Séminaire interfacultaire en environnement

Thématique | Programme
 

Thématique

banner18.jpg

Des Microorganismes et des Hommes : Une autre perspective sur le monde

Ils sont partout, mais nous ne les voyons pas, ces microorganismes invisibles à l’œil nu jouent pourtant un rôle essentiel dans nos vies et dans les écosystèmes naturels. Bactérie, protistes, champignons et animaux microscopiques façonnent notre monde dans le plus grand secret. Ce cycle de séminaires 2018 a pour but d’entrouvrir les portes de cet univers en abordant différentes thématiques comme l’histoire des microbes, les pandémies, les armes biologiques, la technologie microbienne ainsi que le droit du vivant.

TOP ^

Programme

Les conférences ont lieu à 17h15, salle Amphimax 410. Elles sont suivies d'un apéritif.

Vendredi 2 mars 2018

Le monde géré par les invisibles microbes.

Prof. Jan Roelof van der Meer
UNIL

Largement invisible à l'œil nu, les microorganismes sont pourtant responsables de la majeure partie des processus biochimiques de notre planète. Cette présentation vous donnera tout d'abord un aperçu du monde microbien et de sa diversité ainsi que des méthodes modernes pour étudier les microorganismes dans leurs communautés.

Par la suite, la capacité d'adaptation des bactéries au stress que représentent les polluants dans notre environnement, pouvant conduire dans certains cas à leur atténuation naturelle ou à leur disparition, sera illustrée plus spécifiquement.

Mercredi 14 mars 2018

Les pandémies : origines et menaces.

Prof. Stefan Kunz
UNIL

Dans notre monde de plus en plus globalisé, les changements climatiques, les migrations humaines, l’urbanisation et l’exposition à de nouvelles espèces animales contribuent à l’émergence de nouveaux microbes pathogènes qui constituent une menace réelle pour la santé.

Les dernières années ont vu l’émergence de plusieurs nouvelles maladies associées à des épidémies et pandémies parfois explosives comme le virus Ebola en Afrique Occidental 2014-2016 et le virus Zika en Amérique du Sud 2015-2016. Il n’existe à ce jour aucun vaccin sous licence et les options thérapeutiques sont limitées, résultant en de graves problèmes de santé publique. Mieux comprendre d’un point de vue mécanistique l’émergence des nouveaux pathogènes est donc devenu capital dans notre monde moderne.

Mercredi 21 mars 2018

Ces microbes qui construisent les civilisations.

Prof. Marc-André Selosse
Muséum national d'Histoire naturelle, Paris

Une double révolution a émergé de la biologie de ce début de XXIème siècle : les microbes sont partout, et ils tissent des relations vitales avec les grands organismes, à bénéfices mutuels. C’est le cas de l’homme, dont le microbiote construit la nutrition, la protection et le développement. On sait moins comment nos gestes culturels ont convoqué, souvent involontairement, des microbes pour… les mêmes fonctions, souvent à des époques où nous ignorions les microbes.

Les microbes ont parfois été des alliés, même ceux qui sont ordinairement causes de maladies, dans des guerres biologiques souvent involontaires. Nous découvrirons comment le choc entre Amériques et Europe a largement été arbitré par des microbes, qui ont donné la suprématie aux européens, alors que s’écroulaient les sociétés précolombiennes.

L’évolution culturelle s’est surtout appuyée sur des microbes dans l’émergence de l’alimentation moderne lors de la néolithisation, partout où elle s’est produite : nous n’aurions pas pu commencer à consommer laitages et premières plantes domestiquées sans fermentation. Nous l’avons oublié à cause de l’évolution ultérieure de l’homme et des plantes, mais autrefois ces fermentations détoxiquaient, aidaient à digérer et protégeaient nos aliments.

Venez découvrir comment les microbes bâtissent encore le monde qui nous entoure !

Mercredi 18 avril 2018

Le XXIème siècle sera-t-il celui de l’arme biologique ?

Dr Olivier Lepick
Fondation pour la recherche stratégique, Paris

Les armes biologiques ont une histoire ancienne. Depuis l’antiquité des procédés qui consistent à utiliser des pathogènes dans le cadre d’une utilisation militaire sont nombreux et pourtant toujours invariablement condamnés par le droit coutumier. Pendant la guerre froide, la plupart des protagonistes majeurs ont développé de robustes programmes militaires biologiques que des traités internationaux de désarmement n’ont pu empêcher ou même limiter. Depuis le XIXème siècle les progrès effectués dans le domaine de la biologie et plus encore la révolution des biotechnologies à laquelle nous assistons depuis quelques années ont donné une nouvelle dimension à cette menace suffisamment terrifiante pour que de nombreux spécialistes estiment qu’elle incarne l’un des principaux défis en matière de sécurité internationale au cours de ce siècle qui débute. C’est donc l’occasion au cours de cette conférence de revenir sur la spécificité de ces armes, leur histoire et leur avenir à la lumière des derniers développements géopolitiques mais également scientifiques en matière d’armes de destruction massive et de contrôle des armements.

Mercredi 2 mai 2018

De Pasteur à Venter : une (brève) histoire des microbes.

Prof. Pierre-Olivier Méthot
Université Laval, Québec

Louis Pasteur a longtemps incarné la figure du savant désintéressé par qui le « gospel des germes » résonna aux quatre coins du monde. Parallèlement, la mise en récit historique de la microbiologie naissante s’accompagnait de l’idée d’un changement radical qui aurait décuplé les possibilités d’action sur la nature – une nature qui devait faire place à un nouvel acteur jusque-là demeuré invisible : le microbe.

À partir de travaux récents d’histoire des sciences et de la médecine, cette communication se propose d’effectuer un retour critique sur ces différents lieux communs et de dresser un panorama de l’histoire des microbes au siècle dernier. Après avoir rappelé le caractère « entrepreneurial » de Pasteur, il s’agira de questionner l’idée d’une « révolution pastorienne » à la fin du 19siècle et d’aborder l’histoire (et l’historiographie) de la microbiologie de 1900 jusqu’à nos jours à partir de la complexité des trajectoires des sciences microbiennes dont les savoirs et les pratiques circulent entre le laboratoire, l’industrie et la clinique.

Nous montrerons comment ces sciences suscitent de nouvelles réflexions autour du microbe, un objet dont le statut (bénéfique ou nuisible pour la santé, par exemple) semble plus nuancé qu’à une certaine époque et qui occupe aujourd’hui une place incontournable et grandissante dans l’ontologie de la pensée scientifique comme dans celle de la culture contemporaine en général.

Mercredi 9 mai 2018

Microbial technology with major potentials for the urgent environmental needs of the next decades.

Prof. Willy Verstraete
Université de Ghent, Gent

Scientists are typically driven by curiosity and bound to explore new potentials. Hence they regularly reposition their mindsets. With respect to the environment, we propose to integrate the fact that fossil fuel energy is and will remain cheap and that hydrogen is the energy carrier of the future. Moreover we consider that the consumer indeed is worried about long term food (quality protein) and drinking water supply and also climate change. Finally, we introduce a major new element in microbial technology, it is the  power of the "microbiome" and of microbial resource management.

Using this assembly of mindsets, five challenges in which microbial technology can make a difference will be discussed. It is argued that the nitrogen problem of the planet must be drastically addressed by using less fertilizer and by making microbial instead of plant protein, thereby implementing green hydrogen gas as driver. Subsequently, the issue of diffuse methane emissions and global warming will be addressed. Then, the CO2 mitigation in the Paris agreements will be discussed and a proposal for a remarkable microbial contribution will be explained. As a fourth element, the need to redress the deterioration of the fresh water reserves of the world will be outlined. And finally, we will give a perspective of a new world in which microbes no longer are needed to be "stamped" out by all means, but rather in most cases can be rallied to become our allies for living healthy.

Mercredi 16 mai 2018

La symbiose : un phénomène en cours dans l’évolution de notre économie et de nos sociétés ?

Isabelle Delannoy
Do Green - Economie symbiotique, Paris

Face aux désordres climatiques, écologiques, sociaux et économiques qui secouent le monde aujourd'hui, est-il possible de développer une nouvelle logique économique, non plus extractrice de ses ressources mais régénérative ? La théorie de l’économie symbiotique argumente qu'un nouveau système logique économique s’est développé partout sur la planète et dans toutes les activités depuis ces cinquante dernières année.

Isabelle Delannoy montrera comment ces innovations aujourd’hui éparses forment une seule et même économie et présentera comment elles permettent de développer un système économique et productif inscrit dans le vivant, extrêmement efficient et générateur de nouvelles voies pour la prospérité, où l’espèce humaine devient co-créatrice des équilibres planétaires.

Mercredi 30 mai 2018

Les microorganismes dans le droit du vivant.

Dr Marie-Angèle Hermitte
CNRS, Paris

Le droit crée un autre monde que le monde réel. De nombreuses entités peuvent exister dans le monde réel et ne pas être vues par le droit. Celui-ci s’organise autour de sujets de droit et d’objets de droit, les règles de droit organisant les rapports entre sujets et entre sujets et objets. Actuellement sont des sujets de droit toutes les personnes humaines nées et les personnes morales. En Amérique latine, en Nouvelle-Zélande, peut-être en Inde, des entités naturelles, rivières, animaux, écosystèmes, sont devenues sujets de droit, ce qui aboutit à créer des relations intersubjectives entre humains et non humains.

Les microorganismes n’y sont pas mentionnés. Pendant plusieurs millénaires, les microorganismes n’ont pas été vus par le droit, ils n’existaient pas. La révolution pastorienne les a reconnus sur le plan scientifique, mais ils sont restés sur le seuil du monde juridique. On a reconnu les phénomènes de contagion et leur rôle dans les phénomènes de fermentation, sans pour autant les doter d’une existence et d’un régime juridique. Il a fallu attendre la brevetabilité des microorganismes pour en faire des choses juridiques. Aujourd’hui l’enjeu est autre. Il s’agit de les inscrire comme acteurs d’interrelations constitutives de la trame fondamentale du vivant.

TOP ^

Infos pratiques

Public concerné

Le séminaire interfacultaire en environnement est proposé à l’ensemble des étudiants de Master de l’Université de Lausanne.
 Les conférences sont ouvertes au public. L’entrée est libre.

Responsable

Antoine Guisan
Professeur associé
Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
Email: antoine.guisan@unil.ch

Renseignements

Aline Buri
Assistante diplômée
Institut des dynamiques de la surface terrestre (IDYST)
Email: aline.buri@unil.ch

TOP ^

vignette-seminter18.png

Cliquez pour télécharger le programme du Séminaire interfacultaire 2018

Partagez:
Géopolis - CH-1015 Lausanne
Suisse
Tél. +41 21 692 35 00