Programme Doctoral Romand en Histoire et Sciences des Religions

Programme Doctoral romand en Histoire et Sciences des Religions (PDHSR) | 1. Thématique de recherche pérenne | 2. Public de doctorant-e-s concerné | 3. Institutions concernées | 4. Comité scientifique de direction | 5. Objectifs de formation | 6. Activités projetées | Annexe 1. Règlement du Comité scientifique de Direction
 

Programme Doctoral romand en Histoire et Sciences des Religions (PDHSR)

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Journée inaugurale du PDHSR: Jeudi 19 septembre 2013, Anthropole, salle 5021

  

Suite à l’appel d’offres pour des projets d’écoles doctorales, lancé par la Conférence Universitaire de Suisse Occidentale (CUSO), des membres de la Faculté de Théologie et de Sciences des Religions (FTSR) de Lausanne (dont Silvia Mancini) ont proposé de créer une école doctorale en sciences des religions, distincte de celle existant en théologie (existant depuis 2006). La tentative n’avait cependant pas pu aboutir, en raison du processus de réorganisation de la Faculté, désormais achevé. Le projet a été relancé en 2011, par les doctorants d’une part, et par M. le Recteur de l’Université de Lausanne et le nouveau décanat de la FTSR d’autre part. Si le conseil de la CUSO n’a pas encore retenu ce projet comme prioritaire pour 2014-15, il est désormais considéré d’actualité.
Nouveau professeur à la FTSR, R. Rousseleau est chargé d’organiser le projet. Après discussions avec différents responsables, il est apparu que le dicastère Relève académique au rectorat de l’UNIL pourrait aider au lancement des activités d’un Programme Doctoral en Histoire et sciences des religions (PDHSR) dans l’optique qu’il soit prêt pour intégrer ensuite les programmes gérés par la CUSO. Pour cela, ce programme doit néanmoins respecter les directives requises par la CUSO, qui sont les suivantes:

être organisé autour d’une thématique de recherche pérenne;
viser un minimum de 20 doctorant-e-s;
être organisé avec au moins deux autres institutions universitaires;
être piloté et dirigé par un comité scientifique;
offrir un encadrement structuré aux doctorant-e-s, contribuant à leur socialisation scientifique, valorisant notamment les compétences transversales, etc.
Le présent projet reprend ces différents points, afin de montrer qu’il remplit les conditions nécessaires à son bon fonctionnement. Il synthétise aussi les conclusions de la première réunion d’organisation, qui a eu lieu le 19 mars 2013, à Lausanne. 

1. Thématique de recherche pérenne

Historiquement, en Europe, l’étude des religions s’est d’abord développée à l’intérieur de la théologie chrétienne. A partir du XVIe siècle, la prise en compte de la diversité et de la complexité des ‘religions’ hors de ce cadre axiologique a toutefois fait émerger des recherches comparatives, qui ont donné naissance à l’histoire des religions comme discipline au XIXe siècle. Depuis lors, cette discipline historique et à vocation comparative a intégré l’apport des différentes sciences sociales, et leur regard décentré sur l’objet même de ‘la religion’. Comme l’a bien résumé l’indianiste Charles Malamoud : "Cette prise de conscience transforme "l’histoire des religions" en un faisceau de "sciences religieuses" dont les unes ne sont que l’application de la méthode historique et philologique à des documents dont on admet par avance qu’ils sont "religieux", tandis que d’autres, parmi ces méthodes d’investigation, relèvent d’une anthropologie fortement travaillée par la psychologie, la théorie de la connaissance et la linguistique (…)."
Pour étendre le propos plus largement, les sciences des religions démultiplient la tâche de l’histoire des religions, en apportant les méthodes des sciences sociales à la compréhension d’un sujet d’étude complexe. La notion de religion demande toujours à être contextualisée, mais sa pertinence demeure à un niveau pragmatique, dans les débats de la société civile contemporaine, qu’il s’agisse de pluriconfessionnalité, des rapports entre Etats et Eglises ou encore entre héritages culturels et ‘traditions religieuses’. Les sciences des religions portent donc ce relativisme dans leur histoire même et dans leurs méthodes, tout en s’attachant à répondre aux questions de sens commun des citoyens.
De la même façon, les universités partenaires du projet (Fribourg, Genève, Lausanne) comptent précisément des départements ou unités déjà reconnus pour leurs spécialisations en histoire et/ou sciences des religions, et pour le dialogue qu’elles ont su instaurer entre les approches philologiques et archéologiques (de type sciences humaines) et les approches socio-anthropologiques (de type sciences sociales).
Ces dialogues seront particulièrement mis en valeur à travers des axes de recherches transversaux, tels que, par exemple :

