Regard anthropologique sur le vieillissement cérébral
Marion Droz Mendelzweig | La conférence
Marion Droz Mendelzweig
Docteur ès sciences sociales (Faculté des SSP)
J’ai débuté ma formation universitaire à l’Université de Genève, où j’ai obtenu ma licence es lettres en 1988. Dans ce cadre, j’ai suivi les cours du professeur Bronislaw Baczko en histoire des mentalités et des idées. Ceci a joué un rôle de révélateur épistémique déterminant pour la suite de mon parcours et mon orientation ultérieure vers l’anthropologie.
Mais le passage de l’histoire à l’anthropologie a été marqué par une interruption professionnelle d’une dizaine d’années dans le cadre du CICR. En cours d’emploi, j’ai entrepris une formation à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel, où j’ai obtenu le Certificat d’études supérieures en 1999, complété par un DEA obtenu en 2003.
C’est dans le cadre de mon travail de mémoire de DEA que je me suis orientée vers l’anthropologie de la santé et des sciences en menant un travail sur la procréation médicalement assistée. Mon mémoire de DEA, intitulé "De la cellule à l’humain. Ethnographie d’un laboratoire de reproduction assistée" a été publié dans la collection Recherches et travaux en anthropologie de l’Université de Lausanne en 2004.
Mon sujet de recherche m’a rapprochée de l’Institut universitaire d’histoire de la médecine et de la santé publique où je suis depuis lors chercheuse associée libre. C’est dans le cadre de cet institut et avec la cotutelle de son directeur, le professeur Vincent Barras et du professeur Francesco Panese, que j’ai entrepris ma thèse de doctorat ayant pour thème les neurosciences comme phénomène culturel propre aux sociétés à technologie développée. J’ai entrepris cette thèse tout en menant mon activité professionnelle de professeure et chercheuse dans la HES La Source.
La conférence
Résumé de l'intervention
J’ai allié dans ma thèse un travail ethnographique et historique. En prenant comme fil conducteur la notion de plasticité cérébrale, je me suis intéressée aux démarches cliniques, aux recherches de laboratoire et aux représentations symboliques qui assoient la figure contemporaine du sujet humain comme sujet cérébral. J’ai choisi de questionner cette représentation par son bout le plus problématique, celui où l’activité cérébrale ne produit plus un sujet cérébral cohérent du fait des troubles cognitifs de type Alzheimer.
A l’occasion des Doctoriales 2011, je vais présenter un aspect central de ma thèse: comment la réalité sociale et médicale de la maladie d’Alzheimer est le produit de l’allongement de l’espérance de vie et pourquoi la plasticité cérébrale, comme notion emblématique du sujet cérébral contemporain, soutient la tendance à traiter des problèmes inhérents au vieillissement cérébral comme phénomènes pathologiques.



