Critiques d'ouvrages

"Qui châtie bien..." sous la direction de Fabrice Brodard et René Knüsel, 2021, Existences et Société, Éditions Antipodes

S’il est beaucoup question de maltraitance envers les enfants depuis quelques années, les différences culturelles dans le comportement des adultes à leur égard ont peu été approfondies. Cet ouvrage cherche à combler cette lacune par une approche multidisciplinaire, accueillant les points de vue de chercheur·e·s comme de praticie·ne·s.

Une autre originalité du livre est de donner la parole à des spécialistes établis en Afrique comme en Europe, offrant une large perspective sur la manière d’aborder la question. La confrontation culturelle dans le comportement à l’égard des enfants est considérable, puisque même à l’intérieur d’un pays aussi petit que la Suisse, les pratiques familiales, celles des services spécialisés, et plus globalement les sensibilités diffèrent beaucoup d’une région à l’autre.

Au fil des articles, un certain nombre de constantes se font jour autour des mauvais traitements envers les enfants. Mais l’adéquation dans la manière de se comporter varie dans le temps comme dans l’espace. Ce qui était toléré hier ne l’est plus forcément aujourd’hui. Ce que l’on dénonce ailleurs, comme le travail forcé, était une pratique courant sous nos latitudes jusqu’à la moitié du XXe siècle.

La lecture de ces pages intéressera toutes les personnes concernées par des modes d’éducation et de comportement différents, au sein d’un même État ou entre pays.


René Knüsel est professeur honoraire à la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne.
Fabrice Brodard est maître d’enseignement et de recherche à la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne.

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"Sauver les Enfants, sauver l'Arménie" sous la direction de Pascal Roman et Sisvan Nigolian, 2020, Éditions Antipodes, Collection Histoire

Cet ouvrage raconte le combat diplomatique et humanitaire en faveur de l’Arménie mené durant près de 25 ans par Antony Krafft-Bonnard (1869-1945), « pasteur devenu passeur » d’enfants (p.81). Il est le récit de l’engagement tenace et singulier de cet homme, et d’autres amis de l’Arménie, afin que « le travail de subversion » élaboré par les Kémalistes et visant à la destruction d’un avenir arménien, ne se réalise pas.

 

Cet ouvrage, nous disent les auteurs, est « le fruit d’une rencontre chargée en émotions », à l’instar, je dirais, de la rencontre des lecteurs avec les descendants, y compris ceux de cœur, qui nous livrent, au travers de ces lignes, comment ils ont, d’une manière ou d’une autre, (sur)vécu et grandi grâce à Antony Krafft-Bonnard, aussi appelé Papa Krafft.

 

L’engagement d’Antony Krafft-Bonnard a pris plusieurs formes, avec des actions d’envergure diverse, de la publication de brochures aux conférences pour réveiller l’opinion publique (p.91), en passant par les rencontres politiques, durant lesquelles, avec virulence, il s’est attaché à « révéler les responsabilités des puissances et la trahison des promesses, l’abandon et le sacrifice d’une nation pour des intérêts économiques et pétroliers » (p.91). Cependant, son action majeure, peut-être la plus intime et la plus « folle » penseront certains - ici célébrée dans ce livre-, est l’accueil, avec son épouse née Hélène Bonnard et deux de leurs enfants, de 142 orphelins arméniens à Begnins et à Genève. 

 

Construit autour d’archives inédites, incluant photographies, cartographie, coupures de presse et documents d’identités, nous découvrons au fil des pages les noms de celles et ceux qui ont sauvé femmes, enfants et personnes âgées arméniennes - les derniers survivants d’une éradication planifiée et systématique. L’ouvrage, composé de trois parties, porte donc à notre connaissance ces multiples actions menées par Antony Krafft, desquelles trois préceptes, se dégagent, « protester, donner abri et éduquer ».

 

À l’heure de la commémoration de la rafle des intellectuels arméniens du 24 avril qui marqua le début du génocide, l’universalité de la question arménienne, aujourd’hui comme hier, demeure. Pour clore, les mots d’Antony Krafft-Bonnard pointent la singularité du peuple arménien, toute en mettant en perspective l’universalité des problématiques soulevées à la suite de génocide : « Ce n’est pas une aumône que nous lui devons, mais c’est une réparation, dans un sentiment d’un devoir à accomplir à l’égard d’une victime injustement accablé » De cette leçon de vie que nous offre l’histoire nous retenons le devoir d’humanité. » Dans ce combat pour la reconnaissance du génocide, sauver les enfants arméniens consistait à créer l’avenir, à l’heure où un peuple et on territoire étaient en voie de disparition.

 

Pour l'Observatoire de la maltraitance envers les enfants, Julie Pluies

Avril 2021

Parties de l'ouvrage

Contexte Historique

La première partie de l’ouvrage dépeint le contexte historique, en rappelant les conflits internationaux qui ont gangréné l’Europe, et leurs répercussions sur les petits États qui, comme l’Arménie, ne trouvèrent pas voix au pupitre lors de la redéfinition des frontières suite à la chute de l’Empire Ottoman, puis plus tard, des deux grandes guerres. Aux côtés des grandes et tristes dates qui ont marqué la disparation du peuple arménien, nous lisons les critiques adressées, sans relâche, par Antony Krafft-Bonnard, à la communauté internationale. Mais nous y apprenons aussi comment l’aide et la solidarité se sont mises en place pour aider les rescapés, avec le rôle crucial joué par la Grèce, déjà terre d’accueil des réfugiés au début du siècle dernier. Mais les conditions de vie y étaient catastrophiques malgré l’aide et l’engagement du gouvernement grec qui, à défaut de moyens, a vu mourir de maladies des milliers d’orphelins arméniens. Des initiatives locales et internationales ont existé pour enrayer cette misère, en assurant travail et revenus ainsi que des transferts de populations, en particulier vers la France, le Brésil, l’Argentine, ainsi que le Liban et La Syrie. 

Accueil des orphelins arméniens en Suisse

La deuxième partie de l’ouvrage retrace l’histoire mouvementée de l’accueil des orphelins arméniens en Suisse que l’extrême précarité dans les orphelinats au Proche-Orient et en Grèce a accéléré. Au travers le récit de la création de divers organes (« Société suisse d’immigration et de patronage d’orphelins arméniens », « Fédération des Comités suisses amis des Arméniens » la ligue internationale philarménienne ») à la tête desquels l’infatigable défenseur de l’Arménie et des Arméniens a joué un rôle clé, nous comprenons comme une initiative pourtant imminent utile fut cependant, petit à petit, détruite faute de soutien, notamment financier. 

 

Aux yeux du pasteur vaudois, les initiatives suisses pour l’accueil des orphelins en Suisse sont insuffisantes. Alors en 1921, il quitte le pastorat, ouvre le « Foyer arménien », constitué d’un orphelinat et d’une école à Begnins ainsi que d’un foyer à Genève, et se consacre pleinement à ceux qui deviendront « ses » enfants. L’exceptionnalité d’Antony Krafft-Bonnard se prolonge et se matérialise dans le modèle pédagogique novateur poursuivi au Foyer. Entre une instruction religieuse œcuménique et une éducation nationale arménienne, raccordée toutefois aux programmes suisses, la logique de l’accueil est révélatrice du souci initial de son fondateur, à savoir former des intellectuels en mesure de gouverner « l’Arménie future » (Le problème arménien, 1928, p.51). Parmi toutes ses préoccupations, notons sa sensibilité au bien-être mentale des enfants dont les souffrances causées par les traumatismes vécus, l’oblige à trouver des fonds supplémentaires pour leur donner accès à des soins adaptés. Néanmoins, le Traité de Lausanne anéantissant tout espoir d’une Arménie libre, complexifie la situation de ces jeunes apatrides amenés à rester en Suisse ou à migrer ailleurs. 