la problématique de genre,
les processus de canonisation d’une tradition,
l’examen critique d’auteurs ou de notions clés dans l’histoire de la discipline,
les conditions d’une saine comparaison, etc.
D’un point de vue institutionnel, ce programme doctoral complète utilement le dispositif comptant le Département Interfacultaire d’Histoire et Sciences des Religions de l’Unil, à l’interne, et la Société Suisse de Sciences des Religions, à l’externe (qui rassemble surtout des chercheurs et doctorants de Suisse alémanique).
En conclusion, le programme doctoral en histoire et sciences des religions (PDHSR) témoigne nécessairement d’une diversité d’approches et d’orientations disciplinaires, mais unis par leur reconnaissance de la complexité des définitions du religieux dans ses articulations au social. Au-delà de compétences spécifiques sur une époque ou une aire culturelle, il s’agira de faire acquérir aux doctorants cette capacité à problématiser des débats dont l’actualité ne doit pas faire oublier la profondeur. Enfin, ce programme permettra d’envisager très concrètement la comparaison entre domaines et périodes, qui reste l’horizon de la discipline.
 

2. Public de doctorant-e-s concerné

Le public de doctorant-e-s visé-e-s (et associé-e-s au programme par leur superviseur de thèse) dépasse largement la vingtaine :

à l’Université de Lausanne, la FTSR réunit une trentaine de doctorant-e-s en "sciences des religions" entre ses trois Instituts (IRCM: 13; IRSB: 7; ISSRC: 17), et l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité (de la Faculté des Lettres) de nombreux autres (la liste s’étendra aux étudiants intéressés du Département d’études des langues orientales);
à l’Université de Fribourg, la Faculté de Sciences des religions compte 7 doctorant-e-s;
à l’Université de Genève, l’Unité d’histoire des religions du Département des sciences de l’Antiquité, de la Faculté des Lettres, rassemble actuellement 4 doctorant-e-s, mais l’Unité est en phase de transition, due à un nouveau recrutement (et il est possible que d’autres Unités s’agrègent au Programme dans l’avenir).  

3. Institutions concernées

  • Université de Fribourg (UniFr), avec la Chaire de Sciences des religions de la Faculté des Lettres.
  • Université de Genève (UniGe), avec l’Unité d’histoire des religions du Département des sciences de l’Antiquité de la Faculté des Lettres.
  • Université de Lausanne (UniL), avec les trois Instituts (IRCM, IRSB, ISSRC) de la Faculté de Théologie et de Sciences des Religions, l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité de la Faculté des Lettres.
     

 

4. Comité scientifique de direction

La réunion fondatrice du 19 mars 2013 a constitué le premier comité scientifique, destiné à piloter et diriger le Programme doctoral. Ce comité compte les Professeurs des trois universités nécessaires, ainsi que leurs doctorants respectifs - ainsi que, dans cette phase organisatrice initiale, M. Jörg Stolz, Professeur ordinaire ISSRC, en tant que doyen de la Faculté de théologie et sciences des religions.

Corps professoral
UniFr: François Gauthier, Professeur associé en sciences des religions.
UniGe: Francesca Prescendi, Professeure associée suppléante, Unité d’histoire des religions, Département des sciences de l’Antiquité, Faculté des Lettres.
UniL: Raphaël Rousseleau, Professeur ordinaire, Institut Religions, Culture, Modernité (IRCM), Faculté de théologie et sciences des religions et David Bouvier, Professeur ordinaire, Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité, Faculté des Lettres.

Corps doctoral
UniFr: Géraldine Casutt et Diletta Guigi, sciences des religions, Faculté des Lettres.
UniGe: Aurore Schwab et Marc Kolakowski, Unité d’histoire des religions, Département des sciences de l’Antiquité, Faculté des Lettres.
UniL: Frédéric Richard (IRCM), Faculté de théologie et sciences des religions ; Ombretta Cesca, Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité, Faculté des Lettres. (Suppléante : Appoline Tromas, IRSB, FTSR). 

5. Objectifs de formation

Il s’agit d’abord de créer et maintenir un tissu de socialisation scientifique et d’encadrement des doctorants dans la maîtrise pratique de leur ‘métier’ intellectuel, ainsi qu’un réseau de diffusion, où ils peuvent trouver des réponses à leurs interrogations (formations, subsides, etc.).
Ce but sera réalisé en premier lieu par la mise en réseau des doctorants des facultés partenaires, afin de constituer une liste de diffusion des informations. Ce réseau permet de coordonner et rassembler les souhaits des doctorants quant aux activités du Programme.
Les activités du Programme leur permettront ensuite d’aborder le milieu académique en étant mieux armés, et de développer et valoriser davantage les compétences transversales acquises, ‘transférables’ aussi dans un milieu professionnel différent.
 

6. Activités projetées

Les activités envisagées se divisent en trois principaux évènements répartis sur les deux semestres (pour une durée maximale de 15 jours):
L’organisation et la localisation des ateliers changeront à tour de rôle. L’organisation sera à la charge des membres de l’université/faculté locale, porteuse du projet, avec l’aide et le conseil du bureau du PDHSR.

6.1. Un atelier La thèse en pratique (insistant sur les compétences pratiques et transférables)

ateliers d’écriture/rédaction de la thèse, d’article, d’un CV, de candidatures diverses, etc.
ateliers de présentations orales: communication générale (savoir se présenter, discours, postures); préparer une soutenance/leçon, workshop, summer schools, communication dans des conférences, etc.
expériences personnelles, forum de questions et mises en commun des ressources documentaires et économiques, etc.
Cet atelier pourra être l’occasion d’une rencontre plus informelle avec un invité qui parlerait davantage de son parcours personnel, et/ou le lieu d’interactions avec la société civile, par le biais d’invitation de journalistes, institutions diverses, ONG, potentiellement employeurs, etc.

6.2. Une Journée des doctorant-e-s

On privilégiera ici les exposés de travaux en cours (par exemple pour des articles ou des sous-parties de thèse) par quelques doctorants avancés, avec des répondants des universités concernées, travaillant sur des thèmes proches.

6.3. Conférence-atelier (méthodologie, thématiques et théories transversales)

Il s’agit d’un atelier thématique, ouvert par la conférence d’un invité spécialiste du domaine.
Cette journée portera sur un sujet potentiellement transversal, telle que:

des théories ou méthodes en débat (par exemple, les conditions du comparatisme, ou les définitions du ‘fait religieux’);
des thématiques (par exemple, la problématique de genre, les processus de canonisation d’une tradition, les prophétismes, etc.);
des notions ou des auteurs cruciaux dans l’histoire de la discipline, etc.
Les propositions d’ateliers doivent être portées par au moins 5 doctorant-e-s, pour permettre à un maximum de doctorant-e-s d’intervenir, ainsi que garantir un public minimum. Les propositions sont circulées par le réseau de diffusion, et appel à contributions. Ces présentations, revues et corrigées, seront publiées sous forme d’Annales du Programme doctoral, regroupant donc quasi-exclusivement des contributions de doctorant-e-s ou post-doctorant-e-s. Les enseignant-e-s contribueront par leurs interventions, discussions et réponses aux questions des doctorant-e-s.

