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245 (1996/3-4) Autour de la poétique de Paul Ricoeur - Edité par Raphaël Célis et Maurice Sierro

SOMMAIRE

Raphaël CÉLIS - Introduction. Pour une poétique de la liberté (p. 3-20)

Maurice SIERRO - L’imagination et la ressemblance dans la métaphore (p. 21-36)

L'imagination est aux yeux de Ricœur la faculté productrice de la métaphore dans la mesure où celle-ci résulte de l'association de l'image à un emploi particulier du langage. A travers l'exemple de la métaphore, nous verrons donc que l'imagination, loin de se réduire à un simple produit inerte de la perception, exerce au contraire un pouvoir actif d'ordre sémantique à l'œuvre dans la construction du langage poétique, comme le démontre la VIe étude de La Métaphore vive consacrée à la notion de ressemblance.

Muriel GILBERT - Pour une contribution narrative à la problématique du temps (p. 37-54)

La lecture conjointe du chapitre que saint Augustin consacre au problème du temps dans ses Confessions et de La Poétique d'Aristote amènera Paul Ricœur à établir un lien, étroit, entre temporalité et narrativité. Cette étude vise à présenter cette articulation dans ses grandes lignes. Nous mettrons pour cela l'accent sur les limites de l'approche augustinienne du temps selon Ricœur et tenterons de montrer en quoi la théorie narrative développée par ce philosophe serait susceptible d'aider les philosophes à penser le temps dans toute sa complexité.

Richard KEARNEY - Narrative and Ethics (p. 55-72)

Dans un débat avec la pensée post-moderne (J.-F. Lyotard, G. Vattimo), qui souligne avec force la dissolution des grands récits fondateurs d'idéologies, l'auteur s'efforce de rappeler, avec Paul Ricœur, le lien de dépendance étroit entre la «compréhension narrative» et la pratique d'une éthique fondée sur la mémoire et la responsabilité. En dépit des événements irreprésentables qui marquent notre histoire, il nous rappelle que la tâche du récit n'est plus de justifier les idéologies en vigueur, mais d'exercer une faculté de juger à la fois prospective et critique.

Bernard STEVENS - Puissance et effectivité de l’être (à propos de Ricœur et Heidegger) (p. 73-88)

L'ontologie ricœurienne en se confrontant à celle de Heidegger trouve un emploi inédit dont on tentera d'esquisser ici quelques grandes lignes. En reconsidérant la critique adressée à l'ontologie ricœurienne, on s'efforcera de souligner sa portée à travers l'entrecroisement de deux notions essentielles – la puissance et l'effectivité de l'être – pour montrer ensuite quels types distincts d'ontologies ces termes déterminent selon qu'on se place du côté «physiologique» heideggerien-oriental ou de celui d'une interprétation «praxiologique» de type ricœurien-occidental.

Michel VANNI - Stimmung et identité narrative (p. 89-108)

La notion d'identité narrative sera ici traitée du point de vue de la Stimmung ou disposition affective. Il s'agira de montrer comment, à travers l'exemple de la littérature, l'humeur parvient à identifier un «soi-même» et à faire s'articuler l'action au récit. A la lumière des thèses défendues par Paul Ricœur dans Soi-même comme un autre, on s'acheminera ensuite vers un dépassement de l'identité narrative au profit de la mise en exergue d'un fond humoral qui apparaîtra comme une dimension féconde d'analyse de soi à l'horizon de ses aspects narratifs et littéraires, phénoménologiques et psychologiques.

Maria VILLELA-PETIT - Le sujet multiple et le soi, le «je suis plusieurs» de Fernando Pessoa (p. 109-124)

Le problème de l'identité représente aux yeux de Ricœur un problème crucial centré sur la question du «qui». Elle sera ici confrontée à la pensée de l'ipséité à travers l'expérience littéraire et existentielle du poète portugais Fernando Pessoa. La fiction lance à la problématique du soi le défi de la perte d'identité, ce qui n'a pas échappé à Paul Ricœur. Or, l'expérience singulière de l'œuvre/vie apparaît chez Pessoa comme une variation imaginative qui ajoute un niveau de difficulté en déterminant l'identité personnelle par la superposition de l'ipséité et de la mêmeté.

