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Littérature française, littérature comparée, philosophie

REICHLER Claude, Les Alpes et leurs imagiers, Voyage et histoire du regard, Lausanne, Presses Polytechniques et universitaires romandes, 2013, 144 pages.

ISBN 978-2-88915-033-5

Nous vivons à l’ère de la multiplication exponentielle des images. Les touristes déposent leurs photos sur des sites internet. La photographie est omniprésente dans la promotion des grandes stations, où elle joue un rôle d’appel. Les modèles de ces images ont souvent été fabriqués par des artisans et des artistes, les imagiers des Alpes, aujourd’hui oubliés. Claude Reichler présente leur œuvre à travers une recherche sur les livres de voyage anciens, qui constitue une histoire du regard sur le monde alpin. Ce matériau fascinant raconte un lien à la nature bien différent de celui du tourisme contemporain. Pratiquant tour à tour l’approche globale et l’analyse fine, alliant la géographie et l’histoire de l’art ou l’histoire culturelle, entrant dans le détail des représentations, l’auteur nous entraîne dans un voyage dans le temps et, comme un guide sûr et agréable, nous ouvre des mondes dont nous ne percevons aujourd’hui que l’écume. Enrichi d’une importante documentation multimédia à travers un contenu augmenté accessible sur internet, ce livre se développe en archipel, d’un site à l’autre, d’un regard à l’autre, du présent au passé.

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MAGGETTI Daniel, PETERMAN Stéphane, Vies de C.F. Ramuz, Genève, Slatkine, 2013, 192 pages.

ISBN 978-2-8321-0574-0

C. F. Ramuz (1878-1947) est l’auteur d’une œuvre impressionnante qui lui a valu, de son vivant déjà, un statut d’exception. L’iconographie qui se rattache à son parcours est particulièrement abondante. Vies de C. F. Ramuz puise dans ce réservoir d’images pour proposer une relecture de l’itinéraire de l’écrivain et de l’homme. Cet album richement illustré retrace les étapes de la transformation de Charles Ramuz, licencié ès lettres, fils d’un épicier lausannois, en C. F. Ramuz, chef de file d’une nouvelle génération littéraire. En réunissant photographies, pièces d’archives, manuscrits, travaux d’artistes, en présentant de nombreux documents inédits, il éclaire d’un jour inattendu une figure aussi complexe que paradoxale.

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ATALLAH Marc (éd.), Le Post-apocalyptique, Les Collections de la Maison d’Ailleurs, Chambéry/Yverdon-les-Bains, ActuSF/Maison d’Ailleurs, 2013.

ISBN 978-2-917689-57-8

Le post-apocalyptique est un genre relativement connu, principalement grâce aux innombrables productions cinématographiques hollywoodiennes qui sont apparues sur nos écrans cette dernière décennie. Or, il serait terriblement réducteur d’imaginer que seuls Le Jour d’après, La Route, 2012 et autre After Earth sont représentatifs d’une tradition aussi ancienne que diversifiée. Afin de mieux saisir la spécificité et la richesse de cette esthétique, la Maison d’Ailleurs a confié à quatre spécialistes le soin de proposer des points de vue inédits sur ces récits faisant la part belle aux zones et, surtout, à la manière dont les humains tentent de reconstruire une société digne de ce nom après la catastrophe. Quatre essais, une sélection iconographique exceptionnelle : le post-apocalyptique dévoile ses secrets.

« Les Collections de la Maison d’Ailleurs » est une série d’ouvrages qui réfléchissent aux thématiques phares de la science-fiction, tout en s’appuyant, à chaque fois, sur le fonds patrimonial du seul musée européen dédié à la « Culture SF ». Cette série a également pour vocation de montrer comment la science-fiction cherche à cerner ce que signifie être « humain » à l’heure des sciences et des technologies.

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C. F. Ramuz, Notes anciennes et textes retrouvés, Œuvres complètes XXIX, Notes du Louvre, « [Agenda 1909] », « [Carnet de voyage 1926] », Carnet (phrases notées au hasard des lectures), Contes et nouvelles, « La Vieille Henriette », index des titres et table de l’édition des Œuvres complètes ; textes établis, présentés et annotés par Claudine Gaetzi, Stéphane Pétermann, Anne-Lise Delacrétaz, Daniel Maggetti et Laura Saggiorato, Genève, Slatkine, 522 pages.

ISBN 978-2-05-102588-1

Ce dernier volume des « Œuvres complètes » est en grande partie une remontée aux sources ; il comprend en effet plusieurs textes inédits qui appartiennent à la production de jeunesse de Ramuz, et qui permettent d’assister à la mise en place de son esthétique. Dans les « Notes du Louvre », qui datent de l’hiver 1902-1903, le regard de l’écrivain en devenir s’imprègne des tableaux du musée parisien, où il se rend avec assiduité ; par une démarche à la fois descriptive et analytique, Ramuz forme son goût dans un domaine, celui de la peinture, qui demeurera pour lui une référence centrale tout au long de sa carrière. Avec « La Vieille Henriette », écrit à Weimar au printemps 1904 et dont l’action se situe dans la campagne vaudoise, le futur romancier se confronte aux normes du récit régionaliste. Quelques mois avant de commencer la rédaction d’Aline, il tente déjà d’insuffler de la poésie dans l’intrigue dramatique qu’il échafaude, mais apparaît encore tributaire d’une poétique et d’un style soumis aux normes alors en vigueur en Suisse romande, même si le dénouement sombre qu’il donne à son histoire laisse deviner son attrait pour le tragique. Les quelques nouvelles que nous avons retrouvées participent de la veine réaliste d’avant 1910, période encore marquée par le modèle de Maupassant et des naturalistes. Grâce au « Carnet » de Ramuz, enfin, ce sont les traces des lectures de toute une vie qui défilent sous nos yeux : mais si ces citations nous renseignent sur l’ampleur de la culture littéraire de l’auteur, elles révèlent surtout l’importance qu’il accorde à l’art de bien dire, sa sélection étant moins attentive au contexte et au sens des phrases retenues qu’à la qualité et à l’efficacité de leur formulation. Ce volume contient également l’index des titres et la table des « Œuvres complètes ».

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VUATAZ Daniel, « Toutes frontières ouvertes », Franck Jotterand et la Gazette littéraire, Charmey, Editions de l’Hèbe, 2013, 268 pages.

ISBN 978-2-88906-051-1

La Gazette littéraire, le « mythique » supplément littéraire de la Gazette de Lausanne dirigé pendant vingt-trois ans par Franck Jotterand, n'avait jusqu'à ce jour fait l’objet d’aucune étude approfondie. Voilà le manque comblé. Cette enquête aborde non seulement le versant historique de cette aventure journalistique, mais également les caractéristiques culturelles, idéologiques ou même sociales présentées par l’hebdomadaire et son animateur. Le rôle de catalyseur de la Littéraire, dans une Suisse romande (ou mieux, « française ») en ébullition du point de vue artistique y est mis en évidence. On y découvre également les tensions internes entre un conseil d'administration soucieux de la ligne politique de son journal et une équipe rédactionnelle profondément éprise de liberté, prônant le dialogue et l'ouverture plutôt que l'imposition idéologique. Ces tensions aboutiront à la mise à mort du supplément hebdomadaire en 1972. Ce qui est également passionnant dans ce texte-étude qui se lit comme un roman (la plume de Daniel Vuataz est précise, élégante, éloquente), c'est le regard que cette lecture nous invite à poser sur notre époque : les préoccupations de Jotterand et de son temps (le complexe artistique de la Suisse romande par rapport à la France, les tentatives d’émancipation et les élans d’ouvertures, le besoin de soutien-promotion de la part d'organes institutionnels, l’exigence de liberté de l'artiste…) se proposent régulièrement en terre romande, et chaque génération est amenée à trouver ses propres solutions.

