Auroy Lola

Titre provisoire : Données massives, Big data : le cas de la cancérologie

Sous la direction de D.Vinck, Université de Lausanne

On assiste depuis plusieurs années à une expansion considérable de la production, de la circulation et de la conservation des données numériques. Au-delà du quantitatif, certains évoquent l’apparition d’un nouveau paradigme épistémologique à travers l’émergence, discutée, d’une véritable science des données. Révolution ou simple évolution des techniques ? La controverse sur le statut à accorder à ces big data est toujours en cours.
Dans le cas de la recherche en cancérologie les mégadonnées, notamment issues de la génomique, cristallisent un certain nombre d’enjeux : associées à des techniques de calculs avancés, d’analyse prédictive ou de machine-learning, elles constitueraient un outil d’aide à la décision et pourraient intervenir dans le jugement thérapeutique. Cependant, le passage de l’organisation de l’information issue des données à une forme de connaissance ne se fait pas d’emblée, il s’élabore progressivement autour de procédures de standardisation et nécessite de renouveler les modes de coopération, de négociation et de partage entre scientifiques.
Ces données massives constituent en un sens une structure collective nouvelle et encore non stabilisée, qui pour être « opérationnelle » doit franchir un certain nombre d’étapes dans un processus qui se rapproche dans une certaine mesure de ce que Madeleine Akrich (2006) a appelé l’« épreuve de l’objet au contexte ». Dans cette perspective, ma recherche s’intéresse à la manière dont des acteurs (médecins, biologistes, informaticiens, mathématiciens) provenant d’univers de pratique différents parviennent - ou non - à s’organiser et à se coordonner autour de la constitution d’un objet commun : l’opérationnalisation de ces données.

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