout et le rien ? L’œuvre de Jaccottet s’impose par l’exigence de sa quête, la pureté rayonnante et sans affectation de son chant – « L’effacement soit ma façon de resplendir », écrivait-il dès L’Ignorant (1957). Sans céder jamais à l’épanchement, se refusant autant au nihilisme qu’à l'exaltation – à « l’écœurant brouillard d’un certain lyrisme » –, elle trouve certes dans la beauté subtile et poignante de la nature – lumière d’hiver, vergers en fleurs – une réponse vitale à la violence du monde et au désenchantement. Mais cette beauté n’a rien d'un refuge éthéré ; elle est comme une lame qui permet de creuser dans l’opaque. Cette poésie, nourrie d’ombre, s’écrit avec le vide et contre lui.

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