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Sciences de l'Antiquité et Archéologie, Histoire, Histoire de l'art, Cinéma

LUGINBÜHL Thierry, CRAMATTE Cédric et HOZNOUR Jana (dir.), Le sanctuaire gallo-romain du Chasseron. Découvertes anciennes et fouilles récentes: Essai d’analyse d’un lieu de culte d’altitude du Jura vaudois, Cahiers d’archéologie romande 139, Lausanne, 2013, 426 pages.

ISBN 978-2-88028-139-3

Connu depuis le 18e siècle comme un lieu de culte antique grâce à la découverte de nombreuses monnaies romaines au pied de sa falaise occidentale, le sommet du Chasseron n’a pas fait l’objet d’études systématiques avant le développement d’un programme de recherche de l’Université de Lausanne initié en 2003. Les prospections et les deux campagnes de fouilles conduites sur ce site en 2004 et 2005 ont permis la découverte d’un imposant temple gallo-romain ainsi que d’un riche mobilier, notamment constitué de monnaies, de parures, de vases miniatures, d’une hachette votive et de céramiques gauloises et gallo-romaines. Ces recherches ont permis de préciser la chronologie de ce lieu de culte, fréquenté du début du 1er siècle avant J.-C. jusqu’au début du 5e siècle de notre ère, mais aussi de comprendre son organisation spatiale, de mettre en évidence différents types de pratiques rituelles et de mieux cerner l’identité de la divinité qui était honorée sur ce haut sommet (1600 m) du Jura vaudois.

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KAENEL Philippe (dir.), Gustave Doré (1832-1883). L’imaginaire au pouvoir/Master of imagination, Paris, Musée d’Orsay/Flammarion, 2014, 336 pages.

ISBN 978-2-08-131641-6

A quinze ans à peine, Gustave Doré entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture. L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques… En tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes et aux plus grands auteurs (la Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantès, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), et est ainsi devenu un véritable passeur de la culture européenne. Le catalogue entend aussi montrer combien Doré occupe une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de la bande dessinée aux films de Méliès, Tim Burton ou Terry Gilliam.

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PILLOUD Séverine, Documenter l’histoire de la santé et de la médecine au siècle des Lumières. Les consultations épistolaires adressées au Dr Samuel Auguste Tissot (1728-1797), Série Sources en perspective, Lausanne, Editions BHMS, 2013, 50 pages.

ISBN 978-2-9700536-4-4

Comment la maladie était-elle vécue dans le passé ? Comment l’éprouvait-on dans sa chair ? Avec quelles ressources y faisait-on face ? Autant de questions soulevées par la lecture de ces exceptionnelles archives du corps et de la maladie que sont les lettres de consultation adressées au 18e siècle par des centaines de malades au célèbre médecin suisse Samuel Auguste Tissot. Elles sont ici décrites dans un livre qui accompagne une base de données permettant des recherches ciblées ainsi qu’un accès direct à une reproduction numérique intégrale des manuscrits originaux.

A travers un tel corpus d’archives se dévoilent le foisonnement des expériences corporelles éprouvées par les individus au 18e siècle, la pratique de la médecine vécue au quotidien, la signification de la souffrance et des aléas du corps. Cette réflexion sur le passé rejoint aussi les préoccupations du présent, en dégageant les déterminants socioculturels et historiques qui influencent les attitudes à l’égard de la santé et de la maladie.

Séverine Pilloud, historienne, docteure ès lettres de l’Université de Lausanne, a été responsable de recherche à l’Institut universitaire d’histoire de la médecine et de la santé publique avant d’être nommée professeure à la Haute Ecole de la Santé « La Source » à Lausanne.

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IMPERIALI Christophe, Wagner, L’Opéra hors de soi : La pensée et l’art, Genève/Gand, Fondation Bodmer/MER Paper Kunsthalle, 2013, 214 pages.

ISBN 978-94-9177-524-6

L’opéra, pour Wagner, est plus qu’un genre artistique. C’est un filtre à travers lequel le monde apparaît, un cristal dans lequel il se réfracte ; c’est une pensée du monde. Tous ses opéras racontent une histoire de rédemption, et il vit lui-même dans la conviction que le monde qui l’entoure doit être sauvé par l’art. L’opéra hors de soi, c’est l’opéra qui passe de la scène à la salle et de la salle à la rue ; c’est l’histoire d’un art comme pensée du monde. Car l’art et la pensée sont indissociables pour Wagner, non seulement parce qu’il ne cesse de méditer sur l’art et sur sa place dans la société, mais aussi parce qu’il nourrit son œuvre aux sources de pensée les plus diverses. Le bicentenaire de la naissance de Wagner est une bonne occasion d’esquisser un parcours sur les traces d’une pensée variée, colorée, parfois contestable, mais toujours entière et engagée. Philosophie, histoire, politique, religion : Wagner a cherché se positionner sur tous ces terrains, estimant qu’il était du devoir de l’artiste de changer le monde.

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CHOULEUR Stéphanie, Les fêtes du peuple jurassien. Films amateurs et séparatistes (1949-1982), Lausanne, Editions Antipodes, 2013, 219 pages.

ISBN 978-2-88901-071-4

Les Fêtes du peuple jurassien présente l’histoire de cet événement politique et populaire, véritable baromètre de la ferveur séparatiste jurassienne.

Des cinéastes amateurs et militants, rattachés depuis 1949 au Mouvement séparatiste jurassien, puis dès 1951 au Rassemblement jurassien, ont gravé sur pellicules chaque moment clé de la lutte séparatiste. La Fête du peuple y est représentée comme le point culminant de ces nombreuses années de lutte.

A travers l’œil des réalisateurs militants, l’ouvrage offre une nouvelle perspective historique de la lutte pour l’indépendance jurassienne. Dans un mouvement où la propagande passait principalement par l’écrit, ces films n’ont jamais suscité l’intérêt des dirigeants politiques. C’est pourquoi, malgré le peu de liberté d’action accordée par le Rassemblement jurassien à ses militants, les réalisations filmiques n’ont jamais été contrôlées, modifiées ou censurées par le Comité de propagande.

Ces films témoignent de la vision que portaient les membres du mouvement séparatiste à l’égard de ce même mouvement et de ses actions. L’ouvrage propose une plongée dans l’histoire audiovisuelle de la lutte pour l’indépendance jurassienne.

 

Des extraits des films de Luc Gueniat sont disponibles sur le site internet de l'éditeur.

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LUTHI Dave (dir), Le marbre et la poussière, le patrimoine funéraire de la Suisse romande – XIVe-XVIIIe siècles, Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Valais, Jura, 2 vol., Cahiers d’archéologie romande 143-144, Lausanne, 2013, 264 et 388 pages.

ISBN 978-2-88028-143-1

Sous la poussière, le marbre: un patrimoine révélé ! Du Moyen Âge à la fin du siècle des Lumières, les inhumations sont nombreuses dans les églises et les temples de Suisse romande. En terres catholiques comme protestantes, c’est par la pierre que l’on tente de préserver une trace de son passage sur terre. Méconnus, les monuments funéraires créés pour les classes privilégiées par des artistes souvent remarquables subsistent pourtant par centaines. Les voici inventoriés et étudiés par un collectif d’auteurs qui, à partir d’un projet initié par l’enseignement Architecture & Patrimoine de l’Université de Lausanne (Faculté des Lettres), les ont approchés d’un point de vue historique, artistique, sociologique, linguistique et archéologique. Par le biais de cette analyse plurielle, de nouvelles interprétations de la fonction de ces monuments se font jour ; mais c’est aussi de distinction sociale, de transferts culturels, de centre et de périphérie artistique dont il s’agit ici. La Suisse romande conserve en effet des monuments de premier plan, qu’il s’agisse des tombeaux de François Ier de La Sarraz, des comtes de Neuchâtel ou d’ambitieux patriciens, et d’autres, plus modestes, qui témoignent du souci alors universel et constant en Europe occidentale de laisser un témoignage de ses faits et gestes, de ses vertus, de sa foi.

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« Communes et histoire locale », Revue historique vaudoise 2013, 375 pages.

ISBN 978-2-88901-089-9

Le site de la revue. Le site de l'éditeur.

La Revue historique vaudoise consacre cette année son dossier thématique à l’histoire communale et locale. À l’heure de la globalisation et de l’uniformisation des modes de vie, ce sujet retient en effet l’attention d’un large public depuis plusieurs années. Cet intérêt nouveau s’est concrétisé par l’édition de nombreux ouvrages rappelant le passé d’une commune. Mais qu’est-ce que l’histoire locale, la microhistoire et comment rédiger une monographie communale ?

C’est à ces questions que répondent dix-sept historiens, archivistes et chercheurs sensibles aux approches de la microhistoire. L’histoire locale et son évolution historiographique sont abordées au travers de riches contributions qui présentent sous un jour nouveau ce sujet. L’importance des ressources documentaires et bibliographiques sont aussi décrites et fourniront aux chercheurs de demain les instruments utiles à la rédaction d’une monographie communale. Ce dossier présente également des études singulières à l’exemple de Montreux, première grande localité vaudoise issue d’une fusion, mais aussi la représentation de la ville de Morges dans les anciens guides de voyage ou encore l’importance des paroisses, entités qui ont préfiguré les communes dans l’organisation du territoire sous l’Ancien Régime. La dimension comparatiste n’est pas oubliée et ce 121e volume de la Revue historique vaudoise donne également leur place aux travaux publiés dans les cantons voisins.

Ce dossier renouvelle notre connaissance sur un sujet parfois négligé ou réduit à une portion congrue de la recherche historique actuelle. Il montre toute l’importance de l’histoire locale dans la compréhension de notre passé.

TABLE DES MATIÈRES

  • DAVID AUBERSON : Éditorial

Dossier thématique : Histoire(s) locale(s)

  • BERTRAND MÜLLER : Histoire locale et micro-histoire : la confusion des genres
  • GEORGES ANDREY : Du « local » au « global » ou l’histoire interconnectée : le cas de l’historiographie romande (1950-2013)
  • PIERRE-YVES FAVEZ : La paroisse, une identité longtemps plus forte que la commune. Rapide survol de la paroisse et de son rôle à travers le temps
  • ARIANE DEVANTHÉRY : Histoire locale et guides de voyage : Morges et sa région (XVIIIe siècle – début du XXe siècle)
  • GILBERT COUTAZ : Panorama des monographies communales et régionales vaudoises. Un bilan complémentaire (2003-2012)
  • HENRI-LOUIS GUIGNARD : La réalisation d’une monographie communale
  • NICOLE MEYSTRE-SCHAEREN : Montreux 1962 : une fusion pionnière et emblématique
  • CÉDRIC ROSSIER : Vibiscum et Vevey : une association en quête de mémoire et d’histoire locale

Les ressources documentaires et bibliographiques

  • LUCIENNE HUBLER : Les communes vaudoises dans le Dictionnaire historique de la Suisse
  • MONIQUE FONTANNAZ : L’apport spécifique des Monuments d’art et d’histoire de la Suisse à l’étude des communes vaudoises
  • ELOI CONTESSE : Au service de l’histoire communale vaudoise: la base PANORAMA
  • BRIGITTE STEUDLER : Une base de données, une carte, un territoire : une vision dynamique de la Documentation vaudoise à la BCU Lausanne

La dimension comparatiste

  • LEONARDO BROILLET : Les monographies communales dans la partie romande du canton de Fribourg éditées entre 2003 et 2011
  • DOMINIQUE ZUMKELLER : Les monographies communales genevoises éditées entre 2003 et 2011
  • DENIS REYNARD : Les monographies locales en Valais éditées entre 2000 et 2012
  • LIONEL BARTOLINI : Les monographies d'histoire locale et régionale dans le canton de Neuchâtel éditées entre 2003 et 2011
  • ANDRÉ BANDELIER : « La carte est plus intéressante que le territoire » : histoire locale et régionale dans le Jura bernois et le canton du Jura

Comptes rendus et monographies locales

  • GILBERT COUTAZ : Aymon Baud et al., Ollon, Villars (avec la contribution de : Gustave Chable et al.]) ; , [S.l.] : Association de l'Académie du Chablais, 2007, 399 p.
  • DAVID AUBERSON : Charles-Louis Morel, Arnex-sur-Orbe : un village, ses habitants, au fil des siècles, Yverdon-les-Bains : Editions de la Thièle, 2008, 336 p.
  • FRANÇOIS JEQUIER : Louis-Daniel Perret, Henri-Louis Guignard, Histoire de Lutry et des Lutriens 1798-1918, Lutry : Commune de Lutry, 2011, 376 p.
  • GUY LE COMTE : Jean-Paul Perrenoud (dir.), Ballaigues au rythme de l'histoire, Hauterive : Ed. Attinger, 2011, 83 p.
  • DAVID AUBERSON : Eric Vion, Bottens : territoire, économie, société : 5e - 21e siècles, Commune de Bottens, 2008, 383 p.

