Laurent Lehmann

lehmann.jpg (Laurent Lehmann)
© Félix Imhof, UNIL

Version du 14 juillet 2016

Laurent Lehmann, professeur ordinaire

Biologiste des populations, Laurent Lehmann s’attache à la compréhension des phénomènes d’interactions sociales, à leur genèse et à leur évolution, abordés via la modélisation mathématique. Il a été nommé le 1er août 2015 professeur ordinaire au Département d’écologie et évolution (DEE) de la Faculté de biologie et de médecine (FBM) de l’UNIL. Il dirige également le programme de Master "Behaviour, Economics and Evolution" (BBE) conjoint à la FBM et à la Faculté des HEC.

L’évolution de l’homme et de la société a toujours fasciné Laurent Lehmann, qui a d’ailleurs débuté son parcours universitaire par les sciences sociales. Il s’est réorienté vers la biologie, séduit par une approche plus quantitative et ancrée dans les sciences naturelles : "La biologie est un bon point de départ pour étudier la dynamique des interactions sociales, en partant des sociétés animales, voire des sociétés de cellules. L’être humain est après tout une société composée de milliards de cellules qui coopèrent !" Pour ce faire, Laurent Lehmann recourt aux modélisations mathématiques. "Notre approche est analogue à celle de la physique : nous partons de la théorie, énonçons des hypothèses, que nous modélisons et dont nous observons les conséquences." Autrement dit, il s’agit de décrire le monde de manière simplifiée, en identifiant les variables-clés qui sous-tendent un processus. Pour étudier toute une série de questions, partant de l’individu jusqu’à la société.

A l’échelle de l’individu, Laurent Lehmann s’intéresse à l’évolution des systèmes de décision, en particulier à séparer ce qui relève du déterminisme génétique de la part plus flexible du comportement. Comme l’apprentissage, lui-même conséquence de l’évolution génétique. Plus largement, il se penche sur les traits d’histoire de vie : comment la pression de sélection a-t-elle influencé la cognition et l’augmentation de durée de vie chez l’homme ? Autrement dit, l’homme bénéfice-t-il d’une période juvénile étendue parce qu’un temps plus long d’apprentissage était nécessaire à former les chasseurs-cueilleurs, utilisant des ressources à forte valeur ajoutée ?

Troisième axe de recherche, la transition entre les petits groupes, centrés sur la famille, vers les grandes sociétés humaines. "On comprend aujourd’hui assez bien le rôle de la coopération et du conflit dans l’évolution menant de l’émergence de la vie jusqu’aux sociétés de primates ; mais le rôle précis de ces facteurs pour ce qui suit, le passage des chasseurs-cueilleurs aux sociétés plus larges, reste encore peu compris." Ces questions, transversales à d’autres disciplines, et notamment l’économie, ont mené à une collaboration avec les HEC, à travers la spécialisation BEE dirigée par Laurent Lehmann.

Bio express

1973 Naissance
1999 Master en biologie à l’Université de Lausanne
2000-2003 PhD sous la supervision du Prof. Nicolas Perrin, UNIL
2004 Bourse post-doctorale à l’Université d’Helsinki, Finlande
2005-2006 Bourse post-doctorale à l’Université de Cambridge, Royaume-Uni
2007-2009 Bourse post-doctorale à l’Université de Stanford, Etats-Unis
2009-2011 Professeur assistant à l’Université de Neuchâtel
2011-2015 Professeur assistant à l’UNIL
dès 2015 Professeur ordinaire de l’UNIL, directeur du programme de Master Behaviour, Economics and Evolution (BEE)

Par: Communication FBM

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Version du 17 juillet 2012

Laurent Lehmann, professeur assistant boursier FNS

Expert de la modélisation mathématique de l’évolution biologique, Laurent Lehmann a été nommé professeur assistant boursier FNS au Département d’écologie et évolution de l’UNIL dès le 1er mai 2011.

Né en 1973, de nationalité suisse, Laurent Lehmann débute ses études de biologie à l’Université de Lausanne. Après une première spécialisation en macrobiologie, il parcourt l’Afrique une année durant, avant de continuer ses études à Lausanne en orientant son cursus vers la zoologie, l’écologie et la génétique des populations. Après avoir décroché son Master en 1999, il se lance dans la voie doctorale, qu’il mène à bien en 2003 avec une thèse réalisée, déjà, au sein du Département d’écologie et évolution.

L’année suivante, il part pour un premier stage postdoctoral à l’Université d’Helsinki (Finlande), avant de rejoindre l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) puis Stanford (Etats-Unis), respectivement en 2005 et 2007.

Revenu en Suisse, il accède au rang de professeur assistant à l’Université de Neuchâtel en 2009, poste qu’il occupe jusqu’à sa nomination à l’UNIL en 2011. Au sein de son groupe de recherche, Laurent Lehmann développe des modèles mathématiques et de simulation appliqués à des problématiques concernant l’évolution des comportements sociaux, chez l’homme comme chez l’animal. Le scientifique se concentre notamment sur des traits conservés au cours de l’évolution, que ceux-ci concourent à la coopération entre individus - comme l’altruisme ou la bienveillance - ou au contraire induisent une compétition au sein de l’espèce. Au-delà des traits sociaux, le chercheur s’attache à la coévolution entre gènes, transmission culturelle et apprentissage social hérité au fil des générations. Ce champ de recherche se situe ainsi à l’interface entre la biologie de l’évolution et les sciences humaines, comme l’anthropologie, la zoologie, l’économie et les mathématiques.

Les méthodes d’analyse mises au point par le scientifique et son équipe peuvent être appliquées sur des sujets extrêmement divers, allant de la structure génétique des supercolonies de fourmis argentines aux processus d’apprentissage individuel de l’entraide chez l’humain et d’autres espèces, en passant par le lien entre dispersion géographique et l’émergence de populations animales eusociales, chez les abeilles par exemple. Un des axes de recherche consiste ainsi à mettre en lumière quelles conditions sont nécessaires pour favoriser ou au contraire inhiber le lien social entre les individus.

La nomination de Laurent Lehmann à l’UNIL permet d’assurer de nouvelles collaborations, non seulement entre groupes au sein même du Département, mais également avec d’autres équipes de l’UNIL actives dans des disciplines connexes. Le groupe de Laurent Lehmann travaille ainsi étroitement, sur certains sujets, avec des chercheurs de la Faculté HEC œuvrant sur la modélisation mathématique des processus de transmission culturelle.

Par: Pascal Vermot/Communication FBM

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