Fricatives
Fricatives bilabiales | Fricatives labiodentales | Sifflantes alvéolaires | Sifflantes rétroflexes | Chuintantes alvéolaires | Sifflantes palatales | Fricatives vélaires | Fricatives uvulaires | Fricatives pharyngales | Fricatives glottales
Dans cette section sont présentées les fricatives dorsales et les fricatives dont le caractère dorsal ou latéral n'a pas d'importance.
Parmi les fricatives décrites ci-dessous, on trouve des articulations désignées comme sifflantes ou comme chuintantes. La production d'une sifflante implique une forte tension linguale: un canal se creuse sur toute la longueur de la langue, et en particulier au point d'articulation, où l'air passe par une petite ouverture ronde. Les chuintantes ressemblent aux sifflantes, mais le canal qui se creuse sur la langue est moins profond, et l'ouverture au point d'articulation est plus ovale. Les lèvres sont souvent arrondies ou projetées vers l'avant lors de la réalisation d'une chuintante (cf. figure 3.14 ci-dessous).
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Fricatives bilabiales
Fricative bilabiale sourde. Les lèvres sont rapprochées, mais ne se touchent pas; et, le plus souvent, la lèvre inférieure est légèrement plus avancée que la lèvre supérieure (cf. figure 3.15 ci-dessous). Le symbole ci-dessus représente tantôt l'articulation fricative, tantôt l'articulation spirante, selon que les organes phonateurs sont tendus ou non. La spirante peut être interprétée comme la réalisation relâchée de l'occlusive [p]. Vu son point d'articulation, le caractère dorsal ou latéral de cette articulation n'a pas d'importance.
Figure 3.15 : fricative bilabial
Fricative bilabiale sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales. Le symbole ci-dessus représente tantôt l'articulation fricative, tantôt l'articulation spirante, selon que les organes phonateurs sont tendus ou non. La spirante peut être interprétée comme la réalisation relâchée de l'occlusive [b]. Vu son point d'articulation, le caractère dorsal ou latéral de cette articulation n'a pas d'importance.
Fricatives labiodentales
Fricative labiodentale sourde. La lèvre inférieure est rapprochée des dents du haut, et peut parfois les effleurer avec sa partie externe supérieure (cf. figure 3.16 ci-dessous) ou, parfois, avec sa partie interne, ce qui rend le son légèrement chuintant). Vu son point d'articulation, le caractère dorsal ou latéral de cette articulation n'a pas d'importance.
Fricative labiodentale sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales. Vu son point d'articulation, le caractère dorsal ou latéral de cette articulation n'a pas d'importance.
Sifflantes alvéolaires
Sifflante alvéolaire (fricative) sourde. Les sifflantes apico-alvéolaires sont produites par le rapprochement de la pointe de la langue vers la région alvéolaire (cf. figure 3.17 ci-dessous). On peut diviser cette variété de sifflantes en trois catégories, selon que le dessus de la langue (anglais), son extrémité (castillan) ou la partie antérieure de son dos (français) entre en jeu ; la qualité du son en est sensiblement altérée, mais il n'existe pas de notation particulière pour marquer ces nuances dans l'alphabet phonétique de l'API. En ce qui concerne la forme de la langue, cette articulation suit les règles générales établies pour les sifflantes.
Sifflante alvéolaire (fricative) sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales. A ce détail près, les remarques faites pour la variante sourde s'appliquent à la sonore.
Sifflantes rétroflexes
Sifflante rétroflexe (fricative) sourde. La pointe de la langue est dirigée vers le haut et vers l'arrière ; la partie inférieure de la langue se rapproche de la partie antérieure du palais (cf. figure 3.18 ci-dessous). En fait, cette rétroflexe, comme sa correspondante sonore ci-après, est souvent réalisée chuintante, car le canal creusé par la langue est généralement insuffisamment étroit pour produire une sifflante à coup sûr. D'ailleurs, l'alphabet phonétique représente par le même symbole la sifflante et la chuintante. (Voir ci-dessus ce qui concerne la forme de la langue pour la réalisation des sifflantes.)
Chuintantes alvéolaires
Chuintante alvéolaire (fricative) sourde. La langue prend appui contre les alvéoles ; la forme de la langue est telle que décrite pour les chuintantes en général (cf. figure 3.19 ci-dessous).
Chuintante alvéolaire (fricative) sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales.
Sifflantes palatales
Sifflante palatale (fricative) sourde. Le dos de la langue se creuse en canal et se rapproche de la partie antérieure ou centrale du palais dur (cf. figure 3.20 ci-dessous). En ce qui concerne la forme de la langue, cette articulation suit les règles générales établies pour les sifflantes.
Fricatives vélaires
Fricative vélaire sourde. La partie postérieure du dos de la langue se rétracte fortement vers l'arrière et vers le haut, au niveau du palais mou (ou voile du palais). (Cf. figure 3.21 ci-dessous.)
Fricative vélaire sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales. Attention: ne pas confondre le symbole de cette articulation (grand gamma) avec celui de la voyelle postérieure non-arrondie de second degré d'aperture (petit gamma).
Fricatives uvulaires
Fricative uvulaire sourde. La partie postérieure du dos de la langue se rétracte très fortement vers le voile du palais, à proximité de la luette (cf. figure 3.22 ci-dessous).
Fricative uvulaire sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales.
Fricatives pharyngales
Fricative pharyngale sourde. La racine de la langue est fortement repoussée vers l'arrière et se rapproche de la paroi postérieure du pharynx. Le passage de l'air est alors considérablement rétréci et on perçoit une forte friction. La tension articulatoire est très forte (cf. figure 3.23 ci-dessous).
Fricative pharyngale sonore. Même articulation que la précédente, mais avec vibration des cordes vocales.
Fricatives glottales
Fricative glottale sourde. La glotte est presque entièrement close, à l'exception d'une étroite ouverture dans sa partie supérieure au niveau des cartilages arythénoïdes (cf. figure 3.24). On perçoit une forte friction quand l'air s'écoule par ce canal.


