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Littérature française, littérature comparée, philosophie

PASCHOUD Adrien, VUILLEMIN Nathalie (dir.), Penser l'ordre naturel, 1680-1810, collection SVEC, Oxford, Voltaire Foundation, 2012, 266 pages.

 

ISBN 978-0-72941-052-6

Le XVIIIe siècle, quel que soit l’angle sous lequel on le considère, n’a cessé de penser l’ordre naturel; postuler l’existence d’un ordre naturel met toujours en place une expérience de pensée. Dans ce recueil d’articles situé à la croisée des sciences naturelles, de la littérature et de la réflexion esthétique, les contributeurs saisissent les diverses formes de cette expérience, et laissent entrevoir une inquiétude fondamentale: penser l’ordre, c’est interroger le rôle et la place de l’homme dans la nature, entre hasard et nécessité.

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PIC Muriel, SELMECI CASTIONI Barbara, VAN ELSLANDE Jean-Pierre (éds), La Pensée sans abri. Non-savoir et littérature, Nantes, Editions nouvelles Cécile Defaut, 2012, 336 pages.

 

ISBN 978-2-35018-322-0

Ce volume prend acte d’une revendication propre à la littérature et jamais analysée comme telle: la volonté affichée de ne pas savoir. Force est en effet de constater que le paradoxe, la répétition et toutes les formules de l’incohérence sont des faits littéraires; mais aussi que des figures idiotes, ignorantes, illuminées, folles, sauvages, primitives peuplent depuis toujours la littérature. Comme si cette dernière déclinait la fonction cognitive qu’on lui reproche de ne pas remplir ou que l’on tente de lui attribuer. Du xviie au xxie siècle, ce volume se demande donc pourquoi la littérature se targue de ne pas savoir: ce refus de savoir est-il un refus du savoir? Que sait ou veut nous faire savoir celui qui, dans l’habilité rhétorique, prosodique, narrative, proclame la négation de la connaissance? De quels savoirs de la littérature nous entretient le non-savoir?

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SELMECI CASTIONI Barbara, UHLIG Marion (dir.), Saintes scènes. Théâtre et sainteté à la croisée du Moyen Âge et de la Modernité, Kunst-, Musik- und Theaterwissenschaften 13, Berlin, Frank & Timme, 2012, 244 pages.

ISBN 978-3-86596-412-0

Penser la transition entre le Moyen Âge et la Modernité à la lumière d’une figure singulière – la sainte ou le saint – envisagée dans le cadre spécifique de la représentation théâtrale, telle est l’ambition du présent volume. Afin de déchiffrer les enjeux de la performance passée dont les textes portent trace, le théâtre de la sainteté, constitué en objet critique, appelle le lecteur à croiser plusieurs approches, littéraire, historique, théologique, anthropologique, géographique ou encore celles des Études genre et de l’histoire de l’art. Ainsi les contributions ici rassemblées représentent-elles autant de coups de sonde qui explorent les formes dramatiques empruntées par la sainteté au fil des siècles, pour témoigner de l’évaluation et de la réévaluation, par une société, de ce qu’elle considère comme sacré.

Barbara Selmeci Castioni (Université de Lausanne), spécialiste de la littérature française du XVIIe siècle, et Marion Uhlig (Université de Genève/boursière FNS), médiéviste, préparent ensemble l’édition et l’étude des adaptations théâtrales françaises de Barlaam et Josaphat.

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BOUCHARENC Myriam, LE QUELLEC COTTIER Christine (éds), Aujourd'hui Cendrars, Cahiers Blaise Cendrars 12, Paris, Honoré Champion, 2012, 368 pages.

 

ISBN 978-27-453-2529-7

Avec Cendrars, la vie et l’œuvre se confondent en formant ce que Henry Miller a nommé «une masse poétique étincelante, dédiée à l’archipel de l’insomnie». Voilà ce qui, aux yeux de son ami américain, faisait de lui rien de moins que l’écrivain du siècle. Un écrivain trop «distraitement reconnu», au dire de Malraux, qui déplorait que le poète ait été souvent négligé au profit du bourlingueur, dont Cendrars lui-même a largement contribué à sculpter la figure. Au miroir déformant de la légende, le romancier, le mémorialiste, le cinéaste ou encore l’homme de radio et le reporter se sont effacés, ne laissant trop longtemps persister de Cendrars qu’un cliché, celui de l’aventurier au visage buriné prêt à raconter ses voyages: sans doute la meilleure façon pour lui de prendre le large.
Dès 1912 avec le poème Les Pâques et jusqu’en 1956 avec le roman baroque Emmène-moi au bout du monde!…, chaque publication ressemble à l’une des pièces d’un vaste puzzle où se dessine la modernité du XXe siècle. C’est peu dire que Cendrars fut un novateur de formes et de genres: son œuvre, élaborée dans l’effervescence et le tumulte est hétiques, offre aujourd’hui plus que jamais des échos puissants à nos questionnements contemporains: elle ne cesse de commencer.
Ce volume rassemble les contributions au colloque international «Aujourd’hui Cendrars. 1961-2011» organisé, à l’occasion du cinquantenaire du décès de Blaise Cendrars, par l’Université de Lausanne, l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, le Centre d’Etudes Blaise Cendrars (CEBC) et l’Association internationale Blaise Cendrars (AIBC), qui s’est déroulé à Dorigny-Lausanne du 4 au 6 mai 2011.

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ROSSET François (éd.), Entretiens sur le Manuscrit trouvé à Saragosse, Etudes de lettres 2012/4, Lausanne, 2012, 224 pages.

 

ISBN 978-2-940331-29-1

Le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, écrit en plusieurs versions entre 1794 et 1814, est un univers, une somme de tout ce qu’a pu inventer, collecter et charrier la tradition narrative occidentale depuis l’Antiquité. Ce roman met en intrigue les dérisoires tentatives de compréhension et d’explication totales du monde qui s’inscrivent dans des systèmes, des doctrines et des croyances, comme dans des fables, des figures ou des images. Roman du multiple, il invite à la pluralité des lectures; c’est ce que proposent ces Entretiens, où se croisent et s’entrecroisent des approches fondées dans différents terreaux disciplinaires et méthodologiques. C’est une polyphonie qui imite, à l’échelle du commentaire, celle que fait jouer Potocki devant ses lecteurs ou encore, à une autre échelle, celle qui se joue au quotidien dans une Faculté de lettres.

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BORUTTI Silvana, HEIDMANN Ute, La Babele in cui viviamo. Traduzioni, riscritture, culture, prefazione di Simona Argentieri, collana Programma di Scienze Umane, Torino, Bollati Boringhieri editore, 2012, 264 pages.

 

ISBN 978-88-339-5850-7

Secondo l’interpretazione canonica del mito di Babele, all’edenica lingua delle origini, nella quale parole e cose si appartengono reciprocamente, fa seguito una moltitudine caotica di idiomi divenuti opachi l’uno all’altro. Ma il regno del disordine che leggendariamente subentra all’unità perduta può anche assumere una valenza opposta a quella espiativa tramandata dalla Bibbia. Per la filosofa Silvana Borutti e la comparatista Ute Heidmann è proprio il plurilinguismo che salvaguarda la straordinaria varietà delle forme di vita umane, creando un baluardo contro l’indifferenziato e rendendo necessaria quell’opera incessante di traduzione che potenzia la forza significante di ogni lingua nel momento stesso in cui la apre all’alterità. Nel saggio più aggiornato sugli aspetti teorici, la portata antropologica e gli orizzonti testuali del tradurre, Borutti e Heidmann riflettono sulla mediazione – tra lingue, sistemi simbolici complessi, intere culture – come paradigma di conoscenza. Se esiste un compito elettivo della traduzione, è permettere alle differenze di rompere il loro isolamento, percorrere la distanza che le divide, esporsi alla metamorfosi. Altrimenti il mondo non sarebbe vivibile.

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CONSTANT Benjamin, Oeuvres complètes. Oeuvres XXVI : Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri, édité par Kurt Kloocke et Antonio Trampus, Berlin/New York, De Gruyter, 2012, 495 pages.

