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228 (1991/3) Littérature française

SOMMAIRE

André WYSS - Avant-propos (p. 1-2)

Danielle CHAPERON et Jean KAEMPFER - Les couleurs de la littérature. Romans avec figures de peintre à la fin du XIXe siècle (p. 3-40)

Avec Le Chef-d'œuvre inconnu, Balzac inaugure un genre – le roman de peintre – appelé à une riche postérité au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. La peinture, pour les Goncourt, propose le modèle d'un rapport heureux et sensuel au monde, que la littérature gagnerait à imiter. Pour Léon Bloy, la peinture à l'inverse figure une tentation matérialiste exécrable, dont la littérature ne saurait trop se garder. Zola, plus synthétique, affirme la solidarité de l'une et de l'autre: le grand tableau symboliste qui clôt L'Œuvre égare la vérité du monde mais la transfigure; tel est aussi le destin de la littérature (même naturaliste...). Pour métaphoriser les rapports que textes et tableaux entretiennent avec la réalité les écrivains de la fin du XIXe siècle recourent avec prédilection à des figures féminines. Que vaut à la femme soudain cet excès d'honneur, ou cette indignité? C'est que, si semblable à un paysage, elle est dominée par la couleur: sang et lumière la parcourent, la modifient, la transportent. Face à ce chromatisme naturel et mortel le peintre a le choix entre l'abandon et la résistance. Les lignes du dessin, à l'instar de celles de l'écriture, protègent de la phénoménologie dévorante du monde visible que la femme emblématise. Ecrivains et peintres rivalisent donc d'inventions afin de figurer la femme – de la définir à son corps défendant (voyez les scènes de pose). Rivalité biaisée puisqu'après tout, ce sont ici toujours les premiers qui ont la parole: de Balzac à Huysmans, de Baudelaire à Barbey d'Aurevilly, tous se délectent des embarras de la peinture et des affres des peintres – et suivent obstinément la trajectoire d'un nuage rouge... sur les lignes sinueuses d'un corps de femme.

Denise CORDONIER et Martine NICOLLERAT - Sur les critères de choix d’un texte littéraire (p. 41-52)

Enumérer et décrire les critères de sélection d'un texte littéraire n'est pas chose naturelle si l'on en croit le silence prudent des auteurs de manuels. Il a donc paru intéressant de réfléchir aux paramètres qui déterminent nos choix puis de les soumettre à l'évaluation des étudiants. La relative mésentente qui en a résulté a entraîné quelques expériences de choix «déplacé».

Jean-Daniel GOLLUT - La parole vive. Remarques sur l’énonciation du poème lyrique (p. 53-68)

A partir d'une observation linguistique – présence, dans le discours du poème, d'un appareil de référence sans contrepartie situationnelle explicite –, il s'agit de définir le statut énonciatif du texte lyrique, et de poser en conséquence les principes d'une attitude critique et d'une posture interprétative adéquates: ni soumission au postulat de la «clôture structurale», ni retour à quelque «positivisme référentialiste»...

Philippe MORET - Pinget / Songe en moraliste (p. 69-86)

Cet article a pour objet l'analyse des places et fonctions de la maxime, du statut du discours formulaire dans l'ensemble des recueils récents de Robert Pinget qui constituent le cycle de monsieur Songe.

Noël CORDONIER - De l’énergie à l’energeia. Les essais médico-littéraires de Victor Segalen (p. 87-112)

Une thèse de doctorat peut mener à tout à condition d'en sortir: celle qu'a soutenue Victor Segalen, en 1902, adhère à la théorie contemporaine des fluides imaginaires, mais, dès sa seconde étude consacrée aux métaphores synesthésiques, où il expérimente la force créatrice et imageante des mots, le jeune médecin voit glisser sa conception de l'énergie d'une psycho-physique utopique vers la rhétorique. Affaire à suivre, car ses premières œuvres de fiction découleront directement de ces essais...

Françoise REVAZ - Narration, description ou tableau? Approche linguistique d’une classification rhétorique (p. 113-134)

Cet article propose une réflexion sur le statut des textes qui relatent des actions et qui, dans les traités ou les manuels de littérature des XVIIIe et XIXe siècles, sont indifféremment catégorisés dans le Genre narratif, le Genre descriptif ou le Tableau. A titre d'exemple, l'observation de quelques «textes d'actions» extraits des Leçons françaises de littérature et de morale de Noël et De La Place (1842) mettra en évidence le flou des critères de classement et la nécessité de chercher un mode de typologisation des textes d'actions plus rigoureux.

André WYSS - «Un invisible oiseau s’ingéniant à faire trouver la journée courte». Des entrevisions au poème de la Recherche du temps perdu (p. 135-158)

Les moments poétiques sont nombreux dans la Recherche, et ils s'intègrent au récit, car toute la matière narrative de ce roman est poétique: c'est le rapport d'un sujet aux êtres, aux choses, aux faits. Cette matière apparaît au lecteur principalement sous forme d'images, reliées en un système conséquent et dont les éléments sont à la fois proliférants et tout à fait solidaires. C'est ainsi que ce vaste roman fait d'impressions et de sensations dont un «je» veut comprendre le sens, est un poème, et même un poème moderne, car le thème principal en est «Comment on devient poète», savoir la conquête d'un langage qui «fixe» les expériences dans leur caractère absolument individuel.

Compte rendu bibliographique

Sarga MOUSSA - Alexandre Cingria, L'écriture au bord des yeux. Lettres à Adrien Bovy, 1898-1901, présentation, choix et notes de Corinne Giroud, Lausanne, Payot, «Etudes et documents littéraires», 1990 (p. 159-164)

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