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Projet Collart-Palmyre

Le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre et les archives Collart 

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Fig. 1. La cella du sanctuaire de Baalshamîn,  Photo Collart - © Unil - Fonds Collart

Mécènes

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Avec le soutien financier de l'Office fédéral de la Culture (OFC) et la fondation Ousseimi sous la direction de Mme Anne Bielman (Prof. en histoire ancienne, ASA) et de M. Patrick Michel (Dr.) 

 

 

Un nouveau projet de l’ASA autour des archives Collart

 

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Fig. 2 Palmyre, la citadelle © Unil - Fonds Collart

A partir de septembre 2017, une équipe de l’ASA constituée de Anne Bielman et de Patrick Maxime Michel lance un projet de valorisation d’une partie encore inexploitée des archives Paul Collart, abritées à l’ASA depuis le début des années 1980.

Paul Collart, un Genevois qui fut professeur aux universités de Lausanne et de Genève, a fouillé en tant qu’archéologue le site de Baalbeck au Liban et le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre. Outre plusieurs milliers de clichés illustrant des dizaines de sites du pourtour méditerranéen. Ses archives comportent le matériel scientifique de ses fouilles au Liban et à Plamyre. Or le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre est aujourd’hui disparu puisqu’il a été victime d’une destruction à l’explosif durant l’été 2015.

Les archives de P. Collart sur Palmyre sont donc devenues l’une des seules sources permettant de documenter le sanctuaire détruit. La valeur de ces archives est particulièrement importante pour tous les futurs projets de restauration ou de reconstruction du sanctuaire, notamment ceux qui utiliseraient la technologie 3D ; de tels projets sont en discussion actuellement à l’initiative de l’UNESCO.

Le projet lancé par l’ASA vise à numériser l’ensemble des archives de Paul Collart relatives au sanctuaire de Baalshamîn (plusieurs milliers de documents : photos, fiches, notes, lettres, cahiers, plans etc.). Seront également numérisées et jointes à cette documentation une centaine de  diapositives en verre provenant des archives privées de Luc Boissonnas, le petit-fils du photographe Frédéric Boissonnas qui avait participé aux premières campagnes de P. Collart à Palmyre.

La conservation pérenne de ces informations, sous un format numérique accessible à tous les chercheurs intéressés, est une étape incontournable afin de préserver la mémoire du lieu et de ne pas priver les générations futures de leur passé commun. Cet héritage culturel sera la pierre d’angle de la reconstruction des identités dans ce pays aujourd’hui dévasté

Le projet a été présenté par P. Michel lors du colloque organisé à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (AIBL) à Paris le 19 mai 2017, « Les archives au secours des temples détruits de Palmyre ». Le fonds Collart est aussi présent au sein du projet Patrimoine du Proche-Orient qui appartient à la collection Grands sites archéologiques portée par le ministère de la Culture français depuis plus de 20 ans.


 

Calendrier du projet

Dates Explications
Septembre 2017-Février 2018  Première phase. Numérisation des archives Collart et inventaire sommaire du contenu des archives
Septembre 2018-Février 2019  Deuxième phase. Constitution d’une base de données
Dès septembre 2019  Nourrissage de la base de données et valorisation de son contenu

Le sanctuaire de Baalshamîn en quelques mots

 

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fig. 3 Palmyre, le sanctuaire de Baalshamîn © Unil - Fonds Collart

Le sanctuaire de Baalshamîn se situe au nord de la ville antique. Il était dédié au « Seigneur des cieux », une divinité ouest sémitique[1]. La nature de ce dieu se révèle au travers des inscriptions qui le désignent comme un maître suprême. Son nom en grec est Zeus Hypsistos[2]. Maître du monde, « maître des cieux », il gouverne le Soleil (Malakbêl) et la Lune (Aglibôl), que l’iconographie nous montre comme étroitement liés à sa personne. En tant que maître des cieux il est symbolisé par un aigle éployé régnant sur les astres[3]. Il est ainsi le chef d’une triade divine différente de celle de Bêl[4]. Il est, de plus, le dieu qui amène les pluies et assure ainsi les récoltes. « La foudre qu’il brandit dans sa main n’est pas l’image d’une puissance terrifiante, mais le rappel des pluies fécondes dont s’accompagnent les orages, qui font reverdir le désert de empêchent les sources de tarir » [5]. Dans une région comme Palmyre où le commerce est surtout caravanier, il assure à ses fidèles, qui sont éleveurs ou cultivateurs, de les préserver de la sécheresse. Il fait donc aussi l’objet d’un culte agraire, symbolisé par le port d’un bouquet d’épis et de fruits ou d’une vigne pleine de grappes[6].