 

Progressivement privé du soutien financier de la Fédération, Antony-Krafft multiplie les conférences en Suisse et à l’étranger, pour trouver des donateurs et assurer ainsi le fonctionnement du foyer au quotidien. Les « brochures », un ensemble de près de 700 pages, sont le support matériel de ces collectes de fonds. En outre, elles sont le témoin « factuel et affectif » de son engagement sans faille pour les enfants arméniens et pour l’Arménie, soulignant ô combien il fut un « pionnier » du travail humanitaire. Guidé tout au long de l’accomplissement de son œuvre politique et humaine inédite par sa foi chrétienne, ses écrits, en plus d’être une précieuse source de connaissance de l’histoire arménienne, dévoilent par ailleurs ses affects, espoir, désillusion, lassitude, indignation, inquiétude, et surtout cette « force de l’espérance » (p.141), qui tel un parent à jamais responsable de ses enfants, ne le quitta jamais (p.145)

Un miroir tendu aux lecteurs

La troisième partie, qui se veut plus réflexive, s’intéresse au « devenir du foyer arménien de Begnins et de Genève et des enfants accueillis » (p.155) et emploie cette plongée dans les histoires et l’Histoire pour questionner les notions de l’altruisme et de résilience. Nous y lisons le devenir singulier de trois orphelins dont les vies ont en commun « la terre de leur naissance », l’Arménie, et leur terre d’accueil, la Suisse. Après la lecture des faits tragiques de l’histoire arménienne, associées à la reconnaissance encore contestée du génocide et les impossibles réparations des atteintes au peuple arménien, il émane de ces destins divers espoir et réconfort. Il en est de même avec le prolongement du projet de vie (de sa vie et de la vie de l’Autre) entrepris par Antony Krafft-Bonnard dont l’héritage est assuré, en Suisse, avec la Fondation Armenia ayant pour but « la survie du peuple arménien sur les plans spirituels, moral, culturel et matériel » (.p.164), à travers diverses initiatives telles que l’accueil d’étudiants arméniens, la construction d’une église arménienne, et une revue. 

 

L’abord de la problématique de l’héritage d’un point de vue de la psychologie, nous invite à nous interroger, au regard de l’histoire de vie de Catherine Krafft, fille d’Antony Krafft-Bonnard, sur les gestes d’entraide de rescapés (plus particulièrement les arméniens) en faveur de nouvelles victimes (entre autres les juives) entre 1942-1945. S’appuyant sur une réflexion autour de « la personnalité altruiste » de Samuel et Pearl Oliner (1988), l’avant dernier chapitre souligne « l’audace et l’inventivité sociales » des foyers pastoraux, à l’image de celui dont était issue Catherine Krafft qui, comme son père, consacra sa vie aux enfants, à leur éducation et à leur soin(s). Mais ce chapitre ainsi que le suivant, sont un miroir tendu au lecteur, mettant en lumière cette résonnance avec le présent qui l’accompagne tout au long de cet ouvrage. « Les acteurs sont différents ; la folie est la même » nous dit Harry Koumrouyan dont les parents ont reçu le soutien d’Antony Krafft-Bonnard (p.83). En tant que lecteurs du XXIème siècle, subjugués par la dévotion de cet homme mais aussi révoltés par la répétition des tragédies humaines, nous nous questionnons, au travers des témoignages et réflexions présentés, sur notre (in)capacité à apprendre du passé (p.134). Les liens tissés entre le travail de Papa Krafft, figure d’accueil capable d’offrir un toit sous lequel la résilience peut éclore, et l’accueil ou disons le sort actuellement réservé aux réfugiés en Suisse et ailleurs, nous force à réfléchir à nos engagements, à notre responsabilité, tant au niveau collectif et politique qu’individuel et humain.