Mélanges

  • GRÉGORY QUIN, MARIE-JULIE PAPAUX : L’introduction de la gymnastique rythmique à Bex (1918-2012). Eléments pour une histoire d’un « sport » féminin
  • GAËL JEANNIN : La Défense aérienne passive : une mémoire obscurcie à éclairer. Contrastes entre le canton de Vaud et la commune de Payerne (1934-1945)
  • HENRIETTE HAAS : Une visite au Hameau des noyers avec Eugène Rambert

Comptes rendus

Chronique archéologique

Rapports d'activité

Index

 

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KAENEL Philippe, KUNZ WESTERHOFF, « Narrations visuelles, visions narratives », Etudes de lettres 2013/3-4, 264 pages.

ISBN 978-2-940331-33-8

Ce volume interroge divers modes d’interactions des textes littéraires et des images fixes, dans le domaine graphique et photographique, à l’époque contemporaine : un siècle innovant qui prolonge les mutations de l’ut pictura poesis, une tradition elle-même marquée par la tension entre fonction narrative et fonction monstrative, systématisée par Lessing dans son célèbre Laocoon en 1766. Depuis le XIXe siècle, l’essor de l’imprimerie et des techniques de reproduction ont rapproché les deux modes d’expression, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur les plans esthétique et symbolique, avec le renouveau de l’illustration, l’émergence du « livre d’artiste », de la bande dessinée ou encore de la photographie et de la photolittérature. Les genres étudiés ici, du livre illustré à la photofiction, sont véritablement intermédiaux, au sens où narration et monstration se partagent l’espace représentatif et s’affectent réciproquement de leurs différences.

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BERTHOLET Florence, SCHMIDT HEIDENREICH Christophe (éds), Entre archéologie et épigraphie. Nouvelles perspectives sur l’armée romaine, ECHO. Collection de l’institut d’Archéologie et des Sciences de l’Antiquité de l’Université de Lausanne, Vol. 10, Bern/Berlin/Bruxelles/Frankfurt am Main/New York/Oxford/Wien, Peter Lang, 2013, 253 pages.

ISBN 978-3-0343-1419-0 br. (Softcover)
ISBN 978-3-0352-0226-7 (eBook)

Nos connaissances sur l’armée romaine reposent sur cinq catégories de documents : les sources littéraires, archéologiques, épigraphiques, papyrologiques et numismatiques. Chacune d’elles requiert l’usage de méthodes d’analyse spécifiques qui sont l’apanage de spécialistes. Or, ceux-ci sont de plus en plus amenés à se concentrer sur leur domaine de recherche afin de répondre à l’accroissement constant de la documentation et de la littérature scientifique, ce qui se fait trop souvent au détriment du dialogue entre les différentes disciplines.

C’est avec ce constat à l’esprit qu’a été organisée à l’Université de Lausanne une journée d’études de 3e cycle consacrée à l’armée romaine. Son but était de réunir de jeunes épigraphistes et archéologues qui tous travaillaient sur le sujet, et de les confronter à des chercheurs confirmés. Le présent ouvrage est issu des fructueux échanges de cette journée. Il a pour objectif de montrer l’intérêt de croiser les méthodes de travail quels que soient le lieu ou la thématique, tout en soulignant l’importance de replacer chaque document dans son contexte le plus large, chose seulement possible grâce à une collaboration entre spécialistes. Ses auteurs espèrent ainsi contribuer au renforcement du dialogue entre historiens et archéologues, dialogue nécessaire au progrès de nos connaissances sur l’armée romaine.

Ce livre contient des contributions en français, anglais et allemand.

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JUNOD Philippe, Marcel Amiguet, peintre, mélomane et aventurier, Gollion, Infolio, 2013, 192 pages.

ISBN 978-2-88474-279-5

Marcel Amiguet (1891-1958) a connu son heure de gloire avant de passer aux oubliettes de l’Histoire. La montagne, la musique et l’Orient sont ses trois grandes passions. Peintre des Alpes et du Jura, il rencontre également quelque succès dans le domaine des arts décoratifs, et obtient une médaille d’or à la fameuse exposition de 1925. Etabli à Paris, il fait le portrait de nombreux musiciens et développe des théories sur les correspondances entre sons et couleurs. Puis c’est l’épopée de son périple asiatique en solitaire, 40 000 kilomètres de Paris à Bombay dans son camion-atelier, de 1929 à 1932. Maniant la plume avec un certain talent, Amiguet est aussi l’auteur de journaux inédits dont la publication dans le présent ouvrage, le premier à lui être consacré, complète ce portrait d’un personnage polyvalent et original.

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MICHEL Christian, MAGNUSSON Carl (dirs), Penser l’art dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, théorie critique, philosophie, histoire, Rome, Académie de France et Paris, Somogy, 2013, 350 pages.

 

ISBN 978-2-7572-0622-5

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, émergent des discours sur l’art destinés à une longue postérité. Alors que les traités en France depuis le siècle précédent avaient été élaborés autour de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, et reposaient essentiellement sur l’expérience des œuvres et la mise en évidence des qualités et défauts de celles-ci, afin de faciliter la pratique de l’art par la découverte de ses règles internes, de nouveaux acteurs interviennent, pour lesquels le mode d’élaboration des œuvres n’est plus l’enjeu central. Les philosophes s’interrogent sur la validité du jugement esthétique ; les critiques d’art sur l’effet produit par les œuvres ; les historiens sur les causes du progrès et du déclin de l’art à travers les siècles. Les discours se multiplient, se nourrissent mutuellement, s’entremêlent. On discute des origines de l’art, de ses finalités, des moyens de le faire progresser… Les débats qui s’engagèrent et les systèmes explicatifs qui furent utilisés, pour la plupart, ne sont plus les nôtres, mais ils ont ouvert la voie, pour le meilleur et pour le pire, à la multiplicité des approches encore aujourd’hui usitées et qui font de l’art un objet de préoccupations largement partagées par les chercheurs et le public. Les actes de ce colloque témoignent du foisonnement intellectuel qui caractérise le siècle de l’abbé Du Bos, de Diderot et de Winckelmann.

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NUNEZ Loreto, Voix inouïes. Etude comparative de l’enchâssement dans Leucippé et Clitophon d’Achille Tatius et les Métamorphoses d’Apulée, 2 vol., Saarbrücken, Editions universitaires européennes, 2013.

 

ISBN 978-613-1-53307-5

L'ouvrage propose une analyse comparative détaillée de l'enchâssement narratif dans deux textes du IIe s. apr. J.-C. : Leucippé et Clitophon d'Achille Tatius et les Métamorphoses d'Apulée, qui sont rattachés par la critique au roman antique. Dans une perspective interculturelle et interdisciplinaire, l'étude tente d'offrir de nouveaux apports dans divers domaines. La comparaison différentielle appliquée traite de manière égalitaire des textes de la culture grecque et latine en accentuant leurs ressemblances ainsi que leurs spécificités. Concernant la critique sur l'enchâssement dans le roman antique, l'apport du travail peut être désigné comme contextualisant et englobant. Le contexte culturel de la Seconde Sophistique, marquée par la performance, l'oralité et la rhétorique, est pris en compte en prenant appui sur les traités et exercices de rhétorique. En outre, l'étude du récit enchâssé dans deux romans antiques est ici, pour la première fois, effectuée dans son intégralité, en vue de mieux comprendre le procédé de l'enchâssement aussi en tant que phénomène à part entière. Cela a permis de proposer l'ébauche d'une grammaire de l'enchâssement, applicable aussi à d'autres textes.
 

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CENTLIVRES CHALLET, Claude-Emmanuelle, Like Man, Like Woman: Roman Women, Gender Qualities and Conjugal Relationships at the Turn of the First Century, Oxford, Peter Lang, 2013, 211 pages.

ISBN 978-3-03911-912-7 pb. (Softcover)
ISBN 978-3-0353-0486-2 (eBook)

Modern scholarship often discusses Roman women in terms of their difference from their male counterparts, frequently defining them as ‘other’. This book shows how Roman male writers at the turn of the first century actually described women as not so different from men: the same qualities and abilities pertaining to the domains of parenthood, intellect and morals are ascribed by writers to women as well as to men. There are two voices, however: a traditional, ideal voice and an individual, realistic voice. This creates a duality of representations of women, which recurs across literary genres and reflects a duality of mentality. How can we interpret the paradoxical information about Roman women given by the male-authored texts? How does this duality of mentality inform us about gender roles and gender hierarchy?

This work analyses well-known, as well as overlooked, passages from the writings of Pliny the Younger, Tacitus, Suetonius, Quintilian, Statius, Martial and Juvenal and sheds new light on Roman views of women and their abilities, on the notions of private and public and on conjugal relationships. In the process, the famous sixth satire of Juvenal is revisited and its topic reassessed, providing further insights into the complex issues of gender roles, marriage and emotions. By contrasting representations of women across a broad spectrum of literary genres, this book provides consistent findings that have wide significance for the study of Latin literature and the social history of the late first and early second centuries.

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IMESCH Kornelia, MESSERLI Alfred (Hg.), Mit Klios Augen, Das Bild als historische Quelle, Artificium – Schriften zu Kunst und Kunstvermittlung Bd. 45, Oberhausen, Athena Verlag, 2013, 296 pages.

ISBN 978-3-89896-543-9

Die Trennung zwischen den verschiedenen Fachdisziplinen wurde in den letzten Jahren in verstärktem Maße befragt und hinsichtlich durchlässiger Stellen untersucht, die einen über monodisziplinäre Betrachtungen nicht erreichbaren Erkenntnisgewinn versprechen. Aus diesem Interesse an einer intensivierten interdisziplinären Zusammenarbeit ergeben sich nicht zuletzt auch für Geschichte und Kunstgeschichte neue Möglichkeiten, wie die jeweils eigenen Fachinhalte – mal von einer anderen Seite aus – betrachtet werden können und so zu ertragreichen neuen Themen und Forschungsfeldern führen.

Das vorliegende Buch untersucht diese Erweiterungsbewegungen und fragt nach dem »Bild« (im weitesten Sinne) als historische, für das gesamtkulturelle Gedächtnis aufschlussreiche »Quelle« und als »Zeugnis«. Das breitgefächerte Spektrum der versammelten Themen von Autoren und Autorinnen aus unterschiedlichen geisteswissenschaftlichen Disziplinen reicht hierbei von theoretisch-methodischen Fragestellungen, die für den Diskurs und die Kanonbildung relevant sind, bis hin zu Beiträgen, die das Thema der Publikation spezifisch im Kontext der Gattungen Malerei, Grafik oder Fotografie beleuchten. Doch auch audiovisuelle bewegte oder virtuelle, zum Jetzt-Zeitpunkt bereits verflüchtigte Bilder finden in Form von neuen Medien, Film und Kulturfernsehen Beachtung, da auch sie zum zentralen Bestandteil und Dokument einer kollektiven Erinnerung werden können.

Mit Beiträgen von: Juerg Albrecht, Nadja Elia-Borer, Pietro Giovannoli, Daniel Hornuff, Kornelia Imesch, Philippe Kaenel, Fabian Probst, Caroline Recher, Severin Ruegg, Philipp Stoellger, Jakob Tanner, Mélanie Laurance Tanner, Carsten-Peter Warnke, Anja Zimmermann.

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COLLECTIF, Déontologie de la pierre. Stratégie d’intervention pour la cathédrale de Lausanne, Actes du colloque pluridisciplinaire des 14 et 15 juin 2012, Monuments vaudois, Hors série 1, 2013, 144 pages.

ISBN 978-2-8399-1138-2

La Commission technique de la cathédrale de Lausanne, en partenariat avec l’Université de Lausanne, a organisé, en juin 2012, un colloque destiné à faire émerger les bases nécessaires à la résolution des questions posées pour la prochaine restauration de la tour inachevée et du chœur de la cathédrale, et permettant aux multiples acteurs impliqués de se rencontrer dans un esprit
volontairement pluridisciplinaire.

Les actes de ce colloque proposent de faire le bilan de l’expérience acquise ces dernières années dans le traitement de la pierre et, en particulier, de la conservation de la molasse aquitanienne de la cathédrale de Lausanne. L’ouverture aux autres grands monuments historiques nationaux (cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg, Maison Tavel à Genève) et étrangers (cathédrale de Strasbourg, abbaye de Salem, Royal Palace de Stockholm, etc.) permet le partage des expériences promu par la Commission technique comme élément fondamental d’enrichissement et d’apprentissage. Les fondamentaux théoriques nécessaires pour la restauration d’un monument sont abordés dans les comptes rendus des trois tables rondes.

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ABBOTT Fanny, Des comptes d’apothicaires. Les épices dans la comptabilité de la Maison de Savoie (XIVe et XVe s.), Cahiers lausannois d’Histoire Médiévale, n° 51, Lausanne, 2012.

ISBN 978-2-940110-64-3

Les épices sont souvent associées à la cuisine médiévale dans l’imaginaire collectif actuel, mais parfois pour de mauvaises raisons : leur usage massif dans la préparation des mets avait prétendument pour but de masquer le goût des viandes et des poissons avariés. Depuis quelques années, les recherches des historiens de l’alimentation ont permis de redécouvrir une gastronomie médiévale inventive et raffinée, dans laquelle les épices ont une place essentielle tant au niveau visuel que gustatif.

Cet ouvrage présente les résultats d’une étude menée sur les épices dans la documentation comptable de la Maison de Savoie aux XIVe et XVe siècles. A première vue moins significative que les livres de cuisine qui permettent de saisir l’utilisation exacte des épices, la comptabilité se révèle néanmoins riche et précise. En effet, l’analyse des données recueillies dans des comptes inédits permet de découvrir la vaste gamme des produits utilisés à la cour de Savoie et d’apprécier les quantités nécessaires à la consommation alimentaire, voire médicinale, du prince et de son entourage. Cette recherche est également l’occasion de s’intéresser aux modes d’approvisionnements : les épices sont achetées à des apothicaires, mais aussi, au XIVe siècle, perçues sous forme de redevances féodales. Les prix et les quantités sont ainsi aisément quantifiables et ouvrent la voie à des études comparatives.

Parmi les produits consommés à la cour de Savoie figurent des ingrédients bien connus comme la cannelle, le poivre ou le safran. Toutefois les mets qui garnissent la table du prince sont agrémentés de bien d’autres saveurs, souvent oubliées aujourd’hui, comme celle du cubèbe, des graines de paradis ou du poivre long. La cuisine médiévale se révèle ainsi recherchée, colorée et riche en arômes et en goûts.

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FUCHS Michel E., SYLVESTRE Richard, SCHMIDT HEIDENREICH Christophe (dir.), Inscriptions mineures : nouveautés et réflexions, Actes du premier colloque Ductus, 19-20 juin 2008, Université de Lausanne, Oxford/Bern/Berlin/Bruxelles/Frankfurt am Main/New York/Wien, Peter Lang, 2012, 473 pages.

ISBN 978-3-0343-0442-9

La recherche dans le domaine des inscriptions dites « mineures » connaît un essor important depuis une quarantaine d'années. Riches de renseignements d'ordre socio-économique et culturel, ces témoignages du quotidien des populations antiques constituent un patrimoine épigraphique reconnu et de plus en plus exploité dans la recherche archéologique, épigraphique et historique. Sur l'initiative de Ductus, association internationale pour l'étude des inscriptions mineures, un colloque international d'envergure est organisé en 2008 à l'Université de Lausanne. Pour la première fois, un grand nombre de spécialistes internationaux ont abordé un vaste éventail des problématiques liées à l'écrit et au dessin dans toutes les catégories des inscriptions mineures, graffiti, estampilles et inscriptions peintes sur des supports aussi variés que la céramique, la peinture murale, les objets métalliques ou le bois. Cet ouvrage réunit des contributions écrites en cinq langues (français, allemand, anglais, italien et espagnol). Toutes les périodes de l'Antiquité sont couvertes ; les régions étudiées vont de l'Hispanie au Bosphore Cimmérien. Les aspects méthodologiques, la terminologie et les spécificités de l'écriture complètent les thématiques abordées dans ce premier opus de l'association Ductus.

Michel E. Fuchs est professeur d'archéologie à l'Université de Lausanne. Richard Sylvestre est collaborateur scientifique au site et Musée romains d'Avenches et chargé de recherches à l'Université de Lausanne. Christophe Schmidt Heidenreich est chargé d'enseignement à l'Université de Genève et rédacteur à L'Année épigraphique. Au sein de l'association Ductus, ils occupent respectivement les postes de président, secrétaire et trésorier.

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ROCHAT Loïc, « Cugnet sera mon architecte». Ascension sociale et mutation professionnelle d’une dynastie de maîtres charpentiers et d’architectes vaudois, XVIIIe-XIXe siècles, Neuchâtel, Editions Alphil, 2013, 148 pages.

ISBN 978-2-940489-07-7

Les Cugnet ? Quatre générations et cinq bâtisseurs en campagne vaudoise, une dynastie dont les membres se sont progressivement élevés du rang de charpentier à celui d’architecte, entre les XVIIIe et XIXe siècles. Durant plus de cent cinquante années, ils ont participé à la construction de tout ou partie de nombreux édifices : églises, maisons de communes, écoles, mais aussi bâtiments privés, agricoles et commerciaux de la Côte à la Broye, en passant par le Pied du Jura et Lausanne. Entrepreneurs de modeste envergure, ils incarnent néanmoins d’authentiques témoins de la réalité évolutive du domaine de la construction sur la longue durée.

Ce livre, première étude fondamentale sur une dynastie d’architectes, apporte un éclairage inédit sur l’activité de plusieurs générations de bâtisseurs. En renouvelant les méthodes d’approche en matière d’histoire des professions et d’histoire de l’architecture, il décrit les carrières diversifiées et les chantiers aussi bien modestes que prestigieux de Louis Cugnet I (1729-1801), Louis Cugnet II (1765-1835), Louis Cugnet III (1798-1854), Alfred Cugnet (1830-1874), et Louis Cugnet IV (1838-1888).

En retraçant l’oeuvre et la trajectoire professionnelle de cinq architectes, l’auteur met en perspective un véritable cas d’école explicitant, en partie, les enjeux du domaine de la construction et du métier d’architecte sur deux siècles.

Loïc Rochat, né à Morges en 1979, est titulaire d’une maîtrise ès lettres en histoire, avec spécialisation en recherche, exploitation et mise en valeur des sources. Durant ses études, il travaille comme archiviste et comme assistant-étudiant en Section d’histoire de l’Université de Lausanne. Responsable de la Revue vaudoise de généalogie et d’histoire des familles, il est l’auteur de plusieurs publications dans ce domaine.

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NICOLI Miriam, Les savants et les livres. Autour d’Albrecht von Haller (1708-1777) et Samuel-Auguste Tissot (1728-1797), Collection Travaux sur la Suisse des Lumières, Genève, Slatkine, 2013, 362 pages.

ISBN 978-2-05-102509-6

Savants renommés dans l’Europe des Lumières, Albrecht von Haller et Samuel-Auguste Tissot ont été en prise directe avec la seconde révolution du livre et l’évolution des modes de diffusion scientifique au XVIIIe siècle. Leur correspondance, mise en perspective de façon captivante dans cet ouvrage, s’en fait l’écho. Comment maîtriser la masse grandissante d’informations et rester au courant des nouveautés de la librairie ? Pour quel public écrire et comment ? Au fil de l’étude minutieuse de la place du livre dans le quotidien des deux savants, cet ouvrage plonge son lecteur dans les coulisses de la communication scientifique. Il met en relief les multiples acteurs au parcours souvent obscur qui concourent à la réalisation du produit fini : copistes, traducteurs, libraires-éditeurs, dessinateurs et graveurs. Prenant le contrepied de l’image idyllique du savant – lecteur paisible et auteur respecté – il examine les pratiques qui marquent son rapport à la production scientifique et à l’imprimé. Se procurer des ouvrages, estimer leur qualité, prendre des notes, marchander le prix d’une page avec un éditeur, trouver un bon copiste, juger de la qualité d’une traduction, se protéger des contrefaçons ou encore gérer le stress et les pathologies liés à la vie studieuse… Examinée sous ses aspects les plus divers et surtout les plus concrets, la vie scientifique à l’époque des Lumières a tout ici du parcours du combattant. Les différents types de lectorat, lecteurs non-savants compris, qui à leur façon manipulent le livre scientifique, en sont partie intégrante.

Cet ouvrage très documenté s’adresse aussi bien aux historiens des sciences et du livre et aux spécialistes du XVIIIe siècle qu’à un large public intéressé par la vie quotidienne des savants et par la construction des savoirs à l’époque des Lumières.

Docteur ès Lettres, Miriam Nicoli est spécialiste de l’histoire culturelle des sciences. Sa thèse de doctorat, dont est issu ce livre, a reçu un Prix de Faculté de l’Université de Lausanne.

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VERDAN Samuel, Le sanctuaire d’Apollon Daphnephoros à l’époque géométrique, Eretria. Fouilles et recherches, publication de l’Ecole suisse d’archéologie en Grèce, volume XXII, Gollion, Infolio éditions, 2013, 2 vols.

 

ISBN 978-2-88474-411-9

L’antique cité d’Erétrie (île d’Eubée, Grèce) prend son essor à l’époque géométrique, plus précisément dès la première moitié du 8ème siècle av. J.-C. A la même période, un sanctuaire se développe au cœur de l’agglomération. Originellement centré autour d’un simple autel, il accueille ensuite plusieurs autres constructions, dont un édifice monumental qui compte parmi les premiers temples urbains du monde grec. Les pratiques cultuelles s’y diversifient progressivement : aux sacrifices animaux et aux banquets, attestés dès les premiers temps, s’ajoutent le dépôt d’objets votifs et l’emploi de vaisselle rituelle. L’élite locale occupe une place de choix dans les cérémonies, dont certaines ont pour objectif d’intégrer les adolescents dans la société des adultes. Le sanctuaire érétrien offre un exemple, parmi d’autres en Grèce, de la place centrale que la religion occupe dans le processus de formation de la cité.

Pour la période géométrique, l’identité de la principale divinité honorée en ces lieux n’est pas connue avec certitude. Une certaine continuité cultuelle, dont témoigne notamment la construction de plusieurs temples successifs, permet toutefois de penser qu’il s’agit déjà d’Apollon Daphnéphoros, un dieu de première importance pour la cité érétrienne aux époques historiques.

En l’absence de sources écrites, les vestiges archéologiques sont seuls à nous renseigner sur l’évolution de la zone du Sanctuaire d’Apollon à l’époque géométrique. Le présent travail en propose une analyse détaillée, synthétisant les résultats des fouilles suisses conduites sur le site entre 1964 et 2003 et livrant une revue critique des interprétations proposées à ce jour.