Un exemplaire inédit de la Gazette littéraire, ressuscitée pour l’occasion et contenant des contributions inédites, accompagne cette parution.

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RAMUZ Charles-Ferdinand, Œuvres complètes, tomes XV-XVI-XVII et XVIII, sous la direction de Daniel Maggetti et Roger Francillon, Genève, Slatkine, 2013.

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COLLECTIF, Amadou l’audacieux, sous la direction de Daniel Maggetti, catalogue de l’exposition, Gollion, Infolio, 2013, 112 pages.

ISBN 978-2-88474-276-4

Ce livre accompagne une exposition consacrée aux Histoires d’Amadou, qui constituent une aventure artistique et éditoriale exceptionnelle. La collaboration entre une photographe vaudoise de renom, Suzi Pilet (née en 1916), et un écrivain d’origine fribourgeoise, Alexis Peiry (1905-1968), a donné lieu à une série d’albums dont l’originalité repose aussi bien sur la qualité des intrigues et sur le dispositif narratif mêlant récit et photographie, que sur le fait que ces œuvres s’adressent à un public enfantin. L’ouvrage retrace les circonstances de création, de fabrication, d’édition et de réception de cette série des années 1950.

Pour la génération des plus de 60 ans, le charme des souvenirs enfouis puis retrouvés, pour les plus jeunes le charme d’une série d’albums originaux, sans équivalent dans l’horizon éditorial actuel, et parfaitement réussis.

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CINGRIA, Charles-Albert, Œuvres complètes, Volume V, Propos 1, sous la direction d’Alain Corbellari, Daniel Maggetti et al., Lausanne, L’Âge d’Homme, 2013, 1136 pages.

Le volume V (ainsi que le volume VI qui sortira de presse ultérieurement) réunit des articles présentés sous le titre générique de « Propos » ; à l’origine, pour Cingria, l’objectif de ces écrits était non de raconter ni d’inventer une histoire, mais bien de convaincre ou de renseigner sur des sujets universels de réflexion ou d’actualité, y compris sur des publications littéraires.

Ces articles, composés avec la verve qu’on lui connaît, ont été répartis selon leur thématique dominante en quatre sections : « Esthétique générale », « Poétique », « Littérature » et « Beaux-Arts ».

Réunis en deux volumes (V et VI), ces textes transforment considérablement la perception que l’on a de l’œuvre de Cingria, qui était quotidienne et souvent alimentaire.

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MICHEL Lise, Des princes en figure. Politique et invention tragique en France (1630-1650), Paris, PUPS, 2013, 360 pages.

ISBN 978-2-84050-905-9

La tragédie qui renaît en France sous sa forme moderne au début des années 1630 est saturée par le politique. 
Le pouvoir y est en permanence ébranlé, perdu ou reconquis ; les discours des princes et des héros y mobilisent sans cesse des idéologies. Pourtant, trop d’incohérences, au regard même des théories politiques du temps, interdisent une lecture proprement idéologique de la plupart de ces pièces. La présence et la teneur des discours et actions politiques dans le genre tragique ne se comprennent qu’en les inscrivant dans ce qui rend compte de leur nécessité : le processus de représentation. Cet ouvrage met au jour les modes d’élaboration, dans les rouages de l’action, des notions philosophiques et des discours idéologiques dans la tragédie française, de 1634 à 1651 : il éclaire ainsi, dans son principe même, l’inventio dramaturgique et rhétorique du politique.

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COLLECTIF, Les 100 mots de l’enfant, sous la direction de Jacques André, avec une contribution d'Alexandrine Schniewind, Que-sais-je ?, Paris, PUF, 2013, 128 pages.

ISBN 978-2-13-059443-7

« C’est pas juste », « t’es plus ma copine », « encore » ou « quand je serai grand… » L’enfant ne se contente pas d’apprendre à parler sa langue maternelle, il construit à l’intérieur de celle-ci son dialecte singulier. Au-delà de ces formules enfantines, aller à la rencontre de l’enfant au travers de ses mots, c’est rechercher ceux – chagrin, cauchemar, ennui, innocence, cruel, secrets… – qui permettent de décrire le monde de l’enfance, l’originalité de son expérience.

Ce livre est autant une invitation à écouter et regarder plus et mieux nos enfants qu’à se remémorer le temps de l’enfance. Chacun des 100 mots nous rappelle la particularité de cet âge de la vie où les questions posées ne reçoivent jamais, de la part des adultes, de ré-ponses pleinement satisfaisantes. Car l’enfant est à sa façon un philosophe en herbe, il disserte sur les énigmes de toujours, celles qui ont l’âge de l’homme.

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Entretiens avec Blaise Cendrars – Sous le signe du départ, coproduction Radio Télévision Suisse, Editions Zoé et Centre d’Etudes Blaise Cendrars (Ch. Le Quellec Cottier, dir.), 2013.

ISBN 978-2-88182-891-1

Au milieu des années 50, Blaise Cendrars (1887-1961) accorde à la radio suisse de nombreuses interviews. Alors que la Bibliothèque de la Pléiade s'apprête à faire de lui un classique contemporain et que les Editions Zoé lui consacrent une collection de correspondances, ces enregistrements trop longtemps méconnus actualisent de façon exceptionnelle la présence de l'auteur de Moravagine, de L'Homme foudroyé, de la Prose du Transsibérien ou encore des Pâques à New York, poèmes tous deux centenaires. Ecoutons Cendrars et ses phrases précises, lapidaires et généreuses, son ton bourru, ses histoires imagées, au gré des émissions de 1948 à 1959 sur ses débuts en écriture, sur les animaux, sur le Brésil, sur son enfance et son origine ou encore sur la radio et le cinéma.

2 CD audio et un livret : Blaise Cendrars à Radio-Lausanne et Radio-Genève de 1949 à 1957 ; sélection d’extraits et livret par Christine Le Quellec Cottier (UNIL-CEBC) et Sylvestre Pidoux (UNIL-CEBC).

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MEIZOZ Jérôme, Séismes, Genève, Zoé, 2013, 96 pages.

ISBN 978-2-88182-890-4

Tableau impressionniste d’une bourgade durant la décennie 1970, Séismes raconte le parcours troublant d’un enfant vers l’âge d’homme. Sidéré par la perte de sa mère et l’étrangeté des adultes, le narrateur égrène ses récits de chocs, instants rares où la vie se livre à son maximum d’incandescence. Accordée à l’oralité des rues, sa voix dit la sensualité des odeurs, du toucher dans un récit à l’épaisseur singulière.

Dans tout ce livre règne une gaieté cruelle, proche de celle d’un Fellini ou d’un Prévert, pour tenir en respect la « tristesse qui fermente en silence comme un vin abandonné ».

Grâce à une écriture minimale, d’un rythme envoûtant, Jérôme Meizoz rejoint l’émotion par l’épure.

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Blaise Cendrars – Robert Guiette, Lettres 1920-1959 : « Ne m’appelez plus… maître », édité par Michèle Touret, Collection « Cendrars en toutes lettres » dirigée par Ch. Le Quellec Cottier, Genève, Editions Zoé, 2013, 192 pages.

ISBN 978-2-88182-893-5

C’est en 1920 que le jeune universitaire anversois Robert Guiette (1895-1971) passionné de littérature écrit à Cendrars (1887-1961), avant de le rencontrer à Paris l’année suivante. Dès lors, leur amitié transfrontalière favorise de nombreux échanges entre les milieux littéraires parisiens et bruxellois. Mais surtout, elle engage une correspondance très intense où Cendrars, poète d’avant-garde, puis écrivain célèbre, journaliste et mémorialiste, se confie volontiers et donne son avis sans concession.

