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Julie Delaloye

Cheffe de clinique au Service des maladies infectieuses du CHUV, chercheuse et poète.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours?
Après avoir obtenu mon diplôme de médecin en 2004 à la FBM, j'ai effectué une année de clinique en médecine interne au CHUV, avant de rejoindre le Laboratoire des maladies infectieuses du CHUV pour effectuer un MD-PhD. Mon doctorat, achevé en 2009, portait sur l'étude de la réponse immunitaire aux poxvirus, qui sont des vecteurs viraux utilisés dans le développement de vaccins contre différentes maladies infectieuses. Ce projet était inscrit dans le cadre d'un consortium de la Fondation Bill et Melinda Gates. J'ai ensuite complété ma formation en médecine interne, puis commencé une spécialisation FMH en infectiologie, décrochée en 2012. En parallèle, j'ai eu la chance de pouvoir poursuivre mes activités de recherche au laboratoire.

Vous travaillez sur le système immunitaire inné: pouvez-vous esquisser une définition?
La défense immunitaire innée représente la première ligne de défense du corps. Elle est composée de plusieurs éléments. Il y a la peau et les muqueuses qui forment la première barrière. Des cellules ensuite telles que les macrophages et les cellules dendritiques font office de «sentinelles». Elles jouent un rôle-clé dans la reconnaissance des agents pathogènes, «signalant» les intrusions par la sécrétion de molécules inflammatoires. Les cellules dendritiques, plus précisément, sont situées à l'interface entre le système immunitaire inné et adaptatif, ou acquis. Elles sont un pivot du déclenchement de la réponse immunitaire.

Plus précisément, sur quoi portent vos recherches?
Je travaille actuellement sur un sous-type de cellules dendritiques, dites plasmacytoïdes, qui jouent un rôle-clé lors des infections virales. Plus spécifiquement, j'étudie le rôle régulateur d'une molécule inflammatoire, le MIF (Macrophage Migration Inhibitory Factor) dans ces cellules dendritiques. La compréhension des mécanismes moléculaires à l'oeuvre dans la réponse immunitaire innée, au centre de l'activité du Laboratoire des maladies infectieuses, représente un champ d'investigation complexe, où chaque recherche «zoome» sur un point particulier. Le système immunitaire est en quelque sorte comme le monde, c'est un patchwork d'influences, d'interactions, de rétroactions et d'inhibitions. Nous vivons sur une balance, le tout est de trouver la juste mesure des choses. Comprendre ces mécanismes peut nous ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.

Comment concilier recherche et activité clinique?
Cela demande une organisation rigoureuse, notamment en raison de la clinique qui ne peut, qui ne doit pas attendre. Le risque est alors que la recherche fondamentale passe au second plan. Mais j'ai eu la chance d'obtenir des soutiens, comme une Bourse de la Fondation Leenaards en 2013 et une Bourse Pro-Femmes de la FBM en 2015. Ces bourses, avec le soutien du Prof. Thierry Calandra, chef du Service des maladies infectieuses du CHUV, m'ont garanti un temps protégé, hors clinique. C'est important, parce que la recherche fondamentale, comme la clinique, demande du temps, un investissement complet.

Vous venez de publier un recueil de poèmes, Malgré la neige, votre deuxième; comment être en même temps médecin, chercheuse et poète?
C'est la même démarche, la même approche de réflexion, même si les moyens diffèrent: j'ai toujours eu cet intérêt pour la découverte, ce besoin d'obtenir des réponses. Je les cherche dans l'infiniment petit, par la biologie moléculaire, dans l'infiniment grand, chez l'homme, par la médecine. Et là où il n'y a pas de réponse s'ouvre parfois un poème. Comme la recherche, la poésie lance des ponts entre les choses, nous relie, nous renseigne sur notre être au monde. J'ai une inspiration très terrienne, à l'image de mes influences, dont Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet ou Maurice Chappaz. Il y a dans la poésie une immédiateté, une nécessité. J'ai la poésie «innée» en quelque sorte.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM

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