 

ISBN 978-3-11-027434-9

Ce tome XXVI est consacré exclusivement à un seul texte, le Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri, publié entre 1822 et 1824, à une époque dominée par des luttes politiques particulièrement violentes. Ce sont les combats entre les partisans du libéralisme, les doctrinaires et la réaction royaliste qui conditionnent ce livre. On trouvera dans ce tome le texte critique de l'édition originale, avec les variantes du manuscrit reconstitué partiellement, des commentaires qui se proposent de présenter le contexte de l'ouvrage, et une série de documents complémentaires qui s'échelonnent entre 1800, moment où Constant a lu pour la première fois le texte de Filangieri, et 1826, l'année de la mise à l'index du Commentaire par l'Inquisition romaine.

Le Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri est le dernier grand texte de théorie politique publié du vivant de Benjamin Constant. Il complète les Principes de politique de 1815 et les ouvrages ou brochures politiques que l'auteur a réunis dans son Cours de politique constitutionnelle dont le dernier volume a paru en 1820. Il faudra attendre la publication des Principes de politique, texte de 1806, par Étienne Hofmann en 1980 pour avoir une vision d'ensemble de la théorie politique de Constant. Les Oeuvres complètes offrent donc, avec ce tome XXVI, la série complète de ces textes qui constituent une philosophie politique toujours d'actualité.

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CORBELLARI Alain (éd.), Romain Rolland et la Suisse, Etudes de lettres 2012/3, Lausanne, 2012, 216 pages.

ISBN 978-2-940331-28-4

Romain Rolland, qui a publié en Suisse, pendant la Première Guerre mondiale, ses fameux articles pacifistes rassemblés dans Au-dessus de la Mêlée et qui lui ont valu le Prix Nobel de littérature en 1915, a habité à Villeneuve de 1922 à 1938, y recevant les plus grandes personnalités de l’entre-deux-guerres. Après trois quarts de siècle, certaines archives s’ouvrent enfin et le fonds quasiment inépuisable des correspondances de Romain Rolland ne cesse de s’enrichir, si bien que les relations de l’auteur de Jean-Christophe avec les milieux intellectuels et politiques suisses reçoivent ici un éclairage profondément renouvelé qui intéressera tous les lecteurs soucieux de mieux connaître l’attitude de la Suisse et de ses ressortissants face à un de nos plus illustres réfugiés.

Faisant suite à deux numéros déjà consacrés à Romain Rolland en 1966 et en 1976, ce volume d’Etudes de Lettres reprend les quatre communications de la journée d’étude donnée à l’Université de Lausanne le samedi 3 octobre 2009, sous les auspices de l’Association des amis de Romain Rolland et de la section de français de l’Université de Lausanne, augmentées de quelques communications nouvelles. 

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LOTTERIE Florence, POISSON Guillaume, Jean-Jacques Rousseau devant Coppet, Genève, Éditions Slatkine, coll. Travaux et Recherches de l'Institut Benjamin Constant 13, 2012, 218 pages.


 

ISBN 978-2-05-102403-7

À l'heure où la Suisse, et une bonne partie de l'Europe et du monde, rivalisent d'idées pour fêter le tricentenaire de la naissance du «Citoyen de Genève», éditer un volume sur Jean-Jacques Rousseau devant Coppet peut sembler un pari hasardé. Philosophe, romancier, autobiographe, théoricien politique, pédagogue, botaniste, homme de théâtre et de musique combien féru, épistolier aussi, bien sûr: est-ce parce qu'il a été cet intellectuel total que Rousseau reste reçu dans la passion et tout le feu d'une partialité intacte? Jean-Jacques adulé et exalté par les uns; Rousseau critiqué et maudit par les autres: quoi d'étonnant, chez celui dont l'oeuvre entière relève de la rupture provocante?
Les membres du Groupe de Coppet, qui entretiennent avec l'héritage intellectuel du XVIIIe siècle - siècle qui les a vus naître et se former - des rapports complexes, alliant le souci de fidélité aux nécessités de la réfutation, sont également conditionnés par la bipolarisation des «rousseauismes» qui s'affirme de plus en plus depuis 1789. De Constant à Staël, de Bonstetten à Sismondi, tous ont naturellement lu leur «compatriote» et Rousseau nourrit, parmi eux, des sentiments ambivalents, entre accord sympathique et récusation.
Le présent volume, rassemblant huit spécialistes venant d'horizons variés, permet de manifester - à partir de quelques «noeuds» précis - une distribution orientée des façons de lire et de (re)penser Rousseau qui, en retour, permet de saisir les grandes préoccupations coppétiennes, tant il est vrai que Rousseau a été un révélateur d'identité, avec ou contre lui. C'est en ce sens qu'on le placera ici «devant» Coppet.

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RENKEN Arno, Babel heureuse, Van Dieren Editeur, 2012.

 

ISBN 978-2-911087-75-2

Lire la traduction, voici l’expérience heureuse que ce livre explore. Cette expérience se trouve largement niée par un discours critique qui jauge la lecture en traduction à partir de normes méthodologiques ou morales (“fidélité”, “adéquation” ou “justesse”) qui toutes valorisent l’identification, l’assimilation de la traduction à l’original et donc son idéale indistinction. Les descriptions de la traduction en termes de “transport”, de “passages”, etc. tendent elles aussi à la considérer comme une médiation transparente et donc indifférente pour le lecteur. En outre, les notions principales de la poétique – “voix”, “auteur”, le rapport entre littérature et langue – se trouvent élaborés comme si la traduction n’offrait aucun plaisir spécifique. La jouissance des oeuvres littéraires et philosophiques se replie et s'immobilise ainsi dans le triste carré de l’origine : un texte, une langue, une écriture.

Lire la traduction permet alors, par un certain “dehors”, de prendre les discours sur la traduction et la littérature à rebours. Elle permet d’être sensible non seulement à la manière dont la lecture de la traduction emporte les textes, les dynamise et les transforme, mais aussi comment, en retour, cette performance fait dériver ce que nous appelons “littérature” et “traduction”.

Pour explorer cette expérience, ce livre propose des lectures multilingues de philosophes (Descartes, Foucault, Gadamer, Benjamin et Derrida) ou d’écrivains (Beckett et Dürrenmatt), lectures attentives à la fois à ce qui est dit – ou parfois significativement passé sous silence – de la traduction et, réciproquement, à la manière dont l’écriture procede d’emblée par traduction. Étrangère aux ordres philosophiques et littéraires, la lectura heureuse en traduction nous offre alors, dans une performance inlassablement ouvrante, une littérature encore à inventer.  

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KUNZ-WESTERHOFF Dominique, KAENEL Philippe (éds), Neige, blanc, papier. Poésie et arts visuels à l'âge contemporain, collection Voltiges, MetisPresses, Genève, 2012, 272 pages.

 

ISBN 978-2-940406-35-7

La neige, dans ses dimensions optiques, chromatiques et plastiques, dans ses états instables et variables, constitue l’un des enjeux centraux de l’esthétique contemporaine. À partir d’elle s’est pensée une limite entre un imaginaire de l’évanescence et la matérialité du support, la transitivité de la représentation et la consistance de l’oeuvre, le signe et le non-signe. Élément intermédiaire par excellence, elle emblématise dès le tournant du 20e siècle un nouvel ut pictura poesis où le discours poétique déploie des aspects intermédiaux de sa réalité: la surface lumineuse de la page, l’épaisseur de l’empreinte typographique, le filigrane du papier, le relief feuilleté du livre scandé et sculpté par son dépliement.
Ce volume fait l’historiographie des esthétiques de la neige, de la quête d’un art pur, affranchi de toute contrainte illustrative, littéraire, voire représentative, à la construction de formes expressives où se réinvente un langage-espace. Y sont explorés des stratégies de production et d’exposition des livres et des images, des tractations éditoriales autour de l’illustration des oeuvres poétiques, des conflits entre chromophobie et chromatisme dans l’impression de l’estampe, des techniques de fabrication du livre d’artiste.
Au coeur du volume, le calepin d’artiste réalisé par la plasticienne Catherine BOLLE, Inhumaine neige lunel, concrétise à son tour l’imaginaire poétique de la neige dans la matérialité esthétique du livre.

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BARILIER Etienne, Que savons-nous du monde?, éditions Zoé, Genève, 2012, 192 pages.

 

ISBN 978-2-88182-867-6

Grâce aux médias contemporains, le monde tout entier, à tout instant, nous est présent. Cela signifie-t-il que nous le connaissons mieux qu’auparavant ? Journalistes en tête, nombreux sont ceux qui craignent au contraire que l’information véritable ne survive pas à l’ère d’Internet.

