FNS: L’art et la démocratie : la naissance d’une question. Les réflexions sur la place et le statut des arts du dessin (juillet 1789- août 1792)

Projet dirigé par le Professeur Christian Michel.
Assistants diplômés
Desmond-Bryan Kraege
Matthieu Lett
Sibylle Menal

Début du projet : novembre 2014
Fin du projet : octobre 2017

Le projet propose d’analyser et de diffuser l’ensemble des écrits consacrés aux arts du dessin (peinture, sculpture et gravure) dans les premières années de la Révolution française, à la suite de la remise en cause du système de mécénat d’Ancien Régime. Parallèlement à la critique radicale du système académique qui aboutit en août 1793 à la suppression des académies, une question se pose: comment les remplacer dans une société qui doit être fondée sur la Déclaration des droits de l’homme?

La définition de l’artiste par rapport au praticien ou à l’artisan, la nécessité ou non d’un enseignement artistique, la forme qu’il doit prendre, la façon dont doivent être passées les commandes publiques, le droit des artistes sur la diffusion de reproductions de leurs œuvres, doivent désormais être fondés sur la raison et être compatible avec la liberté et l’égalité des droits.

Bien des questions qui sont aujourd’hui encore discutées sont abordées alors pour la première fois dans des textes qui, pour certains, sont d’une grande richesse conceptuelle. Des points de vue très variés s’affrontent, depuis ceux des plus libéraux estimant que l’État n’a pas à se mêler du domaine des arts, jusqu’aux plus interventionnistes qui considèrent qu’il doit être le garant du bon goût.

Avec l’abolition des privilèges, le 4 août 1789, et l’élaboration d’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, tout le système des arts en France devait être radicalement repensé. Certaines questions, toujours débattues, se font jour dans les trois années qui séparent la revendication de la souveraineté populaire lors du Serment du jeu de paume en juin 1789 et la chute de la monarchie le 10 août 1792. Suffit-il de manier le pinceau ou le ciseau pour être considéré comme un artiste? Comment penser l’égalité des droits et l’inégalité des talents ? L’art peut-il être enseigné et sous quelle forme? Quel juge compétent des arts doit-on reconnaître? Faut-il laisser le seul marché réguler la production artistique ou l’État a-t-il pour devoir d’intervenir pour encourager des formes d’art qui ne trouveraient pas de clients ? L’art se développe-t-il mieux dans un temps de liberté ou a-t-il besoin de la protection des princes?

Une centaine de textes, les uns sous la forme de pamphlets, les autres profondément raisonnés, sont écrits et publiés pendant ces quatre années. Les plus importants sont les différents projets élaborés entre octobre 1790 et juin 1791. Bien qu’ils soient aujourd’hui largement méconnus, ils constituent les fondements, ou, tout au moins, les premières manifestations des arguments qui depuis alimentent les débats récurrents sur l’enseignement artistique, sur la place que doivent tenir les institutions d’État dans le développement des arts, sur l’intérêt économique qu’il y a à encourager les arts du dessin.

Calendrier et objectif des étapes

– Novembre 2014 – mars 2016 : Retranscription de textes.

– Janvier – mars 2016 : Préparation d’un site où les textes puissent être consultés de façon cohérente et utile et transfert des données sur le site, mis à la disposition, après contact, des gens concernés, tant dans le monde académique, que parmi les responsables d’institution artistiques.

– Septembre 2016 : Organisation d’un colloque interdisciplinaire.

– Mars 2016 – septembre 2016 : Première mise en forme du manuscrit. Sélection de quelques textes introduits et annotés.

– Octobre 2016 – août 2017 : Préparation de la publication définitive des textes intégrés dans leur contexte intellectuel, artistique et politique.

Base de données

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