L'ouvrage est enrichi par les contributions de spécialistes sur la faune terrestre (S. Huber et P. Méniel) et marine (T. Theodoropoulou), les vestiges végétaux (E. Margaritis) et le travail de l'or (N. D. Meeks and P. T. Craddock).

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BON François, LUGON Olivier, SIMAY Philippe, Le pont transbordeur de Marseille – Moholy-Nagy, Paris, INHA/Collège International de philosophie/Editions OPHRYS, 2013, 66 pages.

ISBN 978-2-7080-1340-7

Entre 1903 et 1905, l’ingénieur et industriel français Ferdinand Arnodin (1845-1924), contemporain de Gustave Eiffel, construit un pont transbordeur au-dessus du Vieux-Port de Marseille (il sera détruit par les Allemands en 1944). Arnodin fut l’inventeur de ce système qui permettait de faire rapidement passer des marchandises d’un quai à l’autre sans avoir à interrompre le trafic maritime : avant celui de Marseille, il avait construit plusieurs ponts transbordeurs, notamment ceux de Rouen, de Bizerte (démonté puis remonté à Brest) et à Nantes. D’une longueur de 239 mètres, le tablier du pont transbordeur de Marseille était tenu par deux pylônes métalliques de 86 mètres de haut : une nacelle de 120 m2 y faisait l’aller et retour en moins de deux minutes. Un café restaurant s’y trouvait également.

Cette installation audacieuse, qui modernisait d’un coup le paysage traditionnel du Vieux-Port, suscita évidemment une polémique. Parmi ses admirateurs, on compte, outre Walter Benjamin, le peintre, sculpteur, cinéaste et photographe hongrois Làszlo Moholy-Nagy (1895-1946) qui, en 1929, après son départ du Bauhaus, réalisa une série de photogrammes du pont transbordeur qu’il qualifia de « véritable miracle de la technique, d’une précision et d’une finesse exceptionnelles ».

Trois auteurs – l’écrivain et dramaturge François Bon, le spécialiste de l’histoire de la photographie allemande et américaine de l’entre-deux-guerres Olivier Lugon, professeur à l’université de Lausanne, et le philosophe de l’architecture et de l’urbanisme Philippe Simay, professeur à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Saint-Etienne – proposent ici trois approches de l’une des plus célèbres photographies de cette série.

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ANDENMATTEN Bernard, BADINOU Panayota, FUCHS E. Michel, MÜHLETHALER Jean-Claude, Lieux de mémoire antiques et médiévaux. Texte, image, histoire : la question des sources, Actes du colloque de relève « Textes, images, histoire : la question des sources », organisé par la Formation doctorale interdisciplinaire en partenariat avec l’ASA, le français médiéval et l’histoire médiévale, les 29 et 30 avril 2010 à l’Université de Lausanne. Edition numérique, novembre 2012.

ISBN 978-616-90781-8-0

Historiens, archéologues, philologues et littéraires, liés par la mission d’étudier les différentes manifestations du passé, qu’elles soient sociales, politiques, économiques, culturelles ou littéraires, recourent tous aux traces du passé : à des documents écrits, des témoins matériels ou iconographiques, désignés sous le terme commun de « sources ». Réfléchir sur la matérialité physique des sources, leur contexte d’élaboration et les problèmes que pose leur interprétation a constitué le cadre de réflexion d’un colloque de relève organisé les 29 et 30 avril 2010 à l’Université de Lausanne par la Formation doctorale interdisciplinaire (FDi) de la Faculté des lettres. Cette rencontre scientifique a pu être réalisée grâce à l’étroite collaboration de trois disciplines de la même Faculté, l’archéologie, le français médiéval et l’histoire médiévale. Fruit de ce colloque, les présents actes permettent de voir comment les spécialistes, les chercheurs et les doctorants utilisent les sources dans leurs recherches et surtout quel regard ils portent sur la notion même de « source ».

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FUCHS Michel E., MONIER Florence (dir.), Les enduits peints en Gaule romaine. Approches croisées, Actes du 23e séminaire de l’AFPMA, Paris, 13-14 novembre 2009, Revue Archéologique de l’Est, supplément 31, Dijon, S.A.E., 2012, 296 pages.

ISBN 978-2-915544-21-3

Pour souligner les trente ans de son existence, l’Association française pour la peinture murale antique (AFPMA) a réuni en 2009 les archéologues et les restaurateurs, spécialistes ou non, confrontés à la peinture murale romaine fragmentaire découverte en France et en Suisse. Le séminaire tenu à Paris, à l’École Normale Supérieure, a rencontré un écho tel que des actes viennent aujourd’hui rendre compte des travaux présentés. Se décline ainsi une riche variété de documents provenant d’Arnouville-lès-Gonesse, d’Augst, d’Avenches, de Bayeux, de Bordeaux, de Cahors, de Chartres, de Chassenon, de Damblain, d’Embourie, du canton de Fribourg, de Gellainville, de Marseille, de Martizay, de Nîmes, d’Oberbuchsiten, d’Oberweningen, de Périgueux, du Quiou, de Reims, de Ribemont-sur-Ancre, de Saint-Pierre-de-Nazac, de Saint-Romain-en-Gal, de Sanxay, de Schleinikon et du Vieil-Évreux. Anciennes ou nouvelles, les découvertes sont analysées, étudiées et restaurées, augmentant les bases de données en cours d’élaboration et invitant à s’interroger sur l’inventaire d’une aussi vaste collection, désormais indispensable à l’étude archéologique et historique d’un site.

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COLLECTIF, « La vie de château, XVII-XVIIIe s. », Monuments vaudois, 3/2012.

En cette année 2012, le XVIIIe siècle est particulièrement mis à l’honneur en Suisse romande, entre le grand chantier de la nouvelle exposition permanente du château de Prangins, les « automates et merveilles » de Neuchâtel, ou encore les différents cours proposés à l’Université de Lausanne ; les chercheurs – confirmés ou en formation – qui s’intéressent à cette période de l’histoire sont de plus en plus nombreux (en témoignent notamment les thèses et les mémoires en cours ou récemment achevés).

Cet intérêt pour le XVIIIe siècle et pour l’Ancien Régime en général se reflète dans les articles publiés dans le numéro actuel de Monuments vaudois, consacré plus spécialement à « la vie de château ». En parlant du château de Prangins : Helen Bieri Thomson – conservatrice du Musée national suisse / Prangins – nous invite à visiter les pièces principales du château à l’époque des barons Guiguer, et présente l’évolution de leur organisation et de leur décor ; Dave Lüthi piste les commandes mobilières de la famille de Gingins pour ses différentes demeures, notamment pour le château d’Orny ; Blaise Christen apporte quelques notes musicales à une histoire de l’art souvent définie par les arts visuels, en commentant un ensemble de partitions provenant du château de Denens ; enfin, Nathalie Desarzens et Gilles Prod’hom, en étudiant respectivement la maison Buttin-de-Loës à Grandvaux et les boiseries du grand salon de la maison de Meuron à la rue du Pommier à Neuchâtel, démontrent qu’il n’est point besoin de vivre dans un château pour en mener la vie.

Dans ce numéro de Monuments vaudois, l’accent est également mis sur l’importance du travail en archives. La majorité des contributions de cette année – qu’elles fassent partie du cahier thématique ou des articles libres – témoignent de la richesse parfois insoupçonnée des fonds conservés dans les archives cantonales et communales, fonds encore inédits et souvent même inexploités. La découverte de ces inventaires, livres de raison, partitions, bails, contrats de mariage ou testaments, offre des résultats enthousiasmants, qui nous rappellent que la recherche en archives est une facette primordiale, indispensable, du travail de l’historien et de l’historienne des monuments.

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LÜTHI Dave (dir.), Lausanne - Les écoles, Architecture de poche 1, Berne, Société d’histoire de l’art en Suisse, 2012, 256 pages.

Architecture de poche est une collection de petit format alliant approche thématique de l’architecture et découvertes sur le terrain. La première partie des ouvrages regroupe de courts articles analytiques, la seconde des propositions d’itinéraires architecturaux originaux.

Lausanne – Les écoles est le premier volume publié dans cette série. Les édifices scolaires des 19e et 20e siècles y sont présentés dans leur diversité et leur richesse, en lien avec l’évolution des théories pédagogiques. C’est une véritable petite histoire de l’architecture qui se dessine ici : du formalisme classique à la préfabrication, du rationalisme au régionalisme, 200 ans d’architecture au service des enfants… ou de leurs enseignants !

Cette publication est issue d’un séminaire mené à l’Université de Lausanne sous la direction du prof. Dave Lüthi et les textes sont pour la plupart signés par des étudiants de Master.

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GANGLOFF Anne (éd.), Lieux de mémoire en Orient grec à l'époque impériale, ECHO. Collection de l'Institut d'Archéologie et des Sciences de l'Antiquité de l'Université de Lausanne, n° 9, Bern/Berlin/Bruxelles/Frankfurt am Main/New York/Oxford/Wien, Peter Lang, 2013, 395 pages.

Issu d'un colloque international qui s'est tenu à Lausanne en avril 2011, cet ouvrage s'inscrit dans le champ des études culturelles sur la mémoire et les constructions identitaires. Il exploite la notion de « lieu de mémoire » d'abord au sens physique du terme, les Grecs et les Romains ayant porté une grande attention au pouvoir évocateur des lieux concrets. Sont examinés, dans l'Orient grec sous domination impériale, divers lieux - cités, sanctuaires, fleuves, tombeaux - considérés par leurs contemporains comme des marqueurs identitaires et des points d'ancrage pour la mémoire. Ces lieux ont suscité des visites, des commémorations, des conflits entre communautés ; certains ont été investis par le pouvoir romain qui a cherché à poser les marques de son hégémonie. Comment étaient-ils construits et par qui ? Comment ont-ils évolué dans le temps ? Comment identifier, à présent, les lieux de mémoire antiques ? Ce livre rassemble des études en français et en anglais d'historiens, de philologues, de spécialistes de l'archéologie et de l'iconographie qui ont analysé des lieux de mémoire.

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BOILLAT Alain, BOVIER François (dir.), « Le doublage », Décadrages. Cinéma, à travers champs, n° 23-24, printemps 2013, 180 pages.

Les articles de ce dossier examinent la question du doublage et du sous-titrage de cinéma dans une perspective historique (censure, technologie sonore, discours sur le cinéma) et théorique (rapport entre le corps et la voix), à travers des exemples issus de plusieurs pays (France, Espagne, Québec, Suisse) et périodes, des débuts du parlant aux jeux vidéo actuels. Les enjeux de la traduction sont pensés en des termes sociopolitique, et la postsynchronisation des voix est plus largement appréhendée comme une pratique de détournement et de réappropriation.

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MICHEL Christian, L’Académie royale de peinture et de sculpture (1648-1793). La naissance de l’Ecole Française, Ars Longa, Genève, Droz, 2012, 424 pages.

L'Académie royale de Peinture et de Sculpture a régi les arts en France pendant un siècle et demi. Or l'institution demeure largement méconnue et continue d’être présentée aujourd'hui encore en fonction des discours, élogieux ou critiques, qui ont été portés sur elle, tant durant son existence que depuis sa suppression.

Christian Michel fait son histoire et en retrace l'évolution à l'aune des rapports de pouvoir et des querelles de goût qui agitèrent la société française entre 1648 et 1793. Une histoire de l'Académie permet en effet d'apprécier la définition de l'art qu’elle mit en œuvre sous l'Ancien Régime. Sont successivement étudiés les conditions de sélection de ses membres, la façon dont elle construisit sa réflexion sur l'art et comment elle enseigna celui-ci, la fonction des Salons, l'élaboration des critères de fabrication pour qu'une pièce, d'objet manufacturé, pût être élevée au statut d'œuvre d’art, les effets économiques et sociaux qu'eut, pour les artistes, l'appartenance au corps et, enfin, la place que l'Académie tint dans le système des arts en France et en Europe.

Si l'histoire sociale et politique est interrogée par ce livre, son principal enjeu relève de l'histoire de l’art : il entend montrer comment la production artistique a été marquée par l'Académie.

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COLLECTIF, « Livres et lecteurs en terre vaudoise: une histoire à écrire », Revue historique vaudoise 120/2012, 527 pages.

A l'occasion de la parution de son 120e numéro, la Revue historique vaudoise consacre un dossier spécial à l’histoire du livre et de la lecture en Pays de Vaud sous le titre : « Livres et lecteurs en terre vaudoise : une histoire à écrire ». Entièrement en couleur et muni d’une riche iconographie, ce volume réunit les contributions de vingt chercheurs qui éclairent sous un jour nouveau le rapport des Vaudois avec le monde des livres du XVIe au XXe siècle.
 Au fil des pages de ce dossier, sont abordés des thèmes aussi différents que les imprimeries lausannoises au siècle des Lumières, l’aventure de l’Encyclopédie d’Yverdon, les bibliothèques publiques des villes et des campagnes vaudoises, les livres d’art ainsi que les destins contrastés d’artisans du livre. Ce numéro est aussi l’occasion de découvrir plusieurs aventures éditoriales et littéraires, à l’exemple de la collaboration entre l’artiste d’origine russe Théodore Stravinsky et Charles Ferdinand Ramuz ou la façon dont les peintres européens représentaient le Léman dans les récits de voyages à la fin du XVIIIe siècle. L’édition 2012 de la Revue historique vaudoise propose par ailleurs une correspondance inédite entre le marquis de Mirabeau, chef de file de l’école physiocratique française, et un membre de la noblesse vaudoise qui contribua grandement au rayonnement des travaux de Mirabeau en terre helvétique. Enfin, nous découvrirons quelles étaient les lectures du docteur Tissot, du futur tsar Alexandre Ier et de leur précepteur Frédéric-César de La Harpe, d’une adolescente à la Belle-Epoque ou encore les enjeux autour de l’apprentissage de la lecture chez les enfants des classes populaires à la fin de l’Ancien Régime. 
Placé sous la responsabilité scientifique de Silvio Corsini, directeur des collections précieuses de la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne, ce numéro renouvelle en profondeur nos connaissances sur l’histoire du livre et de la lecture en terre vaudoise.
 Ce volume s’adresse autant aux spécialistes de l’histoire de l’édition qu’aux amis des livres et du passé de notre canton.

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LÜTHI Dave, Le compas & le bistouri. Architectures de la médecine et du tourisme curatif : l’exemple vaudois (1760–1940), Série Bibliothèque d’histoire de la médecine et de la santé, Lausanne, Editions BHMS, 2012, 548 pages.

Les établissements médicaux vaudois construits entre 1760 et 1940 sont des témoins privilégiés de l’émergence de l’architecture rationnelle ainsi que de phénomènes historiques et sociaux tels que la médicalisation de la société et du territoire, l’essor du tourisme médical, le transfert des modèles et des technologies. L’étude des hôpitaux, des sanatoriums, des cliniques et des établissements de bains montre comment l’invention d’une « architecture à soigner » est le fait conjoint du médecin et de l’architecte, tous deux cherchant à faire de ces établissements des faire-valoir de leur pratique ainsi que des monuments à la gloire de la santé publique ou de la philanthropie.

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ROMANO Serena, CERUTTI Damien (a cura di), L’artista girovago. Forestieri, avventurieri, emigranti e missionari nell’arte del Trecento in Italia del Nord, collana I libri di Viella. Arte / Etudes lausannoises d'histoire de l'art 14, Roma, Viella, 2012, 352 pages.

 

ISBN 978-8-8833-4697-2

Gli artisti sono sempre girovaghi: si muovono in caccia di lavoro, richiamati da centri di potere, da committenti, da altri occasionali motivi. Quelli di cui si discute in questo convegno però non vanno in giro per caso: partono da luoghi prestigiosi per andare a esportare formule e stili status symbol in luoghi e presso cerchie che in questo modo riconoscono l’eccellenza di artisti forestieri e il primato di altri centri di cultura, e vogliono appropriarsene o condividerli, in omaggio al proprio stesso prestigio.

Costruito in ordine alla dimostrazione della tesi vasariana “principe”, il primato fiorentino nell’arte, questo schema di interpretazione trova nella figura di Giotto il suo più antico cardine, perché per il Vasari Giotto va a Milano a costruire una civiltà figurativa cui non è altrimenti accordata una fisionomia; per Vasari nulla sembra animare la civiltà di una corte come quella viscontea, che fu in realtà superiore a qualsiasi altra nell’Italia del Trecento e all’altezza di quelle francesi, inglesi, boeme.

Quello che è in gioco è il giudizio sull’intera arte cosiddetta lombarda, la questione delle sue complesse componenti, della sua secolare tradizione di fedeltà e interesse alla natura, della sua anima che sarebbe, secondo questo schema interpretativo, più “popolare” e immediata rispetto a quella aulica toscana e ai suoi nessi con l’Antico, quindi con l’intellettualità e la razionalità per eccellenza. Il punto cruciale, alla fine, è quello della percezione della differenza storica e sociale profonda della Lombardia e del Nord Italia rispetto alla Toscana e a Firenze, dall’età dei Comuni in avanti.

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CLIVAZ Claire, MEIZOZ Jérôme, VALLOTTON François, VERHEYDEN Joseph (éds), en collaboration avec BERTHO Benjamin, Lire demain. Des manuscrits antiques à l'ère digitale, Lausanne, Presses Polytechniques et universitaires romandes, 2012, 212 pages.

 

ISBN 978-2-88074-958-3

Des chercheurs de différents horizons réfléchissent à la transformation en cours des supports scientifiques et de leurs techniques de recherche. Plus généralement, ils envisagent les modes de lecture/écriture émergents, liés à l’évolution de l’internet et aux technologies de lecture digitale. Cet ouvrage propose un tour d’horizon de l’histoire de la lecture et des littératies, c’est- à-dire des diverses formes du «savoir-lire», ainsi qu’une large réflexion épistémologique sur les nouvelles formes de communication savante engendrées par la révolution de la dématérialisation de la lecture. Une version ebook propose une publication élargie, enrichie de différents liens multimédia, regroupant toutes les conférences du premier colloque lausannois sur les Humanités Digitales.

Le volume est également disponible sous un format eBook avec un contenu substantiellement augmenté (794 pages), des hyperliens et un renvoi aux vidéos des conférences.

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FACHARD Sylvian, La défense du territoire. Etude de la chôra érétrienne et de ses fortifications, ERETRIA XXI, Fouilles et recherches, publication de l'Ecole Suisse d'Archéologie en Grèce, Gollion, Infolio éditions, 2012, 358 pages.

 

ISBN 2-88474-406-5

Au-delà des murailles de la ville, la cité d'Érétrie englobait l'un des plus vastes territoires du monde grec. Espace agricole et économique essentiel à sa subsistance, l'«Érétriade» devait aussi être défendue. Les prospections ont permis de mieux saisir l'empreinte de l'homme dans le paysage antique et de localiser une trentaine de fortifications, principalement occupées entre les Ve et IIe siècles av. J.-C., à une époque où l'exploitation des terres connaît son apogée.
L'analyse de ces vestiges révèle que le maintien de la sécurité reposait essentiellement sur un réseau d'habitats fortifiés (dèmes et komai), dont certains pouvaient accueillir une garnison. Toujours placés à bonne distance de la ville et à intervalles plus ou moins réguliers au sein du territoire, ces sites fortifiés protégeaient les habitants et leurs biens, offraient des lieux sûrs pour entreposer les récoltes et abriter les animaux, tout en permettant aux populations des alentours d'y trouver refuge. Les fortifications rurales témoignent de l'insécurité et des violences auxquelles fut confrontée l'Érétriade au cours de sa longue histoire.
La carte archéologique du territoire d'Érétrie présentée ici rassemble tous les sites connus et s'enrichit du résultat de prospections et de fouilles récentes. Elle offre un état de la question sur le réseau routier, les frontières, la population et les ressources agricoles. Richement illustré, le catalogue des fortifications est accompagné de plans et de relevés inédits. Dépassant le cadre de la géographie historique, l'auteur appréhende la cité dans sa globalité et son évolution au cours du temps. Ses conclusions débordent des frontières de l'Érétriade et apportent un éclairage nouveau sur la défense des territoires dans la Grèce des cités.

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LUGON Olivier (dir.), Exposition et médias: photographie, cinéma et télévision, Lausanne, Editions L'Age d'Homme, 2012, 388 pages.

 

ISBN 978-2-8251-4230-1

Dès le XIXe siècle, deux grands canaux de mise à disposition visuelle des objets du monde se développent simultanément: l’exposition d’une part, les mass media de l’autre, avec l’essor successif de la photographie, de la presse illustrée, du cinéma, puis de la télévision et des supports électroniques.

Alors qu’on aurait pu imaginer que ces médias, par l’infinie disponibilité des images qu’ils offrent, rendent rapidement obsolète l’exposition, il n’en a rien été. Jusqu’à aujourd’hui, on n’a cessé de vouloir se déplacer pour se rapprocher physiquement et collectivement d’objets ou d’images dont la reproduction est aisément disponible par ailleurs. Mieux, les médias mêmes qui auraient pu supplanter l’exposition se sont retrouvés incorporés à elle, jusqu’à en constituer un élément essentiel. Leur présence s’y est révélée très diverse: envahissant les foires industrielles ou les Expositions universelles aussi bien que les musées d’art, ils ont pu y être exhibés autant comme merveilles technologiques, objets de contemplation que purs canaux d’information, oscillant ainsi en permanence entre deux statuts bien différents: celui de l’œuvre et celui de la vitrine, du tableau et de la cimaise – du «média servi» et du «média servant». Au moment où photographie, cinéma et vidéo sont désormais acceptés de plein droit dans le champ de l’art et semblent ne plus poser de questions quant à la nature complexe de leur mise en jeu, le présent volume revient sur la riche histoire de cette médiatisation des médias qu’a constitué l’exposition aux XIXe et XXe siècles. Il étudie les échanges fructueux autant que les tensions qu’a pu engendrer leur rencontre – entre exhibition des appareils et sacralisation des seules images, attraction de masse et muséification, force de l’événement singulier et objet reproductible, expérience collective et atomisation potentielle de la réception.

Illustré de quelque cent vingt images le plus souvent inédites, l’ouvrage réunit treize contributions de spécialistes de tous bords, historiens de l’art, de la photographie, du cinéma ou des médias, chercheurs universitaires ou responsables de musées. Interrogeant des objets si variés que le photomural, l’étalagisme appliqué aux appareils médiatiques, l’exhibition publique de la télévision ou la multiprojection, tous examinent le discours produit par les dispositifs de monstration de l’image technique.

Ils esquissent par là une histoire de l’exposition aux XIXe et XXe siècles qui non seulement révèle la richesse des modes de présentation développés pour chacun de ces médias, mais rappelle également la diversité des acteurs et réseaux impliqués, l’importance des déterminations économiques, techniques et idéologiques, et la porosité que le recours aux moyens de communication de masse n’a pas manqué d’encourager entre présentations artistiques et démonstrations commerciales ou techniques.

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TOMASI Michele, L'arte del Trecento in Europa, Piccola Biblioteca Einaudi Mappe Arte, Torino, Giulio Einaudi editore, 2012, 264 pages.