Les médias contemporains, c’est vrai, aggravent les défauts des médias de toujours : ils menacent de faire de nous des êtres irrationnels, sans mémoire, sans histoire, sans projet. Ils reflètent, donc intensifient toutes les contradictions d’une civilisation, la nôtre, qui condamne le progrès mais adore la technique informatique ; qui s’enthousiasme naïvement pour la révolution arabe, mais renie inconsciemment son propre humanisme.

Les médias, qui devraient servir notre mémoire, servent souvent notre oubli. Mais rien n’est inéluctable. Nos moyens d’information, y compris Internet, sont et seront à notre image. Si nous gardons l’esprit critique, rien n’est perdu.

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KUNZ WESTERHOFF Dominique, ATALLAH Marc (dir.), L'homme-machine et ses avatars. Entre science, philosophie et littérature XVIIe-XXIe siècles, coll. Pour demain, Vrin, 2012, 320 pages.

 

ISBN 978-2-7116-2349-5

Dans le contexte de la révolution galiléenne, Descartes a fondé une anthropologie mécaniste qui n’a cessé de se redéfinir au fil des découvertes scientifiques et des controverses qu’elle a suscitées : après l’Homme-Machine, est venu l’Homme Électrique, puis l’Homme Cybernétique. Ces avatars signalent la constante réévaluation, la mesure toujours reprise d’une métaphore originaire, à la fois féconde et insuffisante, heuristique et limitée. Au carrefour des sciences humaines, des sciences et de l’ingénierie, il s’agit d’historiciser cette construction culturelle au long cours, jusqu’à la robotique bio-inspirée et à l’hybridation contemporaine du corps et de la technologie. L’approche littéraire en éclaire, elle, toute la dimension imaginaire : de l’automate parleur au cyborg, l’innovation scientifique est indissociable, sinon indiscernable, d’une saillance de la fiction. Fable philosophique, poésie scientifique, roman libertin, conte fantastique, théâtre satirique, roman social ou science-fiction : ces différents genres font ainsi valoir la compétence de la littérature pour penser la culture de l’homme-machine, et pour faire émerger le mécanique, le non-mécanique, ou l’anti-mécanique, comme autant de procès d’humanisation opérés par la pratique symbolique.

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COSSY Valérie, Isabelle de Charrière, Le savoir suisse, série Figures, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2012, 144 pages.

 

ISBN 978-2-88074-951-4

Pour comprendre Isabelle de Charrière il faut la relire au 21e siècle. Elle était restée dans l’ombre de Benjamin Constant. Il fut près de Neuchâtel son jeune ami génial mais rejoignit Mme de Staël sous les feux de Paris. Elle-même, Hollandaise de naissance, demeura en Suisse. Elle publia donc hors de France, dans son français excellent, mais autre. Valérie Cossy nous invite dans son essai à prendre la mesure de cette œuvre, où frappent une vision littéraire et sociale d’avant-garde et la constance de ses convictions. Dans ses romans, Mme de Charrière refusa de suivre les modèles de son époque. Elle défia, dans le fil des narrations et par sa langue, la distance hautaine qui prévalait entre classes, ou entre homme et femme. Confrontant par exemple un couple de nantis et une simple fille enceinte du jeune homme, tout se concentre dans son récit sur un respect absolument égal qu’elle porte aux deux femmes. Mme de Charrière avait déjà manifesté ses idées et sa brillante intelligence comme épistolière. Dans son existence elle accepta de demeurer en marge, en tant que femme, habitant la Suisse, et en tant qu’écrivain. Par son écriture et sa vision de la société, c’est la force cachée de sa différence que l’on admire aujourd’hui.

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ANDRÉ Jacques, SCHNIEWIND Alexandrine, Comprendre en psychanalyse, Petite bibliothèque de psychanalyse 1, Paris, PUF, 2012, 152 pages.

