Placement-Protection et Évaluation

Présentation en bref de la recherche | La recherche en un clin d'oeil | L'équipe de recherche
 

Présentation en bref de la recherche

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Présentation en bref :

Dans la continuité des activités de recherche menées par l’Observatoire de la Maltraitance envers les enfants, et notamment dans le prolongement de l’étude Optimus (Jud A. & al., 2018), ce projet de recherche s’intéresse aux mesures prises en matière de protection de l’enfance et à ses éventuels effets sur les enfants. L’étude Optimus (2018) a permis de mettre en évidence le fait que dans certaines circonstances et dans certains contextes, des parents peuvent manquer des compétences parentales jugées nécessaires à l’éducation de leur·s enfant·s. Dans une minorité de cas extrêmes, les parents ne sont pas en mesure d’assurer la protection de leur.s enfant.s. Dans ces circonstances, les institutions chargées de la protection de l’enfance sont amenées à intervenir, et notamment via un placement des enfants en institution (foyer), en famille d’accueil ou au sein de la famille élargie.  

Ainsi, cette recherche se propose d’identifier d’une part, les facteurs entravant ou favorisant un placement jugé « efficace », et d’autre part, d’évaluer de manière exploratoire les effets des mesures d’intervention sur le bien-être développemental des enfants, leur·s intégration·s sociale·s et leur·s égalité·s de chances au sein de la société. 

Objectifs de la recherche :

Cette étude exploratoire répond à un appel d’offre du Canton de Vaud. Son objectif est de comprendre les effets du placement sur les enfants afin d’émettre des recommandations contribuant à une amélioration des pratiques institutionnelles et des politiques publiques en matière de protection de l’enfance.

  1. L’étude permettra de mesurer les « chances » objectives des enfants placés (quelle que soit la modalité de placement) par rapport aux enfants non placés, et ce, à partir d’une perspective psychologique (entre autres liée au développement et au bien-être de l’enfant), ainsi que d’une perspective sociologique (mesures en termes d’intégration sociale et d’égalité des chances).
  2. Par ailleurs, nous nous proposons de comprendre quels sont les facteurs qui entravent ou, au contraire, qui favorisent un placement jugé « efficace ». 

Processus de la recherche :

Ce projet de recherche adoptera une méthodologie mixte, combinant une approche qualitative pluridisciplinaire basée sur des entretiens semi-directifs et une approche quantitative à partir d’une base de données du service de protection de la jeunesse de l’Etat de Vaud. 

 

La recherche en un clin d'oeil

Comment mesurer les "chances" objectives ?

L’équipe de recherche établira un catalogue de « chances » objectives dans différents domaines de vie. Il convient donc de définir ce que l’on entend par « chances » des un·e·s et des autres, de manière à pouvoir les observer empiriquement et les comparer entre des personnes placées et non placées. À titre provisoire, on peut retenir comme indicateur de « chances » une série de critères d’ordre psychologiques (par exemple conditions favorisant l’estime de soi, type d’attachement, type de maltraitance) et sociologique (par exemple la qualité de l’intégration sociale : légale, scolaire, associative, amicale…). La réalisation d’une revue de la littérature et les échanges au sein de l’équipe de recherche nous permettront d’affiner ce catalogue et d’élaborer une série d’indicateurs précis.

Comment identifier les facteurs entravant ou facilitant la "réussite" d'un placement ?

Notre deuxième volet de l’étude s’intéresse à la compréhension des facteurs favorisant la réussite de ce placement, ainsi que ceux qui entravent son efficacité. Les réponses dépendent partiellement des options prises pour définir « les chances objectives », auxquelles s’ajoute la nécessité de préciser ce qu’est la réussite. Une option serait de prendre les indicateurs utilisés pour décrire les « chances », selon les critères cités précédemment, en se concentrant cette fois sur les changements observés (positifs ou négatifs). Notre recherche se limitant à une durée de dix-huit mois, nous adopterons une approche dite métastatique*.

 

*Note sur la méthodologie métastatique : 

Méthodologie qui propose d’appréhender les changement de structures en fonction de phases de vie.  Dans le cadre de notre recherche, il s’agira de prendre en compte des situations de placements qualifiés comme nécessaires pour la protection d’un enfant/adolescent en comparant la durée de placement de chacun d’entre eux. Ces comparaisons nous permettraient de déceler les facteurs favorisant ou entravant l’efficacité d’un placement.  

 

Comment les données seront-elles collectées ?

Afin de comprendre les pratiques de placement, nous mènerons des entretiens semi-directifs avec les professionnel∙le∙s concerné∙e∙s par la protection de l’enfance (juges de paix, profesionnel∙le∙s dans des institutions socio-éducatives, familles d’accueil, etc.)

Cette approche qualitative sera complétée par une étude longitudinale de douze mois auprès de dix enfants faisant l’objet d’un placement. Elle inclura une diversité de profils (diversité d’âges, de genres, d’origines, de problématiques, de modalités de placement, types de mandat) et le placement débutera dans le temps de l’étude. 

Les enfants seront rencontrés dans le cadre de deux entretiens cliniques, l’un au début du placement et l’autre douze mois après ce placement, comportant chacun la passation de plusieurs épreuves telles qu’une échelle d’attachement et des tests projectifs en fonction de leur l’âge respectif. L’utilisation de ces épreuves permettra de conduire une évaluation psychologique des processus de changements durant les périodes considérées.

En parallèle aux entretiens menés avec des enfants, différent·es acteurs·trices impliqué∙e∙s dans les pratiques de placement (profesionnel∙le∙s, parents, juges de paix, référents SPJ et SCTP) seront rencontré∙e∙s dans le cadre d’entretiens semi-directifs.

Le second volet méthodologique de notre étude repose sur une analyse quantitative qui aura pour but de réaliser une comparaison entre les enfants placés et non placés. Nous constituerons des groupes appariés autour d’un certain nombre de variables : psychosociales, socio-démographiques et sociologiques. Afin de garantir la perspective comparative, nous travaillerons avec un groupe contrôle. 

Quels seront les principaux apports de la recherche ?

Interdisciplinarité :

De par son approche interdisciplinaire alliant des connaissances provenant de la psychologie et de la sociologie, cette recherche permettra d’apporter une richesse dans le cadrage de la problématique et l’analyse des résultats de recherche. 

Ancrage local :

Cette étude se centre sur les processus décisionnels, les pratiques institutionnelles, les expériences des profesionnel∙le∙s, ainsi que sur le vécu des enfants placés dans le contexte du Canton de Vaud. Cet ancrage local permettra d’apporter des pistes de réflexion concrètes, pouvant également être extrapolées à d’autres contextes similaires.  

Recherche-action :

L’originalité du projet de recherche « Protection-Placement et Évaluation », réside dans la participation, tout au long de la recherche, de profesionnel∙le∙s œuvrant dans le domaine de l’enfance, permettant des échanges féconds et ancrés dans la réalité quotidienne du terrain. Sur la base de nos principaux résultats de recherche, nous serons en mesure d’émettre des recommandations destinées aux institutions et profesionnel∙le∙s exerçant dans la protection de l’enfance.

L'équipe de recherche

Superviseurs de la recherche :

  • Pascal Roman, professeur de psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse, Institut de psychologie, UNIL
  • Jacques-Antoine Gauthier, Maître d’enseignement et de recherche, Faculté des Sciences sociales et politiques, UNIL

Chargées de recherche:

  • Sara Araujo Gonçalves, chargée de recherche, Faculté des sciences sociales et politiques, UNIL
  • Ainhoa Sáenz Morales, chargée de recherche, Faculté des sciences sociales et politiques, UNIL
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