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Volume 28 No 1

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Figures du féminin dans les industries culturelles contemporaines

Volume 28 No 1 2009

Coordination

Fabienne Malbois, Silvia Ricci Lempen, Valérie Cossy, Lorena Parini

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Sommaire

Edito

Valérie Cossy, Fabienne Malbois, Lorena Parini, Silvia Ricci Lempen

 

 

Edito.pdf  (130 Ko)

Grand angle

Angela McRobbie : L'ère des top girls : les jeunes femmes et le nouveau contrat sexuel

Maxime Cervulle : Quentin Tarantino et le (post)féminisme. Politiques du genre dans Boulevard de la mort

Malin Isaksson : Quand les internautes rencontrent Buffy : la fan fiction sur l'amour entre femmes

Nathalie Morello : Mum lit, version française : faut-il en rire ou en pleurer?

 

Champ libre

Sylvain Ferez, Agnes Elling et Philippe Liotard : Sport homosexuel et mouvement social : la mise en scène du corps gay et lesbien

 

Parcours

Hélène Fleckinger : Une revolution du regard. Entretien avec Carole Roussopoulos, réalisatrice féministe

 

Comptes rendus

Lucienne Gillioz. Patrizia Romito : Une silence de mortes. La violence masculine occultée

Sylvie Burgnard. Véronique Mottier : Sexuality : A Very Short Introduction

Lorena Parini. Elsa Dorlin : Sexe, genre et sexualités. Introduction à la théorie féministe

Jelena Ristic. Cahiers du genre : Genre, féminisme et valeur de l'art

 

Collectifs

Agnieszka Dudrak : Anti-Violence Network of Georgia  (AVNG) : lutter en réseau contre la violence domestique

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Résumés / Abstracts

Angela McRobbie. L’ère des top girls: les jeunes femmes et le nouveau
contrat sexuel

Les jeunes femmes, principalement en Occident, sont aujourd’hui invitées à
prendre part à un nouveau contrat sexuel. Il s’agit en fait d’une incitation
à s’affirmer, à faire bon usage de l’opportunité d’occuper un emploi, de
contrôler sa fertilité, ainsi que de gagner suffisamment d’argent pour être
en mesure de participer à la culture de la consommation, une participation
qui tend à devenir un trait essentiel des modalités contemporaines de la
citoyenneté féminine. L’article interroge tout particulièrement les termes et
les conditions, les inclusions et les exclusions ainsi que les conséquences
sociales et politiques d’un tel contrat.


Top girls? Young Women and the New Sexual Contract
This article presents an analysis of a new sexual contract currently being
made available to young women, primarily in the West, to come forward
and make good use of the opportunity to work, to gain qualifications, to
control fertility and to earn enough money to participate in the consumer
culture which in turn will become a defining feature of contemporary
modes of feminine citizenship. The analysis interrogates the terms and
conditions, the inclusions and exclusions, as well as the social and political
consequences of such a contract.

Maxime Cervulle. Quentin Tarantino et le (post)féminisme.
Politiques du genre dans Boulevard de la mort
La sortie sur les écrans du sixième film de Quentin Tarantino, Boulevard de
la mort, a relancé les discussions autour des politiques de la représentation
du genre à l’oeuvre dans ses films. Certaines critiques ont salué le film
comme une célébration de la capacité des femmes à résister et à se venger
de leurs oppresseurs, tandis que d’autres n’y ont vu au contraire qu’une
énième sexualisation de la violence contre les femmes. Au centre de ce
débat, le cinéaste tira son épingle du jeu en se retranchant dans une posture
ironique lui permettant de reproduire des structures de représentation
objectivantes à l’égard des femmes, tout en coupant l’herbe sous le pied
des féministes. Nous nous pencherons dans cet article sur le sexisme «postmodernisé
» de Tarantino qui, tout en rendant hommage aux films d’exploitation
des années 1970, exploite lui-même à tour de bras la culture
féministe en surfant sur une vague culturelle «postféministe» parfois
dépolitisante.


Quentin Tarantino and (Post)Feminism: the Gender Politics of
Death Proof

The release of Quentin Tarantino’s sixth film, Death Proof, relaunched the
debate on the politics of gender representation in his work. The film has
been praised as a feminist film by some critics, while being blamed by others
as another sexualization of the violence against women. In the midst of
this debate, the director avoided taking side by entrenching himself in an
« ironic posture» by which he could reproduce structures of objectivation.
In this article, we will analyze Tarantino’s «postmodern sexism», which
consists in paying an hommage to 1970’s exploitation films while simultaneously
exploits the feminist culture by surfing on a somewhat depoliticizing
«postfeminist » cultural wave.

Malin Isaksson. Quand les internautes rencontrent Buffy: la fan
fiction sur l’amour entre femmes

La fan fiction permet aux fans d’élaborer à leur guise des événements et
des personnages à partir d’un univers fictif établi (littéraire, filmique, etc.),
tout en respectant les caractéristiques de celui-ci. Les textes de fans étudiés
dans cet article développent une histoire d’amour entre les deux tueuses
Buffy et Faith de Buffy contre les vampires, deux femmes qui ne forment
pas un couple dans la série télévisée. Les descriptions de leurs relations ont
trait au récit sentimental mais transgressent l’hétéronorme sur laquelle il se
fonde. Tout en s’inspirant du genre érotique, les scènes d’amour ne sont
dès lors pas régies par « le regard masculin» de l’érotisme conventionnel.


