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Un doctorat, pourquoi, comment ?

Nicolas Rotman

Après des études et un doctorat en biologie moléculaire, Nicolas Rotman a rejoint l’Université de Lausanne en 2005 pour un post-doctorat, puis prend la fonction de maître assistant dans le même laboratoire. Il revient sur son parcours, en intégrant dans sa présentation des éléments issus de séminaires « career », qu’il co-organise au Centre Intégratif de Génomique.

Pour ceux qui souhaiteraient viser une carrière académique, M. Rotman indique que les docteurs effectuent entre un et trois postes en « post doctorat » avant d’accéder à des fonctions de maîtres ou professeurs, postes qui sont d’ailleurs très rares. La plupart des docteurs vont continuer à travailler dans la recherche dans des entreprises privées, où la mobilité est accrue. Le doctorat lui-même peut se faire dans le cadre d’une industrie, soumis à des éléments du marché, et avec le risque étant que le projet s’arrête brutalement.

Si le processus de la thèse est certainement la meilleure formation à la recherche, stimulante et diplômante, elle n’en reste pas moins un chemin long, très prenant, et que le succès n’est pas garanti.

Il convient dans tous les cas de figure de considérer des critères tels que :

  • les projets de recherche ou les recherches réalisés ;
  • l’affinité avec le directeur de thèse ;
  • les publications récentes ;
  • l’environnement scientifique ;
  • les contacts du directeur de thèse (quels sont les contacts avec les anciens doctorants ? avec le domaine privé ou inversement ? etc.).

Nicolas Rotman souligne les apprentissages personnels suivants :

  • le travail autonome ;
  • la collaboration à différents niveaux ;
  • la gestion de projet ;
  • l’exploration ;
  • la capacité à apprendre ;
  • la pugnacité et la confiance en soi ;
  • la communication écrite et orale ;
  • et la gestion des priorités.

Valérie-Anne Ryser

Valérie-Anne Ryser a récemment défendu sa thèse intitulée « Importance de la comparaison sociale et temporelle dans la grande vieillesse ». En se lançant dans ses études en psychologie, elle imaginait en fait devenir psychothérapeute. La licence en poche, elle entame ses recherches d’emploi et décroche, après plusieurs mois, un emploi temporaire d’assistante diplômée à l’Institut de Recherche et de Conseils dans le Domaine de la Famille à Fribourg. Elle découvre lors de cette expérience la recherche et la fonction d’assistante.

Elle effectue plusieurs années d’assistanat au sein de cet institut, avant de rejoindre le Département de Psychologie Clinique de l’Université de Fribourg puis le Centre lémanique d'étude des parcours et modes de vie des Universités de Lausanne et de Genève ou elle entreprendra sa thèse qui portera sur les processus de vieillissement.

Madame Ryser aborde la question de la postulation, en expliquant la situation particulière de la sélection à l’université. Il paraît difficile de postuler sans réseau, à moins que ce soit un professeur qui propose la voie de la thèse suite à un travail de mémoire remarqué. Elle conseille ainsi aux étudiants de penser aux thèmes sur lesquels ils pourraient travailler pendant le Master, histoire de se faire connaitre auprès d’un professeur et, dans la mesure du possible, prendre de l’avance sur le doctorat, en traitant une thématique connexe à celle possible dans une future thèse.

En ce qui concerne plus particulièrement la thèse, il convient de réfléchir à différents aspects avant d’entamer son projet. Les contraintes institutionnelles font partie du processus, le doctorant intègre en effet un système en s’engageant dans cette voie. Définir sa thématique, si possible en trouvant un équilibre entre ses intérêts et ceux du professeur, en gardant à l’esprit que plus le thème sera proche des intérêts du professeur, meilleure sera l’inscription dans un réseau de recherche. Egalement penser assez tôt au choix entre la monographie et la thèse sur articles. Savoir également si les données seront propres ou secondaires. En recherche sociale, une source primaire, c'est l'information recueillie expressément pour les fins d'une recherche et sur laquelle portera une analyse. On utilise parfois l'expression « données originales » pour désigner une source primaire. Les données secondaires sont des données que le chercheur utilise à des fins autres que celles pour lesquelles elles ont été produites en premier lieu.

Cette deuxième méthode a l’avantage de donner accès à de grands échantillons, dans des perspectives longitudinales, et d’être très formatrice en termes de méthodologie. On peut, par exemple, comparer des données issues de différents pays. Le défi à relever avec des données secondaires est la créativité. En effet, le questionnaire a déjà été réalisé, il s’agit de trouver ce qu’on veut et ce que l’on peut en faire. Ce type de données peut également être un complément à ses propres données.

Valérie-Anne Ryser estime que l’impact de la thèse sur sa vie a eu lieu à différents niveaux :

  • elle a expérimenté l’importance de l’émotionnel et de l’affect dans les relations professionnelles comme par exemple l’importance de la dynamique d’une équipe de travail solidaire et sympathique ;
  • l’indépendance dans la gestion de son temps de travail implique de trouver un moyen de se cadrer ;
  • le développement de compétences spécifiques, telles que la gestion du stress, la communication orale, le traitement statistique, le travail en solitaire, la meilleure connaissance de ses propres limites (physiques et psychiques).

Avant de se lancer dans une thèse, Madame Ryser propose notamment se pencher sur les aspects suivants :

  • la qualité du suivi ;
  • le réseau du professeur, la dynamique de son équipe de recherche ;
  • garder à l’esprit que dans la plupart des cas il s’agit d’un travail solitaire ;
  • l’endurance requise ;
  • les sacrifices envisagés (les incidences sur la sphère des loisirs, des amitiés ne sont pas des moindres à certaines périodes).

Au début du projet, elle conseille également d’élaborer un calendrier et surtout, de le faire connaître à son directeur de thèse. Enfin, Madame Ryser rappelle que c’est durant son assistanat que l’on prépare son futur, d’où la nécessité d’avoir une perspective à long terme et d’avoir conscience qu’un réseau se construit progressivement.

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Pour aller plus loin

Sur l’acquisition des données secondaires :

www.forscenter.ch

Sur les écoles d’été et les possibilités de formations statistiques :

www.unige.ch/ses/sococ/ss

Sur les financements possibles (participation à des congrès, bourses de jeunes chercheurs etc.) :

www.snf.ch

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