Grâce au Journal de Guiette, ainsi qu’à ses comptes rendus des publications de Cendrars, les voix des deux amis se croisent constamment en échos et résonances, traces d’un respect mutuel qui dépasse largement la relation du maître à l’élève.

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ARRIBERT-NARCE Fabien, AUSONI Alain (éds), L’Autobiographie entre autres. Ecrire la vie aujourd’hui, Collection Modern French Identities, volume 110, Oxford/Bern/Berlin/Bruxelles/Frankfurt am Main/New York/Wien, Peter Lang, 2013, XII + 209 pages.

ISBN 978-3-0343-0858-8 br. (Softcover)
ISBN 978-3-0353-0446-6 (eBook)

Où va l’autobiographie ? Alors qu’elle évolue entre les genres, entre les cultures et les langues, ainsi qu’entre les nouveaux moyens de capter et d’archiver la vie, on remarque qu’elle constitue plus que jamais un lieu d’expérimentation et d’innovation pour les auteurs d’expression française. Cet ouvrage se propose dès lors d’examiner plusieurs des formes d’écriture de soi qui ont marqué ces dernières décennies. Parcourir des œuvres d’auteurs et de cinéastes reconnus avec des spécialistes de l’autobiographie, c’est se donner une chance de saisir certaines évolutions et de mesurer la vitalité d’un genre pour lequel l’intérêt critique et populaire n’a fait que croître depuis les premiers travaux de Philippe Lejeune (qui signe l’arrière-propos de ce volume) dans les années 1970. On trouvera ici des contributions de chercheurs qui répondent au commun désir de développer de nouveaux cadres théoriques permettant d’apprécier à sa juste valeur la remarquable diversité de la production autobiographique contemporaine.

Fabien Arribert-Narce effectue un post-doctorat à la Tokyo University of Foreign Studies, après avoir été successivement Associate Lecturer in French à l’Université du Kent puis Teaching Fellow in French à University College London. Sa thèse de doctorat (Kent et Paris III-Sorbonne Nouvelle) a examiné les usages de la photographie dans les œuvres autobiographiques de Roland Barthes, Denis Roche et Annie Ernaux.

Alain Ausoni est maître d’enseignement et de recherche à l’École de français langue étrangère de l’Université de Lausanne. Ses recherches portent sur le multilinguisme et la littérature. Dans la thèse de doctorat qu’il prépare à l’Université d’Oxford, il s’intéresse en particulier à l’écriture de soi en français langue étrangère.

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MEIZOZ Jérôme, Destinations païennes, Mini Zoé, Genève, Zoé, 2013, 80 pages.

ISBN 978-2-88182-887-4

« Je viens d’un pays où le passé saisit le présent et le mord… »

Le passé empiète sur le présent. On est en pays occupé par la déesse Mémoire. Pour que la vie triomphe, le narrateur cherche une issue dans le vaste monde. Ces courts récits célèbrent l’échappée belle du voyage.

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Blaise Cendrars – Henry Miller, Correspondance 1934-1959 : « Je travaille à pic pour descendre en profondeur », édité par Jay Bochner et Christine Le Quellec Cottier, Collection « Cendrars en toutes lettres », dirigée par Ch. Le Quellec Cottier, Genève, Editions Zoé, 2013, 352 pages.

ISBN 978-2-88182-892-8

Dès 1934, Blaise Cendrars (1887-1961) a précieusement conservé les multiples lettres envoyées par son ami Henry Miller (1891-1980), et ces enveloppes aériennes américaines, couvertes d’encres verte, rouge ou noire ont reçu réponse jusqu’à Big Sur, en Californie. Cette relation à l’écrivain américain fait partie des rares amitiés littéraires de Cendrars, lui qui avait révélé dès 1935 le caractère fondateur de Tropic of Cancer.

La plume de ces deux géants de la littérature du XXe siècle court par-delà l’océan durant vingt-cinq ans, à un rythme très régulier. En toute liberté de ton et de forme, les lettres se composent au gré des humeurs, des rencontres, des phases d’écriture ou de lecture. Elles dessinent en filigrane une image de chacun moins rabelaisienne que celle, publique, qui a fait d’eux des doubles de leurs œuvres.

Reflet d’une profonde complicité, la correspondance que nous présentons est faite pour ravir, comme Cendrars l’imaginait déjà à propos de l’essai que Miller lui consacrait en 1951 : « Moi, ce qui me réjouit, c’est de me trouver avec vous sous la même couverture, comme si l’on faisait une bonne blague aux copains ! »

En écho à la correspondance, la présente édition enrichit le dialogue des deux artistes avec quelques lettres adressées à des proches et, par résonance, elle met à disposition les textes d’hommage qu’ils se sont adressés, entre 1935 et 1956.

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Joseph Bédier, Le Roman de Tristan et Iseut, édité par Alain Corbellari, Textes littéraires français, Genève, Droz, 2012, 298 pages.

ISBN 978-2-600-01548-6

Publié en 1900, Le Roman de Tristan et Iseut de Joseph Bédier (1864-1938) n'est pas une simple réécriture moderne parmi tant d'autres de cette célèbre légende empruntée à la littérature médiévale. Ecrit par l'un des plus fameux médiévistes du XXe siècle, et miroir secret de l’ensemble de son œuvre, ce texte de référence a, par la perfection de son style, ravivé l'intérêt pour la littérature du Moyen Age. Constamment réédité, traduit dans une quarantaine de langues, modèle d’innombrables adaptations, illustré par de nombreux artistes, ce texte est aujourd'hui encore à l'origine de la vocation de nombre de médiévistes. La présente édition permet au lecteur de découvrir la genèse et le sens de ce roman qui compte parmi les plus grands textes littéraires français.

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ATALLAH Marc, JACCAUD Frédéric, VALERY Francis (dir.), Souvenirs du Futur. Les Miroirs de l’Ailleurs, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013, 234 pages.

ISBN 978-2-88074-999-6

Les quelques 100 000 objets qui constituent les collections de la Maison d’Ailleurs, musée de la science-fiction, de l’utopie et des voyages extraordinaires basé à Yverdon-les-Bains en Suisse, sont d’une richesse inégalée en Europe. Paradoxalement, ils n’ont été que peu présentés jusqu’à maintenant. Publié à l’occasion du vernissage de l’exposition permanente Souvenirs du Futur, cet ouvrage propose un point de vue inédit sur une culture à la fois répandue et méconnue : celle de la science-fiction et de ses origines. Constitué de neuf textes et de neuf encarts thématiques, très richement illustré, ce recueil offre une succession de regards singuliers sur l’histoire de l’imaginaire conjectural. L’utopie, les voyages imaginaires, la vulgarisation, le merveilleux scientifique, les pulps, la bande dessinée ou le cinéma constituent autant de perspectives, qui, éclairées par une iconographie exceptionnelle, convient le lecteur à un voyage dans son propre imaginaire. Les genres conjecturaux ont en effet toujours proposé de réfléchir le présent par un détour vers l’ailleurs. Cet ouvrage sans équivalent intéressera tant les amateurs et les curieux, que les connaisseurs ou les novices.

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ARLETTAZ Silvia, PAHUD DE MORTANGES René, TRÖHLER Daniel, WÜRGLER Andreas, ZURBUCHEN Simone (éds), Menschenrechte und moderne Verfassung. Die Schweiz im Übergang vom 18. zum 19. Jahrhundert. Akten des Kolloquiums an der Universität Freiburg/Schweiz, 18.-20. November 2010, Travaux sur la Suisse des Lumières 14, Genève, Slatkine, 2012, 376 pages.

