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Automne 2009


 

 

Lundi 10h – 12h (UNIL, Anthropole, salle 3028 )
 

Fortunes et infortunes de la lectrice chez Flaubert et les romancières anglaises / Contrasting Destinies: The Woman Reader in Flaubert and in the Works by British Women Novelists
 

Prof. Valérie COSSY


MA - licence – spécialisation

A partir de la célébrissime héroïne de Flaubert, ce cours-séminaire offre une réflexion sur l'articulation entre genre littéraire et genre masculin/féminin au dix-neuvième siècle. Nous nous interrogerons sur le lien fait en France entre la légitimation du genre romanesque par le réalisme et la disqualification des usages féminins du roman. Nous comparerons cette situation à celle de l'Angleterre où les femmes ont marqué de manière significative le développement du genre romanesque et produit leurs propres images de lectrices. Nous nous arrêterons surtout sur le roman de Mary Elizabeth Braddon, The Doctor's Wife (1864), conçu par son auteur comme une riposte à Madame Bovary (1857).
Taking Flaubert's famous heroine as its starting point, this class is about the articulation between gender and genre in the nineteenth century. The focus will be on the connection, peculiar to France, between the way the novel earned its legitimacy through realism and, on the other, the persistence of a public discourse disqualifying female readers and female novelists. We shall compare the French situation to that prevailing in England, where women contributed significantly to the development of the genre and produced their own images of the woman reader. We shall read Madame Bovary (1857) alongside a novel by Mary Elizabeth Braddon, The Doctor's Wife (1864), which was conceived as a response to Flaubert.

Bibliographie:

- Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857), Le Livre de Poche.
- Mary Elizabeth Braddon, The Doctor's Wife (1864), Oxford World's Classics.
Lectures secondaires :
- Jane Austen, Northanger Abbey (1817).
- Honoré de Balzac, La Muse du département (1843).
- Honoré de Balzac, Les Illusions perdues (1843).
- Isabelle de Charrière, Sir Walter Finch et son fils William (1806).
-George Eliot, « Silly Novels by Lady Novelists » (1856).
- Mme de Genlis, La femme auteur (1825).
- George Sand, Pauline (1839-40).
- Mme de Staël, Corinne ou l'Italie (1807).
- Stendhal, Lamiel [1841].
- Virginia Woolf, A Room of One's Own, 1929.
- Pierre Bourdieu, Les règles de l'art, 1992.
- Margaret Cohen, The Sentimental Education of the Novel, 1999.
- Kate Flint, The Victorian Woman Reader 1837-1914,1993.
- Christine Planté, La petite soeur de Balzac, 1989.
- Lyn Pykett, The Improper Feminine. The Woman's Sensation Novel and the New Woman Writing, 1992.
- Martine Reid, Signer Sand, L'oeuvre et le nom, 2003.
- Elaine Showalter, A Literature of Their Own, British Women Novelists from Brontë to Lessing (1977).
- Janet Todd, Feminist Literary History (1988).

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Mardi 15h – 17h (UNIL, Anthropole, salle 3077 )
 

Construire les comparables. Epistémologie et pratique d'une comparaison « différentielle »
 

Martine HENNARD DUTHEIL & Cyrille FRANÇOIS


MA - licence – spécialisation

Ce séminaire invite les étudiants avancés de Master et de spécialisation de Master à envisager la littérature comparée comme une (inter)discipline qui place les questions d'ordre épistémologique et méthodologique au coeur de la démarche de comparaison. Nous envisagerons différents champs d'application de la littérature comparée en lien avec le colloque interdisciplinaire et bilingue français-anglais CUSO 'From Fata to Fairies/des Parques à la Fée Carabosse' (7-8 octobre 2009), à savoir la réception des mythes antiques et les réécritures des contes, l'intertextualité, les genres littéraires, l'interaction texte et image, et la traduction, entre autres. L'objectif est d'aider les étudiants avancés à concevoir les axes (ou plans) qui leur permettent de comparer des objets (essentiellement des textes) appartenant à des aires linguistiques et culturelles différentes. Une telle capacité de «construire des comparables» en tenant compte de la dissemblance des contextes est une condition essentielle pour obtenir des résultats d'analyse pertinents. La réflexion sur des problèmes d'ordre épistémologique nous permettra de nous interroger sur les exigences inhérentes au caractère inter- et transdisciplinaire propre à la littérature comparée et aux recherches menées dans ce cadre. Les principes épistémologiques de la comparaison seront notamment discutés en lien avec les travaux avancés et les mémoires en cours.

