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200 (1984/1) Leçons inaugurales

SOMMAIRE

Eric HICKS - Penser le Moyen Age ou Du bon usage d'une terminologie abusive (p. 2-19)

Agostino PARAVICINI BAGLIANI - Les intellectuels et le pouvoir au Moyen Age. Réflexions sur l'imaginaire social (p. 21-48)

L'histoire des intellectuels au Moyen Age peut être retracée à l'aide de nombreux documents et de différentes méthodes d'analyse. Peu de sources permettent pourtant de saisir comment les intellectuels se sont «pensés» à partir du moment où ils ont joué un rôle particulier au sein de la société (XIe-XIIe siècles).
Les textes qui ont trait à l'imaginaire social élaborent, surtout à partir de l'An Mil, des schémas de la répartition sociale sur la base d'une trifonctionnalité qui conduira à la théorie des «trois états». En suivant les différentes phases de l'irruption des valeurs intellectuelles dans ces schémas, nous pouvons mieux définir la position sociale – dominante – qui a été attribuée aux intellectuels et, partant, mieux comprendre les rapports – potentiellement conflictuels – qui s'instaurent entre cette nouvelle figure sociale et la première des trois fonctions de l'imaginaire social: celle du sacré.
Au déclin du Moyen Age, la position des intellectuels se présente de façon complexe. D'une part, la corporation universitaire fournit un «espace» au sein duquel un concept comme l'autonomie de la science (étranger en tant que tel au Moyen Age) a pu germer et se développer. D'autre part, l'aspiration consciente à l'immortalité des productions intellectuelles place les intellectuels, à plus ou moins grande échéance, sur une trajectoire laïcisante.

Hans Ulrich JOST - Un juge honnête vaut mieux qu'un Raphaël. Le discours esthétique de l'Etat national (p. 49-73)

Cette étude relève le problème des rapports qui se sont installés entre l'Etat libéral et les milieux culturels du XIXe siècle. Si d'aucuns attendent de l'Etat libéral tout simplement une activité politique permettant un meilleur exploit culturel, d'autres y voient l'accomplissement d'une nouvelle ère culturelle. L'évolution des rapports entre ces deux conceptions et la pratique d'une politique culturelle de l'Etat fédéral suisse à la fin du XIXe siècle sont présentées en huit chapitres:
1. L'avant-propos, mettant en relief le cadre conceptuel de l'étude.
2. Les propos d'un bailli bernois, de Escher von der Linth et de Max Frisch.
3. L'enjeu culturel: liberté ou beauté.
4. La nature est notre architecte, l'Etat notre peintre.
5. Le beau n'a de valeur que par rapport à la culture politique.
6. La décoration de l'Etat fédéral.
7. La critique de l'esthétique politique.
8. Le beau et le pouvoir: un dialogue sans issue.

Ingeborg SCHÜSSLER - La motivation de la philosophie: étonnement – doute – angoisse (p. 75-88)

L'époque contemporaine est déterminée par la fin de la philosophie traditionnelle, telle qu'elle a débuté avec Platon et Aristote. La question peut alors se poser de savoir ce qu'était cette philosophie et quelle en était la motivation. Or, la motivation de la philosophie traditionnelle a toujours été une certaine passion, à savoir, dans l'antiquité grecque, l'étonnement et, aux temps modernes, le doute. Ces passions ont à chaque fois incité l'homme à poser une certaine question, soit celle de savoir quel est le fondement des choses qui sont, fondement en quoi consiste leur être. La question de l'être a donc été la question principale de la philosophie traditionnelle. S'ouvre alors une possibilité nouvelle pour la philosophie contemporaine, également motivée par une certaine passion, cette fois celle de l'angoisse, qui produirait elle aussi une certaine question quant à l'être, question où l'être ne serait pas le fondement des choses qui sont, mais quelque chose de différent d'elles, d'autre qu'elles. Ainsi s'annonce la possibilité d'un nouveau rapport de l'homme aux choses qui sont, rapport exempt de toute domination.

Anne-Claude BERTHOUD - Voyage au subjectif et attribution d'un statut épistémologique à une réalité floue, fuyante, variable et composite: la langue en acquisition (p. 89-108)

D'une centralisation sur l'objet, linguistique en soi, la linguistique appliquée s'est progressivement portée sur le sujet qui appréhende cet objet. Le passage de l'objet au sujet va déterminer de nouvelles modalités d'interaction entre linguistique générale et linguistique appliquée.
Si, au départ, ces deux disciplines visaient des objectifs distincts – la langue ou la compétence pour la première, la parole ou la performance pour la seconde –, l'avènement des théories pragmatiques va sensiblement modifier ce rapport. Dans la mesure où la linguistique générale actuelle englobe dans son objet aussi bien le système de la langue que son actualisation dans le discours, et se constitue elle-même en théorie de l'activité du sujet-parlant, il convient à la linguistique appliquée de se «re-situer», et ce au sein de la pragmatique. Elle comprend les phénomènes d'appropriation, au sens spécifique d'acquisition, et définit ainsi sa contribution à la construction d'une théorie générale de l'activité langagière, théorie articulant fonctionnement et genèse du langage.

Doris JAKUBEC - A la fenêtre, je sais qu'il y a des roses... (p. 109-122)

Partant des premières lignes d'Alectone, je voudrais montrer principalement trois choses.
D’abord mettre en évidence, par l'analyse du contenu, les deux mondes qui déchirent le poète: d'un côté le monde de l'évidence sensible que représentent ici les roses, de l'autre celui de la séparation introduit par le «je sais» qui implique un retrait, une distance.
Ensuite définir l'enjeu du poème de Crisinel. Si le poète choisit, non sans hésitation, la prose plutôt que la forme versifiée, fixe ou libre, c'est qu'il tient à réunir deux visées contradictoires: il veut communiquer son expérience personnelle de l'aliénation en respectant d'une part la vérité autobiographique et en élargissant d'autre part son destin tragique à l'humanité entière.
Enfin saisir quelles sont les possibilités d'une victoire, même précaire, sur l'une des trois Furies qui crient vengeance et menacent de tout engloutir dans leur nuit.

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