ISBN 978-8-80-620504-1

Il Trecento fu un secolo di notevoli cambiamenti nell'arte europea, molti dei quali destinati a un grande avvenire: se il ritratto inteso in senso moderno è in fase embrionale, un nuovo interesse per la natura prepara il terreno alla rappresentazione del paesaggio. La progettazione urbana acquista un'importanza fino ad allora sconosciuta, mentre si fa strada un concetto diverso del mestiere d'artista, da cui scaturirà la nostra idea di genio creatore. Nuovi committenti e acquirenti avanzano sulla scena, richiedendo la realizzazione tanto di oggetti originali quanto di temi inediti. Nuovi centri artistici s'impongono, come Avignone, Barcellona, Praga, Vienna.
Abbracciando in uno sguardo unitario buona parte del continente europeo, questo volume offre alcune chiavi di lettura per decifrare i capolavori di un'epoca di sfolgorante varietà, prestando particolare attenzione agli uomini e alle donne che hanno fabbricato, usato, osservato le opere d'arte. Artisti ancor oggi celebri, come Giotto o Giovanni Pisano, o straordinari maestri ormai anonimi, sovrani o suore, vescovi o mercanti vollero gli edifici, le sculture, i dipinti, ma anche gli oggetti preziosi - arazzi e ricami, avori e oreficerie - che ancora ci parlano dei loro bisogni, desideri, paure e convincimenti, continuando a suscitare la nostra ammirazione.

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ROMANO Serena, Il Duecento e la cultura gotica (1198-1280 ca.), Volume V del Corpus, La Pittura Medievale a Roma: 312-1431, Milano, Jaca Book, 2012.

 

ISBN 978-88-16-60375-2

La centralità di Roma, il suo ruolo fondamentale per gli svolgimenti della cultura di età gotica in Italia, la sua funzione di melting pot tra il nord Europa e il Mediterraneo, e infine il suo peso per la "rivoluzione del 1300" e per la formazione di Giotto: sono i temi che motivano la discussione sul Duecento romano, il secolo che ha visto più novità e scoperte durante il Novecento, e che continua in questi anni ad apparire come una sorta di inesauribile vaso di Pandora, la cui abbondanza speriamo di mostrare in questo volume.

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BURGUNDER Pascal (éd.), Etudes pontiques. Histoire, historiographie et sites archéologiques du bassin de la mer Noire, Etudes de lettres 2012/1-2, Lausanne, 2012, 366 pages.

 

ISBN 978-2-940331-27-7

L’espace qui s’offre aux Grecs lorsqu’ils franchissent le détroit du Bosphore est celui d’un continent maritime. Ils en explorent les rivages et dressent bientôt la carte d’une mer devenue familière : le Pont-Euxin. A notre tour d’en prospecter le littoral ! Au cours de l’automne 2009, l’Université de Lausanne accueillait en ses murs archéologues et historiens pour une série de conférences dédiées à cette région captivante du monde antique. Le présent volume réunit leurs contributions. On y traite de l’histoire du royaume du Bosphore Cimmérien, de questions d’historiographie touchant une aire géographique s’étendant du Pont-Euxin à l’Oxus, enfin de sites archéologiques du Pont occidental et septentrional.

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MÄUSLI Theo, STEIGMEIER Andreas et VALLOTTON François (dir.), La radio et la télévision en Suisse. Histoire de la Société suisse de radiodiffusion et télévision SSR de 1983 à 2011, Baden, hier + jetzt, Verlag für Kultur und Geschichte, 2012, 512 pages.

 

ISBN 978-3-03919-216-8

L'histoire de la SSR depuis la libéralisation du marché des médias en 1983: nouveaux programmes, nouveaux formats, nouvelles technologies. Le troisième volume de la trilogie sur la radio et la télévision en Suisse retrace l'évolution de la SSR ces trente dernières années. Confrontée à une concurrence domestique, la SSR doit ajuster son offre aux besoins du public. Les technologies numériques lui permettent d'enrichir et de diversifier ses programmes.
 

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TOMASI Michele, Le arche dei santi. Scultura, religione e politica nel Trecento veneto, Etudes lausannoises d'histoire de l'art 13, I libri di Viella. Arte, Roma, Viella, 2012, 344 pages. 

 

ISBN 9788883347252 

Un numero eccezionale di sepolcri monumentali in onore di santi e beati è stato costruito nel Trecento nelle regioni che affacciano sull’Adriatico settentrionale, tra Romagna, Veneto, Friuli, Istria e Dalmazia. Imponenti e vistose, preziose per l’impiego di marmi pregiati e la qualità delle loro sculture, queste opere testimoniano di un dinamismo spirituale e artistico che in questo campo non ha equivalenti in Italia, se non in Toscana.

Scritto da uno storico dell’arte, ma pensato più largamente per chi s’interessa alla storia, il volume propone per la prima volta un’analisi globale di queste creazioni, attenta non solo alle forme e all’iconografia, ma anche alle funzioni, ai contesti fisici e mentali, alle intenzioni dei committenti, alle vicissitudini secolari.

Luogo privilegiato del contatto con il corpo del santo e con la sua virtus taumaturgica, questi monumenti ebbero un’importanza cruciale per i loro contemporanei. Gestirne la produzione, definirne l’aspetto, la collocazione e quindi l’accessibilità, significava controllare l’accesso al santo e orientarne la percezione, e detenere dunque la possibilità di esercitare una forma particolarmente forte e complessa di dominazione simbolica. In questo senso, i sepolcri dei santi costituiscono un osservatorio di prim’ordine per osservare in azione, con i loro interessi variegati, ora convergenti, ora conflittuali, i diversi attori – membri del clero secolare o regolare, autorità politiche, comunità urbane – che hanno scritto la storia politica, religiosa e culturale del Trecento veneto.

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TOMASI Michele (dir.), L’art multiplié. Production de masse, en série, pour le marché dans les arts entre Moyen Age et Renaissance, I libri di Viella. Arte, Roma, Viella, 2011, 130 pages.

 

ISBN 978-8-88334-633-0

Longtemps les œuvres d’art du Moyen Âge ont été placées sous le signe de l’anonymat, jusqu’à ce que, ces dernières décennies, cette perception ait été balayée par une vague de recherches qui ont rendu aux acteurs de la création artistique médiévale, artistes ou commanditaires, leur individualité. On a moins considéré les œuvres qui sont le fruit d’une production structurée afin de proposer à une masse essentiellement anonyme d’acheteurs des objets relativement standardisés. Les productions de ce type sont pourtant susceptibles de nous renseigner sur l’économie des biens de luxe tout aussi bien que sur la mentalité des larges pans de la société auxquels elles étaient destinées.

Les contributions ici réunies se proposent d’éclairer ce domaine crucial quoique méconnu. Du Xe au XVIe siècle, de l’Angleterre, aux Flandres, au Midi de la France, de la peinture à la broderie ou à l’illustration du livre en passant par les tissus, l’orfèvrerie et la sculpture, les textes embrassent des domaines très divers, en s’interrogeant sur les matériaux utilisés et sur les modalités d’approvisionnement, sur les processus de production et sur l’organisation du travail, sur les choix typologiques et iconographiques, sur les stratégies de commercialisation. Ils offrent ainsi une approche unitaire et variée à un phénomène essentiel de l’art entre Moyen Âge et première Renaissance.

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FOLETTI Ivan, Da Bisanzio alla Santa Russia. Nikodim Kondakov (1844-1925) e la nascita della storia dell’arte in Russia, I libri di Viella. Arte, Roma, Viella, 2011, 288 pages.

 

ISBN 978-8-88334-643-9

Questo libro è una vera avventura biografica: traccia la storia della vita e dell’opera di Nikodim Kondakov, pioniere degli studi tardo antichi e bizantini nell’Europa orientale prima e dopo la Rivoluzione russa; ne segue le vicende complesse e drammatiche, dalle origini modeste agli studi, alla fondazione geniale di un intero e innovatore campo di studi: la pionieristica e precocissima storia dell’arte in Russia; alla carriera, luminosa e fortunatissima, e poi ai traumi della rivoluzione, alla vita raminga, alla precarietà e alla dipendenza dai committenti.

Attraverso e nonostante queste fasi drammatiche, che sono fasi della storia, e fasi della vita dello studioso, gli studi di Kondakov disegnano una vasta geografia della cultura tardoantica e medievale tra il Mediterraneo e gli Urali; toccano orizzonti lontani, da cui si intravedono le migrazioni dei popoli asiatici e la nascita composita dell’Europa medievale con i suoi valori cristiani; percorrono i tragitti della storia servendosi delle tracce visive lasciate dal passato, dagli oggetti, e dai monumenti. Ricostruire le vicende biografiche ed esistenziali di Nikodim Kondakov è un complemento indispensabile alla comprensione di una fase critica fondatrice della storia dell’arte e anche, più in generale, della storia della Russia e dei paesi che lo studioso attraversò nella sua lunga e tormentata vita.

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HEGER-ÉTIENVRE Marie-Jeanne et POISSON Guillaume, Entre attraction et rejet : deux siècles de contacts franco-suisses (XVIIIe-XIXe s.), Paris, Michel Houdiard éditeur, 2011, 168 pages

 

ISBN 978-2-35692-068-3

La Confédération suisse reste un pays mal connu des Français, alors même que la France entretient avec lui, depuis le XVIe s., des liens politiques, économiques et culturels étroits. Partant du constat que cette méconnaissance allait de pair chez les Français avec l’existence de sentiments contradictoires envers les Confédérés et que ceux-ci, de leur côté, nourrissaient pour leurs voisins d’outre-Jura des sentiments analogues, les initiateurs du colloque franco-suisse tenu à l’Université du Maine en octobre 2009 se proposèrent de remonter le cours de l’histoire, d’où l’intitulé de cette rencontre, Entre attraction et rejet : deux siècles de contacts franco-suisses (XVIIIe-XIXe s.). A l’intérieur du cadre chronologique retenu, neuf contributions décrivent les manifestations croisées de ce mélange de fascination et de répulsion, caractéristique des relations franco-suisses, et tentent d’en analyser les ressorts. Trois thématiques retiennent successivement l’attention: l’histoire politique et diplomatique entre Révolution helvétique et Restauration, le voyage en Suisse, le choc des caractères nationaux. Emanant d’historiens et de spécialistes de littérature venus, à parts égales, d’universités suisses et d’universités françaises, les textes réunis ici associent regard extérieur et perception endogène.

Marie-Jeanne Heger-Etienvre, professeur émérite à l’Université du Maine, consacre ses recherches à l’histoire intellectuelle et culturelle de la Suisse (XVIIIe-XXe s.).

Guillaume Poisson, bibliothécaire-documentaliste scientifique à l’Institut Benjamin Constant (Lausanne) et assistant à la section d’histoire de l’Université de Lausanne, prépare une thèse de doctorat en histoire moderne aux universités de Lausanne et du Maine.

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COLLECTIF, Faire parler les murs: papiers peints in situ. Actes du colloque de Prangins 18-20 novembre 2010, Revue suisse d'art et d'archéologie 2011/2-3, Zurich, 2011.

 

A l’occasion de l’exposition Papiers peints, poésie des murs - les collections du Musée national suisse (2010-2011), le Château de Prangins a organisé un colloque en collaboration avec la section d’histoire de l’art de l’Université de Lausanne. Cette rencontre avait pour but de réfléchir aux enjeux de l’étude et de la conservation des papiers peints in situ. En effet, grâce aux travaux des historiens, des historiens de l’art et des restaurateurs, la connaissance de l’histoire du papier peint a fait, depuis une quarantaine d’années, de grands progrès. Après s’être longtemps concentré sur la seule approche stylistique, on s’intéresse désormais à toutes les étapes de la conception, de la réalisation et de la commercialisation du papier peint. Autrement dit, on tend à replacer l’objet dans son contexte.

Comment faire «parler» de façon pertinente ces ensembles? Que nous apprend l’étude des papiers peints in situ? Quelles sont les difficultés auxquelles se heurtent les chercheurs, conservateurs des monuments historiques et restaurateurs confrontés au papier peint sur le mur? Autant de questions abordées lors du colloque et dont rendent compte les actes publiés dans la Revue suisse d'art et d'archéologie (2011/2-3).

