Formation et persistance des croyances

La croyance

Nous autres, êtres humains, sommes indéniablement enclins à croire en des choses infondées (sans preuve scientifique). Beaucoup d'entre nous croient, par exemple, en un, voire plusieurs dieux, en l’existence de pouvoirs surnaturels, ou encore mettent en place des rituels et des comportements superstitieux. D’autres dépensent volontiers de l'argent pour des procédures de santé dont l’efficacité n’a pas été vérifiée scientifiquement, car ils croient dur comme fer en leur efficacité. Nous savons que de telles croyances sont associées à des caractéristiques particulières de personnalité et également à des biais cognitifs. Cependant, les études effectuées chez les adultes sur ce sujet sont en grande partie corrélatives et ne traitent donc pas de la notion de causalité. Autrement dit ; est-ce la personnalité et/ou les biais cognitifs qui conduisent à des croyances, ou vice versa. En somme, nous ne nous intéressons pas uniquement aux relations entre les traits de personnalité liés à la croyance et les biais cognitifs, mais également à la causalité de ces relations. Pour se faire, nous effectuons des recherches afin d’identifier comment et dans quelle mesure l'exposition aux tours de magie (en tant qu’événement ‘hors du commun’) interagirait avec les traits de personnalité et les biais cognitifs liés à la croyance.  

Quelques exemples de publications:

Brugger, P., & Mohr, C. (2008). The paranormal mind: How the study of anomalous experiences and beliefs may inform cognitive neuroscience. Cortex, 44(10), 1291-1298.

Leddington, J. (2016). The experience of magic. The Journal of Aesthetics and Art Criticism, 74(3), 253-264.

Mohr, C., Koutrakis, N., & Kuhn, G. (2014). Priming psychic and conjuring abilities of a magic demonstration influences event interpretation and random number generation biases.
 

Collaborateures du CARLA :
Elise Dan-Glauser
Lise Lesaffre
Christine Mohr
Simon Thuillard

Collaborateurs externes :
Trix Cacchione
Amory Danek
Nikolaos Koutrakis
Gustav Kuhn

Des croyances à l'effet placebo

La formation et la maintenance des croyances représentent des mécanismes indispensables à l’apparition des effets placébo et nocébo. À partir de ces croyances, les individus tendent à développer des attentes. Ces mêmes attentes leur permettent de faire des prédictions sur le comportement à adopter dans chaque situation, un phénomène qui est modulé par les stimuli provenant du contexte extérieur. Les effets placébo et nocébo, provoqués soit par une substance inerte (par ex., une pilule contenant du sucre) ou par une fausse procédure (par ex., une fausse séance d’acupuncture), ont été étudiés en détails dans le cadre clinique, avec un accent tout particulier sur l’analgésie et l’hyperalgésie induite par placébo-nocébo. Ainsi, le but de notre recherche est d’investiguer les effets placébo et nocébo dans multitude de contexte allant de i) phénomènes sociétaux liés aux dangers des nouvelles technologies, promu par les médias, ii) aux propriétés augmentant les performances cognitives attribuées aux psychostimulants et iii) aux interventions réduisant la douleur chez les patients atteints de douleurs chroniques, en collaboration avec la Dre. Chantal Berna, Cheffe de clinique du Centre d’Antalgie, Sevice d’Anesthésiologie, au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (CHUV). Nous planifions de conduire ces expériences en faisant usage de plusieurs designs expérimentaux dont le rigoureux Balanced Placebo Design comprenant 4 conditions, ce qui nous permettra de faire la distinction entre l’effet psychologique et purement pharmacologique/physique d’une intervention et l’impact des croyances et des attentes en ce qui concerne l’intervention en cours. Ainsi, nous serons capables de déterminer si les effets placébo et nocébo en lien avec ces interventions peuvent être attribués aux mécanismes en lien avec les conséquences des interventions (par ex., les croyances, attentes) ou alors à l’influence directe de ce que l’on suppose être responsable de l’intervention (par ex., la lumière bleu, l’effet pharmacologique d’une substance). À cette fin, nous allons aborder cette question en utilisant des techniques multimodales allant de mesures psychologiques (par ex. questionnaires, tâches cognitives), physiologiques (par ex. biomarqueurs) à des analyses neurophysiologiques (par ex. électroencéphalographie). 

Collaborateurs du CARLA
Corentin Wicht
Christine Mohr

Collaborateurs externes
Dr Chantal Berna (CHUV)
MD Dr Joelle Chabwine (UNIFR)
 

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