2013

2013 - Processus de légitimation entre politique et religion
 

2013 - Processus de légitimation entre politique et religion

 

Affiche_Colloque_2013-resize361x512.jpg

 

Jeudi 28 et vendredi 29 novembre 2013, Geopolis, Salle 2114

Colloque international organisé par le Département interfacultaire d'histoire et sciences des religions (DIHSR) et l'institut Religions, Cultures, Modernité (IRCM) de l'Université de Lausanne.

Avec les interventions d'Emilio Gentile, Georges Corm, Nicola Gasbarro, Jean-Pierre Dozon, Johann Chapoutot, Jesus Garcia-Ruiz, Joël Thoraval, Mondher Kilani, Antoinette Molinié, Pauline Guedj et Alexis Martig.

Discutant-e-s: Silvia Mancini, Raphaël Rousseleau, Jacques Erhenfreund.

Colloque organisé avec le soutien de la Faculté de théologie et sciences des religions (FTSR) de l'Université de Lausanne, de la Fondation du 450e de L'université de Lausanne et du Fond National Suisse pour la Recherche Scientifique.

 

Argumentaire du colloque

Depuis quelques années, l’anthropologie et l’histoire se penchent systématiquement sur les nouvelles formes du politique qui s'affirment en Europe et ailleurs, et dont ces disciplines s'emploient à répertorier les aspects et les singularités. Elles le font toutefois, souvent, en isolant de ces formes (du politique) les éventuels éléments ‘religieux’ qui semblent s’y mêler, dans le but de les aborder dans leur essence la plus ‘épurée’. Les connotations religieuses que discours, pratiques et institutions politiques véhiculent pourtant sont interprétées comme de simples ‘expédients’, significatifs mais négligeables, mis au point par tel ou tel pouvoir en présence afin de se légitimer symboliquement. En amont de cette tendance, qui consiste à dissocier a priori le politique et le religieux, agit sans doute notre habitus culturel soumis à un double conditionnement. D’abord, la conception, influencée par la théologie chrétienne, qui sépare l’ordre des relations homme/Dieu, d’une part ; et l’ordre des relations des hommes entre eux, d'autre part. Ensuite, une tendance moderne à penser Église et État en termes de concurrence, sinon d’opposition.
Sans sous-estimer la valeur et la fécondité de ces approches, l’Institut Religion, Culture, Modernité se propose de revenir sur la question de l’articulation de ces deux sphères que sont le politique et le religieux. Et cela, en gardant davantage à l’esprit les multiples horizons ouverts, par exemple, par les travaux pionniers d’Emilio Gentile sur les « religions de la politique », mais aussi par la littérature anthropologique inaugurée, dans les années 60, par les travaux de Vittorio Lanternari sur les millénarismes politiques du Tiers Monde, ou encore par ceux, plus théoriques, consacrés aux relations entre messianismes et projets révolutionnaires.
La perspective choisie pour notre entreprise ne vise guère, bien entendu, à débusquer ‘du religieux’ partout. Il s'agit, bien plutôt, d'interroger, en évitant toute analogie simpliste, et en les prenant davantage au sérieux, les pratiques, les codes symboliques, les rhétoriques, les dispositifs liturgiques, les topoï argumentatifs, les imaginaires qui accompagnent les prises de pouvoir et son maintien. Car ce sont, après tout, ces aspects ‘idéels’ qui gagnent l’adhésion des individus.

En prenant appui sur les réflexions d’Emilio Gentile, la première session du colloque sera consacrée aux religions du politique, c’est-à-dire, aux formes de ‘légitimation’ des régimes totalitaires qui cherchent à imposer leurs normes idéologiques et leur ‘horizon de sens’ (souvent assorti d’une rhétorique sotériologique s’achevant par le sacrifice) à chacun de leurs sujets. Ces formes de sacralisation du politique recourent souvent à la violence, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’État. S’inscrivant dans la modernité et dans la perspective ouverte par la « religion civile » de Rousseau, ces formes s’en distinguent toutefois par leur radicalisation intégrale, totalitaire, du politique. C'est ainsi que les exemples retenus ici concerneront le fascisme, le nazisme et le ‘maoïsme’ chinois.
Pour faire écho à cette perspective, la seconde session se portera sur la politique des religions, comprise dans deux sens différents. D’abord, en tant qu’expression de l’instrumentalisation des processus et des organisations politiques de la part d’institutions implicitement ou explicitement religieuses. Ensuite, en tant que recours à un usage stratégique de l’argument religieux (sur le modèle « choc des civilisations », ou « retour du religieux ») à des fins politiques.
La troisième session, enfin, s’intéressera aux tentatives de dépassement des cadres étatiques nationaux et des Églises, par le recours à des perspectives utopiques et/ou cosmopolitiques cherchant à fonder un ordre du monde alternatif. Seront ici traités certains messianismes latino-américains ; les discours politico-utopiques ayant comme référence la ‘Terre-mère’ ou le ‘buen vivir’ comme horizon de sens collectif, etc. – ou a contrario, une définition du capitalisme compris comme machinerie totalitaire assujettissante.

Silvia Mancini et Raphaël Rousseleau
 

Organisation

Silvia Mancini, Raphaël Rousseleau, Frédéric Richard


Renseignements

Département interfacultaire d'histoire et sciences des religions
Bâtiment Anthropole
1015 Lausanne
021 692 2739
coordination.dihsr@unil.ch

 

Téléchargez le programme ici:

Partagez: