Conférences 2021

Le vrai invraisemblable. Sur quelques réécritures d’un topos de la poétique du récit, de Boileau à Pirandello
 

Le vrai invraisemblable. Sur quelques réécritures d’un topos de la poétique du récit, de Boileau à Pirandello

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Jeudi 20 mai 2021, 16h15-17h45

UNIL, Anthropole, salle à préciser.
Conférence donnée par Pierluigi Pellini, Prof. Letteratura italiana contemporanea, Letteratura comparata, Università delgi Studi di Siena.

Spécialiste du roman réaliste du XIXe siècle et de la poésie italienne du XXe siècle, Pierluigi Pellini a publié un choix de romans de Zola dans la collection «I Meridiani» (la «Pléiade» italienne). Parmi ses livres: L’oro e la carta, Schena, 1996; Naturalismo e verismo, La Nuova Italia, 1998 (nouvelle éd. Mondadori Education, 2010); Generi, ideologie, dettagli, Manni 1999; Il quadro animato, Edizioni dell’Arco, 2001; In una casa di vetro, Le Monnier, 2004; Le toppe della poesia, Vecchiarelli, 2004 (nouvelle éd. 2006); Verga, Il Mulino, 2012; Naturalismo e modernismo, Artemide, 2016.

Résumé
Tout le monde connaît ces vers célèbres de l’Art poétique de Boileau:

Jamais au spectateur n’offrez rien d’incroyable:

Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable.

Une merveille absurde est pour moi sans appas:

L’esprit n’est point ému de ce qu’il ne croit pas.

Le refus du vrai invraisemblable n’est pas seulement un pilier de la doctrine classique au XVIIe siècle; encore au XIXsiècle, il est au cœur des réflexions sur la représentation de la réalité, dans les textes d’écrivains tels que Balzac, Flaubert, Maupassant ou Zola. Chacun de ces auteurs cite, voire réécrit Boileau, d’une façon explicite ou implicite, ironique ou sérieuse, en s’interrogeant sur le paradoxe qui empêcherait, même en régime réaliste ou naturaliste, de mettre en scène des événements inacceptables pour la doxa dominante, quoique vrais.

Le courant réaliste du XIXe siècle ne renonçant (presque) jamais à l’ambition d’attribuer au récit une valeur universelle, il entretient un rapport très ambigu avec l’exception improbable, pour laquelle il manifeste néanmoins une fascination certaine (et très moderne). Ce n’est que le roman moderniste qui acceptera, au début du XXe siècle, de renoncer à la généralité du type, pour revendiquer une dignité littéraire nouvelle à la contingence la plus idiosyncratique.

On essaiera d’étudier, d’une façon inévitablement incomplète, le parcours intertextuel d’un topos théorique, l’intertextualité et la réécriture intervenant, dans le cas du vrai invraisemblable, à la fois au niveau diégétique et au niveau métalittéraire. De Boileau à Pirandello, on assistera à un revirement complet ; mais le refus méprisant du vraisemblable n’est possible, dans un roman moderniste comme Il fu Mattia Pascal, que grâce au dialogue avec les modèles français réalistes et naturalistes.

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