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ALBERA François et TORTAJADA Maria (dir.), Ciné-dispositifs. Spectacles – cinéma – télévision – littérature, Lausanne/Paris, Editions L'Age d'Homme, 2011, 384 pages

ISBN 978-2-8251-4187-8

Ciné-dispositifs. Spectacles – cinéma – télévision – littérature entreprend de «faire le point» sur la question des dispositifs de vision et d’audition: de l’émergence de la notion dans le champ des études cinématographiques (à la fin des années 1960) à l’usage plus restreint, plus technique et descriptif qui lui a succédé et à celui, à l’inverse, d’une tout autre ampleur qu’a élaboré, parallèle­ment, Michel Foucault à partir de Surveiller et punir, comme à son «déplace­ment», enfin, en littérature, dans l’art (l’installation en particulier).

Mais Ciné-dispositifs entend aussi confronter des approches et surtout des perspectives dans le contexte de la généralisation des nouvelles technologies, de l’ère numérique et de l’apparition de nouvelles approches théoriques de ces phénomènes, de nouveaux modèles de connaissance généralement situées dans le champ des médias. En 1972 «le dispositif» était lié à un modèle de cinéma et de film correspondant à l’âge «classique» du médium. Les théoriciens du «dis­positif» entendaient déconstruire l’effet-cinéma en s’intéressant au spectateur, à la place qui lui est assignée, au rapport projectif qui est le sien avec l’écran. Cependant les études historiques sur le cinéma des vingt premières années ont fait apparaître un autre modèle de cinéma et de film qui a rendu attentif à une diversité des modalités spectatorielles. Le contexte des nouvelles technologies a encore déplacé les frontières et les espaces du «cinéma». La séquence (non achevée) des recherches sur le «cinéma des premiers temps» a sans aucun doute préparé les chercheurs à appréhender la situation présente, car, cela a été dit plus d’une fois, elle offre plus d’un trait en commun avec celle des débuts du cinéma (hétérogénéité, intermédialité, attractionnisme, caractère «non fini», variabilité dans la réception, etc.). Mais les processus de remédiation, les transferts technologiques ou de modélisation d’un média à l’autre, les nou­veaux partages et les différentes inclusions réciproques dessinent une nouvelle cartographie à laquelle doit se mesurer l’approche «en dispositifs»: loin de la rendre caduque, elle lui assigne de se complexifier à son tour et d’élaborer ses analyses et ses méthodes.

Venus des Etats-Unis, du Québec, des Pays-Bas, de France et de Suisse au gré d’un colloque et de conférences organisées à l’Université de Lau­sanne entre 2008 et 2011, les contributeurs de Ciné-dispositifs proposent ici une programmatique des dispositifs, une réflexion sur leur problématique et des investigations historiques, des études concrètes.

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COLLECTIF, Autour d’Elephant de Gus Van Sant, Décadrages. Cinéma à travers champs 19 - automne 2011, Lausanne, 2011, 144 pages

 

Le dossier de ce numéro est dédié à un seul film, Elephant, réalisé en 2003 par le cinéaste américain Gus Van Sant dont le dernier opus, Restless, sort en salles ces temps-ci. Elephant est abordé sous toutes ses coutures: dans sa structure narrative, son agencement de points de vue, ses partis pris esthétiques, sa bande-son, les représentations genrées qu’il véhicule et, plus généralement, dans les diverses traditions culturelles qu’il convoque. Il est par ailleurs mis en lien avec d’autres films (Bowling for Colombine, Orange mécanique, Elephant d’Alan Clarke, d’autres œuvres de Van Sant, …) et «cartographié» – car la question de l’espace y est centrale – dans le contexte médiatique contemporain, en particulier à travers ses emprunts aux jeux vidéo. Les différentes études de ce dossier, multipliant les approches comme Van Sant varie les regards, permettent de montrer la richesse de ce film et son intérêt par rapport aux discours d’aujourd’hui sur le cinéma, à l’ère des «nouveaux médias».

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COLLECTIF, Jésus en représentations. De la Belle Epoque à la postmodernité, sous la direction d'Alain Boillat, Jean Kaempfer et Philippe Kaenel, édité par Nathalie Dietschy avec la collaboration de Pierre Gisel et Valentine Robert, Gollion, Infolio, 2011, 456 pages.

 

ISBN 978-2-88474-497-3

Jésus en représentations réunit des auteurs appartenant à divers domaines: littérature, histoire de l’art, cinéma, photographie, théologie, etc. Au XXe siècle, la figure du Christ est au centre de débats idéologiques et culturels particulièrement intenses. Figure héroïque ou de dérision, magnifiée ou défigurée, elle intéresse des personnalités aussi diverses que le cinéaste Griffith, les peintres Redon ou Rainer, des écrivains comme Malraux, des photographes tel Day ou Ohlson, des auteurs de bande dessinée comme Bidot.

Sous la direction de Alain Boillat, Jean Kaempfer et Philippe Kaenel, respectivement professeurs d’histoire et esthétique du cinéma, de littérature française et d’histoire de l’art à Université de Lausanne.

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GANGLOFF Anne (dir.), Médiateurs culturels et politiques dans l'Empire romain. Voyages, conflits, identités, coll. de l'archéologie à l'histoire, Paris, De Boccard, 2011, 198 pages.

 

978-2-7018-0295-4

La notion de «médiateurs» est moderne, mais elle apparaît néanmoins comme un objet et un outil de recherche intéressants pour d'autres périodes que la nôtre, car un «médiateur» est plus qu'un lien ou un intermédiaire passif. Par sa position médiane, le médiateur exerce une action susceptible d'opérer des échanges entre plusieurs cultures, ou bien de construire un dialogue entre plusieurs groupes sociaux ou politiques et, le cas échéant, d'éviter un conflit. Nous avons ainsi souhaité appliquer cette notion au cadre de l'Empire romain, caractérisé par la diversité identitaire. Quelles étaient les figures de médiateurs culturels et politiques au sein de cet Empire? Pour quelles raisons certains voyageurs, intellectuels, athlètes et artistes, administrateurs, marchands etc., ont-ils été conduits à endosser ce rôle, consciemment ou inconsciemment? Quels étaient leurs rapports avec le pouvoir romain et leurs marges de manœuvre à l'égard des institutions? Quelle était l'efficacité de leur action? Pour répondre à ces questions et pour éprouver la pertinence de cette notion de «médiateurs», cet ouvrage réunit une série d'études portant sur différents types de médiateurs: «passeurs de culture», relais du pouvoir politique, acteurs de la régulation sociale et politique, que l'on peut trouver à l'œuvre dans l'Empire de Rome, entre le IIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère. Ils sont analysés à partir de sources littéraires et épigraphiques.

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VERDAN Samuel, THEURILLAT Thierry and KENZELMANN PFYFFER Anne (eds), Early Iron Age Pottery: A Quantitative Approach. Proceedings of the International Round Table organized by the Swiss School of Archaeology in Greece (Athens, November 28-30, 2008), BAR S2254 2011, Oxford, 172 pages, illustrated throughout in black and white.

 

ISBN 9781407308210

Quantitative approaches in ceramology are gaining ground in excavation reports, archaeological publications and thematic studies. Hence, a wide variety of methods are being used depending on the researchers' theoretical premise, the type of material which is examined, the context of discovery and the questions that are addressed. The round table that took place in Athens on November 2008 was intended to offer the participants the opportunity to present a selection of case studies on the basis of which methodological approaches were discussed. The aim was to define a set of guidelines for quantification that would prove to be of use to all researchers.

Contents
Samuel Verdan, Introduction

Catherine Morgan, Isthmia and beyond. How can quantification help the analysis of EIA sanctuary deposits?

Michael Kerschner, Approaching aspects of cult practice and ethnicity in Early Iron Age Ephesos using quantitative analysis of a Protogeometric deposit from the Artemision

Ivonne Kaiser, Laura-Concetta Rizzotto and Sara Strack, Development of a ceramic cultic assemblage: Analyzing pottery from Late Helladic IIIC through Late Geometric Kalapodi

Sara Strack, 'Erfahrungsbericht' of application of different quantitative methods at Kalapodi

Birgitta Eder, The Early Iron Age sanctuary at Olympia: counting sherds from the Pelopion excavations (1987-1996)

Jean-Marc Luce, L'aire du pilier des Rhodiens à Delphes: Essai de quantification du mobilier

David A. Mitchell and Irene S. Lemos, A new approach in ceramic statistical analyses: Pit 13 on Xeropolis at Lefkandi

Vicky Vlachou, Households and workshops at Early Iron Age Oropos: A quantitative approach of the fine, wheel-made pottery

Stefanos Gimatzidis, Counting sherds at Sindos: Pottery consumption and construction of identities in the Iron Age

Jean-Sébastien Gros, Analyse quantitative du mobilier céramique des fouilles de Xombourgo à Ténos et le cas des supports de cuisson

Emanuela Santaniello, Defining a typology of pottery from Gortyn: The material from a pottery workshop pit

Antonis Kotsonas, Quantification of ceramics from Early Iron Age tombs

Xenia Charalambidou, Quantitative analysis of the pottery from the Early Iron Age necropolis of Tsikalario on Naxos

Vladimir Stissi, Finding the Early Iron Age in field survey: Two case studies from Boeotia and Magnesia

Samuel Verdan, Pottery quantification: Some guidelines

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COLLECTIF, Monuments vaudois N° 2, "Décors 1900", Lausanne, 2011.

 

 

Monuments vaudois fête déjà sa première année d’existence et son deuxième numéro! Le succès rencontré par la création de cette revue consacrée au patrimoine cantonal a encouragé et renforcé le comité dans sa volonté de diffusion large des connaissances.

Cette année, autour du thème des Décors 1900 notamment, des études historiques commandées par l’édilité sont à l’honneur, le comité cherchant à saluer l’implication indispensable des pouvoirs publics dans la documentation des édifices devant être restaurés; en outre, grâce aux patientes recherches de Catherine Schmutz, Julian James et Tamara Robbiani réalisées dans le cadre de mandats, deux peintres-décorateurs majeurs du début du XXe siècle, Otto Haberer et Marcel Chollet, sont enfin mieux connus. Le versant académique est présent via les deux contributions de Chloé Morend et de David Ripoll, présentées lors du colloque traitant d’architecture scolaire, organisé à l’Université de Lausanne en mars 2011. Wally De Marco livre quant à elle la part méthodologique de son mémoire de licence consacré à la ferronnerie lausannoise autour de 1900, alors que Karina Queijo fait part des premiers résultats des recherches liées à sa thèse de doctorat en cours... La science en pleine ébullition! Nous sommes aussi très heureux d’accueillir l’étude historique réalisée par Patricia Brand à partir d’une channe conservée au Musée d’Yverdon et région, ainsi que les articles sur l’actualité du patrimoine vaudois dus cette année à Monique Fontannaz, Fabienne Hoffmann, Martine Jaquet, Philippe Jaton, Anna Pedrucci, Alain Jouvenat-Muller et France Terrier. Les regards croisés de ces historiennes des monuments, archéologues et directrice-conservatrice de musée ne manqueront pas de mettre en relief des objets jusque-là discrets de notre patrimoine, et de faire connaître les mesures prises pour leur sauvegarde et/ou pour leur présentation au public.

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FRANZÉ Barbara, La pierre et l'image. L'église de Saint-Chef-en-Dauphiné, Paris, Editions A&J Picard, 2011, 278 pages.

 

ISBN 978-2708408777

L'église de Saint-Chef en Dauphiné est bien connue du public et des historiens de l'art pour les peintures murales romanes qui ornent plusieurs de ses chapelles, notamment la célèbre chapelle des «Anges», perchée à l'étage supérieur du transept nord: là apparaît toute une iconographie céleste centrée autour du Christ sauveur, de la Jérusalem eschatologique, de l'assemblée angélique et des saints. Pourtant, malgré son importance, l'église dauphinoise restait l'objet d'interprétations nombreuses et parfois contradictoires, tant du point de vue de la chronologie de sa construction que de celui de la signification des peintures. En proposant de nouvelles clés de lecture, cette monographie vise à résoudre les mystères d'un monument central du patrimoine médiéval français.