ISBN 978-2-05-102454-9

Ce volume est consacré à l’histoire des droits de l’homme en Suisse au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. En comparaison avec les recherches de Lynn Hunt sur les origines des premières déclarations des droits de l’homme ou avec la généalogie des droits de l’homme de Hans Joas, par exemple, cette publication s’inscrit dans des cadres chronologique et géographique restreints. Grâce à une approche interdisciplinaire du sujet, elle conduit parfois à des résultats surprenants, qui remettent en cause le classement traditionnel des droits de l’homme en « générations » consécutives. La particularité de ce volume est de ne pas se limiter à aborder les droits de l’homme et les constitutions modernes à travers la perspective des anciennes et nouvelles élites politiques. Les contributions traitent également des problèmes liés à l’application de principes constitutionnels abstraits dans une période de bouleversements révolutionnaires, ainsi que de l’usage des droits de l’homme par les populations rurales et citadines.

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MÜHLETHALER Jean-Claude, BURGHGRAEVE Delphine (eds), Actualiser le passé : figures antiques du Moyen Âge à la Renaissance, Centre d’Etudes Médiévales et Post-médiévales (CEMEP), Lausanne, 2012, 216 pages. Publication électronique.

ISBN 978-2-8399-1131-3

En littérature comme dans les arts figuratifs, voire dans la réalité vécue, l’Antiquité se révèle avoir une proximité plus ou moins grande selon les périodes et les auteurs, mais elle a toujours été présente, toujours féconde. La frontière poreuse entre l’ancien et le moderne fait de l’Antiquité et du Moyen Âge, puis de l’Antiquité et de l’early modern des vases communicants. C’est là une conviction aujourd’hui largement partagée et plusieurs manifestations récentes ont eu pour objet cet aspect-clé de la culture occidentale. Les contributions réunies dans les présents Actes sont le fruit d’un colloque interdisciplinaire de deux jours (13 et 14 mai 2011) organisé par le Centre d’Études Médiévales et Post-Médiévales (CEMEP) de l’Université de Lausanne ; elles ont, chacune, apporté leur pierre à une réflexion en marche en portant des regards croisés sur les formes d’actualisation que connaissent – entre continuités et discontinuités – les figures antiques du Moyen Âge à la Renaissance. Le volume s’articule en trois parties, dans lesquelles le lecteur trouvera des contributions dues à la plume de spécialistes de l’histoire, de l’histoire de l’art et de la littérature.

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Groupe de la Riponne, Gilles Deleuze, peut-être, Lausanne, Van Dieren éditeur, 2012.

 

ISBN 978-2-911087-84-4

Textes de Francesco Gre­go­rio, Chris­t­ian Inder­muhle, Maxime Lau­rent, Thierry Laus, Hugues Poltier, Arno Renken, Vladimir Skri­van, Antonin Wiser, Math­ias Clivaz.

C’est la guerre. Dans une cel­lule où croupis­sent des érudits enchaînés, un fan­tassin du savoir scri­bouille au bic sur un mur : VIVE DELEUZE ! C’est inscrit dans la cel­lule som­bre, à peine vis­i­ble, en let­tres mon­strueuses. Quand les gar­di­ens s’en rendirent compte, ils dépêchèrent un pein­tre qui, avec un long pinceau, passa les let­tres menaçantes à la chaux vive. Comme il n’avait fait que suivre le tracé des let­tres, on voy­ait main­tenant en haut de la cel­lule, dess­iné à la chaux, VIVE DELEUZE ! Ensuite un sec­ond pein­tre recou­vrit au rouleau toute l’inscription, qui dis­parut quelques heures. Mais au petit matin, lorsque la chaux sécha, l’inscription réap­parut par dessous : VIVE DELEUZE ! Alors les gar­di­ens mandèrent un maçon pour qu’il s’attaquât à l’inscription. Il gratta, let­tre par let­tre, une heure durant, et quand il eut fini, on voy­ait, main­tenant privée de couleur mais pro­fondé­ment gravée dans la pierre, l’increvable inscription :

VIVE DELEUZE !

Un gar­dien se mit alors à beu­gler : « Abattez-moi donc ce mur ! »

Qua­trième de cou­ver­ture, libre­ment adapté d’un texte de Brecht.

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JACOB Max, Œuvres, édition établie, présentée et annotée par Antonio Rodriguez, coll. "Quarto", Paris, Gallimard, 2012, 1825 pages.

 

ISBN 978-2070131112

Ce volume réunit par ordre chronologique la quasi-totalité des oeuvres de Max Jacob (1876-1944), écrivain et peintre, premier ami français de Picasso, personnage central de la vie montmartroise et de la bohème parisienne, moderniste novateur en littérature. L'ouvrage montre la puissance et la diversité de sa création littéraire - contes, poèmes, romans, nouvelles, récits, portraits, pièces de théâtre, essais - et l'envergure de son projet artistique.

Né en 1876 à Quimper, Max Jacob exerce à Paris le métier de critique d'art. Sa rencontre avec Picasso en 1901 est déterminante, il devient une figure centrale de la vie montmartroise. S'il se consacre totalement à l'écriture dès 1904, sa peinture l'aide à survivre dans les périodes les plus difficiles de son existence. Issu d'une famille juive laïque, il se convertit au catholicisme en 1915. Son travail d'écriture publié dès 1909 juxtapose des voix, joue sur les formes et les mots, tutoie la dérision, explore les limites de la conscience, développe une esthétique du doute et de la déception, et conjugue les questions spirituelles, religieuses et cosmiques. Le succès ne vient qu'à la fin de la Grande Guerre. En huit ans (1917-1925), Max Jacob publie l'essentiel de son oeuvre moderniste (comme les poèmes en prose du Cornet à dés), salué par Louis Aragon, Paul Eluard, Pierre Reverdy ou Jean Paulhan. Mais dès 1925, le conflit avec les surréalistes atteint son paroxysme. La guerre le prive du droit de publier et de percevoir ses droits d'auteur, avant de lui ôter le droit d'exister. Il assiste, impuissant, à la spoliation de sa famille, à leur déportation ; lui-même meurt à Drancy en 1944, quelques jours avant le départ du convoi qui devait l'amener à Auschwitz.

Ce volume rassemble pour la première fois les oeuvres principales de Max Jacob et des oeuvres inédites, d'après les éditions revues par l'auteur et ses manuscrits. Parmi plus de 200 documents iconographiques se trouve une édition anniversaire (1912-2012) des Œuvres burlesques et mystiques de Frère Matorel mort au couvent, parues chez Kahnweiler, avec les gravures sur bois d'André Derain. Chaque titre est présenté et annoté.

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CONSTANT Benjamin, Oeuvres complètes. Oeuvres XXXIII: Mélanges de littérature et de politique, édité par François Rosset, Berlin/New York, De Gruyter, 2012, 621 pages.

 

ISBN 978-3-11-027471-4

Ce tome XXXIII contient les Mélanges de littérature et de politique publiés par Constant en 1829, une année avant sa mort. Cet ouvrage, composé de vingt chapitres soigneusement choisis par l'auteur dans sa production antérieure a souvent été perçu comme son testament, ou en tous cas comme un abrégé représentatif de quarante années d'écriture au service de la liberté dans les champs de la politique, de la littérature, de l'histoire, de la religion et de la philosophie. On trouvera aussi quelques documents inédits, publiés en complément aux chapitres auxquels ils sont liés, ainsi que des annexes.

