Fisun Hamaratoglu

Version du 15 avril 2014

Fisun Hamaratoglu, professeure assistante boursière FNS

Spécialiste de biologie développementale, Fisun Hamaratoglu s'intéresse à décrypter les mécanismes moléculaires qui orchestrent la proportionnalité des organes et des membres chez les animaux. Elle a été nommée professeure assistante boursière du FNS au Centre intégratif de génomique de l'UNIL dès le 1er avril 2014.

Née en 1979 en Turquie, Fisun Hamaratoglu réalise des études de biologie moléculaire et de génétique à l'Université Bogazici d'Istanbul (2002). Elle rejoint ensuite le groupe de recherche de Georg Halder au MD Anderson Cancer Center de Houston (USA) et étudie la fonction de plusieurs régulateurs qui déterminent la taille des organes. Elle a notamment identifié le premier récepteur de la voie de signalisation biochimique «Hippo» connue pour assurer la croissance adaptée et contrôlée des organes.

Son doctorat en poche fin 2007, elle revient sur le vieux continent et intègre le laboratoire de Markus Affolter au Biozentrum de l'Université de Bâle, soutenue par des bourses de la Fondation Roche, Marie Curie puis du Human Frontier Science Program. À Bâle, Fisun Hamaratoglu participe au projet interdisciplinaire de biologie des systèmes WingX.ch. C'est dans ce cadre que la scientifique érige l'aile de mouche drosophile comme modèle expérimental permettant d'étudier la proportionnalité des membres à un niveau moléculaire. Ses travaux reçoivent un écho remarquable et font la couverture de revues prestigieuses, comme le Journal of Cell Science, Current Biology, PLoS Biology et Nature Cell Biology.

C'est en octobre 2013 que la jeune chercheuse rejoint le Centre intégratif de génomique de l'UNIL, tout d'abord comme maître assistante suppléante, puis avec une bourse de professeure assistante du FNS dès le 1er avril 2014, qui lui permet de créer son propre groupe de recherche.

S'il nous apparaît évident que la longueur de nos membres (bras ou jambes par exemple) est fonction de notre taille, la compréhension des mécanismes moléculaires qui orchestrent cette proportionnalité reste encore largement mystérieux. Qui plus est, le contrôle strict de la croissance et de la taille des organes est essentiel à leur bon fonctionnement. Pour déchiffrer ces notions universellement partagées dans le monde animal, Fisun Hamaratoglu propose une approche multidisciplinaire composée d'une part du système expérimental simple qu'elle a développé avec l'aile de la mouche à fruits et d'autre part de biologie computationnelle.

Ses travaux se focaliseront sur la voie de signalisation «Hippo», impliquée dans les processus de croissance contrôlée des organes. Sans surprise, cette voie est également importante dans l'apparition de certains cancers. En effet, de nombreuses molécules impliquées dans la transduction du signal de cette cascade biochimique sont fréquemment mutées dans plusieurs formes de cancer, comme par exemple chez les patients atteints de neurofibromatose de type II. Il a également été démontré que les cellules privées de la protéine «Hippo» prolifèrent plus rapidement et résistent à la mort cellulaire programmée. Dans le cas de la mouche drosophile, l'absence de protéine «Hippo» cause des plis dans les organes externes de la mouche, ce qui fait penser à une peau d'hippopotame, d'où le nom.

Pour décrypter ces phénomènes de régulation de la croissance, la scientifique se propose de créer des outils pour visualiser in vivo cette voie de signalisation «Hippo» durant le développement de l'aile de la drosophile et d'étudier les effets de cette voie sur le développement. Les résultats devraient permettre d'ouvrir de nouvelles pistes de recherche et de désigner les éléments-clés impliqués dans la (dé-)régulation de la croissance des organes.

Par: Francine Billotte/Communication FBM

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