Journées d'études 2021-2022

Lieu(x) commun(s): quand les œuvres rassemblent | Venise et la France. Similitudes, spécificités et contaminations (1300-1800)
 

Lieu(x) commun(s): quand les œuvres rassemblent

Jeudi 4 et vendredi 5 novembre 2021

UNIL, Château de Dorigny, salle 106.

Journées d’études organisée par la FDi (resp.: Jérôme Meizoz). Comité doctoral: Alice Bottarelli (Section de français), Hélène Cordier (Section de français & Centre d'études médiévales) & Josefa Terribilini (Section de français).

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@Michark

Problématique
À la fois sceau de la tradition et stigmate de l’infertilité créative, le lieu commun suscite, dans les sciences humaines, des sentiments contrastés. Marqué par la polysémie, le terme puise son origine dans la rhétorique, puis recouvre progressivement un sens plus large pour désigner des formes de pensées et d’expressions figées utilisées par tout un chacun, mais aussi des motifs et thèmes récurrents dans les arts et la littérature[1]. Traversant l’histoire et témoignant d’une pratique de réemploi devenue collective – voire collaborative –, le lieu commun entretient ainsi de forts rapports avec les notions de collectivité ou de communauté[2]. En outre, l’expression lieu commun oscille entre la conception d’un espace abstrait où se noue et se façonne du commun (imaginaires, mythes, types, stéréotypes, clichés, etc.), et celle d’un lieu tangible réunissant un groupe d’individus autour d’une même œuvre ou pratique (salle de théâtre, de cinéma, musée, péri- et paratexte, etc.).
Articulant des questionnements sur la réception de l’œuvre et la production d’un sentiment collectif, cette journée d’étude part de l’hypothèse qu’il existe une corrélation entre le «lieu commun» envisagé en tant que schéma de pensée préfabriqué, et la possibilité d’existence d’espaces d’interaction et de communication où sont susceptibles de se fonder une solidarité, un être-ensemble, une entente partagée. Davantage que la question de sa valeur artistique ou littéraire (bien qu’une telle interrogation ne soit pas exclue), nous souhaitons explorer les implications pragmatiques, voire éthiques, du lieu commun. Quels sont ses pouvoirs, ses effets, ses modes de fonctionnement? Qui permet et que permet le lieu commun? Cette journée sera également l’occasion d’interroger les rapports entre espace abstrait et espace concret, en mettant en exergue la manière dont ces deux aspects du lieu commun peuvent se lier ou s’influencer.

Plusieurs types de questions pourront dès lors être abordées, dont, entre autres:

Au sein des œuvres:

  • Le rôle des lieux communs dans la création et la transmission des imaginaires : quels sont les modes d’apparition d’un imaginaire (médiéval, américain, ...)? Comment un imaginaire novateur et fédérateur en vient-il à s’user, pour devenir un «lieu commun»?
  • Lieu commun, carrefour, trivium : le plus commun se donne comme «trivial», qualificatif qui pourrait être réactualisé avec profit dans les disciplines des textes et des images (culture de masse, littérature industrielle, industries culturelles).
  • La question des espaces géographiques représentés: comment la représentation d’une communauté fictionnelle peut-elle passer par des idées topographiques? De quelle(s) manière(s) les espaces évoqués dans les œuvres deviennent-ils parfois des «lieux communs», notamment à travers le recours à des clichés stylistiques, esthétiques?
  • Pourquoi et comment la philosophie, la littérature, l’histoire de l’art et du cinéma, les sciences humaines en général sont-ils à la fois des terrains privilégiés du lieu commun et des espaces critiques voués à dépasser, renouveler, et déplacer ceux-ci?
  • Quels liens entretient le lieu commun avec des notions telles que la doxa, l’identité, le mythe? Quels sont les phénomènes de transmission des imaginaires à travers les âges, qui nourrissent des identités nationales, régionales ou plus généralement collectives?
  • Quelle est la fonction des lieux communs dans les émotions sociales (rire, pleurer, etc.), dans les conduites symboliques (expression des sentiments, humour, politesse, etc.), et dans les genres ordinaires (plaisanterie, devinette, dicton, witz, etc.)?

Au-delà des œuvres:

  • Le pouvoir des «lieux communs»: dans quelle(s) mesure(s) la représentation d’un lieu devenu «commun» peut-elle néanmoins créer des imaginaires fédérateurs qui aient une force pragmatique, au-delà de l’esthétique? Comment les lieux communs peuvent-ils parvenir à constituer en public une foule d’individus?
  • Le rapport entre représentation du commun et création du commun: comment la représentation d’une instance collective (par exemple au théâtre ou au cinéma) influe-t-elle sur un public? Quels peuvent en être les effets (de fédération ou, au contraire, de division)?
  • Le rôle des dispositifs spatiaux dans la production d’un sentiment collectif: de quelle(s) manière(s) certains espaces physiques sont-ils construits pour fonder un être-ensemble?

[1] A. Compagnon, «Théorie du lieu commun», Cahiers de l'Association internationale des études francaises, no 49 (1997), p. 24.

[2] Les deux termes ne s’équivalent guère et tous deux s’insèrent dans notre propos. Pour une définition de collectivité et communauté, cf. R. Astruc, «Attention à la Communauté. Conversation avec Yves Citton», in R. Astruc (dir.), La Communauté revisitée (Community Redux), Paris, RKI Press, coll. "CCC", 2015, p. 8.

 

Agenda

Les propositions sont à envoyer avant le 20 août 2021 par e-mail à: alice.bottarelli@unil.ch, helene.cordier@unil.ch et josefa.terribilini@unil.ch avec copie à Jerome.Meizoz@unil.ch et fdi@unil.ch

Nous vous remercions d’y indiquer votre discipline de rattachement, un titre, ainsi qu’une problématique de 1800 signes environ, avec une petite bibliographie de base (entre 5-8 titres). Organisées par panels, les présentations (d’environ 20 min.) seront suivies d’une dizaine de minutes de discussion commune.

 

Appel à contribution

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Venise et la France. Similitudes, spécificités et contaminations (1300-1800)

Lundi 30 et mardi 31 mai 2022

UNIL, Château de Dorigny, salle 106.

Journées d'études organisée par la FDi (resp.: Alberto Roncaccia). Comité doctoral: Enrico Castro (Section d'italien), Aris Della Fontana (Section d'histoire) et Enea Pezzini (Section d'italien).

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