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PASCHOUD Adrien, VUILLEMIN Nathalie (dir.), Penser l'ordre naturel, 1680-1810, collection SVEC, Oxford, Voltaire Foundation, 2012, 266 pages.

 

ISBN 978-0-72941-052-6

Le XVIIIe siècle, quel que soit l’angle sous lequel on le considère, n’a cessé de penser l’ordre naturel; postuler l’existence d’un ordre naturel met toujours en place une expérience de pensée. Dans ce recueil d’articles situé à la croisée des sciences naturelles, de la littérature et de la réflexion esthétique, les contributeurs saisissent les diverses formes de cette expérience, et laissent entrevoir une inquiétude fondamentale: penser l’ordre, c’est interroger le rôle et la place de l’homme dans la nature, entre hasard et nécessité.

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PIC Muriel, SELMECI CASTIONI Barbara, VAN ELSLANDE Jean-Pierre (éds), La Pensée sans abri. Non-savoir et littérature, Nantes, Editions nouvelles Cécile Defaut, 2012, 336 pages.

 

ISBN 978-2-35018-322-0

Ce volume prend acte d’une revendication propre à la littérature et jamais analysée comme telle: la volonté affichée de ne pas savoir. Force est en effet de constater que le paradoxe, la répétition et toutes les formules de l’incohérence sont des faits littéraires; mais aussi que des figures idiotes, ignorantes, illuminées, folles, sauvages, primitives peuplent depuis toujours la littérature. Comme si cette dernière déclinait la fonction cognitive qu’on lui reproche de ne pas remplir ou que l’on tente de lui attribuer. Du xviie au xxie siècle, ce volume se demande donc pourquoi la littérature se targue de ne pas savoir: ce refus de savoir est-il un refus du savoir? Que sait ou veut nous faire savoir celui qui, dans l’habilité rhétorique, prosodique, narrative, proclame la négation de la connaissance? De quels savoirs de la littérature nous entretient le non-savoir?

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SELMECI CASTIONI Barbara, UHLIG Marion (dir.), Saintes scènes. Théâtre et sainteté à la croisée du Moyen Âge et de la Modernité, Kunst-, Musik- und Theaterwissenschaften 13, Berlin, Frank & Timme, 2012, 244 pages.

ISBN 978-3-86596-412-0

Penser la transition entre le Moyen Âge et la Modernité à la lumière d’une figure singulière – la sainte ou le saint – envisagée dans le cadre spécifique de la représentation théâtrale, telle est l’ambition du présent volume. Afin de déchiffrer les enjeux de la performance passée dont les textes portent trace, le théâtre de la sainteté, constitué en objet critique, appelle le lecteur à croiser plusieurs approches, littéraire, historique, théologique, anthropologique, géographique ou encore celles des Études genre et de l’histoire de l’art. Ainsi les contributions ici rassemblées représentent-elles autant de coups de sonde qui explorent les formes dramatiques empruntées par la sainteté au fil des siècles, pour témoigner de l’évaluation et de la réévaluation, par une société, de ce qu’elle considère comme sacré.

Barbara Selmeci Castioni (Université de Lausanne), spécialiste de la littérature française du XVIIe siècle, et Marion Uhlig (Université de Genève/boursière FNS), médiéviste, préparent ensemble l’édition et l’étude des adaptations théâtrales françaises de Barlaam et Josaphat.

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BOUCHARENC Myriam, LE QUELLEC COTTIER Christine (éds), Aujourd'hui Cendrars, Cahiers Blaise Cendrars 12, Paris, Honoré Champion, 2012, 368 pages.

 

ISBN 978-27-453-2529-7

Avec Cendrars, la vie et l’œuvre se confondent en formant ce que Henry Miller a nommé «une masse poétique étincelante, dédiée à l’archipel de l’insomnie». Voilà ce qui, aux yeux de son ami américain, faisait de lui rien de moins que l’écrivain du siècle. Un écrivain trop «distraitement reconnu», au dire de Malraux, qui déplorait que le poète ait été souvent négligé au profit du bourlingueur, dont Cendrars lui-même a largement contribué à sculpter la figure. Au miroir déformant de la légende, le romancier, le mémorialiste, le cinéaste ou encore l’homme de radio et le reporter se sont effacés, ne laissant trop longtemps persister de Cendrars qu’un cliché, celui de l’aventurier au visage buriné prêt à raconter ses voyages: sans doute la meilleure façon pour lui de prendre le large.
Dès 1912 avec le poème Les Pâques et jusqu’en 1956 avec le roman baroque Emmène-moi au bout du monde!…, chaque publication ressemble à l’une des pièces d’un vaste puzzle où se dessine la modernité du XXe siècle. C’est peu dire que Cendrars fut un novateur de formes et de genres: son œuvre, élaborée dans l’effervescence et le tumulte est hétiques, offre aujourd’hui plus que jamais des échos puissants à nos questionnements contemporains: elle ne cesse de commencer.
Ce volume rassemble les contributions au colloque international «Aujourd’hui Cendrars. 1961-2011» organisé, à l’occasion du cinquantenaire du décès de Blaise Cendrars, par l’Université de Lausanne, l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, le Centre d’Etudes Blaise Cendrars (CEBC) et l’Association internationale Blaise Cendrars (AIBC), qui s’est déroulé à Dorigny-Lausanne du 4 au 6 mai 2011.

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ROSSET François (éd.), Entretiens sur le Manuscrit trouvé à Saragosse, Etudes de lettres 2012/4, Lausanne, 2012, 224 pages.

 

ISBN 978-2-940331-29-1

Le Manuscrit trouvé à Saragosse de Jean Potocki, écrit en plusieurs versions entre 1794 et 1814, est un univers, une somme de tout ce qu’a pu inventer, collecter et charrier la tradition narrative occidentale depuis l’Antiquité. Ce roman met en intrigue les dérisoires tentatives de compréhension et d’explication totales du monde qui s’inscrivent dans des systèmes, des doctrines et des croyances, comme dans des fables, des figures ou des images. Roman du multiple, il invite à la pluralité des lectures; c’est ce que proposent ces Entretiens, où se croisent et s’entrecroisent des approches fondées dans différents terreaux disciplinaires et méthodologiques. C’est une polyphonie qui imite, à l’échelle du commentaire, celle que fait jouer Potocki devant ses lecteurs ou encore, à une autre échelle, celle qui se joue au quotidien dans une Faculté de lettres.

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BORUTTI Silvana, HEIDMANN Ute, La Babele in cui viviamo. Traduzioni, riscritture, culture, prefazione di Simona Argentieri, collana Programma di Scienze Umane, Torino, Bollati Boringhieri editore, 2012, 264 pages.

 

ISBN 978-88-339-5850-7

Secondo l’interpretazione canonica del mito di Babele, all’edenica lingua delle origini, nella quale parole e cose si appartengono reciprocamente, fa seguito una moltitudine caotica di idiomi divenuti opachi l’uno all’altro. Ma il regno del disordine che leggendariamente subentra all’unità perduta può anche assumere una valenza opposta a quella espiativa tramandata dalla Bibbia. Per la filosofa Silvana Borutti e la comparatista Ute Heidmann è proprio il plurilinguismo che salvaguarda la straordinaria varietà delle forme di vita umane, creando un baluardo contro l’indifferenziato e rendendo necessaria quell’opera incessante di traduzione che potenzia la forza significante di ogni lingua nel momento stesso in cui la apre all’alterità. Nel saggio più aggiornato sugli aspetti teorici, la portata antropologica e gli orizzonti testuali del tradurre, Borutti e Heidmann riflettono sulla mediazione – tra lingue, sistemi simbolici complessi, intere culture – come paradigma di conoscenza. Se esiste un compito elettivo della traduzione, è permettere alle differenze di rompere il loro isolamento, percorrere la distanza che le divide, esporsi alla metamorfosi. Altrimenti il mondo non sarebbe vivibile.

