Michel Patrick

Michel Patrick

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Faculté des lettres

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Ouvrages

2014
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Le culte des pierres à  Emar à l'époque hittite, 2014 - Patrick M. Michel 

Le but de cet ouvrage est de donner un nouvel éclairage aux cultes aniconiques dans un Proche-Orient où, d’ordinaire, le culte des pierres en Syrie et en Anatolie est étudié séparément. L’ouvrage propose une vision synthétique des informations à disposition sur le sujet et offre une nouvelle interprétation du culte des pierres à Emar au Bronze récent. L’étude des textes rituels permet de comprendre comment et à quelle fréquence les pierres dressées étaient vénérées à Emar, non seulement dans le rituel du Zukrum mais aussi dans les rituels d’intronisation et les rituels mensuels. Certaines comparaisons avec les pratiques attestées à Ebla ou à Mari placent Emar dans une continuité culturelle et religieuse avec l’ensemble du monde syrien. Mais l’analyse des divers rituels attestés à Emar nous impose également de reconnaître que la conquête hittite à la fin du XIVe siècle av. J.-C. a eu des conséquences sur la vie religieuse locale. L’étude de P. M. Michel établit désormais Emar comme faisant partie de l’Empire hittite avec une pratique des rites hittites et hourrites clairement attestée.
Si les questions liées à l’administration hittite en Syrie ont fait l’objet de plusieurs publications, la question religieuse restait peu étudiée, puisque l’on considère que les Hittites étaient particulièrement tolérants en la matière. Or le roi Tudḫaliya IV, et son père déjà, ont réintroduit des éléments hourrites dans la religion hittite que nous retrouvons simultanément à Šarišša, Nérik, Zippalanda et Emar, preuve que les pratiques religieuses émariotes faisaient partie du monde hittite. La comparaison entre les rituels aniconiques d’Emar et ceux hittites montre comment le pouvoir hittite a imposé des traditions anatoliennes dans les cultes locaux et quel a été le rôle des devins dans la ville. L’étude du rôle et de la place du Devin d’Emar dans l’ensemble du corpus religieux émariote souligne les relations entre les devins et le pouvoir hittite, en particulier les responsables hittites de Karkémiš, et aide à mieux comprendre comment ces devins étaient impliqués dans le programme de réorganisation des cultes voulu par Tudḫaliya IV.
Les deux traditions (émariote et hittite) ont en commun le fait que la statue du dieu est sortie de son temple pour se rendre dans un sanctuaire lithique de plein-air nommé « La Porte des Pierres Dressées » (attesté à Emar et à Šarišša-Kuşaklı), après quoi les pierres sont ointes de sang et d’huile et des sacrifices sont brûlés sous forme d’ambaššu. L’analyse permet de comprendre pourquoi les « rituels anatoliens » d’Emar doivent être considérés comme des traductions akkadiennes d’originaux hittites et comment les populations locales pratiquaient ces rituels. Une lettre particulièrement intéressante, Emar 271, décrit comment un jeune homme, un natif d’Emar, doit nourrir les dieux hittites. On comprend dès lors que l’ensemble des divinités devait être vénéré à la manière hittite, pratique normale du moment que, du point de vue hittite, Emar faisait partie de l’Empire. Des documents administratifs permettent d’étayer cette thèse.

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