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257 (2001/1) Le Moyen Age par la bande - Edité par Alain Corbellari et Alexander Schwarz

Moyen Age et bande dessinée: le lecteur sera sans doute plus méfiant que surpris face à cette rencontre de termes. Au vrai, si l’on a souvent remarqué que l’art du vitrail, l’usage du phylactère et certaine Tapisserie bien connue rapprochaient les techniques figuratives du Moyen Age et celles de la bande dessinée, cette dernière pratique garde mauvaise presse dans le monde universitaire, et l’on ne manquera sans doute pas de craindre qu’un tel programme ne fasse basculer les présentes études dans l’anecdotisme. Pourtant, de notables intellectuels ne nous ont pas attendu pour accorder au «9e art» la place qui lui revient dans notre culture, et l’on constate aujourd’hui que le monde académique commence enfin à le prendre en considération.
Que l’on ne voie donc pas dans le thème choisi une simple lubie de médiévistes en mal d’idées; l’hypothèse qui a guidé nos travaux est en effet que la bande dessinée pourrait bien avoir avec le Moyen Age des liens plus étroits qu’avec n’importe quelle autre période de l’histoire ou avec n’importe quel autre complexe culturel, et ce tant au point de vue de son contenu narratif que de son mode de production, pour ne pas dire de son idéologie. Loin de réduire le Moyen Age à un simple décor, l’ambition de ce volume d’Etudes de Lettres est de dépasser les associations simplistes et de montrer que l’angle d’attaque envisagé est susceptible d’apporter quelques éclairages nouveaux sur le statut, sur les mythes fondateurs et peut-être même sur une certaine épistémologie de la bande dessinée.

SOMMAIRE

Alain CORBELLARI - Avant-propos. La bande dessinée et le Moyen Age ou l'emprise des signes (p. 5-10)

Danielle CHAPERON - Des ancêtres encombrants. Manuscrits et phylactères dans la bande dessinée médiévalisante (p. 11-36)

L’hypothèse qui fut à l’origine de la recherche dont les résultats sont ici présentés, était fondée sur des souvenirs de lecture, à la fois nombreux et hétéroclites, qu’il s’agissait d’interroger. Il apparaissait que le choix d’un univers de référence médiéval contraignait le dessinateur (plus que le scénariste), comme automatiquement, à prendre en charge le rapport qu’il entretenait avec la préhistoire de son médium. Certains éléments spécifiques au vocabulaire de la BD, comme l’écriture manuscrite et le phylactère (la bulle), sont en effet imaginairement ancrés dans le Moyen Age. Mais il semble que le contexte médiéval ne révèle pas tant un rapport personnel du dessinateur avec les origines de sa pratique artistique, qu’il ne détermine des phénomènes qui ont une portée plus générale. C’est paradoxalement son rapport avec la littérature que la BD exprime par la reprise de techniques inspirées par ses racines médiévales légendaires.

Florence PLET - Le jongleur, portrait de l’artiste en clown (p. 37-64)

La bande dessinée d'inspiration médiévale affectionne la figure du jongleur, cet artiste itinérant aux talents multiples (chant et musique, danse, acrobaties...). Dans un premier temps, on a procédé à un double examen: celui des dénominations, caractérisées par le flou terminologique (jongleur, troubadour, ménestrel, baladin...); celui des représentations de l'activité professionnelle, qui donne globalement une idée complète du métier de jongleur. Il ressort que si le premier défaut n'est pas rédhibitoire, la seconde qualité reste superficielle.
La seconde partie cherche à cerner le type en tant que personnage de bande dessinée. Les auteurs l’ont vivifié en s’appuyant sur des caractéristiques annexes des jongleurs médiévaux : errance, adaptabilité, complémentarité ou fusion avec la figure du chevalier, affinités avec le surnaturel. Il faut aussi prendre en compte la nature du rôle: figurant décoratif, comparse gaffeur et sympathique, héros à la double identité ou personnage occasionnel.

Alain CORBELLARI - Le chevalier et son double. La représentation du souverain dans la BD médiévalisante (p. 65-84)

Le problème du réalisme dans un art qui, comme la BD, superpose plusieurs codes sémiotiques, est particulièrement complexe; à partir d’une piste iconique précise (la figure du souverain), on aimerait proposer ici une réflexion sur les possibilités et les limites de la représentation historique tant du point de vue de l’exigence d’exactitude que de celui de l’exploration symbolique: où l’on voit entre autres que le comique n’exclut pas forcément la pertinence de la réflexion.

Jean-Claude MÜHLETHALER - Thorgal face aux tyrans. Sur la persistance de l’imaginaire médiéval dans la bande dessinée (p. 85-100)

Au-delà des chevaliers et des châteaux forts, dont la présence donne au récit un coloris d’époque plus ou moins crédible, le médiéviste est frappé par la vision du pouvoir que transmet la bande dessinée, comme si les temps n’avaient pas ou guère changé depuis le Moyen Age. Les tyrans auxquels Thorgal Aegirsson est confronté au fil des aventures, sont à l’image du mauvais prince, tel que le concevaient jadis les clercs, marqués par leur lecture de la Bible. Notre imaginaire est tributaire d’une réflexion vieille de plusieurs siècles, même si les auteurs de bande dessinée ne sont pas forcément conscients qu’ils perpétuent une pensée, laquelle s’inscrit dans la longue durée et tient désormais du stéréotype. Le dessinateur tire profit des images fortes liées à la figure du tyran, car elles ne sont pas le lieu d’un renouvellement de la réflexion politique, les récits de Thorgal rappellent, en privilégiant le plaisir de la représentation, la dimension mythique du discours sur le pouvoir à travers les âges.

Alexander SCHWARZ - Der Fuchs mit der Sprechblase. Narratologisches zu Reynaert, Suske und Wiske (p. 101-112)

1998 ist in der Reihe Suske en Wiske aus des Werkstatt von Willy Vandersteen ein Band erschienen, in dem die beiden Geschwister den Fuchs Reinaert beschatten sollen, aber feststellen müssen, dass er gar nicht der Hauptbösewicht ist, sondern dass ausgerechnet ihre Auftraggeber viel schlimmer sind. Inwiefern erzählt der Comic die Geschichte vom Fuchs Reinaert anders, als das mittelniederländische Epos Van des Vos Reynaerde sie erzählt? Insofern, als der Schluss auch pessimistisch, aber einfacher ist, als der Fuchs auch ein Heuchler, aber ein einfacherer ist, als der Erzähler auch kritisiert, aber nicht durchgehend ein schwer zu fassender Ironiker ist, sondern sich mit Suske, Wiske und Lambik solidarisiert. Sind diese Verflachungstendenzen gattungsbedingt?

Marc-Antoine RENARD - «Nous allons franchir l’infini...» L’heroic fantasy en BD (p. 113-134)

Quelles sont les caractéristiques de l’heroic fantasy en BD? Cet article s’attache à définir, tout d’abord, la notion d’heroic fantasy, pour en extraire les particularités par rapport aux genres proches, qu’elles soient conceptuelles ou s’inscrivent au sein même du récit: le côté fantasy, imaginaire, puis l’aspect heroic, appuyé notamment sur des personnages emblématiques. Suivent une rapide synthèse des éléments historiques de ce type de récits bédéiques, et une conclusion mettant en rapport l’Histoire et la typologie dégagée.

Moyen Age et bande dessinée: bibliographie (oeuvres) (p. 135-146)

Liste des mémoires et des thèses de doctorat soutenus à la Faculté des lettres en 2000 (p. 147-174)

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