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CONSTANT Benjamin, Oeuvres complètes. Oeuvres XXVI : Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri, édité par Kurt Kloocke et Antonio Trampus, Berlin/New York, De Gruyter, 2012, 495 pages.

 

ISBN 978-3-11-027434-9

Ce tome XXVI est consacré exclusivement à un seul texte, le Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri, publié entre 1822 et 1824, à une époque dominée par des luttes politiques particulièrement violentes. Ce sont les combats entre les partisans du libéralisme, les doctrinaires et la réaction royaliste qui conditionnent ce livre. On trouvera dans ce tome le texte critique de l'édition originale, avec les variantes du manuscrit reconstitué partiellement, des commentaires qui se proposent de présenter le contexte de l'ouvrage, et une série de documents complémentaires qui s'échelonnent entre 1800, moment où Constant a lu pour la première fois le texte de Filangieri, et 1826, l'année de la mise à l'index du Commentaire par l'Inquisition romaine.

Le Commentaire sur l'ouvrage de Filangieri est le dernier grand texte de théorie politique publié du vivant de Benjamin Constant. Il complète les Principes de politique de 1815 et les ouvrages ou brochures politiques que l'auteur a réunis dans son Cours de politique constitutionnelle dont le dernier volume a paru en 1820. Il faudra attendre la publication des Principes de politique, texte de 1806, par Étienne Hofmann en 1980 pour avoir une vision d'ensemble de la théorie politique de Constant. Les Oeuvres complètes offrent donc, avec ce tome XXVI, la série complète de ces textes qui constituent une philosophie politique toujours d'actualité.

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CORBELLARI Alain (éd.), Romain Rolland et la Suisse, Etudes de lettres 2012/3, Lausanne, 2012, 216 pages.

ISBN 978-2-940331-28-4

Romain Rolland, qui a publié en Suisse, pendant la Première Guerre mondiale, ses fameux articles pacifistes rassemblés dans Au-dessus de la Mêlée et qui lui ont valu le Prix Nobel de littérature en 1915, a habité à Villeneuve de 1922 à 1938, y recevant les plus grandes personnalités de l’entre-deux-guerres. Après trois quarts de siècle, certaines archives s’ouvrent enfin et le fonds quasiment inépuisable des correspondances de Romain Rolland ne cesse de s’enrichir, si bien que les relations de l’auteur de Jean-Christophe avec les milieux intellectuels et politiques suisses reçoivent ici un éclairage profondément renouvelé qui intéressera tous les lecteurs soucieux de mieux connaître l’attitude de la Suisse et de ses ressortissants face à un de nos plus illustres réfugiés.

Faisant suite à deux numéros déjà consacrés à Romain Rolland en 1966 et en 1976, ce volume d’Etudes de Lettres reprend les quatre communications de la journée d’étude donnée à l’Université de Lausanne le samedi 3 octobre 2009, sous les auspices de l’Association des amis de Romain Rolland et de la section de français de l’Université de Lausanne, augmentées de quelques communications nouvelles. 

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LOTTERIE Florence, POISSON Guillaume, Jean-Jacques Rousseau devant Coppet, Genève, Éditions Slatkine, coll. Travaux et Recherches de l'Institut Benjamin Constant 13, 2012, 218 pages.


 

ISBN 978-2-05-102403-7

À l'heure où la Suisse, et une bonne partie de l'Europe et du monde, rivalisent d'idées pour fêter le tricentenaire de la naissance du «Citoyen de Genève», éditer un volume sur Jean-Jacques Rousseau devant Coppet peut sembler un pari hasardé. Philosophe, romancier, autobiographe, théoricien politique, pédagogue, botaniste, homme de théâtre et de musique combien féru, épistolier aussi, bien sûr: est-ce parce qu'il a été cet intellectuel total que Rousseau reste reçu dans la passion et tout le feu d'une partialité intacte? Jean-Jacques adulé et exalté par les uns; Rousseau critiqué et maudit par les autres: quoi d'étonnant, chez celui dont l'oeuvre entière relève de la rupture provocante?
Les membres du Groupe de Coppet, qui entretiennent avec l'héritage intellectuel du XVIIIe siècle - siècle qui les a vus naître et se former - des rapports complexes, alliant le souci de fidélité aux nécessités de la réfutation, sont également conditionnés par la bipolarisation des «rousseauismes» qui s'affirme de plus en plus depuis 1789. De Constant à Staël, de Bonstetten à Sismondi, tous ont naturellement lu leur «compatriote» et Rousseau nourrit, parmi eux, des sentiments ambivalents, entre accord sympathique et récusation.
Le présent volume, rassemblant huit spécialistes venant d'horizons variés, permet de manifester - à partir de quelques «noeuds» précis - une distribution orientée des façons de lire et de (re)penser Rousseau qui, en retour, permet de saisir les grandes préoccupations coppétiennes, tant il est vrai que Rousseau a été un révélateur d'identité, avec ou contre lui. C'est en ce sens qu'on le placera ici «devant» Coppet.

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RENKEN Arno, Babel heureuse, Van Dieren Editeur, 2012.

 

ISBN 978-2-911087-75-2

Lire la traduction, voici l’expérience heureuse que ce livre explore. Cette expérience se trouve largement niée par un discours critique qui jauge la lecture en traduction à partir de normes méthodologiques ou morales (“fidélité”, “adéquation” ou “justesse”) qui toutes valorisent l’identification, l’assimilation de la traduction à l’original et donc son idéale indistinction. Les descriptions de la traduction en termes de “transport”, de “passages”, etc. tendent elles aussi à la considérer comme une médiation transparente et donc indifférente pour le lecteur. En outre, les notions principales de la poétique – “voix”, “auteur”, le rapport entre littérature et langue – se trouvent élaborés comme si la traduction n’offrait aucun plaisir spécifique. La jouissance des oeuvres littéraires et philosophiques se replie et s'immobilise ainsi dans le triste carré de l’origine : un texte, une langue, une écriture.

Lire la traduction permet alors, par un certain “dehors”, de prendre les discours sur la traduction et la littérature à rebours. Elle permet d’être sensible non seulement à la manière dont la lecture de la traduction emporte les textes, les dynamise et les transforme, mais aussi comment, en retour, cette performance fait dériver ce que nous appelons “littérature” et “traduction”.

Pour explorer cette expérience, ce livre propose des lectures multilingues de philosophes (Descartes, Foucault, Gadamer, Benjamin et Derrida) ou d’écrivains (Beckett et Dürrenmatt), lectures attentives à la fois à ce qui est dit – ou parfois significativement passé sous silence – de la traduction et, réciproquement, à la manière dont l’écriture procede d’emblée par traduction. Étrangère aux ordres philosophiques et littéraires, la lectura heureuse en traduction nous offre alors, dans une performance inlassablement ouvrante, une littérature encore à inventer.  

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KUNZ-WESTERHOFF Dominique, KAENEL Philippe (éds), Neige, blanc, papier. Poésie et arts visuels à l'âge contemporain, collection Voltiges, MetisPresses, Genève, 2012, 272 pages.

