Photographier des paysages sociaux: usages sociologiques de la photographie de rue
Sociologie de l’image - LABSO
Le cours de Sociologie de l’image II est un enseignement de niveau Master proposant aux étudiant-e-s de se familiariser avec le recours aux images en tant que méthode de recherche en sciences sociales. Autour de l’objectif de produire et analyser des données visuelles, le cours se déroulera par la réalisation d’une recherche collective portant sur la rue et les formes observables de vie sociale qui y prennent place. Le domaine d’observation privilégié est constitué par les interactions en rue, autour notamment d’activités mettant en coprésence des personnes aux implications variées, du simple passant jusqu'au travailleur de rue. La démarche photographique demandée aux participant-e-s portera donc l’attention sur les formes ordinaires de la sociabilité en rue et les paysages sociaux de la ville. Les méthodes de la sociologie visuelle et l’instrumentation photographique invitent ainsi à porter le regard sur des situations parfois négligées dans les considérations sur la vie sociale urbaine.
La photographie de rue, artistique ou documentaire, a développé des techniques concrètes pour mettre en évidence les détails des pratiques ordinaires en rue. Elle a notamment attiré l’attention sur la rue en tant qu’espace de présentation de soi, rejoignant ainsi des questionnements sociologiques. Le cours proposera donc une réflexion sur la manière dont la sociologie peut réinvestir ce domaine de la pratique photographique. Ce regard sociologique porté sur la photographie de rue vise entre autres à considérer comment la visibilité des espaces publics, les contraintes et civilités qui y sont rattachées, sont des construits sociaux qui peuvent être interrogés par le moyen des images.
Cette étude visuelle des usages sociaux de la rue essayera de combiner approches historiques et ethnographiques. Afin d’historiciser leur terrain, les étudiant-e-s pourront notamment accéder au fonds photographique Edipresse, conservé par les Archives Cantonales Vaudoises (ACV). À partir de cette base iconographique, particulièrement la partie consacrée à la ville de Lausanne, il sera possible de réfléchir à des traditions de mise en image et à un imaginaire de la rue. En allant également sur place, dans une démarche ethnographique, les participant-e-s seront amenés à s’interroger sur les manières d’introduire les images dans leur démarche scientifique, notamment lors de la restitution des résultats.
L’observation directe, la prise de vue photographique et la consultation d’archives iconographiques constitueront ainsi trois ressources pour rendre compte de situations en rue, mais aussi pour réfléchir aux manières pour le chercheur d’intégrer les données visuelles à son travail.
Le cours profitera également de la création d’un espace internet multimédia permettant aux participant-e-s de dialoguer en ligne de manière interactive par les textes et les images. Cet espace web est élaboré avec le soutien de l’Unicom et du Fonds d’innovation pédagogique de l’Université.
Responables :
Gianni Haver (gianni.haver@unil.ch) ;
Michaël Meyer (michael.meyer@unil.ch)
Les collections photographiques d’Edipresse Publications SA, aux Archives cantonales vaudoises (ACV, PP 886)
Les Archives cantonales vaudoises ont accueilli, sous forme de donation, le 13 décembre 2007, 149 mètres linéaires de dossiers de photographies pour 200 000 clichés, relatifs en principe au canton de Vaud et provenant du service de documentation image de la société Edipresse Publications SA, éditrice notamment des principaux quotidiens paraissant dans le canton de Vaud, 24 heures entre 1762 et 1973, Feuille d’avis de Lausanne), et Le Matin (précédemment Tribune de Lausanne, puis Tribune de Lausanne-le Matin, puis Tribune-le Matin). Depuis, le 5 novembre 2008, elles ont ouvert au public l’ensemble des collections.
Il s’agit en grande majorité de tirages positifs noir-blanc, avec également des diapositives couleur et des négatifs noir-blanc, très exceptionnellement des tirages positifs couleur. La plupart de ces images ont été réalisée entre 1960 et 1998, un certain nombre à des dates inconnues, dès 1946 au moins environ. Chaque photographie témoignage d’un moment de l’histoire vaudoise et chacune rappelle des moments vécus ou racontés Elle porte à son dos des dates de publication, des légendes, des formats de publications. De grands noms de la photographie soient associés à ce patrimoine photographique : Alain Ogheri, Jean-Jacques Laeser, Jean-Pierre Grisel, Marcel Imsand.
Les thèmes suivants sont essentiellement les suivants :
- personnalités de la politique, de l’administration, des médias, du monde culturel, de l’enseignement, du sport ;etc.
- professions
- entreprises et institutions
- villes et villages
- urbanisme
- nature, sociétés, etc.
- événements (célébrations, faits divers marquants, etc.)
Ces photographies sont surtout là pour donner envie d’en voir d’autres et de découvrir des tranches de vie, des instants magiques, un village ou une rue d’il y a 40 ans.
Gilbert Coutaz, directeur des ACV






