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Projets de thèse

"Télévision projetée - télévision exposée. Les dispositifs de la télévision collective des années 1930 à 1960" par Anne-Katrin Weber

Sous la direction du Professeur Olivier Lugon | Section d'Histoire et esthétique du cinéma (UNIL)

L'émergence de la télévision dominante incluant la réception individuelle dans un espace privé a été accompagnée par des formes télévisuelles aujourd'hui (presque) oubliées qui s'adressaient à leur audience au moyen d'un grand écran dans un lieu public. Partant de l'analyse de trois exemples de la télévision collective - les Fernsehstuben allemands, les theater television états-uniens et les recherches suisses autour de l'Eidophor -, la thèse entend revisiter l'histoire des dispositifs télévisuels afin de faire apparaître les liens technologiques, économiques et discursifs qui se nouent entre eux et les autres média (radio, théâtre et cinéma) et entre leurs divers modes de consommation/réception.

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"Organiser et vendre : l'exposition au service de l'industrie. Culture visuelle et propagande industrielle en Suisse romande dans l'entre-deux-guerres", par Claire-Lise Debluë

Sous la direction des Professeurs Olivier Lugon et François Vallotton | Section d'Histoire et esthétique du cinéma (UNIL)

L’histoire des expositions industrielles en Suisse n’a pour ainsi dire jamais été abordée en dehors des sentiers battus des expositions nationales. L’engagement des organisations économiques et patronales, des associations corporatistes et de l’Etat a pourtant été essentiel dans la définition d’une « politique d’exposition » dont l’un des résultats fut l’établissement d’un « style suisse d’exposition », qui triomphera dans les années trente et dont les retombées furent à la fois symboliques et économiques. Durant la période de l’entre-deux-guerres, l’hétérogénéité des intérêts représentés caractérise la mise sur pied des expositions. Si les organisations économiques et patronales investissent ce média comme un formidable instrument de l’expansion commerciale – permettant non seulement d’éprouver les techniques émergentes d’analyse de marché et de rationalisation de la propagande, mais également de nouer des relations commerciales dans un climat de forte compétition internationale –, l’exposition constitue en outre un moyen exceptionnel de diffusion des principes du modernisme architectural et graphique. Produit de négociations entre organisations économiques et architectes, designers et graphistes du mouvement moderne, le modèle dominant de l’exposition industrielle déclenche de vives résistances en Suisse romande. Tandis que les méthodes de l’organisation scientifique et de la rationalisation s’imposent peu à peu dans le domaine de la propagande économique, les techniques d’exposition développées par les milieux romands des arts appliqués restent en retrait de ce mouvement et s’affirment progressivement contre l’hégémonie du modèle alémanique d’une part et l’usage de médias mécaniques d’autre part. Ce travail de thèse portera une attention particulière à l’analyse des dispositifs d’exposition, ainsi qu’aux discours véhiculés par les organisations et leurs acteurs. L’articulation de méthodes propres à l’histoire culturelle de l’économie et à l’épistémologie des dispositifs de vision permettra de montrer les enjeux des appropriations dont l’exposition fit l’objet par les milieux économiques, politiques et culturels helvétiques durant l’entre-deux-guerres.

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"Les décors de l'agence Sartony : la photographie au service du cinéma et de la télévision (1930-2000)" par Johanna Schär

Sous la direction du Professeur Olivier Lugon | Section d'Histoire et esthétique du cinéma (UNIL)

Actuellement conservées au Musée Niépce à Chalon-sur-Saône, les archives de l’agence Sartony sont une véritable mine d’or pour reconstituer et interroger l’histoire du décor photographique. À partir des années trente, cette agence française, forte d’un fonds riche en photographies de paysages, de bâtiments et de reproductions de gravures, oriente ses activités commerciales vers un secteur de l’image inédit : des décors en trompe-l’oeil pour le cinéma, puis pour les séries et les plateaux télévisés. Des reconstitutions spectaculaires de lieux urbains seront également montées par son entremise en France et à l’étranger jusqu’à la fin du XXe siècle.
Hybrides issus de différents médias – la photographie, le cinéma et la télévision –, les décors conçus par l’agence Sartony cristallisent de nombreux enjeux idéologiques sous-jacents à l’histoire du medium photographique : la question de la représentation du réel, ici plagié, celle plus large de l’illusionnisme rencontrent l’histoire de la reproduction d’œuvres d’art et celle du dispositif d’exposition. L’étude se proposera de retracer une histoire du décor photographique au croisement de ces différentes pratiques tandis qu’une analyse de la production de décors hollywoodiens ouvrira la recherche à un comparatisme culturel.