 

ISBN 978-2-940406-35-7

La neige, dans ses dimensions optiques, chromatiques et plastiques, dans ses états instables et variables, constitue l’un des enjeux centraux de l’esthétique contemporaine. À partir d’elle s’est pensée une limite entre un imaginaire de l’évanescence et la matérialité du support, la transitivité de la représentation et la consistance de l’oeuvre, le signe et le non-signe. Élément intermédiaire par excellence, elle emblématise dès le tournant du 20e siècle un nouvel ut pictura poesis où le discours poétique déploie des aspects intermédiaux de sa réalité: la surface lumineuse de la page, l’épaisseur de l’empreinte typographique, le filigrane du papier, le relief feuilleté du livre scandé et sculpté par son dépliement.
Ce volume fait l’historiographie des esthétiques de la neige, de la quête d’un art pur, affranchi de toute contrainte illustrative, littéraire, voire représentative, à la construction de formes expressives où se réinvente un langage-espace. Y sont explorés des stratégies de production et d’exposition des livres et des images, des tractations éditoriales autour de l’illustration des oeuvres poétiques, des conflits entre chromophobie et chromatisme dans l’impression de l’estampe, des techniques de fabrication du livre d’artiste.
Au coeur du volume, le calepin d’artiste réalisé par la plasticienne Catherine BOLLE, Inhumaine neige lunel, concrétise à son tour l’imaginaire poétique de la neige dans la matérialité esthétique du livre.

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BARILIER Etienne, Que savons-nous du monde?, éditions Zoé, Genève, 2012, 192 pages.

 

ISBN 978-2-88182-867-6

Grâce aux médias contemporains, le monde tout entier, à tout instant, nous est présent. Cela signifie-t-il que nous le connaissons mieux qu’auparavant ? Journalistes en tête, nombreux sont ceux qui craignent au contraire que l’information véritable ne survive pas à l’ère d’Internet.

Les médias contemporains, c’est vrai, aggravent les défauts des médias de toujours : ils menacent de faire de nous des êtres irrationnels, sans mémoire, sans histoire, sans projet. Ils reflètent, donc intensifient toutes les contradictions d’une civilisation, la nôtre, qui condamne le progrès mais adore la technique informatique ; qui s’enthousiasme naïvement pour la révolution arabe, mais renie inconsciemment son propre humanisme.

Les médias, qui devraient servir notre mémoire, servent souvent notre oubli. Mais rien n’est inéluctable. Nos moyens d’information, y compris Internet, sont et seront à notre image. Si nous gardons l’esprit critique, rien n’est perdu.

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KUNZ WESTERHOFF Dominique, ATALLAH Marc (dir.), L'homme-machine et ses avatars. Entre science, philosophie et littérature XVIIe-XXIe siècles, coll. Pour demain, Vrin, 2012, 320 pages.

 

ISBN 978-2-7116-2349-5

Dans le contexte de la révolution galiléenne, Descartes a fondé une anthropologie mécaniste qui n’a cessé de se redéfinir au fil des découvertes scientifiques et des controverses qu’elle a suscitées : après l’Homme-Machine, est venu l’Homme Électrique, puis l’Homme Cybernétique. Ces avatars signalent la constante réévaluation, la mesure toujours reprise d’une métaphore originaire, à la fois féconde et insuffisante, heuristique et limitée. Au carrefour des sciences humaines, des sciences et de l’ingénierie, il s’agit d’historiciser cette construction culturelle au long cours, jusqu’à la robotique bio-inspirée et à l’hybridation contemporaine du corps et de la technologie. L’approche littéraire en éclaire, elle, toute la dimension imaginaire : de l’automate parleur au cyborg, l’innovation scientifique est indissociable, sinon indiscernable, d’une saillance de la fiction. Fable philosophique, poésie scientifique, roman libertin, conte fantastique, théâtre satirique, roman social ou science-fiction : ces différents genres font ainsi valoir la compétence de la littérature pour penser la culture de l’homme-machine, et pour faire émerger le mécanique, le non-mécanique, ou l’anti-mécanique, comme autant de procès d’humanisation opérés par la pratique symbolique.

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COSSY Valérie, Isabelle de Charrière, Le savoir suisse, série Figures, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2012, 144 pages.

 

ISBN 978-2-88074-951-4

Pour comprendre Isabelle de Charrière il faut la relire au 21e siècle. Elle était restée dans l’ombre de Benjamin Constant. Il fut près de Neuchâtel son jeune ami génial mais rejoignit Mme de Staël sous les feux de Paris. Elle-même, Hollandaise de naissance, demeura en Suisse. Elle publia donc hors de France, dans son français excellent, mais autre. Valérie Cossy nous invite dans son essai à prendre la mesure de cette œuvre, où frappent une vision littéraire et sociale d’avant-garde et la constance de ses convictions. Dans ses romans, Mme de Charrière refusa de suivre les modèles de son époque. Elle défia, dans le fil des narrations et par sa langue, la distance hautaine qui prévalait entre classes, ou entre homme et femme. Confrontant par exemple un couple de nantis et une simple fille enceinte du jeune homme, tout se concentre dans son récit sur un respect absolument égal qu’elle porte aux deux femmes. Mme de Charrière avait déjà manifesté ses idées et sa brillante intelligence comme épistolière. Dans son existence elle accepta de demeurer en marge, en tant que femme, habitant la Suisse, et en tant qu’écrivain. Par son écriture et sa vision de la société, c’est la force cachée de sa différence que l’on admire aujourd’hui.

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ANDRÉ Jacques, SCHNIEWIND Alexandrine, Comprendre en psychanalyse, Petite bibliothèque de psychanalyse 1, Paris, PUF, 2012, 152 pages.

 

ISBN 978-2-13-058103-1

Une thèse provocante : en psychanalyse « on ne se comprend pas ». Nuance indispensable : même si l’on ne se comprend pas, il est essentiel de s’y faire comprendre. De prime abord, cette distinction peut sembler tautologique en français elle l’est beaucoup moins dans la langue de Freud qui distingue « verstehen », (se) comprendre, et « verständigen », (se) faire comprendre. Le propos de ce livre est de souligner cette différence et d’en discuter la pertinence.
Au centre de notre questionnement se situe la cure analytique et son dispositif bien particulier, qui peut être qualifié de dissymétrique : deux personnes se trouvent dans une même pièce, à huis clos l’une est assise, l’autre allongée elles ne se voient pas elles échangent des paroles, mais ne se parlent ni ne se comprennent au sens habituel du terme.
Le présupposé selon lequel la compréhension empathique est l’élément le plus important d’une thérapie se généralise de plus en plus. Dans ce cadre, l’approche analytique risque d’être l’objet de malentendus fondamentaux. D’où l’importance de revenir sur le fondement théorique de la dissymétrie du dispositif, d’en expliciter la justification pratique et le bénéfice d’un point de vue clinique, et de le relier à la question de ce que c’est que comprendre dans le contexte de la cure analytique.

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BARONI Raphaël, CORBELLARI Alain (dir.), Rencontres de narrativités: perspectives sur l'intrigue musicale, Cahiers de Narratologie. Analyse et théorie narratives 21, 2011.

 

Numéro en open access sur le site Revues.org.

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ARIFFIN, Yohan, BIELMAN SÁNCHEZ, Anne (dir.), Qu'est-ce que la guerre?, coéd. Antipodes et Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2012, 325 pages.

ISBN 978-2-88901-074-5

Ce livre n’est pas une arme…

C’est un outil qui permet d’affûter notre regard et notre esprit critique pour mieux cerner un phénomène indissociable de l’être humain: la guerre.

