Et vous, comment avez-vous choisi vos études ?

Etienne Guilloud, Baccalauréat universitaire en Théologie

Des mathématiques à la théologie...

Mon parcours académique a démarré par deux ans en Mathématiques à l’EPFL, qui se sont soldés par une grande déception. En effet, j’ai d’une part eu beaucoup de peine à accepter d’appliquer des concepts sans disposer des outils permettant de les comprendre. Et d’autre part, j’ai eu l’impression de me retrouver face à un savoir sculpté dans un bloc de granit, ce qui ne correspondait pas à ma vision d’une connaissance encore à bâtir et à remodeler. En conséquence, ma réorientation était motivée par un basculement depuis les sciences dites dures vers les sciences humaines.

Le choix particulier de la théologie était surtout une réponse à une soif d’apprendre et de comprendre comment le rapport que les humains entretiennent avec une forme de transcendance façonne une vision du monde ainsi que la place de l’homme dans ce monde.

Une discipline méconnue et faisant l’objet d’un certain nombre d’idées reçues

La théologie est entourée d’une aura de mystère mêlée d’interrogation. En effet, malgré l’ancienneté et la maturité de la discipline, la théologie semble être sans cesse en tension entre deux identités. Certains la considèrent comme un «cimetière de la foi», une recherche stérile sur la religion, tandis que d’autres s’imaginent que l’on passe notre journée à prier et que l’enseignement consiste à attendre qu’une nouvelle table de la loi tombe du ciel ! En réalité, ce qui, à mon sens, fait la force de la théologie est sa capacité à se passer d’une définition précise qui l’enfermerait dans un carcan idéologique, au profit d’une ouverture à d’autres disciplines telles que l’histoire, la philosophie ou encore la sociologie.

Cet aspect « caméléon » de la théologie permet de développer un savoir interdisciplinaire qui donne peut-être le vertige, mais qui a le mérite de valoriser au maximum l’ouverture d’esprit, la curiosité et la remise en question. Cette formation ouvre un horizon large et les débouchés sont nombreux : recherche, pastorat, journalisme, ainsi que toutes les professions ayant trait aux sciences humaines de manière générale.

Un enseignement personnalisé

Étant donné que nous sommes très peu d’étudiants en théologie, nous bénéficions d’un rapport privilégié avec les professeurs et d’un réel encadrement. L’enseignement personnalisé constitue un avantage précieux qui permet de rapidement dépasser un savoir purement descriptif au profit d’un savoir spéculatif. En outre, le petit nombre d’étudiants fait qu’une grande complicité s’installe entre nous, nous nous connaissons tous très bien. Le fait d’avoir tous des parcours différents (beaucoup se lancent dans ces études en deuxième formation ou après avoir travaillé) représente une grande richesse car on est en contact avec des gens qui ont plus d’expérience et qui intègrent un vécu issu du terrain à leur quête intellectuelle.

Une de mes grandes craintes au début de mes études était de ne pas réussir à convertir mon esprit cartésien aux sciences humaines, mais je dois avouer avoir été positivement surpris de constater que l’approche théologique du savoir est finalement très proche de celles des sciences dures cherchant à faire jaillir l’inconnu du connu.

 


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