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Thèses soutenues

"La ligne libre: un paradigme à la croisée de la philosophie et de la littérature. Le corps et le paysage chez Victor Segalen, Blaise Cendrars et Henri Michaux"

Sous la direction du Professeur Claude Reichler | Section de français | 2013

Fondée sur un corpus d’écrivains-voyageurs qui sont symptomatiques des changements importants affectant la question de l’espace dans la première moitié du XXe siècle, cette étude tire profit de la grande polyvalence de la problématique du paysage pour proposer un véritable dialogue interdisciplinaire entre littérature et philosophie. Cette perspective est largement favorisée par les écrivains eux-mêmes qui ont indiscutablement lié leur entreprise poétique à des enjeux épistémiques recoupant les préoccupations des scientifiques, médecins, géographes ou philosophes de leur temps. Un certain nombre d’interrogations nous sont apparues caractéristiques de cette période de l’histoire des voyages. Victor Segalen, Blaise Cendrars et Henri Michaux ont été particulièrement sensibles à cette angoisse d’époque liée à l’amenuisement du monde, c’est-à-dire au raccourcissement des distances entre continents suite aux développements des moyens de transport et la perte des «espaces blancs» de la carte, conséquence directe des entreprises exploratrices du XIXe siècle. À la déréliction qui s’empare du voyageur moderne face à la disparition des zones inconnues s’est ajouté l’effroi provoqué par la seconde loi thermodynamique du biologiste allemand Ernst Haeckel, qui, avec sa théorie de l’entropie, a fait craindre à plusieurs générations que la matière de l’univers tendrait vers une simplification toujours plus grande, et que le globe terrestre, à l’image du cosmos, ressemblerait peu ou prou à un immense magma de glace.
Il est remarquable de constater à quel point ces trois auteurs ont développé une sorte d’outillage conceptuel commun propre à diagnostiquer cette crise et à la résoudre en élaborant une nouvelle manière de se rapporter à l’espace et de décrire le paysage. Ce nouveau paradigme qui modélise un autre type de relation à l’extérieur est solidaire de courants de pensée post-rationalistes qui de Nietzsche à Gilles Deleuze, en passant par Bergson et la phénoménologie, ont conduit à un démantèlement de la conception cartésienne de la conscience dans son rapport à l’étendue. Aux croisements de la philosophie et de la littérature se construit durant la première moitié du XXe siècle un nouveau modèle de représentation du paysage qui passe par l'élaboration de la ligne libre. Celle-ci décrit une manière de dire le réel qui ne consiste pas à en reproduire les composantes de façon fidèle, mais à tracer le mouvement énergétique par lequel le corps se rapporte à l'espace de manière dynamique et variée. Proche du terme de diagramme, exploité par Deleuze et relayé par le géographe Jean-Marc Besse, il consiste en un schème du réel qui s’élabore en cours d’expérience et ouvre sur une réalité à venir. De ce point de vue, la ligne libre définit une manière de se rapporter au réel qui remet en question les théories paysagères fondées sur l’artialisation.
En prenant appui sur cette proximité d’intérêt entre une certaine philosophie et la littérature de voyage de la première moitié du XXe siècle, cette étude montre que la construction de ce nouveau paradigme permet de mettre en évidence un type de transfert peu conventionnel entre ces deux champs des sciences humaines. Car Segalen, Cendrars et Michaux n’ont pas vraiment repris aux philosophes des concepts, des syllogismes ou même des pensées, mais se sont approprié une figure dont ils ont libéré l’imaginaire sémantique. En lecteurs émerveillés de Nietzsche, ils ont surtout vu dans le voyageur Zarathoustra et dans sa manière de se déplacer dans le paysage, une façon stratégique de répondre à la crise de l’entropie. Mais si Zarathoustra incarne le mouvement de la ligne libre en lui conférant une valeur épistémique, il constitue également une figure imprégnée par la littérature de voyage et le genre de l’aventure. De ce point de vue, il apparaît que le développement de ce paradigme est redevable aussi bien de la philosophie que de la littérature de voyage et qu’une brève histoire de son élaboration révèle qu’une sémantique viatique accompagne la conception philosophique de cette ligne libre auprès des philosophes qui s’en approprient le modèle (Nietzsche, Bergson, Husserl, Heidegger, Merleau-Ponty, Deleuze).

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"Le Christ au miroir de la photographie contemporaine (1981-2011)" par Nathalie Dietschy

Sous la direction du Professeur Philippe Kaenel | Section d'Histoire de l'art (UNIL) | 2012

Cette thèse s’inscrit dans le projet de recherche interdisciplinaire "Usages de Jésus au XXe siècle" consacré aux usages de la figure de Jésus en littérature, au cinéma, dans la bande dessinée et les arts visuels, soutenu par le Fonds National Suisse de la recherche scientifique (FNRS) et dirigé par Jean Kaempfer, Philippe Kaenel, Alain Boillat et Pierre Gisel (www.unil.ch/usagesdejesus). Ladite thèse s’oriente vers les usages non conventionnels ou revendicateurs de Jésus (Jésus féminin, Jésus noir, Jésus homosexuel, etc.) dans les productions photographiques de ces trente dernières années. Un travail qui a pour dessein de révéler les apparitions contemporaines de Jésus dans le miroir de la photographie, un reflet multiple, souvent héritier de la tradition, mais proprement post-moderne, détournant les normes, subvertissant les codes et proposant non pas un visage de Jésus, mais bien des visages de Jésus.

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"Impressions ironiques du voyage en Suisse et dans les Alpes" par Adrien Guignard

Sous la direction du Professeur Claude Reichler | Section de français | 2008

La thèse commence par constater que les perceptions et les représentations des Alpes au XIXe siècle sont confrontées au problème de la redite et interroge les raisons et les effets de ce qu'elle nomme itération. A partir d'une sélection libre de représentations couvrant tout le siècle, qui sont marquées par l'ironie portant sur les paysages et les touristes, la recherche se propose d'analyser les fonctionnements de certains textes ironiques et de les penser comme des modalités du renouvellement esthétique des représentations alpines. Le travail, dont le cadre historique reste volontairement large et ouvert, convoque aussi bien des textes ordinaires et naïfs que des textes connus et retors. Les méthodes utilisées sont celles de l'analyse linguistique et littéraire et de l'histoire de la culture. Les conclusions montrent que des types d'ironie revivifient efficacement les catégories esthétiques du paysage alpin au XIXe.

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"Itinéraires. Les guides de voyage sur la Suisse au XIXe siècle. Contribution à une histoire culturelle du tourisme" par Ariane Devanthéry

Sous la direction du Professeur Claude Reichler | Section de français | 2008

Menée dans une approche d'histoire culturelle, la thèse prend pour objet un corpus de guides de voyage sur la Suisse entre la fin du XVIIIe et le début du XXe siècle. elle se développe selon deux axes. Le premier est une lecture littéraire (tenant compte de la bibliographie matérielle), qui cherche à comprendre les raisons et logiques du genre en s'attachant particulièrement aux formes et aux fonctions. Cette partie de la recherche n'a encore jamais été menée. Le second axe est une réflexion sur les manières de mettre en scène l'espace dans un texte. En étudiant les itinéraires de voyage en Suisse, nous avons identifié quatre grands types : le voyage en boucle (il part d'un point A pour y revenir), le voyage linéaire avec excursions, le voyage éclaté de l'ordre alphabétique, enfin le voyage par « routes », fragments d'espace que l'on combine comme on le souhaite, créant son chemin au fur et à mesure de sa progression. Chacune des formes et chacun des types ayant une histoire et des conditions de possibilités, c'est en s'appuyant sur celles-ci que nous pouvons parvenir à mieux comprendre non seulement l'évolution du voyage et de ses pratiques, mais aussi la constitution de la forme littéraire qui a l'accompagné et permis.

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"Un horizon infini. Paysage, expérience et savoir dans les voyages au Tibet de Jacques Bacot et des explorateurs français (1850-1912)" par Samuel Thévoz

Sous la direction du Professeur Claude Reichler | Section de français | 2008

La thèse se propose de mettre en valeur un corpus de récits français peu étudiés (Bacot, Bonvalot, Grenard, d'Ollone) du tournant des XIX et XXe siècles et se donne comme moyen une approche compréhensive. Une étude des modifications profondes, d'ordre épistémologique et représentationnel, du rapport que l'Europe coloniale entretient avec l'Asie entre 1850 et 1914 établit des liens précis avec les modes de perception et de représentation de l'espace ainsi qu'avec les formes de paysage mobilisées par les explorateurs et voyageurs au Tibet. En plus des récits de voyage, la recherche s'intéresse à la fiction (Verne, Segalen) et aux productions scientifiques (géographie, anthropologie) de la France de la Troisième République. Une telle approche du voyage au Tibet se doit de faire appel aussi, dans une perspective contrastive, aux voyageurs anglais. L'image homogène d'un Tibet « mythique », présente aujourd'hui à toutes les consciences, ressortit à une histoire particulièrement complexe où sont en jeu savoirs, idées, représentations et sensibilités.

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Autres thèses associées

Antonia Nessi, Fabriquer Venise: le Nouveau voyage d’Italie de F. M. Misson et l’image de la ville au XVIIIe siècle dans la littérature de voyage et les vedute gravées (1691-1788), sous la codirection de Pasacal Griener et François Rosset, Université de Neuchâtel, 2012.

Filippo Zanghi, Périphéries urbaines et voyage de proximité dans la littérature française contemporaine: une problématique paysagère?, sous la dir. de Claude Reichler, Université de Lausanne, 2012.

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