"Qu’est-ce que la guerre?": Jean-Michel Potiron, homme de théâtre invité en résidence sur un campus universitaire, a ingénument posé cette question à des philosophes, historiens, neurobiologistes, psychiatres, sociologues, anthropologues, politologues, géographes, historiens de l’art, archéologues, théologiens, poètes-musiciens, étudiants, enseignants, hommes et femmes…

De cette enquête sont nés un spectacle théâtral et trois ateliers interdisciplinaires qui, en multipliant les angles d’approche, en mettant en dialogue les uns et les autres, en associant des sensibilités variées, bousculent nos idées reçues et nos a priori.

Réunis dans un livre décapant qui donne matière à penser et à déclamer, ces textes offrent un éclairage diversifié sur une part maudite de la condition humaine.

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PÉTERMANN Stéphane, Correspondance 1953–1976 Jacques Chessex–Gustave Roud, édition établie, annotée et présentée par Stéphane Pétermann, Gollion, Infolio, 2011, 264 pages.

ISBN 978-2-88474-887-2 

A maintes reprises, Jacques Chessex (1934-2009) a manifesté sa reconnaissance envers Gustave Roud (1897-1976), poète, photographe et traducteur d’exception qui a joué un rôle considérable dans les premières années de sa carrière littéraire. De 1953 à la mort du poète, ils entretiennent une correspondance qui dit l’immense admiration de Chessex pour l’oeuvre de son devancier, et qui jalonne le parcours conduisant l’écrivain récemment disparu des hésitations de sa jeunesse jusqu’au couronnement du prix Goncourt.

Stéphane Pétermann travaille au Centre de recherches sur les lettres romandes (Université de Lausanne, Suisse), où il a notamment édité plusieurs correspondances d’écrivains. 

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ADAM Jean-Michel, Genres de récits. Narrativité et généricité des textes, coll. Sciences du langage : carrefours et points de vue - N° 4, Louvain-la-Neuve, Academia/L'Harmattan, 2011, 323 pages

 

ISBN 978-2-8061-0012-2

La question des genres de discours est actuellement au centre des recherches qui touchent autant les études littéraires, que l’analyse des discours, dont elle est devenue une question centrale, les sciences de la communication et de l’information et la didactique des langues maternelles et étrangères. Après avoir fait le point sur les questions de types et de genres de textes, ce livre étudie les genres de discours sous l’angle limité mais exemplaire des genres du récit. Les genres narratifs abordés sont des formes narratives brèves, isolées ou insérées dans des ensembles textuels plus vastes : des récits publicitaires, des paraboles, des faits divers, des poèmes et des monologues narratifs de théâtre, des histoires remplissant une fonction explicative ou argumentative, des récits autobiographiques ou anecdotiques.

Jean-Michel Adam est professeur de linguistique française à l’Université de Lausanne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages portant sur la linguistique textuelle, le texte narratif, le texte descriptif, l’argumentation publicitaire, les contes et l’analyse linguistique des textes littéraires.

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FORESTIER Georges, MICHEL Lise (dir.), La scène et la coulisse dans le théâtre du XVIIe siècle, coll. Theatrum Mundi, Paris, PUPS, 2011, 345 pages.

 

ISBN 978-2-84050-642-3

La dramaturgie «classique» française, qui s’est dessinée fermement au XVIIe siècle et a marqué le théâtre français jusqu’à l’époque romantique, a déterminé un ensemble de relations complexes entre la scène et les coulisses, lieu nécessaire à l’élaboration technique et imaginaire du spectacle. L’exploration de ces relations au XVIIe siècle est au cœur de ce livre.

Elles sont d’abord envisagées sur le plan de l’élaboration concrète de la représentation: comment ce qu’on n’appelle pas encore la «coulisse» détermine le déroulement et les possibilités du spectacle; et comment son aménagement est lui-même informé par les exigences de la représentation. Ensuite, par-delà le fonctionnement concret, ce sont les postulats esthétiques engagés par l’organisation matérielle des interactions entre scène et coulisse qui sont examinés. C’est enfin la tension permanente entre l’action représentée sur la scène et celle, construite et imaginée, du hors-scène qui est envisagée selon une perspective dramaturgique et poétique. Où l’on découvrira que cacher dans la coulisse revient à proposer aux spectateurs un monde infini de résonances imaginaires possibles.

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MEIZOZ Jérôme, La Fabrique des singularités. Postures littéraires II, Genève, Slatkine, 2011, 282 pages.

ISBN 978-2-05-102160-9

Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C.F. Ramuz, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu'à des publications en France, Belgique et au Québec.

De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire.

Plusieurs biais d'interrogation traversent cet ouvrage, au gré d'articles réunis et de textes inédits: Quels sont les cadres qui régissent l'énonciation littéraire dans la modernité? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires? Quel est l'impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi?

Jérôme Meizoz enseigne la littérature française à l'Université de Lausanne où il dirige la Formation doctorale interdisciplinaire. Il a publié de nombreuses études, dont Ramuz (1997), L'Age du roman parlant (2001), Le Gueux philosophe (2003), L'Œil sociologue et la littérature (2004) et Postures littéraires (2007) ainsi que des récits et romans: Les Désemparés (2005); Père et passe (2008); Fantômes, avec le peintre Zivo (2010).

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BARONI Raphaël, Les villes englouties, Lausanne, éditions Antipodes, 2011, 195 pages.

 

ISBN 978-2-88901-045-5

La lecture est-elle une contagion et partageons-nous les crimes que nous lisons ? La perte du langage serait-elle un retour au paradis, une chute, ou quelque chose d'autre, par-delà le bien et le mal ? Si nos aspirations contradictoires trouvaient leur entière satisfaction, serions-nous condamnés à la duplicité, au dédoublement, serions-nous encore capables de discerner le rêve de la réalité ? Serions-nous encore des êtres moraux si nous possédions un pouvoir consistant à nous faire oublier des autres et de nous-mêmes ? A quoi ressemblerait la Mort si nous pouvions lui serrer la main ? Peut-on raconter une histoire qui ne s'est pas encore produite ? La vie consiste-t-elle à se tenir à la bonne distance des êtres et des choses ? L'amitié peut-elle résister à la quête d'un trésor maudit ?

Oscillant entre essais et récits fantastiques, ces huit contes explorent des régions inaccessibles à la raison, comme une pensée itinérante faisant glisser ses concepts, les faisant déborder le temps d'un voyage dans des villes englouties. Derrière toutes ces histoires se dissimulent les regards de Dionysos et de Medusa. Ces figures de l'Autre, qui hantent les cités des hommes, nous pétrifient ou nous invitent à une bacchanale au cours de laquelle les identités se perdent ou s'échangent. Elles sont à la fois fil d'Ariane et Minotaure terré dans un recoin du labyrinthe.

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PHILIPPE Gilles, Le rêve du style parfait, Paris, PUF, 2013, 232 pages.

ISBN 978-2-13-062093-8

La littérature, dit-on, a horreur de l’académisme. Les « auteurs à dictée » ne seraient pas des auteurs et l’étiquette de « style NRF » est une marque d’infamie. Ainsi est-il d’usage de récuser sans procès toute position valorisant le style et de donner privilège à celle qui ne connaît que les styles, dans leur irréductible pluralité, c’est-à-dire dans leur indépassable singularité.
La modernité n’a pourtant cessé de rêver d’un « style parfait », d’un « bien écrire » régi par des règles valables pour tous, respectueux de principes qui semblent défier le temps et les plumes.

De 1860 à 1960, le débat sur le lien entre norme et style s’est noué autour des mêmes thématiques. Faut-il avoir du style et non un style ? Le style parfait vaut-il style classique ou absence de style ? Est-il soumis à l’évolution et aux genres littéraires, ou bien faut-il le ramener au « génie de la langue » lui-même ? Qui seraient, enfin, les maîtres de ce style parfait ?

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