Le début effectif des activités du PDHSR est proposé pour Janvier 2014. Le Comité propose cependant un atelier inaugural dès fin septembre 2013, profitant de la venue d’un invité de Chicago, internationalement reconnu dans le domaine de l’Histoire des Religions, conférence suivie des présentations brèves (5 minutes environ) des sujets de recherche des doctorant-e-s inscrit-e-s. Ce format permettra aux doctorant-e-s de synthétiser leurs réflexions, à l’essentiel, tout en permettant à un maximum d’entre elles/eux de présenter leurs travaux.

En accord avec les doctorant-e-s, l’invité choisi et confirmé est: M. Bruce Lincoln, Caroline E. Haskell Distinguished Service Professor of the History of Religions in the Divinity School of the University of Chicago (de passage à Paris fin septembre, ce qui facilite les choses).


Modalités d’inscription aux activités

L’inscription se fera par e-mail auprès du/de la futur-e coordinateur-trice du PDHSR.

Dans le souci d’éviter de rebuter, ou surcharger les doctorant-e-s (qui doivent conserver un maximum de temps pour leurs recherches et la rédaction de la thèse), le Comité préfère une validation par de simples attestations de présence.

Evaluation interne
Chaque manifestation est évaluée par écrit, moyennant un questionnaire par les organisateurs ainsi que par les participant-e-s.
Le Comité organisateur intègre les résultats de ces évaluations dans ses rapports d’activités annuels, envoyés aux collègues participants de toutes les facultés, et il en tire les conséquences pour les manifestations suivantes.

Pour le Comité de direction, Raphaël Rousseleau 

Annexe 1. Règlement du Comité scientifique de Direction

Article 1
Le Comité scientifique pilote et dirige le Programme doctoral. Il se compose de 3 représentant-e-s par universités: 1 professeur-e et 2 doctorant-e-s, avec un-e représentant-e professoral-e supplémentaire pour Lausanne (1 professeur-e membre de l’Assemblée du DIHSR mais hors FTSR, et 1 professeur-e de la FTSR, du fait de la proportion de doctorant-e-s de la Faculté), soit: 10 membres.
On prévoira également des suppléant-e-s (1 professeur-e et 1 doctorant-e) par université.

Article 2
Les représentant-e-s professoraux/ales et leurs suppléant-e-s sont désigné-e-s par leur doyen respectif sur proposition du Comité, pour une durée de deux ans renouvelable.
Les représentant-e-s doctoraux/ales et leurs suppléant-e-s sont élu-e-s par les doctorant-e-s de chaque faculté, pour une durée de deux ans renouvelable.

Article 3
La/le directeur/trice est un-e professeur désigné-e par les membres du Comité scientifique, pour une durée de quatre ans, en principe non renouvelable.

Article 4
Un-e post-doctorant-e (directive de la CUSO) est secrétaire scientifique ou coordinateur/trice du PDHSR. Cette personne pourra être engagée pour assurer la coordination et assister la/le directeur/trice. Elle/il participe aux séances avec voix consultative.

Article 5
Le/la directeur/trice et la/le secrétaire constituent le bureau, chargé de préparer les séances et de gérer les affaires courantes.

Article 6
Lorsqu’ils sont empêchés de participer aux séances du Comité, les représentant-e-s des facultés en avertissent directement leur suppléant-e.

Article 7
Pour qu’une décision du Comité scientifique soit acceptée, le quorum est de 5 membres présents (dont au moins 3 professeurs), représentant les trois universités associées. 3 voix au moins sont requises en faveur de l’objet soumis au vote. Le/la directeur/trice départage en cas d’égalité des voix. Si le quorum n’est pas atteint, il est procédé à une consultation électronique complémentaire.

Article 8
Les représentant-e-s et suppléant-e-s reflètent un certain équilibre des disciplines des sciences des religions. Ils/elles doivent donc veiller à un traitement équitable de l’ensemble des disciplines.

Article 9
Les frais de déplacement du Comité et du bureau sont pris en charge dans le budget du PDHSR. 

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