Tables médiévales

Dis-moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es ! "... Loin de se réduire à un besoin élémentaire de l'homme, la nourriture est une manifestation privilégiée de l'identité culturelle d'une époque ou d'une société. Le choix des mets, la façon de les apprêter et de les manger sont des facteurs de distinction sociale, les signes aussi de l'appartenance (ou non) d'un individu au groupe. Dans les cours et dans les textes du Moyen Âge, la table est plus qu'un simple lieu de convivialité : image forte, la célèbre table ronde traduit symboliquement l'unité de la chevalerie et du royaume sous l'égide d'Artu.

Si le banquet offre à la noblesse l'occasion de se célébrer dans la joie de la fête, il est aussi le lieu de tous les dangers et de tous les excès. Les enjeux du comportement à table sont à la fois sociaux et moraux, ils révèlent aussi bien l'envers que l'endroit de la civilisation médiévale, nous invitant à interroger les coutumes de nos ancêtres... ne serait-ce que pour comprendre pourquoi, encore aujourd'hui, nous parlons de "mettre la table".

La Table Ronde du roi Arthur. Bois du Lancelot de Vérard, Paris, 1494

Bibliographie

  • Flandrin (Jean-Louis) et Montanari (Massimo) dir., Histoire de l'alimentation, Paris : Fayard, 1996.
  • Guerreau-Jalabert (Anita), "Aliments symboliques et symbolique de la table dans les romans arthuriens", Annales E.S.C. 47 (1992, 3) 561-584.
  • Laurioux (Bernard), Le Moyen Age à table, Paris : Biro, 1989.
  • Les mangeurs de l'an 1000. Archéologie et alimentation, sous la direction de Dorothee Rippmann et Brigitta Neumeister-Taroni, Vevey, Fondation Alimentarium, 2000.
  • Mühlethaler (Jean-Claude), "De la frugalité de l'ermite au faste du prince : les codes alimentaires dans la littérature médiévale", dans : Manger, Lausanne : Payot (Publications de l'Université de Lausanne. Cours public de l'Université 1995-1996), 1996, pp. 7-35 et 101-103.
  • Senefiance 38 (1996 : Banquets et manières de table au Moyen Age).
  • Vincensini (Jean-Jacques), Pensée mythique et narrations médiévales, Paris : H. Champion, 1996.

Sources

La Chanson de Guillaume, éd. et trad. par B. Schmolke-Hasselmann, München : W. Fink, 1983.

Chrétien de Troyes, Le Conte du Graal ou le Roman de Perceval, éd. et trad. par Ch. Méla, Paris : Le Livre de Poche (Lettres gothiques), 1990.

Jakemes, Il Romanzo del castellano di Coucy e della dama di Fayel, éd. et trad. par A.M. Babbi, Torino : Nuova Pratiche Editrice, 1994.

Eustache Deschamps, Œuvres complètes d'Eustache Deschamps, éd. par le marquis de Queux de Saint-Hilaire et G. Raynaud, New York : Johnson Reprint Corporation, 1966 (= Paris 1878ss).

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