 

ISBN 978-2-13-058103-1

Une thèse provocante : en psychanalyse « on ne se comprend pas ». Nuance indispensable : même si l’on ne se comprend pas, il est essentiel de s’y faire comprendre. De prime abord, cette distinction peut sembler tautologique en français elle l’est beaucoup moins dans la langue de Freud qui distingue « verstehen », (se) comprendre, et « verständigen », (se) faire comprendre. Le propos de ce livre est de souligner cette différence et d’en discuter la pertinence.
Au centre de notre questionnement se situe la cure analytique et son dispositif bien particulier, qui peut être qualifié de dissymétrique : deux personnes se trouvent dans une même pièce, à huis clos l’une est assise, l’autre allongée elles ne se voient pas elles échangent des paroles, mais ne se parlent ni ne se comprennent au sens habituel du terme.
Le présupposé selon lequel la compréhension empathique est l’élément le plus important d’une thérapie se généralise de plus en plus. Dans ce cadre, l’approche analytique risque d’être l’objet de malentendus fondamentaux. D’où l’importance de revenir sur le fondement théorique de la dissymétrie du dispositif, d’en expliciter la justification pratique et le bénéfice d’un point de vue clinique, et de le relier à la question de ce que c’est que comprendre dans le contexte de la cure analytique.

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BARONI Raphaël, CORBELLARI Alain (dir.), Rencontres de narrativités: perspectives sur l'intrigue musicale, Cahiers de Narratologie. Analyse et théorie narratives 21, 2011.

 

Numéro en open access sur le site Revues.org.

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ARIFFIN, Yohan, BIELMAN SÁNCHEZ, Anne (dir.), Qu'est-ce que la guerre?, coéd. Antipodes et Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2012, 325 pages.

ISBN 978-2-88901-074-5

Ce livre n’est pas une arme…

C’est un outil qui permet d’affûter notre regard et notre esprit critique pour mieux cerner un phénomène indissociable de l’être humain: la guerre.

"Qu’est-ce que la guerre?": Jean-Michel Potiron, homme de théâtre invité en résidence sur un campus universitaire, a ingénument posé cette question à des philosophes, historiens, neurobiologistes, psychiatres, sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens de l’art, archéologues, théologiens, poètes-musiciens, étudiants, enseignants, hommes et femmes…

De cette enquête sont nés un spectacle théâtral et trois ateliers interdisciplinaires qui, en multipliant les angles d’approche, en mettant en dialogue les uns et les autres, en associant des sensibilités variées, bousculent nos idées reçues et nos a priori.

Réunis dans un livre décapant qui donne matière à penser et à déclamer, ces textes offrent un éclairage diversifié sur une part maudite de la condition humaine.

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PÉTERMANN Stéphane, Correspondance 1953–1976 Jacques Chessex–Gustave Roud, édition établie, annotée et présentée par Stéphane Pétermann, Gollion, Infolio, 2011, 264 pages.

ISBN 9782884748872 

A maintes reprises, Jacques Chessex (1934-2009) a manifesté sa reconnaissance envers Gustave Roud (1897-1976), poète, photographe et traducteur d’exception qui a joué un rôle considérable dans les premières années de sa carrière littéraire. De 1953 à la mort du poète, ils entretiennent une correspondance qui dit l’immense admiration de Chessex pour l’oeuvre de son devancier, et qui jalonne le parcours conduisant l’écrivain récemment disparu des hésitations de sa jeunesse jusqu’au couronnement du prix Goncourt.

Stéphane Pétermann travaille au Centre de recherches sur les lettres romandes (Université de Lausanne, Suisse), où il a notamment édité plusieurs correspondances d’écrivains. 

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ADAM Jean-Michel, Genres de récits. Narrativité et généricité des textes, coll. Sciences du langage : carrefours et points de vue - N° 4, Louvain-la-Neuve, Academia/L'Harmattan, 2011, 323 pages

 

ISBN 978-2-8061-0012-2

La question des genres de discours est actuellement au centre des recherches qui touchent autant les études littéraires, que l’analyse des discours, dont elle est devenue une question centrale, les sciences de la communication et de l’information et la didactique des langues maternelles et étrangères. Après avoir fait le point sur les questions de types et de genres de textes, ce livre étudie les genres de discours sous l’angle limité mais exemplaire des genres du récit. Les genres narratifs abordés sont des formes narratives brèves, isolées ou insérées dans des ensembles textuels plus vastes : des récits publicitaires, des paraboles, des faits divers, des poèmes et des monologues narratifs de théâtre, des histoires remplissant une fonction explicative ou argumentative, des récits autobiographiques ou anecdotiques.

