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Exclusions urbaines et usages fragiles de la ville

Orientations principales de recherche

Capabilisation

Un intérêt particulier a été porté aux modalités contemporaines de production d'une citoyenneté urbaine (BONARD & MATTHEY, 2010 ; MATTHEY & STEINER, 2009a), qui dépasse les cadres usuels de l'action politique (le parti, le syndicat, l'association…) pour assurer tout autant une égalité des chances et des places. Cet intérêt s’inscrit dans une perspective qui vise à une réception prudente de ce qu’on pourrait nommer le tournant capabiliste des politiques publiques (MAGER & MATTHEY, 2010) d’insertion et d’intégration, tant elles mobilisent la rhétorique d’un empowerment censé donner aux plus vulnérables la possibilité d'influer leurs conditions de vie. Ainsi, les quartiers sont désormais appelés à être une échelle pertinente de production des solidarités interpersonnelles ou intergénérationnelles. De même, les associations de migrants sont dorénavant convoquées à titre d’animateurs socioculturels dans certaines communes suisses (MATTHEY & STEINER 2009b). De fait, les villes suisses jouent – dans le cadre de la nouvelle politique suisse d’intégration, caractérisée par un leadership étatique plus marqué – un rôle souvent novateur dans la tentative d’inventer des façons nouvelles de gouvernance, mais aussi de traduction des identités dans la migration ; conduisant à ce qu’il s’y formule des identités à la mesure du monde.


Détournements


Ce qui constitue le cœur de la démarche de l’Observatoire de la Ville et du développement durable est avant tout l’analyse de la façon dont les groupes sociaux articulent l’espace objectif – celui du contrôle, du pouvoir et des institutions – et l’espace subjectif – celui des séquences d’espace-temps vécues et des représentations – et les conséquences socio-spatiales de cette territorialisation (DA CUNHA & MATTHEY 2007). Les observations ont notamment montré l’importance des revendications habitantes et des détournements possibles de l’ordre urbain.
Parmi les analyses de ces détournements, l’une se distingue, celle des communautés fermées inscrivant dans la matérialité du territoire les contours d’une socialité postmoderne métissant individualisme et désir d’entre-soi. Même si ces résidences sont encore peu nombreuses, elles sont une composante largement médiatisée du marché immobilier suisse car, en idéalisant la ville privée, elles contestent la pertinence d’une gestion publique de l’espace. L’Institut de géographie s’efforce de déterminer ce qui motive l’arbitrage public-privé – c’est-à-dire la contestation de la légitimité de la disciplinarisation de l’espace par les autorités collectives – et interroge la thèse d’un mouvement croissant de développement urbain auto-initié et autogéré. Ces réflexions sont mises à l'épreuve de différents terrains, afin de révéler les enjeux multiscalaires de la privatisation de l’espace (SCHIFFRIN 2011 ; MAGER, MATTHEY & ZOTOVA 2011).
 

 

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