Barbara Franzé, docteur en histoire de l'art, enseigne à l'université de Lausanne. Ses recherches portent sur l'art roman français avec une attention particulière pour les peintures murales. En étudiant de manière systématique les monuments représentatifs de la période, l'auteur contribue à une meilleure compréhension d'un domaine parfois laissé en friche par la recherche. L'art de la Réforme et les relations entre l'image et le texte sont deux autres champs d'études privilégiés par l'auteur.

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COLLECTIF, La professionnalisation des métiers du patrimoine, RéseauPatrimoineS, Documents No 12, mai 2011, 72 pages.

Sommaire

Préface, par Anne Bielman

Approches transversales

Professionnalisation et patrimonialisation: deux phénomènes consécutifs, par Dave Lüthi
Histoire, archives, musées: des carrières féminines sous contrôle, par Corinne Dallera
Le public, les spécialistes, les médias: au service de quels patrimoines? par Leïla el-Wakil

Etudes de cas

Les collections géologiques du canton de Vaud, une longue histoire patrimoniale, par Gilles Borel
Les sciences de l’information documentaire: une formation professionnelle récente en pleine évolution, par Gilbert Coutaz
Les professions muséales aujourd'hui, par Marie Claude Morand
Parler de la même chose, si ce n’est de la même voix: spécialisation et polémique, par Christophe Amsler
L’historien-ne des monuments et l’archéologue du patrimoine bâti: bénévolat, métier, profession…, par Paul Bissegger
Moi vouloir être archéologue, par Michel E. Fuchs
Comment se former aux métiers des archives cinématographiques? par Caroline Fournier

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PIBIRI Eva, En voyage pour Monseigneur. Ambassadeurs, officiers et messagers à la cour de Savoie (XIVe-XVe siècles), Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, Quatrième série, tome XI, Lausanne, 2011, 677 pages.

ISBN 978-2-940066-10-0 

Du commandement de mon très redouté seigneur pour aller en ambassade. C'est en ces termes que les émissaires du duc de Savoie Amédée VIII (1391-1440) s'adressaient à leur prince lorsqu'ils étaient envoyés en mission: la charge d'ambassadeur résident n'existant pas encore, chaque négociation impliquait en effet un voyage.

Des simples messagers jusqu'aux ambassadeurs, cet ouvrage propose pour la première fois une histoire de ces hommes qui servaient leur maître en parcourant l'Europe, dans un rayon d'action s'étendant du Portugal à l'Ecosse et de la Hongrie à l'Egypte. Il offre une vision globale de leurs missions, en évoquant tant la préparation du voyage que les moyens de transport employés, les itinéraires suivis, les périls affrontés, les problèmes de logement et d'argent, voire même les curiosités «touristiques».

Négligés par les historiens - qui se sont focalisés sur la figure d'Amédée VIII et ses capacités de fin diplomate, notamment à l'occasion de sa médiation auprès des divers protagonistes de la guerre de Cent Ans - ces officiers voyageurs constituent un rouage fondamental de la politique internationale savoyarde.

Basé principalement sur l'exceptionnelle série de comptes déposée aux Archives d'Etat de Turin, ce livre démontre également comment Amédée VIII a organisé les voyages de ses officiers au niveau législatif, administratif, financier et pratique, afin d'en faire un instrument de pouvoir et de gouvernement aussi maîtrisé que performant.

Dépassant le cadre savoyard, cette étude replace le principat d'Amédée VIII et celui de son fils Louis (1440-1465) dans un contexte européen, en comparant leurs pratiques avec celles en vigueur dans les cours française, bourguignonne, anglaise et milanaise.

Eva Pibiri a fait ses études à l’Université de Lausanne, où elle est actuellement maître d’enseignement et de recherche en histoire médiévale. Ses travaux sont centrés sur l’histoire de l’éducation dans les pays romands au Moyen Age et sur la cour de Savoie aux XIVe et XVe siècles.

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DAUCOURT, Philippe (éd.), JACOT, Nicolas, LÜTHI, Dave, MAILLARD, Nadja, Maurice Vallat. Un architecte dans le Jura 1860-1910, Neuchâtel, Delibreo Editions, 2010, 128 pages.

 

ISBN 978-2-940398-13-3

Bien connu des spécialistes par les édifices remarquables qu’il laisse à Porrentruy et à Belfort notamment, l’architecte Maurice Vallat (1860-1910) compte parmi les constructeurs les plus importants de son temps dans le Jura. Diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, lié aux milieux bourgeois, patronaux et catholiques, il entame une carrière brillante, bien que courte, au service des élites de son pays natal.
On lui doit notamment des villas bourgeoises à Porrentruy et à Boncourt (Viatte, Pfister, Burrus), l’église de Bressaucourt, l’usine Condor à Courfaivre, l’Institut Bethlehem à Immensee, dans le canton de Schwytz, et le Grand-Hôtel du Tonneau d’Or à Belfort. L’œuvre de Vallat vaut par sa diversité et, surtout, par sa qualité. Habile praticien, il manie avec brio tant les matériaux que les styles architecturaux, avec une prédilection marquée pour l’éclectisme pittoresque, alors très en vogue en France. Vallat laisse une œuvre remarquable, à mi-chemin entre académisme et rationalisme, entre régionalisme et Art Nouveau. Grâce au présent ouvrage, elle est enfin présentée dans son ensemble et contextualisée, un siècle après la disparition de l’architecte.

Philippe Daucourt est urbaniste et architecte, et historien de ces deux disciplines (docteur ès sciences de l’EPFL).
Nicolas Jacot, né en 1981 à La Chaux-de-Fonds, est licencié en histoire de l’art à l’Université de Lausanne, ville dans laquelle il vit actuellement.
Dave Lüthi est professeur assistant en Histoire de l’architecture et du patrimoine à l’Université de Lausanne.
Nadja Maillard, docteure ès sciences de l’EPFL en histoire de l’architecture, adopte dans ses travaux une approche qui associe les méthodes développées par l’histoire et l’anthropologie.

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Les périodiques illustrés (1890-1940). Ecrivains, artistes, photographes, sous la direction de Philippe Kaenel, Gollion, Infolio éditions, 2011, 272 pages.

 

ISBN 978-2-88474-498-0

Les relations entre écrivains, journalistes, dessinateurs, illustrateurs ou photographes sont parfois complices, souvent conflictuelles. Elles se présentent de manière exemplaire à l’âge d’or des périodiques illustrés et des magazines (1880-1940). Les auteurs de ce volume sont des spécialistes issus des études littéraires (Évanghélia Stead, Hélène Védrine), de l’histoire de l’art (Luce Abélès, Laurence Danguy, Philippe Kaenel), de l’histoire (Laurent Bihl, Joëlle Beurier) ou de la sociologie (Gianni Haver). Autour des textes et surtout des images, ils jettent un éclairage neuf sur les dessinateurs de Montmartre, les journaux satiriques allemands, le monde des revues symbolistes et «décadentes», le rôle des photographes durant la Grande Guerre et leurs postures face à l’événement, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Philippe Kaenel est professeur d’histoire de l’art contemporain à l’Université de Lausanne. Il a édité de nombreux ouvrages sur l’affiche, la critique d’art, la caricature, l’imagerie politique, la photographie et les relations entre médias, entre autres : Le métier d’illustrateur 1830-1880 (2004), Bédé, ciné, pub et art (2006), Les images en guerre (2007) ou Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923). L’œil de la rue, en 2008.

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OSTORERO Martine, Le diable au sabbat. Littérature démonologique et sorcellerie (1440-1460), Micrologus’ Library 38, Tavarnuzze, SISMEL - Edizioni del Galluzzo, 2011, 806 pages.

 

ISBN 978-88-8450-402-9

Au moment où débutent les chasses aux sorcières, dans la première moitié du XVe siècle, des écrits de différente nature décrivent les méfaits des sectes de sorciers et tentent d’expliquer la possibilité et la réalité de leurs actes afin de donner aux tribunaux d’inquisition ou aux justices séculières un cadre d’action acceptable. Les traités de démonologie, qui prennent leur essor au même moment, ne proposent pas seulement une réflexion sur la nouvelle croyance au sabbat des sorcières, mais ils s’efforcent aussi de rassembler tout le savoir relatif au diable et aux démons et à leur pouvoir d’action sur le monde et sur les êtres humains. Ils examinent les relations possibles entre les démons et les hommes dans le cadre de la sorcellerie, de la magie ou de la possession, tout en indiquant les moyens de se protéger des attaques démoniaques.

Les démonologues, experts dans la «science des démons», cherchent à insérer la croyance au sabbat dans le cadre traditionnel de la démonologie chrétienne, qu’ils contribuent à redéfinir. Leurs écrits, qui sont à la fois des synthèses et des œuvres de rupture, sont le produit d’une méthode intellectuelle pensée comme scientifique et rationnelle.

La présente étude est basée sur l’analyse thématique de plusieurs traités de démonologie inédits, parmi lesquels le Tractatus contra invocatores demonum, du théologien dominicain Jean Vinet (c. 1450), le Flagellum hereticorum fascinariorum de l’inquisiteur dominicain Nicolas Jacquier (1458), ainsi que le Flagellum maleficorum de Pierre Mamoris, professeur de théologie à Poitiers (avant 1462). Ces textes anticipent d’une trentaine d’années le contenu du fameux Marteau des sorcières (1486), considéré souvent à tort comme le premier traité du genre.

Martine Ostorero est docteur en histoire et enseignante à l’université de Lausanne (Suisse). Le présent ouvrage est issu de sa thèse de doctorat soutenue en 2008 à la Faculté des lettres de l’université de Lausanne.

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La diplomatie par le livre. Réseaux et circulation internationale de l'imprimé de 1880 à nos jours, sous la direction de Claude Hauser, Thomas Loué, Jean-Yves Mollier et François Vallotton, Paris, Nouveau Monde Editions, 2011, 486 pages.

 

ISBN 978-2-84736-541-2

Depuis les années 1870 et l’apparition d’une authentique diplomatie culturelle dans le monde, le livre constitue l’un des vecteurs privilégiés pour affirmer le prestige national ou exercer une influence sur l’opinion de pays tiers. Relais de la politique extérieure de certains États, outil de propagandes particulièrement élaborées, il est utilisé comme instrument des échanges internationaux et, plus largement, comme vecteur d’acculturation.

Comment les appareils de diplomatie culturelle sont-ils apparus? Peut-on dégager certaines spécificités nationales quant à leur nature et à leur organisation? Quels sont les acteurs mais aussi les instruments de ces échanges? Et quelle place y occupe plus spécifiquement le livre, qu’il s’agisse de campagnes de distribution de volumes, de soutien à certaines entreprises éditoriales, ou encore de la mise en œuvre de politiques de promotion de la langue ou de mise en valeur de certains pans du patrimoine littéraire national? Si la paix n’est que la continuation de la guerre par d’autres moyens (Clausewitz), l’imprimé n’a-t-il pas été, avant Internet, le moyen le plus sophistiqué pour assurer la suprématie culturelle des États les plus dominateurs?

Telles sont quelques-unes des principales questions abordées dans cet ouvrage collectif qui, par ses objectifs, se situe à la croisée de l’histoire des relations internationales et de l’histoire du livre et de l’édition.

Claude Hauser est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse). Il s’est spécialisé dans le domaine de l’histoire politique et culturelle suisse et dans celui des relations culturelles internationales.

Thomas Loué est maître de conférences à l’université de Strasbourg. Spécialiste de l’histoire intellectuelle, des intellectuels et des revues, il travaille actuellement à une biographie de Ferdinand Brunetière.

Jean-Yves Mollier est professeur d’histoire contemporaine, directeur de l’École doctorale «Cultures, Régulations, Institutions, Territoires» à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et auteur de très nombreux ouvrages sur l’histoire du livre, de l’édition et de la lecture aux XIXe et XXe siècles.

François Vallotton est professeur d’histoire contemporaine et directeur du Centre des sciences historiques de la culture à l’université de Lausanne. Ses champs de recherche sont l’histoire des médias ainsi que l’histoire culturelle et intellectuelle de la Suisse.

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