Commentaire de la Dre Irène Nigolian sur l'ouvrage "Sauver les Enfants Sauver l'Arménie"

Psychiatre-psychothérapeute adultes/adolescents 

Psychanalyste, membre formateur de la SSPsa

 

Le dimanche 27 septembre était un jour très attendu : malgré la morosité pandémique, un nombreux public affluait au Centre arménien de Genève pour assister à la présentation du livre consacré à l’œuvre d’Anthony Krafft-Bonnard « Sauver les enfants, sauver l’Arménie ».

Pascal Roman et Sisvan Nigolian, les deux directeurs de l’ouvrage, pouvaient enfin rendre publique une page marquante de leurs histoires familiales respectives, inscrites dans la grande Histoire du début du 20-e siècle : le sauvetage d’orphelins du génocide arménien en Turquie recueillis en Suisse, et parmi eux le père de Sisvan Nigolian, par un pasteur engagé et profondément humaniste, l’arrière-grand-père de Pascal Roman. Pour ces orphelins et leur descendants, cet homme avait incarné un Père et donné ainsi un nouveau sens à leurs existences.

 

Le hasard d’une rencontre en 2015, mais est-ce vraiment un hasard lorsqu’il est question du centenaire du génocide arménien (?), avait permis le rapprochement entre deux noms, puis entre deux destins. Le premier choc passé et les premiers documents exhumés, au gré des rencontres devenues incontournables, une idée a naturellement germé entre les deux descendants, celle de faire de cette histoire de double rencontre à 100 ans d’intervalle, un livre d’hommage et de témoignages.

 

Malheureusement, le hasard ne fait pas toujours bien les choses. Le même matin du 27 septembre 2020 l’Azerbaïdjan déclarait une guerre destructrice dans l’enclave arménienne d’Artsakh. Inscrite désormais dans l’histoire sous le nom de la guerre des 44 jours, cette attaque meurtrière militairement soutenue par la Turquie, a détruit à l’aide de technologies ultrasophistiquées un tiers de la génération des hommes de 18-20 ans d’Arménie, sans parler des disparus et des blessés. Des images d’atrocités subies par les prisonniers de guerre ont circulé sur la toile, ravivant l’imagerie traumatique du passé dans la mémoire collective de la population civile.

 

Que faire d’une telle coïncidence ? La répétition tragique d’un passé inoubliable peut-elle être inscrite dans le destin collectif selon le modèle du destin individuel ? Le peuple arménien, le premier à avoir officiellement adopté le christianisme comme religion d’état en 301, est-il voué à disparaître du fait de cette répétition, comme tant d’autres peuples anciens ? Peut-il éternellement renaître de ses cendres, tel le phénix ? Le déni du vœu d’anéantissement du voisin puissant ne fait-il pas office d’un lent poison sans remède ?

 

Dans l’après-coup du 27 septembre 2020 et des questions soulevées par cette répétition, la démarche d’Anthony Krafft-Bonnard prend un sens nouveau qu’on pourrait conjuguer au présent et de façon élargie. À notre époque d’accélération de l’activité humaine destructrice à l’échelle planétaire, de cumulation d’armes de destruction massive dans de nombreux pays, ne sommes-nous pas à risque de devenir tous orphelins de notre passé ? La reconstruction n’atteint-elle pas ses limites lorsque la destruction est répétée de façon aveugle ?

 

Dans ce sens, l’action spirituelle et matérielle en faveur des orphelins venus de loin apparaitrait aujourd’hui comme un enjeu qui dépasse le sort de peuples isolés, et qui résonne comme une lutte urgente pour le maintien de l’humanité et de la planète toute entière, dans sa diversité et richesse. Des hommes de conscience comme l’a été le pasteur Anthony Krafft-Bonnard sont rares, mais ils servent de modèle puissant pour les générations suivantes, portant un message de secours à ceux qui périssent en silence, dans une démarche d’enrichissement mutuel, tant sur le plan humain que culturel. L’humanité ne sera sauvée que par l’humanité de tels hommes ! Et de cela dépend notre survie collective.

