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302 (2016/4) L'opéra en toutes lettres - Edité par Chiara Bemporad et Gabriele Bucchi

Depuis 2010, la Faculté des lettres de l’Université de Lausanne, en collaboration avec l’Opéra de Lausanne, organise des conférences destinées à familiariser les publics de l’Université et de la ville avec les œuvres à l’affiche de la saison lyrique lausannoise. C’est une sélection de ces conférences que propose le présent volume de la revue Etudes de Lettres. Couvrant une période allant des Noces de Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart à L’Aiglon d’Arthur Honnegger et de Jacques Ibert, en passant par Norma de Vincenzo Bellini, Les mousquetaires au couvent de Louis Varney, Lakmé de Léo Delibes, Manon de Jules Massenet et L’enfant et les sortilèges de Maurice Ravel, les contributions réunies dans ce volume, enrichi à cette occasion par un entretien avec l’écrivain Etienne Barilier, proposent un parcours original et interdisciplinaire à travers deux siècles de théâtre musical.

SOMMAIRE

Chiara BEMPORAD, Gabriele BUCCHI - L’opéra en toutes lettres. Témoignage d’une initiative de médiation culturelle (p. 7-16)

Pierre MICHOT - Beaumarchais et ses musiciens: Paisiello, Rossini, Mozart (p. 17-32)

Nombreux sont les compositeurs qui ont mis en opéra Le barbier de Séville de Beaumarchais. Seuls Paisiello (1782) et plus encore Rossini (1816) ont survécu. Les comparer au gré de quelques moments choisis fera certes couronner la verve du second, mais rendra aussi justice à quelques belles trouvailles du premier. Quant à Mozart, il est le seul à s’être affronté au Mariage de Figaro (1786). Le personnage de Rosine prend des couleurs très contrastées, tendrement mélancolique chez Paisiello, mutine et déterminée chez Rossini, blessée et déchirante chez Mozart.

Luca ZOPPELLI - «La vraie nature du tragique». Norma et le classicisme européen à l’âge romantique (p. 33-48)

L’article propose une analyse philosophique, esthétique et musicale de Norma de Bellini. Il traite de la manière dont le compositeur et son librettiste, Felice Romani, ont construit le sens du «tragique» dans l’opéra, considéré, selon une conception romantique, comme une forme élevée de représentation de l’individu, de ses agissements et des conséquences qu’il doit endurer. L’auteur analyse dans ce sens notamment deux scènes de l’opéra: le duo Norma – Adalgisa à la fin du premier acte et le concertato qui clôt l’œuvre.

Delphine VINCENT - Entre situations convenues et richesse comique: Les mousquetaires au couvent de Louis Varney (p. 49-66)

Louis Varney fut un auteur à succès d’opérettes, qui est tombé de nos jours dans l’oubli. Cet article étudie les procédés de comique musical employés dans son chef-d’oeuvre, Les mousquetaires au couvent (1880). En s’appuyant sur les écrits théoriques de Baudelaire et de Bergson, cet essai souligne la variété du comique dans cette opérette: verbal, gestuel, mécanique, hypertrophie musicale, détournement musical, jeu avec des situations musicales topiques, superposition de niveaux de lecture. La richesse des réponses musicales proposées par Varney est remarquable et rappelle la valeur d’un artiste qui souffre de la mauvaise réputation de l’opérette française – dépolitisée et passant pour un pur divertissement – des années 1880.

Philippe BORNET - Entre orientalisme et art orientalisant. L’Inde de Lakmé (p. 67-92)

La contribution étudie les racines de la représentation de l’Inde dans l’opéra Lakmé (1883) de Léo Delibes (1836-1891). Nuançant une approche qui ne relèverait que l’aspect superficiel et stéréotypé de cette représentation, l’analyse examine en premier lieu le rôle d’une «tradition opératique» relative à l’Inde dans le contexte français. En second lieu, l’attention est portée sur la contribution de spécialistes érudits de l’Inde – en particulier Théodore Pavie – à la composition du livret. Enfin, nous évoquons l’impact de la découverte progressive des instruments et du système musical indiens dans le courant du XIXe siècle, depuis les orientalistes de Calcutta au musicologue belge Joseph-François Fétis (1784-1871). Il apparaît que Delibes, bien que s’inscrivant dans un genre orientalisant convenu, fait à l’occasion preuve d’une originalité musicale certaine, très probablement stimulée par la conscience de formes musicales radicalement différentes.

Vincent GIROUD - Manon ou le XVIIIe siècle du XIXe siècle (p. 93-110)

Adapté d’un chef-d’œuvre de la littérature française du XVIIIe, Manon de Jules Massenet transpose avec une habileté consommée les détails du roman dans les termes les plus parlants pour un spectateur cultivé de la fin du siècle suivant. On en résume ici la genèse et les principales caractéristiques, tant du point de vue de l’adaptation littéraire que des références musicales au XVIIIe siècle.

Laurence LACOUR - Désaccords dans un duo. Un mouvement de la vie psychique à travers L’enfant et les sortilèges (p. 111-130)

L’enfant et les sortilèges est une fantaisie lyrique en deux parties écrite par Colette et mise en musique par Maurice Ravel. Explorant avec poésie et audace le monde de l’enfance, cet opéra enchanteur peut se lire sous l’angle de la psychanalyse, comme une illustration subtile et pertinente des processus psychiques présents dès le début de la vie dans la relation mère-enfant. Du duo chahuté de l’Enfant en conflit avec sa mère au duo inventif formé par Colette et Ravel, l’enjeu est peut-être le même: celui de la création comme un moyen de dépasser la souffrance humaine.

Jacques TCHAMKERTEN - L’Aiglon à l’opéra ou les tribulations d’un mythe (p. 131-150)

Reçues triomphalement au début du XXe siècle, les pièces d’Edmond Rostand ont fait l’objet d’adaptations lyriques dès les années trente. Pressenti pour mettre en musique La princesse lointaine, puis tenté par Cyrano de Bergerac, Arthur Honegger écrira finalement, en collaboration avec son ami Jacques Ibert, L’Aiglon, inspiré par le pathétique destin du fils de Napoléon Ier, mort à l’âge de vingt-et-un ans. Composé dès 1936 et créé l’année suivante, L’Aiglon a été délibérément conçu comme un grand opéra, traité, selon les auteurs, «comme une suite d’images d’Epinal, direct, populaire, se servant de toutes les possibilités du théâtre musical vivant».

Christophe IMPERIALI - «De la musique, la littérature est le plus grand témoin». Entretien avec Etienne Barilier (p. 151-168)

Dans le cadre de la série de présentations dont le présent volume conserve la trace, Etienne Barilier avait proposé une conférence sur la Flûte enchantée de Mozart. Mais les éditeurs de ce volume ont eu envie de retrouver derrière le conférencier l’écrivain mélomane, dont l’oeuvre est véritablement irriguée par un rapport intime à la musique. N’était-il pas pertinent, sans sortir de la liste des conférenciers, d’envisager un propos d’une autre nature et de proposer à Etienne Barilier un entretien sur la place que la musique occupe dans son oeuvre ? L’adhésion de l’intéressé à ce projet a donné lieu au présent article.

Adresse des auteurs (p. 169-170)

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ISBN 978-2-940331-50-5

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