Une esthétique du pire ou Quand les récits post-apocalyptiques nous invitent à nous réinventer

Conférence du 13 avril 2016

Questions - réponses

 

Marc Atallah, directeur de la Maison d'ailleurs, maître d'enseignement et de recherche en Faculté des lettres, UNIL

Dans le numéro 108 d’Horizons, un article intitulé « La fin du monde et ses vertus » proposait un argumentaire surprenant puisqu’il rappelait les avantages « pédagogiques » des blockbusters américains de science-fiction, en particulier post-apocalyptiques ; ces derniers sensibiliseraient « le grand public aux risques du changement climatique », selon l'anthropologue autrichienne Alexa Weik von Mossner. Ma contribution souhaite nuancer ce propos en réfléchissant aux fonctions anthropologiques de la fiction : ces récits, à mon sens, ne portent pas sur l’avenir ou sur une quelconque sensibilisation autre qu’éphémère aux questions climatiques. Ils permettent par contre de réfléchir à la symbolique anthropologique et métaphorique de la catastrophe : que représente fondamentalement la catastrophe fictionnelle ? N’est-elle que le « reflet » au premier degré des catastrophes qui nous attendent ou exprime-t-elle, ironiquement, autre chose ? Ce sont à ces questions que je souhaite me dédier afin de mettre en lumière ce qui, trop souvent, demeure voilé.

Bibliographie

  • Marc Atallah, 2015, « Science-fiction », in Dictionnaire de la pensée écologique, Dominique Bourg & Alain Papaux dir., Paris : PUF, Quadrige, pp. 922-925.
     
  • Marc Atallah, 2015, « Pique-nique au bord des récits post-apocalyptiques », in : Phénomène Stalker, Alexandra Kaourova et Eugène dir., Lausanne : L’Âge d’Homme, pp. 164-175.
     
  • Marc Atallah dir., 2013, Le Post-apocalyptique, Chambéry/Yverdon-les-Bains : ActuSF/Maison d’Ailleurs, Les Collections de la Maison d’Ailleurs.
     
  • Marc Atallah, 2012, « Une Route toute tracée… Quand la science-fiction se met à raconter les fins du monde », in : La Fin du monde. Analyses plurielles d’un motif religieux, scientifique et culturel, Ph. Bornet, C. Clivaz, N. Durisch Gauthier, Ph. Hertig & N. Meylan éds., Genève : Labor et Fides, pp. 199-211.
     
  • Marc Atallah, 2010, « Apocalypse, science-fiction et catastrophisme éclairé : et si la panne sèche de notre “agir” provenait d’un déficit du “croire” ? », in : En attendant la fin du monde : la structure littéraire de l’Apocalypse, revue Post-scriptum n° 12, article en ligne publié le 12 mars 2010.
Partagez: