Sylvie Félix

Médecin et responsable de l’Unité des compétences cliniques au sein de l’Ecole de médecine.

Sylvie Félix, pouvez-vous résumer votre parcours?
J’ai fait des études de médecine à Lausanne, suivies d’une formation post-graduée jusqu’à l’obtention du titre FMH de spécialiste en médecine interne en 2008. Cette formation m’a amenée à travailler dans plusieurs hôpitaux régionaux et cantonaux, au CHUV, dans un cabinet médical et à la Policlinique Médicale Universitaire. J’ai toujours eu de l’intérêt pour l’enseignement et c’est en 2006 que je suis arrivée à la FBM: l’Unité pédagogique cherchait alors un médecin pour la coordination de l’enseignement des compétences cliniques. J’ai combiné des activités cliniques et pédagogiques jusqu’en 2009, et j’ai alors décidé de me consacrer uniquement à la pédagogie médicale. J’ai récemment complété ma formation par un Master dans ce domaine, un Master of Medical Education, à l’Université de Berne.

Qu’englobent ces compétences cliniques?
Les études de médecine ont la spécificité d’être à la fois un cursus universitaire et une formation professionnalisante. Elles forment à un métier dans une démarche de nature académique: le savoir, la rigueur intellectuelle, l’esprit critique, la recherche sont évidemment primordiaux, mais ils s’associent au savoir-faire et au savoir-être afin d’assurer une prise en charge optimale des patientes et des patients. Dans le cursus des compétences cliniques de Lausanne, les premiers enseignements commencent en 2e année de Bachelor. Il y a d’abord la prise d’anamnèse, soit le recueil de l’histoire médicale du patient, et l’examen clinique, qui demandent tous deux de bien savoir communiquer avec le patient. Pour cela, nos étudiantes et nos étudiants s’exercent d’abord entre eux, puis avec des patients simulés. Ces personnes sont formées à jouer le rôle d’un patient, avec son histoire, les signes cliniques, les émotions qui y sont associées et à donner un feedback, en fonction d’objectifs pédagogiques. Dès la 3e année de Bachelor, commencent les Enseignements au lit du malade (ELM), soit des périodes de deux heures d’enseignement auprès de vrais patients. En 1ère et 2e année de Master se répartissent 20 semaines de Cours blocs, qui constituent des phases d’immersion clinique de quelques jours à plusieurs semaines dans des services de différentes disciplines médicales. Puis, en 3e année de Master, les étudiants effectuent plusieurs stages d’une durée minimale d’un mois.

Et ces activités tombent sous la juridiction de la nouvelle Unité des compétences cliniques, dont vous avez la responsabilité?
Oui, à l’exception des stages de 3e année de Master, qui sont gérés par le Bureau de l’enseignement de l’Ecole de médecine. Auparavant, les activités d’enseignement étaient gérées par l’Unité pédagogique de la FBM. En septembre 2016, la réorganisation de l’Ecole de médecine décidée par le Décanat de la FBM a pris effet et les activités de compétences cliniques ont été rapatriées au sein de l’Ecole de médecine, avec la création de l’Unité des compétences cliniques. Cette Unité est donc en charge de la planification et de la coordination des activités d’enseignement des compétences cliniques, en collaboration avec la Commission des compétences cliniques du Conseil de l’Ecole de médecine et les différents intervenants et institutions: enseignantes et enseignants, CHUV, Institut universitaire de médecine de famille (IUMF), hôpitaux périphériques… Qui dit enseignement dit aussi évaluation de l’enseignement. Les compétences cliniques sont évaluées lors d’examens pratiques, les ECOS (Examen Clinique Objectif Structuré) qui sont également organisés par notre Unité. Lors des ECOS, les étudiants doivent réaliser une tâche pratique définie (anamnèse, status, prise en charge) auprès d’un patient simulé, sous le regard d’un examinateur qui remplit une grille d’évaluation préétablie.

Que va changer le futur bâtiment C4, le Centre coordonné de compétences cliniques, qui devrait être construit en 2021 sur le «Campus Santé» de Dorigny? Avec des espaces consacrés aux patients simulés, d’autres à des mannequins high-tech?
Ce bâtiment est destiné à quatre institutions – la FBM, le CHUV, la Haute Ecole de Santé Vaud et la Haute Ecole de Santé La Source - dans une optique de formation clinique des professionnels de la santé. Les espaces seront identifiés selon les environnements de soins: soins aigus, soins hospitaliers, soins ambulatoires, soins chroniques et de réadaptation, notamment. L’Ecole de médecine dispose actuellement de locaux polyvalents pour l’exercice des compétences cliniques: des salles de cours situées au Biopôle, à Epalinges, sont aménagées et équipées en matériel pour chaque cours de compétences cliniques. Le C4, avec son infrastructure spécifiquement destinée à l’enseignement clinique, permettra à ses utilisatrices et utilisateurs de bénéficier de conditions de formation idéales. Concernant les mannequins «haute-fidélité», soit la reproduction d’un corps entier, relié à un ordinateur, avec une personne qui peut faire varier l’évolution du «patient» en fonction des actions entreprises, ils s’adressent plutôt au post-grade. En pré-grade, nous travaillons essentiellement avec des mannequins «basse-fidélité», souvent des parties du corps, des faux thorax pour la réanimation, des faux bras pour s’entraîner à faire des injections, etc.

En dehors des compétences techniques, vous insistez aussi beaucoup sur le savoir-être du médecin…
Oui, de mon point de vue, le savoir et le savoir-faire du médecin ne prennent leur véritable dimension auprès des patients que s’ils sont accompagnés du savoir-être. Chacun peut avoir sa propre définition du savoir-être: pour moi, cela représente un ensemble de valeurs telles que l’empathie, le professionnalisme, la collaboration, l’éthique…  Par exemple, les étudiants de l’Ecole de médecine sont formés à l’annonce de mauvaise nouvelle ou à l’entretien motivationnel (une technique d’entretien permettant de renforcer la motivation d’une personne vers le changement) avec le concours des patients simulés. Ces entretiens sont filmés, afin que les étudiants puissent s’observer et bénéficier d’une supervision par un enseignant. Se former et s’améliorer dans les domaines du savoir-être contribue à une meilleure prise en charge des patients, ce qui augmente leur satisfaction et aussi celle du médecin.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM, septembre 2017

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