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Mardi 17h – 19h (UNIL, Anthropole, salle 3032 )
 

Introduction à la littérature comparée. Littératures européennes : comparer des textes en italien, latin, français
 

Gabriele BUCCHI


BA

Le cours propose une introduction aux méthodes de la comparaison «différentielle » en abordant un corpus de textes (en latin, italien et français) qui va du début du XVIème siècle à la fin du XVIIème. Plus particulièrement le cours se penchera sur l'analyse des (r)écritures dans différents genres discursifs (récit mythologique, poème chevaleresque, novella, conte en prose). Il s'agira notamment de dégager dans chaque texte analysé la présence d'un dispositif énonciatif spécifique au genre choisi par l'auteur et de comprendre ainsi la poétique qui se cache derrière chaque ré-énonciation, en tant que « variation » d'une histoire déjà connue par le lecteur. On essaiera donc d'éclairer le rapport (de l'hommage à la parodie) qui lie plusieurs réécritures : Ovide (Métamorphoses) et l'Arioste (Roland Furieux), Da Porto (La Giulietta) et Bandello (Novelle), Lalli et Scarron face au travestissement de Virgile (L'Eneide travestita e le Virgile travesti), Basile (Lo cunto de li cunti) et Perrault (Contes du temps passé).
Il corso propone un'introduzione ai metodi della comparatistica su un corpus di testi (latino, italiano, francese) dall'inizio del Cinquecento alla fine del Seicento. Il corso prenderà in considerazione soprattutto l'analisi di alcune riscritture in poesia e in prosa appartenenti a diversi generi (poemetto mitologico, poema cavalleresco, novella). Si cercherà in particolare di mettere in rilievo nei testi affrontati le caratteristiche enunciative proprie a ciascun genere e di comprendere in tal modo la poetica che si nasconde dietro ogni riscrittura, intesa come ri-enunciazione di un tema o di una storia già nota al destinatario. Il corso tenterà di illustrare il rapporto che lega autori come Ovidio (Metamorfosi) e Ariosto (Orlando Furioso), Da Porto (La Giulietta) e Bandello (Novelle), Lalli e Scarron (L'Eneide travestita e Le Virgile travesti), Basile (Lo cunto de li cunti) e Perrault (Contes du temps passé).

Bibliographie:

- J.M.Adam-U. Heidmann, Six propositions pour l'étude de la généricité, in Le savoir des genres, La Licorne 79, Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 21-34.
- G. Genette, Palimpsestes, Paris, Seuil, 1982.
- U. Heidmann, Comment comparer les réécritures anciennes et modernes des mythes grecs ?, dans Mythe et Littérature, sous la direction de Sylvie Parizet, Nîmes, Lucie, 2008, pp. 143-160.
- U. Heidmann, Comparatisme et analyse des discours. La comparaison différentielle comme méthode, in Sciences des textes et analyse de discours. Enjeux d'une interdisciplinarité, eds. J.M. Adam et U. Heidmann, Genève, Slatkine, 2005, pp. 99-118.
- U. Heidmann, Une recherche interdisciplinaire sur la textualité et l'intertextualité des contes, Archipel, 30, 2008, pp. 31-48.

