Alexandre Reymond

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Professeur ordinaire à la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL
Directeur du Centre intégratif de génomique

Questions personnelles

Petit, vous vouliez être…?
J’ai toujours aimé le contact avec les animaux: j’ai d’abord voulu être fermier, puis gardien de zoo, puis vétérinaire et enfin biologiste. Une progression logique en somme.

Votre livre de chevet?
Un guide d’identification des mammifères ou des oiseaux, le continent ou le pays pouvant varier selon les rêves, les voyages. Et aussi The Catcher in the Rye, de Salinger.

Le film qui vous accompagne?
Et au milieu coule une rivière, de Robert Redford.

Un ou une artiste qui vous inspire?
Tinguely. Pour sa façon d’associer des objets hétéroclites, la mort, la vie, toujours dans le mouvement.

La ville de vos rêves?
Rome. Toute l’Histoire y est.

Un lieu, un jardin secret où vous aimez vous ressourcer?
Je pense à deux endroits, deux ambiances: tout d’abord les pessières du Jura. Ensuite, un «rustico» dont j’ai hérité dans le Val Blenio, au Tessin.

La fleur que vous aimez?
Je ne choisirais pas une fleur, mais un arbre: l’épicéa.

Un animal-totem?
Le loup.

Quel don souhaiteriez-vous posséder?
Si je pouvais demander au génie de la lampe d’exaucer un vœu, je demanderais d’avoir 20 ans de moins, mais en conservant mon expérience, mes connaissances: une façon peut-être d’approcher la sagesse?

Et si vous aviez un superpouvoir?
J’ai déjà répondu avec la question précédente.

Vos héros/héroïnes dans l’Histoire?
Alfred Russel Wallace: pour son côté Poulidor, puisqu’il est le 2e à avoir décrit le principe de l’évolution après Darwin. Il est arrivé aux mêmes conclusions, mais a publié après. On oublie souvent les hommes de l’ombre derrière une découverte.

Et si vous étiez un personnage de fiction?
Ma femme dirait Donald Duck pour mon côté soupe au lait. On pourrait aussi dire «méditerranéen»…

Technophile, technophobe?
Je travaille dans une discipline où la technologie nous a fait beaucoup avancer. Je dirais technophile, mais critique.

Vos 3 priorités aujourd’hui?
1. Plusieurs de mes post-docs arrivent à un moment où ils/elles peuvent devenir autonomes. J’espère parvenir à leur donner le coup de pouce nécessaire.
2. Le bien-être du CIG, aujourd’hui et dans le futur: nous arrivons à l’heure du  changement de la garde», avec trois positions ouvertes…
3. Aider mes deux garçons, de 19 et 21 ans, à trouver leur voie.

Votre devise?
«Toujours se relever.» Les scientifiques ont certes un gros égo, mais il est tempéré par le système des reviewers, qui nous disent deux fois sur trois que nos résultats ne sont pas bons et que notre hypothèse n’est pas la bonne.

Votre rêve de bonheur?
En dirigeant un groupe de recherche, j’ai la chance extraordinaire de pouvoir poser dix questions à la fois. Mon rêve de bonheur, ce serait de conserver cette capacité à poser des questions, et éventuellement d’y répondre.

Comment aimeriez-vous mourir?
Instantanément. En faisant quelque chose que j’aime.

Quelle forme de spiritualité vous inspire?
Je trouve important d’avoir des moments pour soi-même, ces moments bénis où on n’a pas d’autre chose à penser. Qu’importe d’être dans une église ou ailleurs.

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Questions professionnelles

Un facteur, une rencontre qui a déterminé votre carrière?
Le Dr. Viesturs Simanis m’a appris mon métier à l’ISREC. Roger Brent, un personnage génial, mais peu orthodoxe chez qui j’ai fait mon post-doc aux Etats-Unis, m’a appris à être aventureux, quitte à se tromper: «No guts no glory».

Dans dix ans, vous vous verriez bien...?
J’ai l’impression d’être en partie original dans ce que je fais. J’espère que cela sera toujours le cas.

Les 3 missions d’une Faculté de biologie et de médecine?
Former les nouvelles générations de chercheurs en science de la vie et de médecins.
Au sein d’une académie n’ayant pas de Faculté des sciences, être le garant des sciences dites exactes.
Finalement une mission qui appartient à toutes les facultés: «éduquer» la population en général, ceci dans son sens étymologique de «guider hors/ développer».

En deux mots, pour vous, la SSF c’est…?
Nous nous trouvons actuellement dans un cercle vertueux. C’est important, car si nous avons des responsabilités envers les étudiants, nous devons aussi rester à la pointe en tant que chercheurs.

Entre recherche fondamentale et appliquée, où vous situez-vous?
Fondamentale, même si je travaille sur les maladies rares. On n’a plus la liberté de poser les bonnes questions si on est dans un carcan.

Pour une recherche au service du patient ou plutôt de la connaissance?
Nous devons rester humbles face à la science – et quand je dis «nous», j’inclus les politiques. On ne sait pas quelle découverte sera importante pour le futur, de quoi on aura besoin demain.

Comment définiriez-vous les défis actuels de la formation, de la transmission du savoir?
Il faut avoir la capacité de passionner, d’allumer un feu. Et non pas se satisfaire d’un système de bachotage.

Un outil essentiel pour assurer une relève de qualité?
Il faut casser le «plafond de verre»: trop de personnes s’auto-disqualifient en pensant qu’elles sont moins bonnes que d’autres. Il faut prendre le temps de leur démontrer le contraire.

Bien communiquer, c’est ?
Adapter son discours. On ne parle pas de la même manière à sa grand-mère, à un étudiant ou à un post-doc.

Dans votre domaine de compétences, un projet qui vous tient particulièrement à cœur?
Nous travaillons depuis 2008 sur un réarrangement présent sur le bras court du chromosome 16 ; et après quatre Nature, nous avons plus ou moins fait le tour de la question. J’aimerais maintenant que nous commencions à décortiquer les mécanismes à l’œuvre, que nous ouvrions la «boîte noire» entre le génome et le phénotype. Quelque part, c’est un peu abandonner la première phase qui était génétique.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM
23 novembre 2016

 

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© Felix Imhof, UNIL

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