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Projet de recherche sur l'habitat médiéval de Fang, Tiébagette (Valais, Suisse)

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Le village médiéval est situé en zone forestière, au nord-ouest du village actuel de Fang. Le site a l’avantage de n’être perturbé par aucune construction moderne, ce qui est suffisamment rare dans les Alpes pour être relevé. Depuis 2000, un terrain d’approximativement 1000 m2 a été débroussaillé et entretenu par Yvonne Jollien-Berclaz, à qui revient tout le mérite de la découverte de ces habitations. Les premiers relevés à la minute entrepris par l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich ont permis de comptabiliser une quinzaine de maisons groupées ainsi que plusieurs enclos (fig. 1). La situation de ces constructions à une altitude d’environ 900 m tout comme l’organisation des bâtiments permettent d’envisager une occupation permanente. Cette problématique de recherche s’inscrit dans les Wüstungsforschungen im schweizerischen Alpenraum, qui ont fait l’objet d’un premier bilan en 1998 avec l’ouvrage «Heidenhütli» (1) édité par le Professeur Werner Meyer.

 

 

 

Fig. 1. Plan approximatif des constructions visibles sur la parcelle de Mme Yvonne Jollien
(Institut des monuments historiques de l’ETH de Zürich ; DAO, M. Gillioz, UNIL).

Les bâtiments montrent une élévation importante qui peut parfois atteindre 1,80 m (fig. 2). Cet excellent état de conservation des murs en pierre sèche laisse encore entrevoir des niches (fig. 3). Les murs intègrent parfois de gros blocs de rocher bruts. Le mode de construction, tout comme le plan carré des maisons, permettent d’envisager une occupation du site entre le Haut Moyen Âge et le XIIIe siècle. Seule une fouille archéologique permettra de connaître le début et la fin de cette occupation. Les premières observations archéologiques semblent concorder avec la tradition qui décrit l’abandon de ce village à la suite d’un éboulement (2), peut-être provoqué par un tremblement de terre. Cet événement paraît conforté par la présence d’importants blocs de granit qui ont parfois lacéré les murs de pierres sèches (3). Cet habitat présente un certain nombre de caractéristiques communes avec celui de Wiler, Giätrich dans le Lötschental (4), ou encore celui de Tremona-Castello (5) dans le Tessin (fig. 4), tous occupés entre le Xe/XIe et le XIIIe siècle.

Fig.2.jpg (Fig.2.jpg)
Fig. 2. Angle de l’une des maisons.
© C. Cramatte
 
Fig.3.jpg
Fig. 3. Niche dans un mur en pierre sèche.
© C. Cramatte
 
Fig.4.jpg
Fig. 4. Le village de Tremona-Castello (TI).
© Martinelli 2008, p. 244
 

A l’heure où les recherches médiévales se concentrent pour l’essentiel sur les sites ecclésiaux, castraux et urbains, l’habitat rural est souvent relégué au second plan. Il est d’autant plus intéressant de mener de telles investigations. Cette recherche se justifie d’autant plus qu’elle est menée en milieu montagnard, dans l’une des vallées latérales de la vallée du Rhône, un contexte plutôt méconnu. Cette recherche pourrait permettre de comprendre les processus de colonisation du Val d’Anniviers et le développement des constructions agricoles à l’époque médiévale ainsi que de connaître la culture matérielle des sites permanents de montagne. Une telle recherche pourrait donc revêtir un intérêt qui dépasserait largement celui du seul Val d’Anniviers.

Ces recherches n’auraient pu voir le jour sans le soutien de l’archéologue cantonal François Wiblé et celui de la commune d’Anniviers à qui nous adressons nos plus vifs remerciements.

Cédric Cramatte

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Avec le soutien de

Générique de l’opération 2014

Directeur scientifique :

Michel FUCHS, professeur associé

Directeur de la fouille :

Cédric CRAMATTE, collaborateur scientifique

Co-responsables de la fouille :

Mattia GILLIOZ, étudiant en master

Louise RUBELI, étudiante en master

Notes

1. Meyer, W., «Heidenhütli». 25 Jahre archäologische Wüstungsforschung im schweizerischen Alpenraum, Basel, Schweizerische Burgenverein, 1998.

2. Solandieu (recueillies et adaptée par), Légendes valaisannes, Lausanne, Spes, 1919, p. 33.

3. Ce village peut sans doute être qualifié de «complexe de Pompéi», à savoir qu’un phénomène naturel d’importance a mis fin à son occupation, ce qui sous-entend également la présence d’un mobilier archéologique piégé sous les décombres.

4. Bitterli-Waldvogel, T., «Giätrich, Wiler (Lötschen) VS 1989-1990», in «Heidenhütli».

5. Martinelli A., Tremona-Castello. Dal V millennio a.C. al XIII secolo d.C., Borgo San Lorenzo, 2008.

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