L'année 2018 à l'EFLE

Étudiantes, enseignantes, féminisation et écriture inclusive…

 

À l’EFLE, les étudiantes sont en majorité. Nous avons, chiffres totaux, 993 étudiantes et 495 étudiants. Les enseignantes aussi : nous sommes une bonne vingtaine d’enseignantes et il n’y a que huit enseignants. Dans le personnel administratif et technique, 5 femmes et 1 homme. Mes convictions féministes ont donc trouvé là un argument supplémentaire pour utiliser les tirets, puis le point médian – une fois que j’ai appris comment le faire – pour m’adresser aux étudiant·e·s de l’École de français langue étrangère, aux enseignant·e·s. Dans mes travaux pour parler des apprenant·e·s et des participant·e·s. En m’appuyant sur les recommandations de la Chancellerie fédérale, je me limite à marquer ainsi les noms d’agent et renonce à accorder les adjectifs, les pronoms et autres reprises.

Fin février 2019, je lis que l’Académie française a admis que les noms de métier peuvent être mis au féminin… Pour nous, en Suisse romande, qui sommes habituées à lire professeure ou conductrice de travaux, rien de bien nouveau. Tout au plus une petite satisfaction à penser à la déception de Raphaël Enthoven qui, il n’y a pas très longtemps, parlait d’« agression de la syntaxe par l'égalitarisme »…

On peut discuter du principe, défendre comme Mona Ozouf (dans ce merveilleux livre qu’est Composition française) l’idée que c’est la fonction et non le sexe qui doit être indiquée, avancer des arguments plus ou moins recevables, dont certains peinent à masquer la difficulté à dépasser l’idée d’une supériorité masculine, il n’en reste pas moins qu’il est difficile d’imaginer une femme derrière le portrait brossé dans cette dépêche de l’ATS, tirée du Courrier du 12.02.2019 :

Le profil du futur directeur général n’est pas encore défini. Il devra allier compétences culturelles et capacités de manager. « Ce ne sera pas qu’un grand concierge. C’est quelqu’un qui devra aussi avoir une autorité artistique », a relevé Cesla Amarelle. Il lui reviendra de programmer des activités artistiques sur le site de Plateforme 10, en dehors des activités proprement dites des musées.

Pourtant, je suis absolument convaincue que notre Conseillère d’État n’avait en tête qu’une fonction et non un homme !

La féminisation permet donc bien l’inclusion, la dualité de lectures, la diversité des interprétations. Mais, au fond, n’est-ce pas cela qui est combattu, non la féminisation en soi, mais la diversité, la pluralité au sein même du discours ? Purisme et machisme, mêmes arguments !

Thérèse Jeanneret
Directrice de l'EFLE

 CE-Rapport-activite.jpg
Rapport d'activité 2018

 

Partagez: