Raphaël Zumofen

Raphaël Zumofen

« Lors de la première année de son doctorat, on se rend assez rapidement compte si l’on souhaite faire une carrière académique ou non. Selon cette décision, il faut ensuite se préparer en orientant ses tâches et le développement de ses compétences en direction de l'une ou l'autre des carrières. »

 
Zumofen_RaphaelZ-1.jpgRaphaël Zumofen a obtenu son doctorat en administration publique à l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) de la Faculté de droit, des sciences criminelles et d'administration publique de l’UNIL en 2016. Il est actuellement Adjoint et membre de la Direction de la Haute Ecole de Santé de la HES-SO Valais-Wallis à Sion.

Titre de la thèse : L'impact de l'accountability publique sur la performance organisationnelle : le cas des mesures du marché du travail dans les cantons de Fribourg et Vaud.

 

GC : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
RZ : J'ai fait une thèse en administration publique avec le professeur Martial Pasquier à l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) de l’UNIL. Suite à l'obtention de cette thèse en 2016, j'ai été Adjoint de la Rectrice de l'UNIL Nouria Hernandez. Depuis mars 2020, je suis Adjoint et membre de la Direction de la Haute Ecole de Santé de la HES-SO Valais-Wallis à Sion.

Pourquoi avez-vous choisi d’effectuer un doctorat ?
J'ai toujours vu le doctorat comme une forme de finalité des études, même s’il est faux de le concevoir ainsi. Je souhaitais aller au bout de ce qui est possible en matière de diplômes d’une part et, d'autre part, j’avais aussi très envie d’obtenir les compétences acquises lors du doctorat telles que la rigueur scientifique, la maîtrise de méthodologies de recherche différentes et la précision. C'était important pour moi de pouvoir développer ces compétences et ça faisait partie du choix lorsque j’ai choisi de faire un doctorat.

Vous êtes Adjoint et membre de la Direction de la Haute Ecole de Santé Valais. Le jour de votre soutenance, auriez-vous imaginé occuper ce poste aujourd’hui ?
Non. Le jour de ma soutenance, mon choix de carrière n’était pas encore très clair. L’envie de poursuivre la recherche n’était pas un objectif avoué, mais je laissais la porte ouverte à une telle possibilité si une offre se présentait. Après l’obtention de mon doctorat, j'ai eu l'opportunité de seconder la Rectrice durant le début de son mandat. Une fois que j'ai commencé cet emploi, je me suis dit que le monde académique allait finalement s'éloigner, mais que cette situation n’était pas trop grave parce que ce poste dans le monde administratif des hautes écoles me plaisait beaucoup. Au fur et à mesure du temps, j’ai constaté que c'est un domaine dans lequel il est intéressant de se profiler et que des opportunités de carrière allaient se présenter.

Quelles sont vos missions principales et comment décririez-vous votre rôle ?
Je suis principalement en charge de l'implémentation du plan stratégique pour la Haute École de Santé. Je suis en charge de la coordination des projets liés aux directions stratégiques qui ont été choisies pour la Haute École et je contribue à l'implémentation de ces projets, en particulier en ce qui concerne la politique institutionnelle. J’ai un gros dossier en parallèle : la construction du nouveau Campus Santé qui s'installera à proximité de l'hôpital de Sion et dans lequel la Haute Ecole de Santé sera l’un des partenaires (avec notamment l’EPFL, l'Observatoire valaisan de la santé et la Haute École de Travail Social). Il s’agit vraiment de mes deux grands groupes de tâches. Je participe également à tous les conseils de direction et à toutes les réflexions importantes pour la Haute École de Santé.

Qu’aimez-vous le plus dans cette fonction ?
Disons que j'apprécie énormément le fait d’être resté dans le monde des hautes écoles parce que c'est un monde très stimulant. D’une part, cela m'intéresse énormément et, d'autre part, il y a toutes les décisions autour des axes choisis pour la Haute École qui sont discutés en Conseil de direction, que ce soit pour la politique institutionnelle, la recherche ou l'enseignement. Il y a des débats et des idées intéressantes qui, ensuite, se traduisent très rapidement en projets. Une fois que les décisions sont prises en Conseil de direction, ça va ensuite très vite vers l'opérationnel. C'est aussi intéressant de voir les projets se transformer et s’implémenter très rapidement.

Quelles sont les compétences essentielles pour exercer cette mission ?
Je dirais qu'il y a de nombreuses compétences que j'ai développées durant ma période de doctorat qui peuvent être très utiles aujourd'hui, notamment l’idée d’être toujours précis et d’avoir beaucoup de rigueur dans la manière d'effectuer ses tâches. Je crois que ces compétences sont assez valorisées actuellement dans l’emploi que j'occupe. Il y a aussi peut-être l'idée de traiter les problématiques de façon globale, de les voir de manière interdisciplinaire, de voir toutes les possibilités et tous les risques et les enjeux qu’il y a autour d'une même problématique. Ensuite, je pense qu’il y a des capacités et des qualités plus traditionnelles, comme les capacités rédactionnelles, la conceptualisation ou des compétences méthodologiques que l'on acquiert lors du doctorat.

Pendant votre doctorat, vous êtes-vous préparé à votre entrée sur le marché de l’emploi ?
Oui. Durant mon doctorat, c'est vrai que j'ai toujours gardé un œil attentif au marché de l'emploi, aussi parce que ça m'intéressait de voir quel type de poste est au concours, quelles sont les compétences valorisées et quels profils sont recherchés actuellement sur le marché du travail. Je me suis rendu compte assez rapidement durant mon doctorat que je ne ferai probablement pas une carrière académique. Je n’ai jamais exclu l'idée de continuer à faire de la recherche – et j’en fais d'ailleurs toujours un peu – mais je ne me voyais pas faire une carrière académique. J’ai donc très vite commencé à regarder à quel type de poste je pouvais prétendre. J’avais un œil attentif là-dessus, aussi pour essayer de développer les compétences nécessaires. Et dans ce qui était un peu modulable dans mon doctorat, notamment la part d'assistanat, j’ai essayé de m’orienter plutôt vers des tâches d’assistant qui pouvaient ensuite être utiles sur le marché de l'emploi et dans les types d’emplois qui m’intéressaient.

Que répondez-vous à celles et ceux qui estiment que le doctorat n’est pas pertinent pour une carrière non-académique ?
Je leur recommanderais d'engager une fois un·e doctorant·e ! Je pense qu'il y a des qualités et des compétences très spécifiques qui sont développées au cours d'un doctorat qu'il est probablement difficile, voire impossible, de développer ailleurs. Si ces compétences sont utiles dans une entreprise, elles sont clés. A mon avis, c'est faux de penser que ces compétences sont inutiles. Ce sont des compétences, certes spécifiques et particulières, mais qui ont une grande utilité dans certains secteurs. Bien entendu, il y a des domaines de l’économie dans lesquels c'est peut-être moins important de développer les compétences que l’on acquiert pendant un doctorat. Pour ma part, je pense avoir développé des compétences uniques et valorisables sur le marché de l'emploi et je suis assez convaincu de la valeur de ces compétences.

Quel conseil donneriez-vous à un·e doctorant·e ou à un·e post-doc qui prépare la prochaine étape de sa carrière ?
Je lui conseillerais probablement de réfléchir bien en avance à ce qu'il ou ce qu’elle veut faire. Si l’on s'oriente vers une carrière académique, il faut prendre en compte ce choix dès le début du doctorat. Il faut, à mon avis, mettre très rapidement en place les premiers jalons de cette carrière académique. Alors que si l’on s'oriente vers une carrière hors académie, on a peut-être un peu plus le luxe de réfléchir et de se poser des questions. Je pense que le plus important c'est vraiment de choisir assez vite l’une ou l'autre voie. Lors de la première année de son doctorat, on se rend assez rapidement compte si l’on souhaite faire une carrière académique ou non. Selon cette décision, il faut ensuite se préparer en orientant ses tâches et le développement de ses compétences en direction de l'une ou l'autre des carrières. Si le choix se porte sur une carrière académique, il est probablement nécessaire de s'orienter vers une production scientifique un peu plus accrue que si l’on décide de quitter la voie académique.  


Portrait publié le 7 décembre 2020

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