Franz Schultheis, Arnaud Frauenfelder et Christophe Delay, "Maltraitance. Contribution à une sociologie de l'intolérable", Paris, L'Harmattan (Questions sociologiques), 2007.

Cet ouvrage est le fruit d’un mandat du Grand Conseil de l’Etat de Genève au Département de sociologie de l’Université de Genève. Il a été exécuté sous la houlette des trois signataires et a impliqué une douzaine d’étudiants. Le texte publié reprend de façon intégrale le rapport rédigé pour le commanditaire.

La démarche, qui s’appuie sur une approche constructiviste, tente de comprendre la situation qui existe dans le canton de Genève en matière de maltraitance envers les enfants et ce que les auteurs appellent l’explosion des situations de maltraitance répertoriée. Comme cela s’est largement vérifié ailleurs, l’enquête menée auprès des services sociaux montre une augmentation significative du nombre de situations de maltraitances déclarées sur les dix dernières années. Ils sont à l’origine du mandat du Grand Conseil Ces chiffres ne peuvent cependant simplement refléter une hausse absolue des situations de maltraitance. Ils traduisent bien plutôt une attention marquée des institutions responsables envers ces situations et vraisemblablement une définition plus stricte des cas de maltraitance.

Mais l’intérêt de cet ouvrage de sociologie réside moins dans le bilan chiffré présenté qui montre que les signalements ont plus que décuplé en une décennie à Genève, selon les sources administratives. Son intérêt réside surtout dans l’interrogation qu’il soulève autour de la manière dont la maltraitance est appréhendée dans les sociétés occidentales, sur ce qu’elle révèle des cadres sociaux au travers desquels elle se détermine. Pour les auteurs, la maltraitance se fonde sur un « modèle de référence » implicite, qui conforme les manières d’être un bon parent, lesquelles sont déterminées de façon de plus en plus rigoureuse, voire étroite. Autrement dit, la définition actuelle de la maltraitance tend à privilégier le modèle éducationnel des classes moyennes supérieures, au détriment de toute autre considération particulière. Ainsi, les différences en termes d’inégalités de ressources matérielles ou/et culturelles tendent à sécréter une lecture de la part des responsables sociaux et politiques qui opère des clivages ségrégant entre ceux qui ont accès aux savoirs et savoir-faire fondés et légitimes en matière d’éducation et ceux qui ne seraient pas en mesure d’y parvenir.

Le recours à la maltraitance n’est en rien justifiable, pour les auteurs aussi. Mais le but de leur démarche est de comprendre ce que signifie l’intolérable socialement décrété. En d’autres termes, cette pétition de principe ne doit pas empêcher une réflexion de fond sur ce qui est défini en termes de maltraitance — en particulier l’extension de son champ sémantique — et ce qui relève de la « bientraitance », modèle culturel désirable, mais relativement inaccessible pour une partie non négligeable de la population.

Le thème est délicat à traiter. Partager un sentiment de réprobation doit tout de même permettre de comprendre ce qui anime la société, parce que les sociologues réalisent que cet intolérable varie, qu’il n’est pas simple à démontrer, que les doutes existent. Ils relèvent combien les familles, lieux trop fréquents de l’exercice de la maltraitance, sont souvent sous l’emprise d’injonctions paradoxales : il est attendu d’elles qu’elles soient fermes dans l’éducation, mais il leur est souvent reproché des dérives autoritaires ; il est attendu d’elles un encadrement de leurs enfants nécessitant, entre autres, de hautes qualités pédagogiques. Mais qui se préoccupe des moyens mis à leur disposition pour l’accomplissement de cette mission ?

Dans leurs conclusions, les auteurs posent un certain nombre de questions dérangeantes, parmi lesquelles nous retiendrons celle-là : lutter contre la précarité, la souffrance, la maltraitance des enfants ne passe-t-elle pas prioritairement par une lutte pour améliorer leur situation générale et, par conséquent, essentiellement par l’assainissement des conditions de vie de leur famille ?

Pour l’Observatoire, Prof. René Knüsel

Mai 2009

 

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