Sylvie BONZON - De l’attestation, une nuée de témoins (p. 125-140)

L'attestation constitue une «clé» de lecture d'un parcours du soi qui sera ici suggéré en prenant appui sur quelques textes littéraires et philosophiques. Entraînant avec elle tout le champ sémantique du «témoignage», cette notion ricœurienne nous donne à lire le fondement sur lequel s'appuient les acceptions multiples du verbe agir. La question centrale du «qui?» de l'action trouve dans l'attestation la possibilité d'une réponse dont il faut rechercher l'origine dans la dialectique du soi et de l'autre inscrite au cœur de la réflexion de Soi-même comme un autre.

Marc CEPL - La narrativité comme moralité, pour une lecture «poétique» de l’éthique dans Soi-même comme un autre (p. 141-158)

Dans cet article, nous nous suggérons d'esquisser, avec Paul Ricœur, les liens qui unissent le problème de la narrativité, dominant dans la trilogie des Temps et récit à celui de la moralité, central dans les dernières publications du philosophe. Nous nous efforcerons de souligner la place prépondérante de l'imagination narrative – et avec elle, de l'imagination productrice – dans le ternaire «décrire, raconter, prescrire» caractérisant l'approche ricœurienne de l'action. Au terme de cette étude, nous insisterons alors sur la manière dont la narrativité peut effectivement jouer sa fonction de propédeutique à l'éthique.

Bruno ACKERMANN - Explorations personnalistes (p. 159-178)

Le grand projet d'«anthropologie» philosophique de Paul Ricœur puise son inspiration dans le personnalisme. A sa façon, ce métaphysicien aux multiples allégeances renouvelle et prolonge la pensée combattante du mouvement Esprit. Il incarne, à la suite d'Emmanuel Mounier, Denis de Rougemont, Nicolas Berdiaeff et Paul-Louis Landsberg, la tangente existentialiste du personnalisme.

Fabio MERLINI - Identité, narration et histoire (p. 179-194)

On peut lire l'identité du sujet de l'histoire, dont on a l'impression de s'être éloigné en raison de cette expérience nommée aujourd'hui «fin de l'histoire», à la lumière du concept d'identité narrative élaboré par Paul Ricœur. Cependant, cette possibilité de rapprochement demande à être cernée par une analyse qui montre aussi ses limites. C'est précisément l'intention de cet article de vérifier jusqu'à quel point, le concept d'identité narrative peut épuiser toute notion d'identité comprise comme phénomène époqual.

Pol VANDEVELDE - Ontologie et récit selon Ricœur, une application à Günter Grass, Les années de chien (p. 195-214)

La question du statut ontologique du récit, telle que l'entend Ricœur, va être ici examinée à travers un roman, Les Années de chien, de Günter Grass. Ce sera l'occasion d'illustrer la fécondité des thèses ricœuriennes sur la fonction du récit et de poser au philosophe deux questions d'inspiration heideggérienne. La première concerne le statut du récit, qui, de laboratoire de l'histoire, peut également prétendre s'ouvrir à l'être, la seconde a trait à la possibilité d'une ouverture sur l'ontologie à partir de l'examen des potentialités articulatoires de la langue qu'exploite le récit.

Comptes rendus bibliographique:

Denis FACHARD - Antonio Stäuble, Le sirene eterne. Studi sull'eredità classica e biblica nella letteratura italiana, Ravenna, Longo Editore, 1996 (p. 215-220)

Eva Antonnikov (trad.) - Nadezda Petrovna Zukovskaia, Particularités de la variante nationale du français en Suisse (aspect dérivationnel), Section des langues romanes, Université d'Etat Lomonosov, Faculté des lettres, Moscou, 1991 (p. 221-236)

Jean-Pierre BORLE - Bref historique de la Société des études de Lettres (1920-1996) (p. 237-252)

Etudes de lettres. Table des matières (p. 253-254)

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