<a name="ancre_10"></a>Traduction

Laura Spaini, traductrice

Passionnée par les langues étrangères depuis l'école, Laura Spaini étudie le français (sa langue maternelle), l'anglais et l'italien à la Faculté des lettres de l'UNIL. Parallèlement à ses études, elle multiplie les petits boulots faisant appel à ses connaissances linguistiques : mandats de traduction, guide trilingue à l'ONU, et surtout enseignement des langues. Elle passe notamment un an en Ecosse comme assistante d'enseignement de français.

Sa licence en poche, Laura Spaini suit un cours d'allemand car elle est consciente de l'importance de cette langue pour travailler dans le secteur qu'elle vise prioritairement, la traduction. Grâce à cette mise à niveau et à sa maîtrise de l'anglais et de l'italien, elle décroche un poste dans une agence de traduction comme coordinatrice des mandats et traductrice de plusieurs langues (dont l'allemand) vers le français. Les perspectives de ce poste lui paraissent cependant limitées, en partie parce que l'allemand reste son point faible. Elle le quitte donc pour un stage de traduction à la Confédération, au Département des finances. Elle espère que ce stage, axé sur la combinaison allemand-français, lui servira de tremplin. Cela s'avère une bonne expérience, qui renforce ses compétences linguistiques et élargit son champ de spécialisation.

Après son stage, Laura trouve enfin le poste qui lui convient dans un bureau d'ingénieurs spécialisé dans le conseil en environnement et la sécurité. Cheffe de projet du secteur traduction, elle effectue des traductions spécialisées dans le domaine environnemental, aussi bien techniques que destinées à un large public. Elle traduit principalement de l'allemand, mais aussi de l'anglais vers le français et révise les traductions de l'allemand vers l'italien. Ceci implique une bonne collaboration avec ses collègues ingénieurs. Elle gère également les contacts avec les traducteurs externes, tient à jour les glossaires et prend en charge diverses tâches administratives. Employée à temps partiel, elle suit un complément de licence en allemand à l'UNIL afin d'améliorer sa connaissance de cette langue et de sa culture, dans un but de perfectionnement professionnel.

Quelques conseils

L'allemand est-il indispensable pour travailler dans la traduction en Suisse ?

"L'allemand est très important pour les traducteurs francophones en Suisse. En effet, 90% des offres d'emploi concernent des personnes traduisant de l'allemand vers le français. La combinaison anglais-français n'est pas très recherchée, si ce n'est dans les organisations internationales basées à Genève, mais il y a tellement de concurrence qu'il est difficile de s'y faire une place."

"C'est d'ailleurs le fait de n'avoir ni étudié l'allemand à l'uni, ni vécu dans un pays germanophone qui m'a posé le plus de problèmes dans ma recherche d'emploi ainsi qu'à mes débuts. J'étais moins à l'aise que mes collègues dans cette langue, ce qui me complexait et m'empêchait parfois de poser des questions. J'étais aussi plus lente. Or la rapidité est un facteur important en traduction. En effet, le processus de recrutement commence toujours par un test. J'ai très souvent été éliminée par le résultat du test avant l'entretien, ce que j'attribue principalement à ma lenteur. J'ai donc décidé de faire un complément de licence en allemand afin de combler mes lacunes dans cette langue, et depuis, je me sens beaucoup plus à l'aise avec les clients. J'ai pris de l'assurance, ce qui a aussi amélioré la qualité de mes traductions."

L'informatique est-elle incontournable pour traduire aujourd'hui ?

"L'informatique prend clairement de plus en plus d'importance. La majorité des traducteurs se servent maintenant de logiciels d'aide à la traduction, principalement pour conserver les traductions déjà effectées. La maîtrise d'Internet est indispensable. De plus, dans les domaines techniques surtout, les traducteurs sont parfois amenés à utiliser ou créer des glossaires ou des fiches terminologiques, ce qui peut déplaire aux gens très axés sur le rédactionnel mais est néanmoins nécessaire."

Quelles expériences vous ont été le plus utile dans votre parcours professionnel ?

"Mes études de lettres m'ont été très utiles de par le sens de la langue et les qualités rédactionnelles qu'elles m'ont procurés. Les expériences professionnelles que j'ai accumulées en-dehors des études ont été importantes aussi, car elles m'ont permis de couper court au reproche du manque d'expérience fréquent quand on se lance dans la vie professionnelle. Le fait d'avoir déjà des traductions à mon actif, même peu nombreuses, m'a aidée à mettre le pied à l'étrier."

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés désireux de devenir traducteurs ?

"Avant tout, je conseillerais aux jeunes diplômés universitaires qui désirent se lancer dans la traduction de garder un filet de sécurité au cas où cela ne marcherait pas. Quand on n'a pas fait d'études de traduction, on aborde ce secteur par des chemins de traverse, ce qui peut marcher mais sera forcément plus compliqué. Il faut donc se laisser une autre possibilité. Ainsi, j'ai toujours gardé en tête que si je ne trouvais pas de travail dans les secteurs qui m'attiraient le plus, je me tournerais vers l'enseignement auquel j'aurais facilement accès vu ma formation et mon expérience."

"Pour mettre toutes les chances de son côté, je recommande les formations continues en traduction si on peut se le permettre. Il est aussi important de se laisser du temps pour faire de bonnes postulations sans trop de pression, d'analyser ses points faibles et de tout faire pour les combler. Un passage au Service d'orientation et conseil peut se révéler très utile, aussi bien pour définir les fonctions pour lesquelles on postulera que pour optimiser ses techniques de recherche d'emploi et son dossier de candidature."

Quel est le profil d'un bon traducteur ?

"Avant tout, un traducteur se doit de parfaitement maîtriser la langue-cible, celle dans laquelle il traduira, et de faire preuve d'une grande aisance rédactionnelle dans cette langue. Ensuite, bien sûr, il faut d'excellentes connaisances de la langue-source, celle à partir de laquelle on traduit. Le traducteur doit également être pointilleux, voire perfectionniste. Un intérêt pour le domaine dans lequel on traduit est indispensable, surtout lorsqu'on fait de la traduction technique. Dans le cas contraire, on risque de s'ennuyer rapidement. Un bon traducteur est aussi ouvert à la culture de l'autre et capable de la reformuler dans sa langue. Il ne craint pas les contacts. Pour bien traduire, il faut en effet communiquer, ne pas hésiter à poser des questions à l'auteur du texte ou à des experts, même si cela implique de lutter contre une certaine timidité. Enfin, il doit pouvoir se mettre à la place de son lecteur et adapter son texte au public-cible."

Recherche:
 dans ce site:
   
   
 Go
 
rss/atom
youtube  facebook  twitter  instagram  linkedin  google 

Pour aller plus loin

Domaines d'activités ? Fonctions ? Marché de l'emploi ? Découvrez notre dossier emploi sur le secteur de la communication pour en connaître les spécificités.

Unicentre  -  CH-1015 Lausanne  -  Suisse  -  Tél. +41 21 69221 30
Swiss University