Fan Fiction Reading Buffy the Vampire Slayer : Female Love
Stories

Fan fiction writers use an existing fictional universe (literature, film, etc.) to
develop scenarios and characters in a creative way within the logic of the
original universe. The fan fictions examined in this article revolve around the
romantic relationship between two characters of the TV show Buffy the Vampire
Slayer: the two Slayers, Buffy and Faith, who are not a couple in the
original story. These representations of love and sex between two women
reflect certain conventions of the romance, even as they challenge its heteronormative
gender stereotypes. Although inspired by the erotic genre, the sex
scenes are no longer structured by «the male gaze» of traditional erotica.

Nathalie Morello. Mum lit, version française: faut-il en rire ou en
pleurer?

Cet article examine trois romans publiés au cours des dix dernières années
– Les tribulations d’une jeune divorcée d’Agnès Abécassis (2004), Et toi, tu
vis toute seule? d’Anne de Bartillat (2002), et Sans moi de Marie Desplechin
(1998) – qui partagent assez de points communs avec la mum lit
anglo-saxonne pour justifier qu’on les y rattache. Après une brève présentation
du genre, il propose une lecture détaillée de la représentation du
mal-être maternel chez les trois écrivaines, en lien avec l’usage de l’humour,
en particulier l’autodérision, afin d’en évaluer l’éventuelle
portée subversive et/ou féministe envers les normes dominantes. Cette
réflexion aboutit à la conclusion que, loin de moquer le modèle d’accomplissement
féminin-maternel traditionnel, ces inscriptions de subjectivités
maternelles contribuent en fait à conforter une sensibilité idéologique et
esthétique qui reste conservatrice, plus encore que dans le modèle emblématique
britannique.


Mum lit in French: Should we Laugh or Cry?
This article examines three novels published in the last ten years –
Agnès Abécassis’s Les tribulations d’une jeune divorcée (2004), Anne de
Bartillat’s Et toi, tu vis toute seule? (2002), and Marie Desplechin’s Sans
moi (1998) – all sharing enough common points with the Anglo-Saxon
«mum lit » to be classified alongside it. After a brief presentation of the
genre, the article offers a detailed reading of the maternal malaise as represented
by the three writers, in relation to the use of humour, especially
self-deprecation, with a view to assessing its potential subversive and/or
feminist impact on dominant norms. This investigation reaches the
conclusion that, far from mocking the traditional model of female-maternal
accomplishment, these inscriptions of maternal subjectivities contribute to
reinforce an ideological and aesthetic sensibility that remains conservative,
even more so in French than in the British source model.

Sylvain Ferez, Agnes Elling et Philippe Liotard. Sport homosexuel
et mouvement social : la mise en scène du corps gay et lesbien

Si les travaux sur le sport gay et lesbien connaissent un essor important
depuis vingt ans, ils ont porté peu d’attention aux difficultés rencontrées
pour articuler une sous-culture de loisirs et un mouvement social. L’article
s’intéresse à cette articulation problématique au travers de l’étude de discours
autobiographiques de leaders du mouvement sportif homosexuel
français et de leurs positions dans son bulletin officiel. Il montre combien
le sport gay et lesbien, en cherchant à se dégager à la fois du mouvement
de revendications juridico-politiques et de la sous-culture commerciale de
loisirs gay et lesbiens, promeut une nouvelle forme de politisation. Celle-ci
n’exclut pas la logique de loisirs et se fonde sur la mise en scène sportive
du corps.


LGBT Sports and Social Movement : the Presentation of Gay and
Lesbian Bodies

Gay and lesbian sports have been a favourite research object for twenty
years. But these researches did not pay attention to the difficulties which
gays and lesbians encounter to coordinate a leisure subculture and a social
movement that aims a legal-political impact. This paper proposes to study
this problematic articulation by focusing on autobiographical narratives
by the leaders of the French homosexual sports movement and on the
positions of these persons in their official bulletins. This work shows how
gay and lesbian sports promote a new form of politicization, by taking a
certain distance from the legal-political claims as well as from the gay and
lesbian commercial leisure subculture. This new form of politicization does
not hinder the logic of leisure and relies on a sportive performance of the
body.
 

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Communiqué de presse

Figures du féminin dans les industries culturelles contemporaines

La dernière livraison de la revue Nouvelles Questions Féministes aborde l’épineuse question du rapport de la réflexion féministe aux productions culturelles qui intègrent (implicitement) les acquis égalitaires tout en se présentant comme « au-delà » des luttes féministes, voire comme « postféministes ». Pour résumer ce numéro, on pourrait dire qu’il rend compte d’une première rencontre dans le champ des études féministes francophones : celle entre les héritières des grandes luttes féministes des années 1970-1980 et la génération « Bridget Jones ». Les figures féminines proposées aujourd’hui au public sont-elles vraiment émancipées en termes féministes ? Reconnaître l’ambiguïté des messages délivrés par les productions culturelles contemporaines, qui, postmodernité oblige, brouillent le rapport entre réalité et représentation en recourant à la citation et à la parodie, c’est admettre, certes, qu’il n’y a pas de réponse univoque à cette question. Mais, au fil des articles, ce numéro suggère un renouvellement du discours féministe apte à faire face au défi politique soulevé par la volatilité et l’apolitisme apparent des représentations des rapports sociaux de sexe par les industries culturelles contemporaines.

 

Contacts pour ce numéro :

Fabienne.Malbois@unil.ch

Silvia.Ricci@bluewin.ch

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