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282 (2009/1) La profession d'architecte en Suisse romande (XVIe-XXe siècle) - Edité par Dave Lüthi et Gaëtan Cassina

Au XVIe siècle, le constructeur de bâtiments est un maçon et un sculpteur qui a acquis son métier par apprentissage ; au XXe siècle, l’architecte est un concepteur féru d’ingénierie, bardé de diplômes et qui est considéré comme un artiste. Les études réunies dans cet ouvrage et issues d’un colloque tenu à l’Université de Lausanne en 2007, éclairent l’évolution de cette profession en Suisse romande. Formation, carrière, clientèle, culture visuelle, contextes politique et économique sont autant de voies explorées afin de cerner la figure de l’architecte dans un cadre géographique restreint dont dépend étroitement le succès, ou l’échec, professionnel.

SOMMAIRE

Dave LÜTHI et Gaëtan CASSINA - Avant-propos (p. 3-12)

Isabelle BRUNIER - Aymonet Du Cetour, un maçon architecte « frontalier » au XVIe siècle (p. 13-34)

Le maçon architecte genevois Aymonet Du Cetour, d’origine gessienne, a mené un parcours professionnel impressionnant, d’une quarantaine d’années, au milieu du XVIe siècle. Très actif sur les chantiers de fortifications à Genève, il a aussi travaillé sur des édifices publics et privés de cette ville. Il y a assumé également quelques charges officielles. Ses compétences et peut-être un certain goût de l’aventure l’ont conduit à s’engager dans divers ouvrages à Moudon (Vaud, Suisse), à Montmélian et à Chambéry (Savoie, France). Sa vie recèle, de plus, quelques anecdotes peu communes. Les recherches dans des sources, très disertes à son sujet, ont permis de dresser un portrait complet et vivant de ce personnage jusqu’alors peu connu, pour une période où les biographies d’artisans ne sont, pour l’instant, pas fréquentes.

Leïla EL-WAKIL - Cet homme nous fut envoyé par le ciel pour rénover l’architecture égarée depuis des siècles. Relecture de quelques cas genevois (p. 35-56)

Cette contribution cherche à relire l’histoire de l’architecture genevoise à la lumière des apports internationaux. La « procédure d’appel » des architectes étrangers à Genève, ainsi que les relations entretenues par ces derniers et les architectes et corps de métier locaux sont en particulier analysés. Il s’agit souvent de figures d’envergure : le parisien Jean-François Blondel, le comte piémontais Benedetto Alfieri, le florentin Giovanni Salucci, le lyonnais André Miciol, les français Félix-Emmanuel Callet, Jean-Baptiste-Cicéron Lesueur, Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc. Les rapports avec les architectes locaux en sont d’autant plus complexes : tantôt auteurs, tantôt exécutants, les Genevois endurent des ruptures de statut ; la plupart s’en accommodent, soumis aux lois d’un marché fluctuant, ainsi qu’au prestige de constructeurs de renom.

Carl MAGNUSSON - La décoration intérieure au XVIIIe siècle : l’architecte et le sculpteur (p. 57-78)

Pour la décoration intérieure, les traités conseillent aux propriétaires de s’adjoindre les services d’un bon architecte, aidé d’habiles ouvriers et, notamment, au XVIIIe siècle, d’un bon sculpteur d’ornements. L’architecte doit posséder une excellente formation dans les arts libéraux et une longue expérience pratique ; les ouvriers doivent connaître tous les gestes de leur métier et posséder quelques rudiments théoriques. Cette répartition idéale des compétences et de l’autorité ne correspond toutefois que rarement aux situations particulières documentées dans les archives. Souvent, la conception et l’exécution de la décoration sont confiées à un entrepreneur, comme Jean Jaquet (1754-1839), dont la formation assez étendue ne présente toutefois pas l’universalisme prôné par les traités.