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"La vie théâtrale à Lausanne au XVIIIe siècle" par Béatrice Lovis

Sous la direction du Professeur François Rosset | Section de Français (UNIL)

Malgré un riche corpus de sources, la vie théâtrale à Lausanne au siècle des Lumières n’a pas encore fait l’objet d’une recherche approfondie. A la fois à l’avant-garde et en retard sur son temps – le premier théâtre en dur n’est inauguré qu’en 1804 – Lausanne connaît une vie théâtrale foisonnante qui touche aussi bien les élites culturelles que le peuple. L’un des objectifs de cette thèse sera de mettre en perspective ce phénomène social et de le comparer à la situation prévalant dans d’autres villes suisses et françaises. Dans quelle mesure Lausanne est-elle représentative de l’époque des Lumières ? Ou encore, quelle a pu être l’influence de ses particularités – ville protestante sous tutelle bernoise avec une forte présence d’étrangers fortunés – sur sa vie théâtrale ?
Pour une description plus détaillée: www.unil.ch/ed18

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"L'idée de république à Genève et dans le Pays de Vaud au XVIIIe siècle" par Helder Mendes Baiao

Sous la direction du Professeur François Rosset | Section de Français (UNIL)

Le XVIIIe siècle peut être véritablement considéré comme une période républicaine en Suisse. Des gouvernements cantonaux, aux appels patriotiques de la Société helvétique, le mot "république" est sur toutes les lèvres. Pourtant, alors que les institutions politiques prétendent assurer une liberté et un état de droit fondamentaux aux citoyens gouvernés, nombre de ceux-ci réclament des changements, au nom de la République et sous l’égide d’une égalité davantage reconnue et respectée.
L’objectif recherché dans ce travail est de parvenir à cerner la vision républicaine que des groupes sociaux, ou des individus particuliers, développent tout au long du XVIIIe siècle à Genève et dans le Pays de Vaud. En conservant à l’esprit que ces deux cantons ne peuvent être extraits des problématiques propres au Corps helvétique, surtout en ce qui concerne la population vaudoise alors sous domination bernoise. De ce fait, il s’agira donc de comprendre les diverses manifestations théoriques républicaines en accord avec la culture helvétique de l’époque, largement constituée autour des mythes du peuple vertueux, libre, et férocement jaloux de sa liberté.

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"Crise du Consensus et réception des Lumières à Lausanne (1ère moitié du XVIIIe siècle)" par Samuel Antoine

Sous la direction du Professeur Danièle Tosato-Rigo | Section d'Histoire (UNIL)

Cette recherche prend pour point de départ le conflit du Consensus – ayant opposé, durant les années 1717-1723, les professeurs de l’Académie lausannoise au Souverain bernois au sujet de la signature de la Formula Consensus – et la documentation produite dans ce cadre. A partir des mémoires de défense des professeurs lausannois, des manuscrits polémiques, satiriques, en majorité inédits, ainsi que de la correspondance, l’objectif est d’analyser la nature des idées défendues par ce petit groupe de personnalités lausannoises et la manière dont ils défendent ces idées. Plus largement, il s’agira de saisir la formation d’un milieu, un microcosme lausannois sujet de Berne, en lien avec le Refuge huguenot et acquis à l’orthodoxie raisonnable de Jean-Alphonse Turrettini. Ce projet vise donc à appréhender l’insertion de ce milieu lausannois dans l’Europe des Lumières précoces et protestantes du début du XVIIIe siècle.

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"Contrôle social et pratique consistoriale lausannoise. La gestion d'un espace urbain réformé à l'époque des Lumières" par Nicole Staremberg-Goy

Sous la direction de la Prof. Danièle Tosato-Rigo | Section d'Histoire (UNIL)

Dès l'introduction de la Réforme dans le pays de vaud par la Ville et République de Berne, le rôle du Consistoire, composé du ou des pasteurs de la paroisse et de plusieurs laïcs, le plus souvent les notables du lieu, est de veiller au respect d'un idéal de pureté biblique inspiré des valeurs du christianisme primitif et des codes de civilité humanistes. À Lausanne, au XVIIIe siècle, face à la laïcisation de la société, cette mission trouve une acuité nouvelle et fait l'objet d'une redéfinition importante. L'action du tribunal des moeurs s'inscrit dès lors dans des réflexions plus générales faites par les relais locaux du souverain sur le contrôle de la population urbaine ainsi que sur l'utilité de la religion pour l'État et la société à une période de forte croissance démographique et d'intenses échanges culturels.

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"Louis Bourguet et le Journal helvétique (1732-1784). Réseaux intellectuels et culture érudite en Suisse dans la première moitié du XVIIIe siècle" par Séverine Huguenin

Sous la direction du Professeur Béla Kapossy | Section d'Histoire (UNINE)

Mercure suisse, Journal helvétique, Journal de Neuchâtel, tels sont les titres que porta successivement, entre 1732 et 1784, le périodique créé par le savant français Louis Bourguet en ce second quart du XVIIIe siècle à Neuchâtel. Journal d’une longévité exceptionnelle, organe de presse le plus important de l’époque en Suisse francophone, le Journal helvétique réunissait savants et hommes de lettres ayant marqué les Lumières helvétiques, voire européennes, autour de thématiques les plus variées.
Parmi ses contributeurs se trouvent notamment quelques-uns des "magistrats éclairés" lausannois, à savoir Charles Guillaume Loys de Bochat et Gabriel Seigneux de Correvon, savants ayant précédemment cofondé, avec Louis Bourguet, la Bibliothèque italique et dont l’intérêt pour la culture érudite et l’Histoire en particulier est prégnant. Cette étude visera, entre autres, à évaluer la place que ces hommes octroyaient à l’érudition et aux débats historiographiques de cette première moitié du XVIIIe en appuyant la recherche sur les traces que ces derniers ont laissés tant dans le Journal helvétique que dans les publications, manuscrits et correspondances des différents membres du "réseau Bourguet".

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"'Ayons aussi une poésie nationale.' Critique et poésie en Suisse au XVIIIe siècle" par Timothée Léchot

Sous la direction du Professeur Claire Jaquier| Section de Français (UNINE)

Pourquoi y a-t-il si peu de poètes dans la partie francophone de la Suisse? C'est la question que se posent, au XVIIIe siècle, les Français et, souvent, les Suisses eux-mêmes. Dans la première moitié du siècle, les recueils imprimés de poésie sont peu nombreux. Pourtant, la poésie est très présente dans les périodiques. Parmi ceux-ci, le Mercure suisse réserve une rubrique aux « Poësies de Suisse » dès l'année 1734. De plus, les archives manuscrites de nombreux hommes de lettres recèlent des pièces versifiées originales. Enfin, au sein de plusieurs sociétés littéraires, on écrit de la poésie et on débat diverses questions touchant à ce genre.
Dans les années 1770 et 1780, le besoin s'accroît de créer une poésie spécifiquement suisse. Figures clés de ce renouveau, le poète Philippe-Sirice Bridel et le critique Henri-David de Chaillet demandent que la Suisse francophone développe aussi - à la suite de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne - sa propre poésie nationale. Mais cette notion est doublement problématique. D'une part, l'idée d'une littérature nationale ne va pas de soi dans l'espace culturellement pluriel que constitue la Suisse d'Ancien Régime. D'autre part, une poésie nationale en deux langues (français, allemand) semble incompatible avec la conception classique des belles-lettres.
Nous porterons un regard d'ensemble sur la poésie de Suisse francophone pour en saisir les enjeux esthétiques et culturels, notamment à travers ses rapports au modèle français dominant. À travers les œuvres et les débats, nous étudierons les manières dont les poètes suisses définissent l'originalité de leur production nationale.

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Autres projets de thèse associés

Sylvie Doriot Galofaro, Constuctions identitaires et histoire culturelle (1905-2008): Crans-Montana dans les arts visuels, la littérature et le cinéma, sous la dir. de Ph. Kaenel.

Ariane Pollet, Edward Steichen au MoMA, sous la dir. d'O. Lugon.

Olivier Pradervand, Archives audiovisuelles de la Télévision suisse romande. Usages historiques et aspects institutionnels, 1954 à 1995, sous la dir. de F. Vallotton.

Raphaëlle Ruppen Coutaz, Le rôle du Service suisse des ondes courtes (SOC)/Radio Suisse Internationale (SRI) dans la politique étrangère suisse (1935-1992), sous la dir. de F. Vallotton.

Przemyslaw Witkowski, L’Ukraine, figure de la frontière. Construction et représentations des territoires limitrophes dans l’Europe des Lumières, 1768-1815, codirection D. Triaire (Montpellier III) et F. Rosset.

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