Le sanctuaire de Baal à Palmyre connut une importante évolution entre environ 20 apr. J.-C. et l’inauguration de son temple tétrastyle en 130/131 de notre ère[7], à l’époque de l’empereur Hadrien. Le complexe architectural comprend trois cours à portiques, une salle de banquet et la cella. De cette partie sainte, il ne demeurait que le pronaos et le naos. La cella se présentait sous la forme d’un petit bâtiment de quinze mètres de long sur dix de large. Les six colonnes qui entouraient le pronaos étaient ornées de chapiteaux corinthiens et comportaient des consoles pour les statues et les inscriptions. La disposition interne était particulière, et typique de l’architecture religieuse orientale puisque le naos était divisé en trois thalamos (ou adyton[8]) avec un décor en trompe-l’œil de fausses portes et de fausses fenêtres[9].

La grande réussite de P. Collart à Palmyre réside dans le fait d’avoir démonté les structures byzantines[10], qui avaient remployé les blocs du thalamos.

Référence bibliographique : Paul Collart et Jacques Vicari, Le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre. I Topographie et architecture, Rome, Bibliotheca Helvetica Romana, 1969.

[1] « […] Baalshamîn, qui fait partie depuis longtemps des panthéons ouest-sémitiques (cananéens et phéniciens). Le dieu avait sans doute été importé à Palmyre par cette tribu anciennement nomade, qui avait dû identifier Baalshamîn avec Durahlûn (« celui de Rahlé) dans l’Hermon) son dieu propre. » Voir Jean-Baptiste Yon, Les notables de Palmyre, Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2002, p. 156.

[2] Voir par exemple l’autel dédié à Zeus Hypsistos par un officier romain le 25 septembre 302 apr. J.-C. Collart et Vicari, 1969, p. 93.

[3] Le panneau rectangulaire dit « bas-relief aux aigles », aujourd’hui encore au musée de Palmyre, avait été retrouvé en deux morceaux, lors du démontage de la triple abside byzantine. Collart souligne que son remploi avait assuré son étonnante conservation. Collart et Vicari, 1969, p. 16.

[4] Par opposition respective des parèdres. Collart et Vicari, 1969, p. 203.

[5] Collart et Vicari, 1969, p. 203.

[6] Sur la double nature de la divinité, voir Collart et Vicari, 1969, p. 203.

[7] La date provient de la dédicace d’une statue érigée à son constructeur Malé Agrippa sur une console du pronaos par le Sénat et le Peuple de Palmyre, Collart et Vicari, 1969, p. 93.

[8] Sur la terminologie, voir Collart et Vicari, 1969, p. 112.

[9] Une restitution légèrement différente du thalamos du temple a été proposée par Michel Gawlikowski et Michal Pietrzykowski, « Les sculptures du temple de Baalshamîn à Palmyre », Syria 56, 1980, p. 421-452. Les auteurs proposent notamment la présence d’un bas-relief cultuel de la divinité exposé dans la niche centrale. Voir aussi Michel Gawlikowski, « Les sanctuaires du Proche-Orient romain dans la recherche récent », Topoi 8, numéro 1, 1998, p. 31-52, spécialement p. 44.

[10] Une triple abside avait été élevée par les Byzantins en avant de la cour du temple, voir Collart et Vicari, 1969, p. 16.

​Bibliograhie

  • Paul Collart et Jacques Vicari, Le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre. I Topographie et architecture, Rome, Bibliotheca Helvetica Romana, 1969.
  • Paul Collart, « Reconstruction du thalamos du temple de Baashamîn à Palmyre », Revue archéologique, Nouvelle série, fasc. 2, 1970, p. 323-327.
  • Christiane Dunant, Le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre. III Les Inscriptions, Rome, Bibliotheca Helvetica Romana, 1971.
  • Rudolf Fellmann, Le sanctuaire de Baalshamîn à Palmyre. V Les Die Grabanlage, Rome, Bibliotheca Helvetica Romana, 1970.

Contacts

Anne Bielman, Prof. d'histoire ancienne, Anne.Bielman@unil.ch 

Patrick Michel, Docteur, Patrick.Michel@unil.ch

Photographies 

Choix de photographies palmyrénienes tirées du Fonds Collart (tirésias)

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Fig. 4 Palmyre, l'arc monumental © UNIL - Fonds Collart

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Fig. 5. Paul Collart à l’entrée de la cella du temple de Baalshamîn © UNIL - Fonds Collart

 

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Fig. 6. Palmyre, travaux d’anastylose du thalamos dans la cella du temple © UNIL - Fonds Collart

 

 

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