Christine AMSLER - Charles Haspel, architecte-paysagiste wurtembergeois actif à Genève au milieu du XIXe siècle, ou L’arbre qui cache la forêt (p. 79-88)

Jusque vers la fin du XIXe siècle, en l’absence de bureau d’architecte-paysagiste local, c’est vers l’étranger que se tournent les Genevois fortunés souhaitant effectuer de gros travaux dans leurs jardins. Envoyé par l’établissement Baumann à Bollwiller en Alsace, le « jardinier-décorateur » Charles Haspel, né à Schwäbisch-Hall en 1811, laisse de son séjour genevois attesté entre l’été 1845 et le printemps 1854, entrecoupé de nombreux déplacements, notamment à Berne, trois plans de belle facture. Il pourrait avoir joué un rôle décisif dans le parti général adopté lors de la requalification du bas du Parc La Grange suite à la construction de la route d’Hermance.

Sachiko MIKAMI - Louis Wenger (1809-1861). Entre architecture et politique (p. 89-116)

Un contexte économique et politique instable influence le parcours de l’architecte vaudois Louis Wenger, dont la carrière d’architecte connaît une rupture vers 1845. C’est à ce moment que débute pour lui une brillante carrière politique ; mais il n’abandonnera cependant jamais complètement son activité d’architecte, ni son parcours dans le domaine militaire. Entre ces trois activités, Wenger est un homme très occupé qui se signale par sa difficulté à respecter les délais qui lui sont fixés. Ces retards lui valent même de se voir retirer l’important projet de construction de la douane de Martherey à Lausanne par ses collègues du Gouvernement, qui ne semblent prendre aucun égard particulier vis-à-vis de l’architecte. Cependant ce cas reste isolé, et les autorités vaudoises semblent faire plutôt preuve de patience envers lui, cette empathie résultant vraisemblablement de l’imbrication étroite de ses différentes fonctions au sein de l’Etat.

David RIPOLL - Plans de carrière : Charles Boissonnas et Antoine Feltmann, architectes (Genève, 2e moitié du XIXe siècle) (p. 117-144)

Considéré d’un point de vue historique, le métier d’architecte n’est pas réductible aux carrières brillantes. Partant de ce constat, la recherche suivante met en regard deux protagonistes, Charles Boissonnas et Antoine Feltmann, aux trajectoires professionnelles divergentes. Profitant tous deux d’une conjoncture favorable, consécutive à la démolition des fortifications, l’un s’impose comme l’un des plus importants constructeurs de son époque, tandis que l’autre connaît une série de déboires qui le mèneront à une déroute retentissante. Formation, expérience, réseau social, sens des affaires, prise de risque : c’est à ces variables que se mesure, de toute évidence, le succès ou l’échec d’une carrière d’architecte.

Dave LÜTHI - L’architecte-spécialiste. Modalités et enjeux d’un phénomène professionnel et historique (p. 145-162)

A la fin du XIXe siècle, certains domaines de l’architecture atteignent un degré de complexité tel que les constructeurs sont contraints à une véritable spécialisation ; c’est le cas notamment de la restauration des monuments historiques et des bâtiments hospitaliers. Si les carrières ne pourront jamais se construire autour d’un seul type d’édifice – le bassin romand étant trop restreint pour assurer un nombre de commandes suffisant –, l’on constate néanmoins l’émergence de spécialistes, réputés non seulement en Suisse mais aussi à l’étranger pour leurs travaux. Sur quels critères définir la spécialisation professionnelle ? Quels en sont les enjeux en terme de carrière ?

Nadja MAILLARD - Singulier / Pluriel (p. 163-188)

Qui commande ? Qui construit l’architecte ? Quelle est la part respective de travail, de trouvailles du maître d’œuvre et du maître de l’ouvrage dans une réalisation architecturale ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles ce texte tente de répondre à travers l’exploration de la trajectoire et de la production de l’architecte vaudois J. Cornaz (1886-1974).

Liste des participants au colloque (p. 189-190)
Adresses des auteurs (p. 191-192)

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ISBN 978-2-940331-19-2

Dans la presse:

k+a 4-2009, p. 64-65

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