Molière au cinéma

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Molière incarné par Tchéky Karyo dans Le Roi danse

Le Molière imaginaire : du théâtre au cinéma

Rétrospective à la Cinémathèque suisse, dirigée par Valentine Robert et Lise Michel
Du 8 novembre au 29 décembre 2022

Dans le cadre du 400e anniversaire de la naissance de Molière et en lien avec un séminaire donné à l'Université de Lausanne, la Cinémathèque suisse et le Centre d’études théâtrales de l’UNIL s’associent pour proposer une rétrospective sur Molière au cinéma.

Loin de s’en tenir à des captations de mises en scène, le cinéma s’est emparé de l’œuvre de Molière pour en exploiter, avec ses propres moyens, les potentialités spectaculaires et interprétatives. Les adaptations de ses pièces s’inscrivent au cœur d’un échange dynamique entre littérature, théâtre et cinéma. Le personnage même de Molière a fasciné les scénaristes français, et dès le début du XXe siècle, l’assimilation entre sa vie et son œuvre a été l’un des terrains de prédilection de réécritures textuelles et de fantasmes biographiques. Ces biopics ont participé à construire une véritable mythologie de l’histoire du théâtre.

La sélection présentée à la Cinémathèque suisse vise à mettre en lumière toute la richesse et la diversité des productions cinématographiques dérivées de l’œuvre de Molière. Elle inclut à la fois des films inspirés par la vie de l’auteur, des adaptations de ses textes, et des productions racontant la mise en scène de ses pièces. Les films présentés traversent tous les genres et toute l’histoire du cinéma, depuis des productions des premiers temps redécouvertes dans les archives françaises, jusqu’aux créations les plus contemporaines qui mettent Alceste à bicyclette ou Romain Duris en perruque. On y explorera des propositions aussi diverses que le Tartuffe expressionniste de Murnau ou celui, troublant, de Depardieu d’après Lassalle, le Dandin politisé de Planchon, l’Avare forcené de De Funès ou le Malade imaginaire -et néanmoins prosaïque- de Tonino Cervi. On découvrira le rêve de Roger Vadim d’un Don Juan au féminin incarné par Brigitte Bardot, en regard de celui qu’interprète Piccoli dans la version de Marcel Bluwal. On pourra comparer la figure de Molière telle qu’elle a été vue par Mnouchkine, Corbiau, Tirard, ou même Robert Wilson dans une Vie de Molière expérimentale dont la photographie est signée par Renato Berta. Le cinéma suisse sera d’ailleurs à l’honneur avec la présentation du film du réalisateur et photographe Yvan Dalain qui relève le pari de faire jouer Molière «avec l’accent vaudois».

Les séances de la rétrospective seront introduites par des étudiant·e·s de l’UNIL.

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Séance inaugurale

Mardi 8 novembre à 18h30 au Casino de Montbenon, salle Paderewski

La séance inaugurale de la rétrospective sur Molière au cinéma sera présentée par Valentine Robert et Lise Michel, et accompagnée en live au piano par Enrico Camponovo. Elle mettra en lumière les appropriations de Molière dans le cinéma des premiers temps, avec la projection exceptionnelle de quatre courts-métrages. Le tout premier biopic sur Molière, réalisé en 1910 par Léonce Perret, coécrit par Feuillade et Abel Gance (qui y incarne le jeune Molière), marque l’entrée dans l’histoire du cinéma d’un Molière imaginaire, nourri par les représentations historiques et scéniques, littéraires et picturales. La production du Film d’art Les Précieuses ridicules, réalisée par le sociétaire de la Comédie française Georges Berr, révèle ce que pouvait être une adaptation de Molière à l’heure où le cinéma s’exprimait par tableaux et intertitres. Le documentaire Molière, sa vie, son œuvre de 1922 montre que le cinéma est d’emblée utilisé pour «enseigner» Molière, en proposant notamment une savoureuse anthologie filmique de scènes «clés» de ses pièces. Enfin Max médecin malgré lui de Max Linder nous prouvera que le cinéma comique émergent garde Molière en héritage –et sait lui rendre hommage.