Le mouvement peut-il guérir ?
Grégory Quin
Docteur ès sciences du sport et de l’éducation physique (Faculté des SSP)
Né en 1983, Grégory Quin a fait ses études à l’Université Marc Bloch à Strasbourg, obtenant un Master en sciences du sport (spécialité sciences sociales et management du sport) et une Maîtrise en histoire (2001-2006). Depuis 2010, il est docteur en sciences du sport et de l’éducation physique de l’Université de Lausanne et docteur en sciences de l’éducation de l’Université Paris Descartes (thèse réalisée en cotutelle), après avoir été assistant diplômé à l’Université de Lausanne (2006-2011).
Actuellement enseignant dans le Canton de Vaud, préparateur physique dans différents clubs sportifs, titulaire d’une bourse de recherche de l’Union des Associations Européennes de Football (UEFA) pour l’année universitaire 2011/2012 et collaborateur scientifique de l’Institut des sciences du sport de l’Université de Lausanne, il est spécialiste de l’histoire des pratiques d’exercice corporel aux XIXe et XXe siècle.
Ses préoccupations l’ont notamment amené à travailler sur l’histoire de l’engagement des médecins dans l’éducation physique depuis le milieu du XVIIIe siècle, sur l’histoire des représentations des corps féminins en mouvement (XVIIIe – XXIe siècles) et plus récemment sur l’histoire du football international dans l’entre-deux-guerres. Ses recherches actuelles portent sur les transformations contemporaines des champs sportifs nationaux en Europe et sur l’histoire de la gymnastique féminine helvétique au XXe siècle.
La conférence
Résumé de l'intervention
Dans le cadre des Doctoriales 2012, Grégory Quin proposera un exposé intitulé Le mouvement peut-il guérir ?. Sur la base des conclusions de son travail de doctorat, il cherchera à présenter les grandes étapes chronologiques des liens entre médecine et pratiques d’exercice corporel.
Depuis le milieu du XVIIIe siècle, dans le cadre d’une dynamique d’inspiration "foucaldienne", les recommandations médicales évoluent d’une anatomopolitique – caractérisée par un essor de discours empreints d’anatomie au XVIIIe siècle – vers une biopolitique – caractérisée par l’engagement de l’Etat qui fait de la gymnastique une discipline d’enseignement, pensée à des fins hygiéniques dans la seconde moitié du XIXe – où le processus réside en fait dans une "biologisation" progressive des recommandations pratiques.
Observée à l’aune de la formulation médicale de l’éducation physique, la biopolitique n’est pas réalisée dans la seconde moitié du XVIIIe, elle se compose lentement aux marges de l’institution scolaire et des gymnastiques pédagogico-militaires pour constituer un projet thérapeutique et hygiénique plus construit après 1850 et dont le triomphe intervient dans l’entre-deux-guerres.