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Mercredi 13h – 15h (UNIL, Anthropole, salle 3028 )
 

Narcisse : miroir d’une tradition littéraire
 

Jean-Michel Wissmer


MA - licence – spécialisation

En partant du texte d’Ovide, nous suivrons l’évolution de la figure de Narcisse en nous concentrant surtout sur le XVIIe siècle qui voit apparaître une nouvelle interprétation religieuse du narcissisme à travers des auteurs comme Pierre de Marbeuf en France (“La Tableau de Narcisse”) et Sor Juana Inés de la Cruz au Mexique (El Divino Narciso). L’un des buts de ce séminaire est en effet de redécouvrir les ponts unissant l’Ancien et le Nouveau Monde. Nous établirons des liens entre Sor Juana et ses modèles espagnols comme Calderón (Eco y Narciso) et Tirso de Molina (qui a tant inspiré le théâtre français) avant de faire une incursion au XVIIIe siècle en nous intéressant à une comédie peu connue de Rousseau, Narcisse ou l’amant de lui-même.
L’essai de Julia Kristeva Histoires d’amour nous accompagnera dans cette étude comparatiste.

Bibliographie :
Pedro Calderón de la Barca, Eco y Narciso, Paris, Centre de Recherches de l’Institut d’Etudes Hispaniques, 1963.
Sor Juana Inés de la Cruz:
- Obras Completas (4 volumes), Ed. de A. Méndez Plancarte et A. G. Salceda. Mexico, FCE (lère éd.,1951).
- Le divin Narcisse précédé de Premier songe et autres textes, Paris, Gallimard,1987.
- Obra selecta, Barcelone, Planeta,1987.
Julia Kristeva, Histoires d’amour, Paris, Folio,1990.
Tirso de Molina, Obras Completas, Madrid, Aguilar, 1968, 1969, 1989.
Ovide, Les Métamorphoses, Paris, GF-Flammarion,1966.
Jean-Jacques Rousseau, Narcisse ou l’amant de lui-même, Paris, Desjonquères, 2008.
Louise Vinge, The Narcissus theme in Western European literature up to the early 19th century, Gleerups, Lund, 1967.
Jean-Michel Wissmer, La Religieuse mexicaine. Sor Juana Inés de la Cruz, ou le scandale de l’écriture, Genève, Metropolis, 2000.

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Mercredi 15h – 17h (UNIL, Anthropole, salle 3028 )
 

La Venise intérieure : Proust et la poétique de la traduction
 

Edward Bizub


MA - licence – spécialisation

“Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur.” Telle est la vision esthétique énoncée explicitement par l’auteur de La Recherche. C’est en traduisant John Ruskin que Marcel Proust a découvert une secrète alchimie intérieure. On commencera par un examen des deux ouvrages qu’il a traduits (The Bible of Amiens et Sesame and Lilies) ainsi que par les deux textes vénitiens de Ruskin: Stones of Venice et Saint Mark’s Rest.
On analysera ce que Proust appelle sa “servitude volontaire” envers celui qui donne un “prix infini” aux objets. On tentera de comprendre comment les thèmes essentiels du roman proustien (temps retrouvé, mémoire involontaire, métaphore, etc.) sont liés à ce travail de traduction qui s’impose comme source première d’inspiration. Que devient ensuite l’image du maître anglais ? C’est ce que nous verrons.
On ajoutera enfin le regard de Samuel Beckett sur l’alchimie de l’esthétique proustienne. L’auteur irlandais compare la révélation de Venise à la fin du roman aux célèbres songes de Descartes pendant la “nuit d’Ulm”. Autant dire que le secret de la Venise intérieure a partie liée avec le cogito de la philosophie occidentale.

Bibliographie :
- Jean Autret, L’Influence de Ruskin sur la vie, les idées et l’oeuvre de Marcel Proust, Genève, Droz, 1955.
- Samuel Beckett, Proust, Paris, Minuit, 1990.
- Edward Bizub, La Venise intérieure. Proust et la poétique de la traduction, Neuchâtel, La Baconnière, 1991.
- John Ruskin, La Bible d’Amiens, traduction, notes et préfaces de Marcel Proust, Paris, Union Générale d’Editions, 1986.
- John Ruskin, Sésame et les Lys, traduction et notes de Marcel Proust, précédé de Sur la lecture de Marcel Proust, Bruxelles, Editions Complexe, 1987.
- Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, sous la direction de Jean-Yves Tadié, Bibliothèque de la Pléaide, 1987-1989.

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