Jean-Michel Adam est professeur de linguistique française à l’Université de Lausanne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages portant sur la linguistique textuelle, le texte narratif, le texte descriptif, l’argumentation publicitaire, les contes et l’analyse linguistique des textes littéraires.

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FORESTIER Georges, MICHEL Lise (dir.), La scène et la coulisse dans le théâtre du XVIIe siècle, coll. Theatrum Mundi, Paris, PUPS, 2011, 345 pages.

 

ISBN 978-2-84050-642-3

La dramaturgie «classique» française, qui s’est dessinée fermement au XVIIe siècle et a marqué le théâtre français jusqu’à l’époque romantique, a déterminé un ensemble de relations complexes entre la scène et les coulisses, lieu nécessaire à l’élaboration technique et imaginaire du spectacle. L’exploration de ces relations au XVIIe siècle est au cœur de ce livre.

Elles sont d’abord envisagées sur le plan de l’élaboration concrète de la représentation: comment ce qu’on n’appelle pas encore la «coulisse» détermine le déroulement et les possibilités du spectacle; et comment son aménagement est lui-même informé par les exigences de la représentation. Ensuite, par-delà le fonctionnement concret, ce sont les postulats esthétiques engagés par l’organisation matérielle des interactions entre scène et coulisse qui sont examinés. C’est enfin la tension permanente entre l’action représentée sur la scène et celle, construite et imaginée, du hors-scène qui est envisagée selon une perspective dramaturgique et poétique. Où l’on découvrira que cacher dans la coulisse revient à proposer aux spectateurs un monde infini de résonances imaginaires possibles.

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MEIZOZ Jérôme, La Fabrique des singularités. Postures littéraires II, Genève, Slatkine, 2011, 282 pages.

ISBN 9782051021609

Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C.F. Ramuz, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu'à des publications en France, Belgique et au Québec.

De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire.

Plusieurs biais d'interrogation traversent cet ouvrage, au gré d'articles réunis et de textes inédits: Quels sont les cadres qui régissent l'énonciation littéraire dans la modernité? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires? Quel est l'impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi?

Jérôme Meizoz enseigne la littérature française à l'Université de Lausanne où il dirige la Formation doctorale interdisciplinaire. Il a publié de nombreuses études, dont Ramuz (1997), L'Age du roman parlant (2001), Le Gueux philosophe (2003), L'Œil sociologue et la littérature (2004) et Postures littéraires (2007) ainsi que des récits et romans: Les Désemparés (2005); Père et passe (2008); Fantômes, avec le peintre Zivo (2010).

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BARONI Raphaël, Les villes englouties, Lausanne, éditions Antipodes, 2011, 195 pages.

 

ISBN 978-2-88901-045-5

La lecture est-elle une contagion et partageons-nous les crimes que nous lisons ? La perte du langage serait-elle un retour au paradis, une chute, ou quelque chose d'autre, par-delà le bien et le mal ? Si nos aspirations contradictoires trouvaient leur entière satisfaction, serions-nous condamnés à la duplicité, au dédoublement, serions-nous encore capables de discerner le rêve de la réalité ? Serions-nous encore des êtres moraux si nous possédions un pouvoir consistant à nous faire oublier des autres et de nous-mêmes ? A quoi ressemblerait la Mort si nous pouvions lui serrer la main ? Peut-on raconter une histoire qui ne s'est pas encore produite ? La vie consiste-t-elle à se tenir à la bonne distance des êtres et des choses ? L'amitié peut-elle résister à la quête d'un trésor maudit ?

Oscillant entre essais et récits fantastiques, ces huit contes explorent des régions inaccessibles à la raison, comme une pensée itinérante faisant glisser ses concepts, les faisant déborder le temps d'un voyage dans des villes englouties. Derrière toutes ces histoires se dissimulent les regards de Dionysos et de Medusa. Ces figures de l'Autre, qui hantent les cités des hommes, nous pétrifient ou nous invitent à une bacchanale au cours de laquelle les identités se perdent ou s'échangent. Elles sont à la fois fil d'Ariane et Minotaure terré dans un recoin du labyrinthe.

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